‹ Traité des devoirs de chrétien envers DieuChapitre 102 sur 124 · Quel est à cet égard la leçon de lexpérv^nçe · texte numérisé non relu

Quel est à cet égard la leçon de lexpérv^nçe

BONHKUR DK LA YIK THRl^mENNE.

^on ; votre joug est doux, et votre ikrdeau est léger. Vous nous avez créés pour vous, et notre cœur est dans une continuelle ap;itation jusqu'à ce qu'il se repose en vous. Eu vain chercherais-je mou bonheur hors do vous, je ne trouverais que faux biens qui laisseraient mon cœur vide, ou des maux réels qui le rempliraient de trouble et d'inquiétude. Vous l'avez dit, ô mou Dieu I il n'y a point de paix j)oiu* les méchants : des remords cuisants, des alarmes continuelles, des chagrins dévorants, voilà leur partage. Celui qui porte l'iniquité dans son sein y porte aussi le trouble et la frayeur. 3Iais que le sort d'une àme qui vous sert est différent, ô mon Dieu! elle est toujours tranquille, toujours contente, toujours heureuse. Elle a sans doute des sacrifices à faire, mais l'onction de votre grâce rend ces sacrifices faciles, agréables même: elle a des peines à souffrir; mais que ces peines sont légères au milieu des consolations dont vous la remplissez ! Je ne balance pas. Seigneur, à embrasser le parti de la vertu, persuadé que la vie des gens de bien est mille fois plus douce que celle des pécheurs. Je serai fidèle à observer votre sainte loi, et par cette fidélité je me procurerai tout le bonheur dont on peut jouir sur la ten-e, et une fécilité parfaite dans le ciel, que vous réservez à ceux qui auront mené une vie chrétienne.

Exemple. — Dans un temps où une fièvre J)ourprée désolait, dans la capitale, les pauvres qui n'avaient pas eu le temps de se traîner à l'Hotel-Dieu, la communauté des prêtres de Saint-Marcel, ne pouvant plus suffire à exhorter les mourants, avait demandé du secours aux religieux mendiants. Vint un capucin vénérable; il entra dans vme écurie basse, où souffrait une victime de la contagion. Il y voit un vieillard moribond, étendu sur des haillons dégoûtants. Il était seul : une botte de foin lui servait de lit ; pas un meuble, pas une chaise : il avait tout vendu, dès les premiers jours de sa maladie, pour quelques gouttes de bouillon. Aux murs noirs et dépouillés pendaient un Christ, une hache et deux scies : c'était là toute sa fortune, avec ses bras, quand il pouvait les faire mouvoir ; mais alors il n'avait pas la force de se soulever. " Prenez courage, mon ami, lui dit le confesseur; c'est une grande grâce que Dieu vous fait aujourd'hui : vous allez incessamment sortir de ce monde, où vous n'avez eu que des peines. — Que des peines ! reprit le moribond d'une voix éteinte: vous vous trompez, je ne me suis jamais plaint de mou sort : la vue de uxou Crucifix

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iiio ronsoiait au iiiilini dr hich tiavutix, la !{<'li^inn a fait mon hoiiluMir ; j ai V4'*<!U cotitt'iit. L<*h oiiliU qiio votm voy<>/. mo pnx'iirairiit du pain ^|Uo Jo inati^ciiiH avec ilrli<TH, v\ }i^ n'ai jamaiM /"«tn jaloux (Irn talilrn (|U« j'ai |>ii eut ifvoir. .l'rlais pauvrr, mais a\ <•(• la nanlo vi la rraiiiti* (lo hicu j<^ n'ai Jamais man<juô <lu nr-rrR-airr. Hi jr rcpri-mls la sanlr, ciMiurj^î ncMiois pas. j'irai au cliaii (i«r, otJ(^ conlinurrai <!*' bAiir la nniin (le I)i«u, qui ju- (|u'j\ prrsciii a pris soin (Ir nmi. Omon IV'rr,(phî la K<-1. ixion est aimaItU'! «ju'clN' rnif'rrmr de pi/'ciiMix tirsciis! La paix, 1(^ coMUiitcimiit , l<> honhrur sont In parta^(M|c fi'ux (pli rainuMil."

L(^ (v.nfrss^iir, aussi (Mlilié (jucî hurpris d'un (cl lan^a^c, ne» put N*rnipr('lu'r d'rn trnioij^ncr son ('•(onncnicnt ; i-t, apirs jiNoir rcmlu urâccs à J)itu clc la ravtur (pi'il lui avait Caitccu rann'uant. danser; pauvre réduit , il dit au inahnlc : '' (^uoicpm (cttn vie ne vous ail pas été iïMlnus*', vous ne devez j)as moins vous résoudre îl la (piitter, car il faut se soumettre :\ la volonté de Dieu. —Sans cloute, reprit, le moril)ond, d'un ton de voix ferme et d'un (eil assuré, tout le mondi» doit y passera son tour; j'ai sii vivje, je saurai mourir: }c rends grâces à Dieu de m'avoii* donné la vie, et de me faire passer ))ar la mort j)our arriver î\ lui. Je» sens h^ moment s'apj)roehei', aeeordez-moi les siH'ours de l'Kiilise, c'est la seule chose dont j'aie besoin en ce moment.'' Cet homme mourut comme il avait vécu, en i)rédestiné, laissant son confesseur et ses voisins dans l'aclmiration de ce que peut la Religion sur un canir ih)cile aux sentiments de la grâce.

rilATIQUKS CHRETIENNES.

l'n vrai enfanlde ^larie s'applique à remplir fidèlement les devoirs d'un bon Chrétien, et pour cet effet, il observera ce qui suit :

1. Il aura souvent recours à la prière dans ses l)esoins. et il ne manquera Jamais de faire dévotement celles du matin et du soir ; il se fera un bonlieur d'assister à la sainte Messe tous les jours, autant que i^ossible.

2. Il dira tous les jours quelques prières en Thonneur de Marie, comme le Mcmorare, le Salve, ou une dizaine du chapelet.

8. Chaque jour il fera quelque bonne lecture dans le saint Evangile ou dans quelque livre de piété, comme

3G2 I'RATICiin':S ('IIIÎKTIKNNKS.

rimitntioii de Jt'sus-Clirisl, l(\s Vies des Saints ; il pc gardera hien de lircr aucun livre mauvais. 11 <lonnera chaqne jour à ses parents i\r<, marques de son respect.

4. Il n(^ fircinentcra que <les amis sages, et il fuira les libertins eonnne des serpents.

5. Il s'efforcera de sortir de l'état du péché mortel, s'il avait eu le malluur d'y tomber.

f). Tous les Dimanclies et Fêtes il assistera assidûment et avec piété à la sainte Messe et aux autres offices de 1 Kiilise, 11 se confessera et communiera au moins tous les mois, (ra})rcs l'avis de son confesseur.

7. Enfin, il n'oubliera jamais qu'il n'est sur la terre que pour y servir Dieu, et que de sa Jidélité à ce devoir dépend son bonheur ou son malheur éternel.

Tvoué et adoré soit à jamais le très saint Sacrement de

l'autel !

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