‹ Traité des devoirs de chrétien envers DieuChapitre 113 sur 124 · CHAPITRE 1er · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1er

]h( )iiainfif'n.

Il n'est rien qui contribue davantage à conserver la dignité extérieure et la ]nireté des mœurs, comme la fidélité à composer les positions et les mouvements naturels de chaque partie du corps ; cela est si vrai, quUin écrivain très-judicieusement fait remarquer que *' la grâce est au corps ce que le bon sens est à l'esprit.*' Les jeunes gens, surtout, ne sont que trop sujets aux défauts qui blessent en ce genre la modestie et les convenances. I>e premier de ces défauts est luie affectation ridicule qui met le corps à la gène, et le rend semblable à une machine dont les mouvements sont mécaniquement ordonnés.

10 POl.lTESSK CHKPrriKNNE.

\'nv (léiiiiirche ^uindcH' ou composée avec art n'est pas moins opposée à la modestie qu'une négligence qui annoncerait de la paresse et peu d'élévation dans les sentiments. Les personnes d'un caractère vif et ])étulant <loivent s'observer avec plus d(^ vigilance ({ue les autres. Leur attitude, quanil ils sont debout ou assis, doit êti-e composée avec ancntion et dignité, et leurs gestes doivcMit être rares mais convenables.

S'il n'est pas admis qu'iui jeune bomme prenne cet air grave et sérieux cpii api)artient à nn âge plus avancé, il convient toutefois (pie son maintien soit modeste, gracieux et réservé, mais sans contrainte ni affectation.

Il y a quelquefois dans le maintien une certaine gravité <(ui décèle lui ])éclié d'oigueil, kHjuel est détestable dans l'bomme et surtout dans le cbrétien, dont le divin modèle était " doux et bunible de cœur." La liante idée que tout cbrétien doit avoir de son origine et de sa destinée suffit pour lui donner cette gnivité douce et aimable qui insl)ire également le respect et la confiance. L'air d'élévation et de grandeur dans le maintien a un certain rapport avec la grandeur et la majesté de Lieu, quand il est réglé par la modestie et l'humilité, et soutenn par le sentiment de ce qu'un chrétien est, ou au moins, doit être.

Lorsque les circonstances demandent qu'on soit debout, il ne faut ni se pencher, ni incliner la tête sur un côté non plus que l'appuyer nonchalamment sur la muraille ou sur un meuble.

Lorsqu'on veut s'asseoir, il faut prendre une position honnête et digne, et choisir une chaise haute plutôt qu'une basse. Une fois assis, il ne faut pas passer son bras sur le dossier de la chaise, ni appuyer son coude sur le dossier d'une autre chaise afin de se soutenir la tête, non plus (pie se balancer le corps. On doit éviter de se tenir penché ou de travers et de changer de siège sans nécessité. Ce serait encore une impolitesse que de traîner sa chaise avec bruit sur le plancher et de se placer dans un endroit passant, et gêner ainsi les personnes qui ont besoin de sortir de l'appartement ou d'y entrer.

Il serait inconvenant de choisir la plus belle chaise d'un appartement, ou un fauteuil plutôt qu'une chaise ordinaire. Toutefois si on vous présentait un certain siège, il faudrait l'accepter sans hésiter. Se choisir soimême un siège, ce serait témoigner de la grossièreté ou

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I']ii ('iitrniit daim un iippartnnciit, h*\\ y ^i^\^•]l\ pliiHifurN pcrsoiiiirs pivsrnti'S, il faut jeter un colin <l'(i*il tout autour «le soi, t't, a|»nVHV»tir inclina', H4Î rt*liri*r i\ la place assignée on j\ rrlh< (pii sriiiMr la plus couvciiahlc. Si IcH rappoi Is (l'ii)(iiiiilr le p< rinrl tcnt , cl (pToii jiiK<' ^u'il hoit iicccssairc (le serrer la inaiii, on devra s'avancer d'alHud vers la inaîln'ssi' de la maison, puis viM's les anlrcs personnes, en suivant l'ordre i\v:< dignités.

Il laiil aussi ne jamais se lever sans nécessité lors(|ue t(»ut e monde est assis, ni demeurer sur son sic^î oiiaiid la compaiiuio se tient dehout. Si la pcrsoniMMjui ac]resf>e la parole A une autrt* s(» tient dehout. cette <leiniè:e, hi elle est assise, doit s(> lever eî ne poiïjf ^^'M^seoii* «le ikhiveau ((U'elle ne soit invitée à le faire.

Si, dans la rue, il se fait i\vA réunions ne (•omi;n-.-;Mi«< -, il ne tant ]»as y parler d'un t<m de voix si haut que les passants puissent dislin^ner les noms des intciloi iileurs ou le sujet de la conversation. 11 doit eu être? de même dans les nui^asins et dans tous les autres lieux publics.

(Juand, eu com])aunie do (|uel(prun, on rencontre un ami ou une connaissance, on ne doit i)oint présenter celui-ci à son compagnon, à moins qu'on n'ait des raisons de croire (jue celte présentation sera ajrréaMe aux deux })arties. On <loit toujours présenter celui (pii est inférieur eu âge ou eu dignité à celui qui lui est supérieur.

Il faut avoir une attention toute i>articulière aux différeutes nuinières de saluer. Envers ses égaux et ses inférieurs, il est d'usage de faire une légère inclination de tète ; envers les égaux avec les(juels on a une certaine familiarité, il suiîit d'un geste avec la^uain ; mais envei^s ceux qui, par leur ])osition ou leur mérite, ont un droit à notre respect, il convient de toucher ou même de lever le chaptniu. C'est de cette dernière manière qu'il convient de saluer, quand ou rencontre un membre quelconciue du clergé. I^a haute dignité à laquelle il a été élevé, ainsi que le respect et l'amour que nous ressentons pour le souverain Seigneur dont il est le ministre, doit nous inspirer de la vénération pour sa personne ; il faut donc qu'à l'occasion ce sentiment intérieur soit accompagné extérieurement d'une expression en rapport.

Que les enfants sachent bien qu'ils ne doivent jamais manquer de payer ce Uibut de respect et de véuératiou.

12 POLITEttBK CIIRKTIKNNK.

Tant qu'ils respecteront la religion, ils en respecteront les ministres. ^lais, dès qu'ils cesseront de rendre au j)rêtr(î le respect (^ui lui est dû, ils ne tarderont pas non j)lus à mépriser la religion. Il est bien difficile, en eflet, de ressentir intérieurement du respect sans le manifester extérieurement ; et ce sentinu'ut ne tardera pas à disparaître chez nous, si l'expression (extérieure en est habituellement méconnue.

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