AVANTAGES DE LA POLITESSE
triompher de nous-mêmes, et, bien souvent d'opérer leur amendement, c'est de les traiter avec civilité ; ce moyen si digne, nous assure en même temps cette paix intérieure ((ui provient toujours de la jouissance d'avoir accompli une acîtion <(ui est tout à la lois o])posée aux fausses maximes de la nature corrompue, et conforme aux devoirs prescrits par la religion.
Un des membres d'une famille avait un caractère si peu obligeant, ([u'il ne j)()uvait s'assujettir à la moindre gêne ni s'imposer le i)lus léger sacrifice }>our rendre service. II était absorbé dans ses propres satisfactions et entièrement insensible aux agréments et aux commodités des autres. Un autre membre de la même famille, doué de sentiments religieux et affectueux, se proposa d'améliorer le caractère de son parent. Pour cet effet, il se saisit de toutes les occasions de l'obliger, allant même audevant de ses moindres besoins, et souvent recherchant les circonstances de pouvoir lui être agréable. Un grand changement ne tarda pas à se faire remarquer : ce personnage, jusque-là si difficile, commença à exercer des actes de bonté, qu'il multiplia avec plaisir dans la suite; enfin il se distingua dans toute la famille par ses attentions pleines de politesse et de cordialité. Quant à celui qui avait si puissamment contribué à cet heureux changement, il en fut agréablement récompensé par les actes de tendresse et de bienveillance dont il fut plus tard luimême l'objet de la part de son parent, jusqu'alors si intraitable.
Pour se bien former aux habitudes et aux usages de la politesse, il faut commencer à la pratiquer dès l'enfance, et sous les yeux de sa mère. Il faut s'exercer à ne manifester toujours qu'un profond respect envers ses parents, une sincère affection pour ses amis et ses connaissances, de l'honnêteté et de bonnes manières envers ses égaux, de l'afflibilité pour ses inférieurs, une franche et loyale gaieté, un vrai désir de plaire et d'obliger ; enfin, tout en s'acquittant des différents devoirs de sa position, on doit montrer un air honnête, aimable et engageant : le tout en vue d'obéir à Dieu et avec le désir de lui plaire. Celui qui commence à fréquenter la société, doit bien se donner de garde de se rebuter pour les manières rudes et inconvenantes dont il pourrait être l'objet ; au contraire, en quelque lieu qu'il soit placé, il s'efforcera de trouver aisé et agréable l'exercice de la politesse. C-'est ainsi qu'il s'assurera le respect de tous ceux qui seront témoins de
Dtî MAIVTIKN. 9
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