DES ANGES
que nous avons en lui un ami véritable, également fidèle, sage, éclairé et puissant ; que c^est un guide sûr, toujours plein de zMe ])our nous diriger dans le cliemin qui mène au ciel ! Toui rions-nous oublier ce que les saints Anges font î)our nous? et ce souvenir n'ouvrira-t-il pas nos ccmirs aux sentiments du respect, de la reconnaissance, de la confiance et de l'amour? ne nous portera-t-il pas à être dociles à leurs inspirations, à les prier souvent et toujours avec ferveur, et à les imiter dans leur fidélité?
" Voilà que j'enverrai mon ange devant vous, dit le Seigneur, respectez-le et écoutez sa voix, et ne le méprisez point ; car il ne vous pardonnera pas (juand vous aurez péché, parce que mon nom est en lui. Kt si vous écoutez sa voix et observez mes commandements, je serai l'ennemi de vos ennemis, et j'affligerai ceux qui vous affligeront.' —ExoD. xxiii, 21, 22.
L'Ecriture est pleine d'exemples de la charité des anges pour les hommes. C'est un ange qui console Agar chassée de la maison d'A])raham et réduite au déses})oir dans le désert. C'est par le ministère des anges que Lot h et sa famille sont arrachés à une ville criminelle qui allait devenir la proie des flammes. C'est un ange qui sauve Daniel de la gueule^des lions. C'est un ange qui fait remporter à Judith la victoire sur Holopherne. C'est un ange qui vient dans la prison de Saint Pierre briser ses chaînes, tromper la vigilance de ses gardes, le soustraire à la fureur d'Hérode et le rendre aux vœux de l'Eglise. IMais il n'y a que trois Anges qui soient désignés dans la sainte Ecriture par leur nom pro])re. savoir : saint JMichel, saint Gabriel et saint Rapluiël. Le nom du premier signifie : q2ii est semblable à Dieu ; paroles qu'il prononça, lorsqu'il s'opposaaux anges rebelles. Celui de Gabriel signifie force de Dieu, et celui de llaphaël, remède de Dieu, ou médecin de Dieu,
Le Seigneur, dit le Psalmiste, a ordonné à ses anges de vous garder dans toutes vos voies. Ils vous porteront dans leurs mains, de peur que votre pied ne heurte contre la pierre.
On demandait un jour aux trois enfants d'un célèbre publiciste, Henri, Kéné et Gui: Quia créé les Anges? La réponse était aisée: C'est Dieu. — Mais, qui a créé le diable? là était la difficulté. René ne veut pas que ce soit encore Dieu; le petit Gui, (pii ne manque pas de malice,
DK l'ilMMMK. 47
IM" r^llit tlo!) h'\ (•^^ U'i'sl point ^\^' lllï qilf l'oil V<Mlt pluItT ;
Henri r('(Ir<«hit , et il s i'm ru», «onniM* un insiniV* : *' Cent Dii'ii qui la luit ange, et c'ent lui (|ul H'ent fuit diable I *'
AitTidJ-: II.
J)i' Vhammt',
1. Dieu, voulant distin^nci- l'hoinnir «lu rcFto (le« ct/mitures visihh's, scniMa ne recueillir en lui-niêine avant <le K^eréer: Fali<oHH Vh()mm(\ i\\{\\^ à notre imatje ri à itntrr rrtitirmhlancr. Il tonna son corps de terre, et 1(î rendit vivant et animé en lui donnant une âme intelligente, capahliMraimer, de vouloir et dispenser; et (r'est en cehi nue riiomme est tait à l'imaj^tî <le Dieu, et de le possAIer éternellement, s'il se rend di^ne de c(î hoidicur ])ar la j)rali(iue des vertus (pii lui sont commandées.
2. Il fallait au premier homme une compaj^ne : elle fut tirée de lui même, et r(M;ut le nom (l'I'A'e : ainsi fut institué le INÎariage. Tous les hommes sont nés diî ces prejniers })arents : ils doivent donc êtic à jamais une seule et même famille, et s'aimer comme les enfants d'un même père.
.*>. L'homme n'est ])as seulement corps ; il a une âme cai)able de penser et d aimer, une âme ([ui de sa nature est incorruptible et immortelle.
Exemple. — Un empereur romain avait un cerf qu'on était venu à bout d'aj)privoiser. Il était nourri au palais et y revenait tous les jours, après avoir visité les forêts voisines. Cet animal était cher à l'empereur. Craignant que, dans les courses cpril faisait au dehors, quelc^u'un ne le poursuivît et ne le blessât, il lit «graver surun collier d'or, quOn lui mit, ces paroles : Ne me touchez pa.^j j'appartiens à César. — Nous venons de Dieu, nous appartenons à Dieu, nous sommes à Dieu, nous sommes le bien de Dieu ; il nous a marqués de son sceau ; notre âme et ses facultés, notre corps et les organes de nos sens portent l'empreinte de la Divinité. Ne nous laissons donc pas séduire par les mauvais exemples, entraîner par les passions, et réduire en servitude par l'esprit de malice, qui est notre grand ennemi.
1. Comment Dieu distingua-t-il l'homme du reste des créatures? 2. Comment fonna-t-il sa compagne ? Quelle conséquence faut-il tirer de ce que nous sommes tous issus d'un môme père? — 3. De quoi l'homme est-il c inposé i
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ARTICLE III
De la spiritualité et de V immortalité de Vâme,
1. Los fidèles de la nouvelle Loi ne sont pas les seuls qui fassent profession de croire l'immortalité de notre àme ; les anciens Patriarclies, les rn)j)lictes, tous les adorateurs du vrai Dieu l'ont éu:alement crue et en ont fait le motif de leur conduite. Les grands génies de l'antiquité, Platon, Aristote, Cicéron, et une infinité d'autres, ont, par les lumières de la raison aidée de quelques souvenirs traditionnels, reconnu que la mort n'est pas la fin de tout l'homme, mais qu'il se survit encore à lui-même, après avoir éprouvé cette catastrophe, qui n'est autre chose que la séparation des deux substances, l'âme et le corps, qui constituent sa nature.
2. En effet, nous ne pouvons pas plus douter qu'il y ait en nous deux substances que nous ne pouvons douter de notre propre existence ; car ce qui pense dans nous, ce qui médite, calcule, compare, réfléchit, ce qui est capable d'une si grande variété de connaissances et de sentiments ne peut être matière. Mais le dogme de l'immortalité de l'âme n'est pas seulement fondé sur de simples conjectures, sur quelques vraisemblances, la révélation primitive, la persuasion générale du genre humain, les idées que Dieu nous a données de sa bonté, de sa puissance, de sa justice, tels sont les fondements d une vérité aussi consolante pour l'homme de bien qu'effrayante pour l'impie.
3. Après son péché, l'homme a été condamné à la mort ; son corps doit rentrer dans la poussière, d'où il a été tiré ; mais si son âme devait périr avec son corps, si ce principe de vie émané du Créateur devait être anéanti, la promesse d'un rédempteur était absurde et sans motif. Aussi le dogme de la vie future, et par conséquent de l'immortalité de l'âme, fut-il toujours un des articles fondamentaux de la Keligion primitive ; il fut l'espoir de nos premiers parents, comme il sera le nôtre, si nous observons avec fidélité les préceptes que le Seigneur nous a donnés.
— 1. Les Chrétiens ont-ils seuls reconnu l'immortalité de l'âme?— 2. Quel?! sont les fondements de notre croyance à l'immortalité de l'Ame ? - .'.. Cotnnu'Mt l:ipromes?ç d'un Rédempteur prouve-t -elle rimmortalit*' de râmcV
1>K L'iMMOÏlTALn fc liK I^AMK. 4Î>
4. \jG dogino i\v la vus fuluro, <t, par Huite nAcemialrf, do l'immorialit^i do 1 Amo, a M'> >;^-ii^Talcinc*nt reçu par tous K's jMMiph's d(s luiiivors; ridolâlric, loin d«* lo i\{»- (ruirc, lui avail «lonnr uur nouvrllr iorr*', ou plutôt <î« lut iiirhu^ I'uImm «il» vvWr croyance qui fut uiio drn sources (le 1 i<ioIa(ric ; rapoliicosc des ^rjunis hommes et l'usa^o do leur rendre des honneurs divins après leur mort, no se seraient Jamais ^'tal>lis si I'cju avait cm (\\\t riiomnu» meurt tout entier.
Kn cr^'ant un être d'une ca])acito aussi vaste (\\u* eeUe quo i>ossode notn^ âme, Dieu n'a pu avoir d'autre fin que eollo do la rendn^ heureuse ]>ar la possession d'un bien diixne (l'elle, dimu» de ses <euvres. J*eut-on trouver le bonheur encenïonde? L'homme le ]>lus vertueux y est-il toujours le phis heureux? Ilclas ! l'exp^îrience de tous les jours ne nous apprend (pie trop le contraire.
5. La Justice divine est encore une j)reuve do l'immortalito de l'âme: on voit souvent en ce monde b; vice triom])]iant et la vertu humilié(^, l'impie heureux et le juste malheureux. 11 est donc nécessaire que Tordre soit rétabli, que le vice soit j>uni et la vertu récompensée. Mais comment cet ordre serait-il rétabli, et comment la justice divine exercerait-elle ses droits, si l'âme n'était pas immortelle?
On dira peut-être que le remords est la punition du crin\e : mais que serait le remords sans la foi? Disons donc hardiment que nier la spiritualité de l'âme, et par conséquent son immortalité, c'est non-seulement donner le démenti à la croyance et au sentiment de tous les peuples, mais encore à la saine raison et au sens commun.
(). Cette vérité, professée dans tous les temps, et par presque tous les peuples de lunivers, est sans doute terrible pour l'impie ; elle le poursuit partout et lui déchire le cœur, malgré les ellbrts qu'il fait pour se tranquilliser. Le libre cours qu'il donne à ses passions lui fait redouter l'éternité, parce qu'il n'a rien à attendre qui soit avantageux ; il voudrait ne pas croire, mais le remords le poursuit ; il doute, ou plutôt il croit malgré lui. Son mcrédulité souvent affectée décèle un cœur coupable. " Quand la pensée de l'avenir visite les incrédules, dit
4. Comment le dopme de la vie future a-t-il toujours ^té regardé? Montrez la confirmation de ce doRme et les causes de 1 idolâtrie.— 5. Comment la justice divine prouve-t-elle l'existence d'une vie future ?— 6. Montrez quels sont les effets de ce dogme, si différents pour te coupable et pour le juste.
r>0 CHUTE I>K l'homme.
Young, ils rampent, ils troniblciit, ils doutent, ils croient. . ."
Le juste, au contraire, trouve dans cette vérité la force dont il a besoin pour soulïnr avec résignation les maux de la vie présente; elle est de plus son espoir pour l'éternité.
Exemples. — " Pourquoi, dit saint Chrysostôme, Dieu a-t-il voulu que notre corps, après la mort, devînt si difforme, si horrible, les yeux éteints, les joues pâles, les lèvres livides, les.mains abattues, les jambes glacées, tous les membres livrés à la pourriture et aux vers? N'est-ce pas pour faire concevoir que ce corps, quand il était vivant, ne tirait pas sa beauté de lui-même? que la noblesse de ce front, l'éclat de ces yeux, le vermillon de ces joues, la blancheur de cette peau, la majesté de ce visage ; que la vie, la bonne grâce de ce corps, venaient d'un autre principe que lui, c'est-à-dire de l'âme, qui, par conséquent, devait être plus belle, plus vigoureuse et plus noble?" — Pensées du P. Lejeune.
-Quelques heures avant sa mort. Bernardin de Saint- Pierre, auteur des Etudes de la Nature, voyant ses enfants tout en pleurs autour de son lit, leur adressa ces touchantes paroles : " Ce n'est qu'une séparation de quelques jours, ne me la rendez pas si douloureuse ; je sens que je quitte la terre, mais non la vie. Adieu, mes bons amis, évitez le mal, faites le bien, vivez chrétiennement; nous nous reverrons un jour."
ARTICLE IV
Chute (le r homme,
/ 1. L'homme, au sortir des mains de son Créateur, était juste, saint, heureux, et orné de dons excellents: son esprit était éclaiié d'une lumière divine, qui lui montrait tout ce qu'il devait connaître. Il n'avait besoin, })0ur s'instruire, ni de livres ni de maîtres. Sa volonté était droite et sans aucun penchant vers le mal ; rien ne troublait la tranquillité de son âme : il ne souffrait dans son corps ni douleur, ni incommodité, et il ne devait point mourir.