‹ Traité des devoirs de chrétien envers DieuChapitre 26 sur 124 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

DU MVS'IKRK I)K LA RI^:DEMPTI0N.

ARTTCLK PREMIER.

J(''8us-Christ a soulTcrt .«ous Ponce-Pilatc, a 6i6 crucifié.

1. La saiuteté divine qui brillait en Jésus- Christ, la pureté de sa doctrine, Péclat de ses miracles, au lieu d'adoucir et de gagner les Pharisiens et les i)rincii)aux d'entre les Juifs, ne firent qu'allumer leur envie et leur inspirer le cruel dessein de le mettre à mort.

Le moment auquel Jésus-Christ devait s'abandonner à la haine des Juifs et opérer notre salut étant près d'arriver, ce divin Sauveur envoya deux de ses disciples préparer la Pàque, et le soir il se rendit avec les autres dans le lieu désigné. Ayant mangé l'agneau pascal selon la Loi, il se leva de table, mit un linge autour de lui, et commença à laver les pieds à ses disciples ; s'étant ensuite remis à table, il prit du pain, le bénit, et ayant rendu grâces, il le changea en son corps : il prit ensuite la coupe où était le vin, et il le changea en son sang. Il institua ainsi le sacrement de l'Eucharistie, et ordonna à ses disciples de renouveler ce qu'il venait de faire, et de perpétuer ainsi, jusqu'à la fin du monde, le souvenir de sa mort. Après cette action mémorable, Jésus-Christ fit un long discours à ses Apôtres, leur témoigna la grandeur de son amour, leur annonça leur fuite prochaine, et leur promit de se montrer à eux après sa résurrection.

2. Il sortit ensuite du cénacle, et se rendit au jardin des Oliviers, où, étant arrivé, il s'éloigna de ses disciples pour prier. Considérant alors Ténormité du péché, la grandeur des souffrances qu'il allait endurer, et l'abus que les hommes feraient de ses mérites, il fut saisi d'une tristesse mortelle, et la douleur qu'il en ressentit lui causa une abondante sueur de sang. Revenu à ses disciples et les ayant trouvés endormis, il retourna au lieu de sa prière, et, prosterné le visage en terre, il disait; " Mon Père, éloignez de moi ce calice si cela est possible :

1. Dites en peu de mots ce que J-C. a souffert. Comment J.-C. institua-t-il le sacrement de l'Eucharistie — 2. Exposez les principales circonstances de l'agonie de N.-S. au jardin des Olives.

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n^unmoiiiH tjim imi vuluntr iw hv fiitmv jmih, iiuiiM lu \7)trr " Alors un i\\\^(^ lui appiimt pour le fortilirr.

l\. Aussitôt (|ur .l(''sus (Mil ji('ln*v^« Mil ju'it'^Tr, .iudiis, (jui, Hur lu lin (lu souper, s'('tjiit s('par/i des iiulrcs ApAlrcs,

1>arut j\ la iC'lv d'une troupi* de ^cns ann^'-s d'/'p/^cs et de >âtous, pour se saisir de lui. Ce traître alla droit ii JéHUH, et lo itaisii, selon le signal dont il ^*tait convenu avee ceux (|u'il conduisait. .I('*sus eut assez de bout/* pour lui donner le nom il<tnu\ et se contenta de lui rcpr^'seiiter le crime dont il s\''tait rendu coupaMc en \r trahissant ainsi. 11 denuinda ensuite aux gens (jui acconipaginiient Judas (pli ils cherchaient; ils r^'pondirent (pie cï*tuiU J^»sus de Na/.areth; alors il leur dit: " C'est moi." A ces mots ils toinhirent tous par terre li la renverse. Cette chute, aussi extraordinaire (piinijuévue, aurait dû les faire rentrer en eux-nu''nies, et leur l'aire reconnaître la puissance de J6sus-Christ; mais leurs cœurs étaient si endiU'cis, (|u'aussit(M ipTil leur fut permis de se relever, ils se saisirent de lui et le lièrent i)our remmener ;\J('rusalem : en m(''me temps tous ses aiscii)les rabandonnèrent et s'en luirent.

4. Les Juifs menèrent Jésus premièrement chez Anne, beau-père de Caïphe, (|ui rinterroij:ea touchant ses disciples et sa doctrine ; et Jésus lui répondit ; Je n'ai point parlé en secret : interrogez ceux qui m'ont entendu, ils rendront témoignage de ce ciue j'ai dit." Alors un des sergents lui donna un soufflet, et Jésus le souffrit avec une patience toute divine.

5. Les princes des prêtres, sacliant bien qu'ils ne pouvaient accuser Jésus d'aucun crime qui fût véritable, cherchèrent de faux témoins, afin d'avoir un j)rétexte pour le condamner à mort; mais ce dessein ne leur réussit point, parce que les témoignages n'étaient pas couformes Tun à l'autre ; ce qui fit que le grand prêtre l'obligea, même par serment, de dire s'il était le Christ Fils de Dieu : Jésus-Christ lui répondit qu'il l'était, et qu'il le verrait un jour assis à la droite de la puissance du Père. Le pontife l'ayant entendu, se leva de son siège, et déchirant sa robe, dit que Jésus avait blasphémé, qu'il n'était plus besoin de témoins, et qu il méritait la mort ; ce qui fut confirmé par les princes des prêtres et par les scribes qui étaient présents. Alors ceux qui tenaient

3. Par qui et comment J.-C. fut-il livré aux princes des prêtres? —4. Comment J.-C. fut-il mené chez Anne et chez Caïphe?— 5. Que firent les Juifs aûn d^avoir un prétexte pour condamner J.-C* ?

/S MYSTKKi: J)i: LA UKDKMPTION.

Jésus lui crachèrent au visage, et, lui ayant bandé les yeux, les uns lui donnaient des coups de poing, et les autres des soufHets, en disant : " Prophétise, Christ, qui t'a frappé.'' Et ils proféraient beaucoup d'autres blasphèmes contre lui.

6. Pendant que Jésus souffrait tous ces outrages, Pierre lui causa une peine bien plus sensible : ce disciple l'ayant suivi de loin, était entré à sa suite chez le pontife, où une servante, l'abordant, lui dit que sans doute il était disciple de Jésus ; ce que Pierre nia. D'autres soutenant la même chose, il le nia encore ; un serviteur du pontife ayant ajouté qu'il l'avait vu au jardin, Pierre, saisi de crainte, jura que cela n'était pas. Ce fut alors que Jésus l'ayant regardé le fit souvenir de ce qu'il lui avait dit, qu'il le renierait, et Pierre sortit dehors et pleura amèrement. Cependant Jésus, resté au pouvoir de ses ennemis, eut à souffrir pendant toute la nuit les injures et les traitements les plus pénibles.

7. Le matin étant venu, les princes des prêtres et les anciens du peuple tinrent conseil pour trouver le moyen de le faire mourir ; ils le menèrent à Ponce-Pilate, gouverneur de la Judée, lui disant que c'était un homme qui pervertissait leur nation, défendant de payer le tribut à César, et se disant le Roi Messie. P'^ate ayant interrogé Jésus-Christ, et ne le trouvant coupable d'aucun crime, dit aux Juifs de le prendre eux-mêmes et de le juger selon leur loi; mais les princesdes prêtres lui répondirent qu'il ne leur était pas permis de faire mourir personne, et, redoublant leurs instances, ils dirent que Jésus soulevait le peuple par une doctrine qu'il avait publiée depuis la Galilée jusqu'à Jérusalem.

8. Pilate ayant appris que Jésus était Galiléen, et, à ce titre, soumis à la juridiction d'Hérode, roi de cette contrée, et étant d'ailleurs bien aise de se débarrasser de cette affaire, l'envoya à ce prince, qui était alors à Jérusalem. Hérode ayant interrogé Jésus sur les chefs d'accusation que les princes des prêtres et les scribes qui étaient présents lui imputaient, et ne pouvant tirer aucune réponse, le méprisa ; et, l'ayant fait revêtir, par moquerie, d'une robe blanche, il le renvoya à Pilate.

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