Qj^'c'st-ce que le Saint-Esprit
JK CKOl^ AL ï^AlNT-ESPUIT.
DU SAIM ICSritlI. '.Kt
r)r(K•^rlc^ du Vbrv^ som wuxi, il n-nclni lArnoi^nuK*^ <!<• moi ; il prciHlni <lo ir nui chI de iii()i,r( votiH raiinotircra ; tout ce (pli rst i\ mon Vvrv vM à moi." Ainsi In Haint-Knprit CHt ^'^al an !*rrr et an I-'ils ; il rni {yn\t']i]vui {'[vnivl^ tont-pnissant, infini ; il a les nirincs perfections; en un mot, il est un même Dieu avee le IV-re et le Fils. ("cHt vu son nom, <'omine an nom <ln IVre et <ln Fils, «pu; nouH avons été baptisés. Comme il rst \r même l)ien «pie le Père et le l''ils, nous lui «levons les mêmes adorât ions et les mêmes homma;;:es. De 1;\ vient (pie le Saint -|]s|nit est adoré et glorifié eonjoinlemeiit avec le l*êre et le l'ils. et ([Ue nous terminons toutes iu)H prières par cch mots: Gloire soit au Père, au Fils, et au Saint -E.sprit !
2. Cet Esprit -saint descendit sur les Apôtres le jour de la Pentecôte en l'orme de langues de l'eu. Il les remplit de courajxe et de force j)our prêcher l'Evangile et en sceller la vérité ])ar rcHiision de leur sang. Il leur communiipia aussi le don dv^ langues et les giflées néces.»^a ires pour l'établissement de l'Eglise et la conversion des peuples.
3. On attribue i)articulièrement au Saint-Esprit la sanctification des hommes, parce que c'est un Esprit d'amour, et que c'est lui qui répand dans nos Times cette charité (pii les sanctilie. C'est donc le Saint-Esprit qui nous communiipie la grâce, ([ui est la vie de notre âme, comme l'âme est la vie du corps ; l'âme n a de vie qu'autant qu'elle est unie à l'Esprit saint, qu'autant que la grâce habite eu elle et qu'elle l'anime : notre âme n'a de mouvement vers Dieu que par le Saint-Esprit, et elle ne peut rien faire dans l'ordre du salut que par son inspiration et son impulsion.
4. Le Saint-Esprit est appelé dans l'Ecriture l'Esprit de vérité, c'est-à-dire qu'il est la source de toute vérité et le maître qui l'enseigne. C'est lui qui, en un moment, remplit les Apôtres de lumières, et leur communiqua les connaissances les plus sublimes. C'est lui qui a i)arié par les Prophètes et les Evangélistes. C'est lui qui nous instruit encore, et qui dissipe par sa lumière les ténèbrede notre ignorance; il nous montre la voie du ciel,it nous donne la force d'y marcher. Votre Esprit, dit le Prophète, me conduira dans une voie droite dont le
2. Quels effets produisit la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres ?— 5. Pourquoi attribue-t-on au Saint-Esprit la sanctification des hommea? —4. Pourquoi le Saint-Esprit est-il appel^TEfiErit de vérité ?
100 DIT SAINT l'.SPRIT.
terme est le salut. Le Saint-Esi)rit nous parle intérieurement pour nous détourner du mal et pour nous inspirer le bien que nous devons faire. C'est donc au Saint-Esprit que nous résistons quand nous rejetons les pensées qui nous détournent du mal et nous portent vers le bien.
Exemples. — Moïse représentant un jour à Dieu que le tjjouvernement du peuple hébreu lui était devenu une charge accablante, et (ju il ne pouvait plus la i)orter, le Seigneur lui répondit de choisir soixante et dix Israélites des plus avancés en âge et en sagesse, afin qu'ils soutinssent avec lui le fardeau des afïaires. Moïse exécuta cet ordre : et, ayant choisi parmi les anciens d'Israël ceux qui devaient composer le conseil du peuple, il les plaça près du Tabernacle. Alors le Seigneur descendit dans une nuée, et, comme nous le dit le texte sacré, il prit de V esprit qui était en Moïse et le donna à ces soixante et dix hommes, c'est-à-dire que chacun de ces soixante et dix hommes reçut, selon la mesure ordonnée de Dieu, la grâce du même esprit dont Moïse avait été rempli, sans que la plénitude de la grâce de Moïse en diminuât en aucune manière. L'Esprit-Saint s'étant donc reposé sur eux, ils commencèrent à prophétiser, en chantant les louanges de Dieu, par un mouvement divin, et ils continuèrent toujours depuis. Ces soixante et dix hommes représentaient les soixante et douze disciples que Jésus-Christ choisit pour les adjoindre aux Apôtres, chefs de son Eglise, afin qu'ils eussent part avec eux aux sollicitudes du ministère pastoral, et sur lesquels aussi Jésus-Christ répandit son Esprit, afin qu'ils pussent prophétiser, c'est-à-dire annoncer avec fruit les merveilles de son Evangile. — Num. xi, n , et seq.
— Un colibri, le plus petit des oiseaux que Ton connaisse, regardait souvent de loin le brillant soleil et désirait contempler de près sa splendeur et sa majesté. Mais vainement il cherchait à élever dans les airs un vol hardi, car ses forces ne suffisaient pas à atteindre une aussi effrayante hauteur. Un jour il voletait tristement de côté et d'autre, lorsque vint à passer un aigle. Le colibri se plaça furtivement sur le dos du fier oiseau, \im l'emporta avec lui vers ce majestueux soleil, objet de ses désirs, et, par sa seule présence, le défendit contre les oiseaux de proie, qui l'eussent cent fois dévoré s'il feut été livré à ses propres forces.
Kuiblo cruilurr IniinmiM)! <•<• petit oini-au, v vsi toi ! Tu n'es pus assez fort pour tYlancer jus(iu'auprès du Soleil <hi justice» : mais rai^lcidivin, rKsprit-Saiiit, si tu te eonn<'s en lui, le preinlia sur les aiU'S de sa j^rj'lee fortifiafite, 4't t 'eniporleia, en le prolé^ejinl contre tous les ennenUH de Ion salul, vers le lail de tesdAsirs et de t<'s esperan<*eH.
Puissions-nous être enlevé- \"n< p-n- «««t ai^le di\iîi dans les hauteurs des cii'ux !
«Il APirKK XI.
l'I LKliLISK.
.Ir < Kii- i.i HuuU' Kifliso ('athuli(|iu\
akticm: im;i:.mii:k.
l'hihlissriiK'iif de /' /'(//Ikc.
1. Il y a toujours eu une Eglise, même dès le commen- (•enu'ut du nu)nde, c'est-à-dire (pu», uu**me avant la venue de Xotre-Seigneiu-, il y a ou des hommes <pii, faisant prolession de croire en Dieu, de l'adorer et de le servir, attendaient le ]Messie, et esj)éraient le salut j)ar ses mérites, selon l'oracle des Prophètes. Cei^endant les adorateurs du vrai Dieu ne formèrent pas toujours une société unie i)ar les liens extérieurs et visibles: avant Jésus- Christ, les Juifs seuls, eu qualité de peuple choisi avaient une loi et des exercices communs. 3Iais Jésus-Christ, venant en ce monde pour sauver tous les hommes, leur a donné de nouveaux moyens de salut ; il a voulu les réunir et n'eu faire ({u'un seid corps, leur donnant à tous nue loi nouvelle, qui est la Loi de grâce.
2. Les Apôtres ayant reçu le Saint-Esprit sortirent de la maison où ils s'étaient tenus renfermés, et annoncèrent la résurrection de Jésus-C hrist au milieu de la ville de Jérusalem. Trois mille Juifs se convertirent à la première prédication de saint Pierre, et cinq mille à la seconde. Le nombre des Fidèles augmenta tous les jours, et ces hommes, régénérés par le Baptême et renouvelés par le Saint-Esprit, donnèrent au monde le spectacle de la vertu la plus pure et la plus parfaite. Les Apôtres prêchèrent ensuite la jnirole de Dieu avec le même succès dans toute
1. Y a-t-il eu une Eglise avant J.-C. ?--2. Quels furent les résultats des premières prédications des Apôtres?
102 ETABLISSEMENT DE l'kGLISE.
la Judée, la Galilée et la Samarie ; de là ils passèrent dans la Syrie et dans les j)rovinces de l'Asie Mineure, dans la Macédoine, dans la (irèce et })resque par tout le monde, annonçant l'P'van^ile, c'est-à-dire la bonne nouvelle de la rédemption des hommes i)ar Jésus-Christ.
3. Cependant les Juifs résistaient oi)iniâtrément à TEvanirile, et persécutaient avec fureur les disciples de Jésus-Christ. D'un autre coté, les païens s'opposèrent de toutes leurs forces à son établissement. Tout ce qu'il y avait de grand et de i)uissant parmi eux se déclara d'abord ennemi de cette religion ; mais, malgré la fureiudes Juifs, l'opposition des grands et la cori iiption générale des peuples, attachés depuis longtemps à une religion toute sensuelle, les Apôtres établirent l'Eglise de Jésus- Christ dans toutes les contrées de l'univers. Ceux qu'ils choisirent pour leur succéder dans le ministère apostolique imitèrent leur zèle et transmirent j)areillement à leurs successeurs le dépôt de la foi, qui est ainsi parvenu d'âge en âge, dans toute sa pureté, jusqu'à nous.
4. Pour se former une idée de ce (pie rétablissement du Christianisme a eu de i)ro(ligieux, il faut se représenter douze homme de la plus basse classe du peuple, sans biens, sans sciences, sans appui, à qui leur maître ne promet dans ce monde que des persécutions, des tourments et la mort : voilà ce qu'étaient les Apôtres. Peuton s'imaginer que douze hommes de ce caractère, s'ils n'eussent été animés de l'esprit de Dieu, eussent osé entreprendre de changer la face de l'univers, de convertir tous les peuples. Grecs et Romains, Juifs et païens, et cela en leur proposant à tous les mystères les plus incompréhensibles et la morale la plus sévère ?
5. Cependant ces douze hommes, ainsi dénués de tout secours humain, n'ayant d'autres armes que la croix, d'autres moyens que la parole, ni d'autre défense qu'une patience à toute épreuve, n'ont pas seulement osé former un dessein si extraordinaire, mais il l'ont exécuté ; ils ont prêché une doctrine, qui captive l'esprit et qui gêne lo cœur ; ils l'ont prêchée au milieu de l'empire romain, dans les plus grandes villes, dans les villes les plus riches, les plus savantes, les plus voluptueuses : à Antioche, à Alexandrie, à Ephèse, à Corinthe, à Athènes, à iiome enfin. Tout s'est soulevé contre cette nouvelle
'6. Quels obstacles rencontra la prédication de l'Evanprile? — 4. Donnez une idée de ce qu'a de prodigieux l'établissement du Christianisme.
^:T\ni.iHHi:Mt \ I i»i: i 'r:«.f.isr ïflH
(loctrino, tout a <*U' im> « m mminm- |h.iii «(«milfr li- ( Im,tijinisiiH» dans son IxTccau et pour m anvl«T 1<*h |»n»>^rrH jKM'trs dt» hirns, exils, prisons, .snpplircv ; rt rcprndant 1<^ Cinislianisnn' s\sl ('•lal>li parton! par la hvxiU' voir d<* lu pi'i-suaslon, nial)4:ré tout vv (|u'ont \n\ lui oppomT le» puis-an('(»H, la sa^^csso humaine, les passloiiH, 1 int^Têt, la polit i(iue et lu violence la plus outré<\
(l. (Quitter une religion (pii ordonne «les prati(|ues i)^'nil>les, <(ui ])roserit tous les \ iees, pour en embrasser un<^ lavorahh* aux sens, et (|ui peimet d(î donner un libn? eoursaux passions, c'est une <liose facile :\ comprendre; nnus abandonner une nlii^ion favorable aux j)assions pour embrasser la Croix «t la pénitence, s'exjjoser mém<* ;\ la i)erte de ses biens et de sa vie, c'cHt ce (pie la iiersuasion seule peut opérer, et c'est ce qui est arrivé dans rétablisseniciil du Christianisme. Tout <'ela considéré, peul-i)n s'emprciier de dire : Le doitjf dr Dieu ont là ? (,'ar enfin, ou les Apôtres ont fait des miracles pour convaincre les peuples de la vérité de ce qu'ils leur annon- <;aient, ou ils les ont convaincus sans miracles ; s'ils ont fait des miracles, c'était donc Dieu lui-même qui présidait à celle (Viivre ; s'ils avaient ])ersuadé le monde sans miiacks, la preuve n'en serait que i)lus forte. Il n'y a qu'une vertu divine qui ait pu opérer cette persuasion (lans tous les esprits, malgré tous les obstacles qui s'y opposaient. La conversion du monde opérée sans miracles serait elle-même le plus grand des miracles.
Exemple. — Saint Simplicien, qui avait servi de père à saint Amhroise, eut la même tendresse pour Victorin, dont nous allons parler.
Victorin, très-célèbre orateur, avait été professeur de rhétori([ue à Kome ; il avait passé sa vie dans l'étude des arts libéraux, et s'y était rendu trè.--habile ; il avait lu, examiné et éclairci presque tous les écrits des anciens l)hilosophes ; il avait été le maître de tout ce qu'il y avait déplus considérable parmi les sénateurs romains ; enfin il avait excercé sa profession avec tant de succès et d'éclat, qu'il avait mérité et obtenu une statue, qui lui fut dressée dans la place publique de Rome, ce qui passait pour un des ])lus grands honneurs où un homme pût parvenir. Il était cependant encore païen et adorateur des idoles ; et non-seulement il les avait adorées lui-même,
6. Les obstacle? qui s'opposaient à rétablissomeiu du Christianisme i^taient-ils biea torts?
104 ÉTAHLISSKMKNT DK
mais encore il avait employé son éloquence à engager les autres :\ les adorer.
Quelle grâce ne fallait-il pas pour toucher et convertir ce cœur! Voici le moyen dont Dieu se servit. Victorin lisait les saintes Ecritures, et ce lut apiès s'être appliqué avec soin à cette lecture et à celle des autres livres delà religion chrétienne qu'il dit en particulier à saint Siinplicien: "Je vous apprends une nouvelle qui vous intéressera: c'est que je suis chrétien. — Je n'en crois rien, dit saint Simplicien, et je ne vous croirai chrétien que lorsque je vous verrai dans l'église où se tiennent les assemhlées des Fidèles. — Eh quoi! lui dit Victorin, est-ce par une enceinte de murailles que l'on est chrétien ? " Toutes les fois qu'il protestait qu'il était chétien. Simplicien lui disait la même chose, et Victorin s'en retirait toujours par le même trait de raillerie.
Ce qui le retenait, c'est qu'il craignait d'irriter ses amis idolâtres, dont il croyait que la haine l'écraserait si elle venait à tomber sur lui. Mais enfin le courage et la générosité lui étant venus à force de lire et d'ouvrir son cœur à ce qu'il lisait, il comprit que ce serait un crime énorme de rougir des mystères de Jésus-Christ, et de ne j^as rougir des sui)erstitions païennes et sacrilèges. Un jour donc ([u'il se sentit ])lus déterminé, il vint tout d'un coup dire à Simplicien, dans le temps que ce saint homme s'y attendait le moins: " Allons à l'église, je suis résolu non-seulement d'être, mais de paraître chrétien." Simplicien, transporté de joie, l'y mena sur-le-chani]), et le fit inscrire sur le catalogue de ceux qui demandaient le Baptême. Toute la ville de Rome fut dans l'étonnement et l'admiration ; la joie s'en répandit dans toute l'Eglise à cause de la célébrité et de la réputation de ce grand homme.
Enfin arriva l'heureux jour destiné à la profession de foi qu'on faisait avant le baptême. La coutume de l'Eglise de Rome était de la faire en desterme^ qu'on apprenait par cœur, et qu'on prononçait à haute voix en présence de tous les Fidèles. Les prêtres, i)ar déférence, offrirent à Victorin de la lui faire prononcer en particulier, ce qu'on n'accordait d'ordinaire qu'aux personnes timides ; mais Victorin voulut professer hautement, et en présence de tout le peuple, la doctrine céleste qui devait le conduire au salut. Dès qu'il parut à la tribune où il était monté, un soudain transport de joie fit retentir son nom dans la bouche de tout le monde ; et quoique çlia<;*un modérât sa joie par respect i)Our la sainteté de
i!:tai»ijshkmk\t i»k i/faa.iHr. Kk'
r.'irtioii et (lu Uni, nu sccni luiinniirc fuiKait cult-iuire lii- (oiitrs pîirts COH piuoli'fl : C\'nt Virtnrin ! c^ent Victorin ! 'Wnw le uidimI*' se lut l»irntôl imur rr!it<*u<ln'. «'t lui, plein «l uni" >;iiuti' hanlicssf, piunnura à hiiutr t-t «ii'-l inctc voix U's vérités (pli sont rtihjct «le notir foi. Il n'y «ut luTHonnr «laus rass(»nil)lr(Mpii n'rût souliaitr rt-nlcvcr «'t n* nirtln* «lans son ruMir; chacun l'y mettait en dVct par lajoio «|n\ui avait de le voii* chrétien. <'ette cnnvei-Mion échi taille cul (le grandes suites, et (piaiid siint Au;^Mistin l\*nt enten(hi racontera Sini|)licien, il avoua (pi il s'était H4*nti touché d'un grand (h'-sjr de suivre rexeinph' de Victorin ; ce (pi'il exécuta ensuite entre hs mains de sjiint AmluMMse, à (pli saint Siiuplicicn axait servi de père lors de sou l>aptéuie. i 7V/r drs ( hnf'cssinns th' saiïif Aium>*tin. \\\ \ 111. I
Apprenons, 1 à ne pas diilerci- de repondre ;\ la -laii- ([uand elh' nou< a])peHe «h' ]»eur (lu'elle ne se retire de nous ;
L*° A réparer par (pMl([iie arji- iiéroï(ple les iufidélit«'*s et les Insistances opposées à la ji^râce :
:i° A lui être d'autant phis lidéles. (pie nous hii aurons ivsisté ]>lus loni:t(Mnps.
ARTICLE II
Suiff de l'rtdhUssniH'nt <lc 1' I'a/Hsc.
CONSTVNTK PKS M\HTYK<.
1. La persécution contre TEglise de Jésus-Christ ne finit pas avec la vie des Ap(r)tres ; toutes les puissances continuèrent pendant trois cents ans à lui faire la guerre. On compte, pendant cet intervalle de temps, dix persécutions suscitées par les édits des empereurs romains, durant lesquelles plusieurs millions de Chrétiens de toute condition, de tout sexe et de tout âge, soutirirent les tourments et la mort pour rendre témoignage à Jésus-Christ. On inventa, pour les tourmenter, les supplices les plus effrayants : ou les étendait sur un chevalet avec des cordes attachées aux pieds et aux mains : on les suspendait par les mains, après leur avoir attaché des poids aux
1. Les persécutions siisoitéc? à l'Eglise finirent-elles à la mort des Ap^'»tres? Combien de temps durèrent ces persécutions, et quel en fut le nombre? Quels tourments les Chrétiens eurent-ils à subir alors? Quelle était la conduite des Martyrs au milieu des plus cruelles tortures '^
KM) KTAJil.issKMENT DK l'^:<;hsi:.
pieds, et, en cet état, on les battait de vergefc ou de fouets garnis de pointes de 1er jusqu'à découvrir les côtes et les entrailles. Quand ils n'expiraient pas dans ces tourments, on jetait du sel et du vinaigre sur leurs plaies, afin de les rendre plus sensibles; d'autres lois on les rouvrait lorsqu'elles commençaient à se fermer. Les ] disons devenaient pour les C'brétiens une nouvelle sorte de supplice: les plus infectes leur étaient réservées; on lesy jetait tout nus et tout déchirés de cou})s, ayant les entraves aux I)ieds, et obligés de se coucher sur des verres cassés dont on avait la barbarie de parsemer les cachots dans lesquels on les enfermait. (Quelquefois on les laissait mourir de faim, et si on les nourrissait, c'était afin de les pouvoir tourmenter de nouveau. On défendait ordinairement de les laisser parler à personne, parce qu'on savait qu'en cet état ils convertissaient beaucoup d'infidèles, même les geôliers et les soldats qui les gardaient. Le supj)lice qui terminait toutes ces tortures était d'avoir la tête tranchée, d'être brûlé vif, d'être i)récix)ité dans la mer du haut des rochers, ou d'être dévoré par les bêtes. Les Martyrs demeuraient cependant fermes et inébranlables au milieu des plus longues et des plus vives douleurs; les tourments mêmes paraissaient augmenter leur courage.
2. Ce n'étaient pas seulement des hommes qui montraient une constance si admirable, c'étaient des femmes délicates, déjeunes enfants: tant était puissante la grâce de Jésus-Christ, qui les fortifiait intérieurement.
L'histoire ecclésiastique rapporte des exemples de courage qui sont non -seulement au-dessus des forces humaines, mais encore au-dessus de toute admiration. On ne peut lire sans étonnement ce qu'ont souffert les Martyrs de Lyon et de Vienne, sous l'empereur Marc-Aurèle ; ce que rapporte l'historien Eusèbe des Martyrs de la Palestine, et Sozomène des Martyrs de Perse ; ce qu'on trouve dans les actes originaux des Martyrs d'Afrique, etc. Tous ces généreux athlètes ont souffert avec une patience invincible des tourments dont le récit seul fait frémir : quelques-uns même les souffraient avec joie, ils allaient d'eux-mêmes au supplice, ils craignaient qu'on les épargnât. Saint Laui'ent, étendu sur un brasier allumé, disait à ses bourreaux de tourner son corps de Pautre côté, parce que le feu n'avait plus de prise sur celui qui était déjà briilé. Quel langage au milieu des douleurs les plus
2. Les hommes seuls faisaient-ils ^clîiter une admirable constance? Ou les Martyrs puisaient-ils leur force ?
/^.TABLIHHKMKN r IH, l.'hilAHK. |07
cuihAiites? D'où vriiait h cih Ih'ti^s du Clïri«luiiiihiiH' n» courage» invincil)l<* ((ui Inir faisait luavcr les touniu'iits et lu mort? ilni csl-ci' (iiii leur doimaiL octlc* force .supérieure i\ tout ce que la cruauté des tyrans pouvait inventer? Il fallait sans doute ((U'unc^ vorlu divine soutint leur faiblesse nalurrllc.
'^. La religion (|ue les Martyrs ont cimentée di* leur sang, est donc une religion divine. Jamais elle n'aurait pu subsister, si une main tontc-puissaide ne l'eût soutennr contre i\v<> altaiines si violentes et si nudlipliérs ; mais Dieu la lit triompher de la fureur de ses ennemis; tous leurs ellbrts, <iui auraient di*i causer sa ruine, n'ont servi (piW raU'ermir: plus les perséeut ions étaient cruelles, plus la foi faisait de progrès; le sang des Martyrs était comme une semence féciMule (pli enfantait de nouveaux ( 'hrétiens, et le monde entier, après avoir i)ersécuté avec fureur les disciples de .Jésus Christ , a été obligé de s'écrier: '* Qu'il est grand, le Dieu des Chrétiens! " et il a embras-é la foi des iMartvrs !
Exemple. — L'empereur Valens, (pii était arien, lit défendre, sous peine de mort, aux Calholi(iues de la Ville d'Edesse, où il était alors, de faire i)ul)li(iuement aucun exercice de leur religion. Les Catholiipies, loin de cesser, eontintièrent leurs assemblées dans le lieu destiné à cette lin. L'empereur en fut informé; il commanda au préfet de se rendre le h'ndiMnain au lieu de l'assemblée avec un grand nombre de soldats, et de faire nu'ttre aussitôt à mort tous ceux (pli y seraient. Le j)réfet, (jui n'était pas cruel, frémit ; il lit savoir secrètement aux Catholi(pies l'ordre qu il avait reyu, et (pi il ne i)ourrait s'cm})écher de mettre à exécution. Cet avcrtissenumt, loin de les détourner, les porta tous à y aller dès le malin. Ils se réjouissaient de l'occ.îsion favorable qu'ils aiu'aient de donner leur vie pour la foi en la divinité de Jésus-Chri>t. Le préfet se mil eu chemin escorté de soldats. Il rencontra dans une des rues (pii conduisaient :\ l'endroit où les Chrétiens s'assombhiient, luie jeune l'emme qui traînait son petit enfant ])ar la main ; il lui adressa la parole. ''Où allez- vous si vite? lui dit-il. — Je vais, lui répondit-elle, où vont les autres Catholiiiues. — Arrêtez-vous, lui répliqua le préfet : ignorez-vous donc que Tempereur a commandé de mettre à mort tous ceux qui seraient i\ l'assem-
3. Que prouvent la constance et la fcru\et6 des Martyrs par rapport i\ notre sainte religion ?