L'Eglise est chargée d'enseigner aux fidèles toutes
6. De ce que le Pape est infaillible, ne faut-il pas conclure que les conciles sont inutiles et que les évéques ne sont point juges de la foi ? — T. Quelles sont les vérités que l'Eglise est chargée d'enseigner ? Sommesnous obligés de les croire ?
IlM l.'KNSKlCNKMKN'r DM F.' fXÎÎ.ISK.
les vérités qu'elle a reçues de .lésus-Christ, et eeux-eisont obligés de les eroire. Ce divin Sauveur a dit à ses Apôtres: ** Allez, enseignez. Je vous ai fait eonnaître toiif ce que j'ai appris de mon Père .. . Je vous envoie eomme mon Père nra envoyé. Celui qui ne croira pas sera condamné. Celui qui vous écoute, m'écoute ; et celui qui vous méprise, me méprise." Ainsi il y a obligation, sous peine d'encourir les châtiments les plus rigoureux, (k" croire toutes les vérités que l'f^glise nf>us enseigne au nom de Jésus-Christ.
8. Il y a dans la doctrine de l'Homme-Dieu deux choses bien distinctes : des vérités qu'il faut croire, et des maximes, des règles de conduite auxquelles il faut se conformer. C'est à son Eglise que Jésus-Christ a confié les unes et les autres ; il ne l'a pas seulement chargée d'enseigner aux fidèles les vérités qu'elle a reçues de lui. mais encore de leur apprendre à observer tout ce qu'il a prescrit. Nous ne devons pas seulement croire ce que l'Eglise enseigne, mais nous sommes aussi obligés de faire ce qu'elle nous commande ; car Jésus-Christ a dit à son Eglise : '' Qui vous écoute, m'écoute ; et qui vous mépris(\ me méprise." Ecouter l'Eglise, c'est écouter Jésus-Christ : mépriser l'Eglise, c'est mépriser Jésus-Christ. Ce divin Sauveur regarde comme fait à lui-même ce qu'on fait à ceux qui sont. i('i-])as, ses ministres, ses représentants, ses ambassadeurs. IV)uvait-il exprimer d'une manière plus énergique l'obligation où nous sommes de leur obéir et de faire tout ce qu'il nous commande?
Exemple. — Mgr. de Cheverus, premier évêque de Boston, et mort Cardinal Archevêque de Bordeaux, dans ses diverses prédications, s'attachait le plus souvent à bien établir et à inculquer en toutes les manières possibles la nécessité d'une autorité enseignante, i)Our fixer la foi du savant comme de l'homme sim])le. Pour en convaincre les Protestants, il leur répétait souvent, dans les discours qu'il avait occasion de leur adresser, cette parole simple, mais qui produisait toujours un grand fruit : " Tous les jours, mes frères, je lis comme vous l'Ecriture sainte, je la lis avec réflexion et prière, en invoquant l'Esprit-Saint, et cependant, presque à chaque page, je suis arrêté j)ar de»3 choses que je ne comprends pas; j'ai besoin de l'autorité de l'Eglise pour m'en indiquer le sens et fixer ma foi à ce sujet." Et l'auditoire faisait aussitôt
8. Sommes-nous obligés de faire ce que TËglise nous commande, et
l/i^nUTlIUK HAINTK ITV LA TltAMTTIoS. 12.%
I iipnhcMlioii : "Si .M)^i.«lr rinv» iii^, «jui «-s! l»Mii pin*- •>avaiit <|iH' lïous, ne coniprciid |):is tonte I Kerituro wiinti', roinninit nos ministres n(>ns «lisent-ils qn'elle ent jionr cliMcnn (le nons nnr nVIe «le lui iiarrailcnn*iit claire, iiitelli^ihle par elle seule, sans anenn seeonrs i'-traii^çer? '' I)e là, .M^r. (le Clievenis, après lenr avoir fuit sentir (ine le plus ^ran<l noniKre «Icvs hommes ne p<'Ut ])oint cleeiiler par Iiii-m«*ine sMi le détail des dogmes, lenr montrait la sinesse di\Mie \rnanl an seeonrs <le la l'aiMess** Inimaine par I institution dnne autorité ensri;^nante (pli. tirant son origine de .lé-u<('lirist on de5 ApcMres, est parvenue pis(pi'i\ nous par une suite non interrompue de pasteurs, prol'essant toujours et partout la même doctrine, sans aucune variation. \'ii: i>i: Mci:. i>K Ciikvkkis.
AlIlICLi: \ II.
/V !' l'A'ritnrr sidntr et de ht frmlitiini.
1. Il va deux sources d'où IMiilisc ])uise les vérités dont Jésus-Christ lui a contié le (U*p(*>t et (pi'elle est chargée d'enseiirner auxlidèles; ces deux .sources sont: l'Kcritnre siunte et hi Tradition. L'une et l'autre renieinuMit la ])arole de Dieu, avec cette dittérence (pu* TEcrilure sainte contient la i)arole de Dieu écrite, et la Tnidition. la parole de ])ieu non écrite.
L\ L'Ecriture sainte est la parole de Dieu ren fennec dans les livres écrits sous l'inspiration du Saint-Esj)rit. et c'est pour cela (iu'on l'appelle la i)arole de Dieu écrite. Elle se divise en Ancien et en Nouveau Testament.
L'Ancien Testament se compose de livres saints ipii ont été écrits avant la venue de Xotre-Seigneur Jésusilu'ist. On donne à ces livres le nom d'Ancien Testament, parce qu'ils renferment l'alliance que le Seigneur fit autrefois avec son peuple, la loi qu'il lui imposa et les promesses qu'il lui fit.
Le Nouveau Testament se compose des livres saints qui ont été écrits depuis la venue de Jésus-Christ ; il renferme l'alliance que Dieu a faite avec toutes les nations, par la médiation de l'Homme-Dieu. Notre-Seisneur Jé.sus-Christ.
L'Ancien et le Nouveau Testament réunis s'appellent
1. D'oïl l'Eglise puise-t-elle les vérités qu'elle a charge d'enseigner aux Rdèles?— 2. Qu'est-ce que l'Ecriture sainte ? Que contient l'Ancien Tcslament? Le Nouveau? Qu'est-ce que la Bible?
120 l'ècritttuk sainte KT 1>A tuadition.
Jiil)l(', CL J'>il)l<' -i'^iiifio la mcnic chose que livre ; on doiinf» ce nom à la collection des livres saints, parce que c'est le livre par excellence, le livre des livres.
3. L'Ancien Testament se compose de trente-huit livres dont le premier est celui de la Genèse, qui contient l'histoire de la création du monde et celle des Patriarche- .jusqu'il la mort de Joseph. Ces trente-huit livres ^e divisent en trois classes: les livres historiques, les livres sapientiaux, et les livres prophétiqiu'S.
4. Le Nouveau Testament se compose de vin<2:t-sei)t parties, dont la première est l'Evanj^ile selon saint Matthieu, etc.
5. Les livres du Nouveau Testament, comme ceux de l'Ancien, sont authentiques; les faits qui y sont racontés sont vrais, et il est hors de doute qu'ils ont été écrits sous l'inspiration du Saint-Esprit i)ar les Apôtres ou les disciples de Jésus-Christ, dont ils portent les noms : telle a été constamment la foi de l'Eglise chrétienne répandue dans toutes les contrées de l'univers.
G. Entre l'Ancien et le Nouveau Testament, il y a un accord parfait. " Il n'a existé une loi ancienne, dit saint Jean Chrysostôme, que par Jésus-Christ et pour Jésus- Christ. Seul il est l'instituteur de l'une et de l'autre alliance. L'Evangile n'est que l'extension et le complément de la loi mosaïque. L'Ancien Testament n'a fait que devancer le Nouveau, et celui-ci qu'expliquer l'Ancien. La nouvelle loi n'est que l'accomplissement et la perfection de celle qui l'avait précédée : celle-ci était le type et l'ombre ; la nouvelle est la vérité, la chose même. Tout entière elle se retrouve dans l'ancienne : partout le même Dieu législateur ; partout Jésus-Christ centre et terme de la loi ; Moïse et les prophètes parlent de Jésus- Christ à chaque page de l'Ancien Testament ; Jésus- Christ, à chaque page de son Evangile, renvoie à ^Moi'sc et aux prophètes."
7. " Jésus-Christ, étant la fin de tous les ouvrages de Dieu, dit Bossuet, tout ce qui s'est fait d'extraordinaire depuis l'origine ne regardait que lui seul. Lisez les divines Ecritures, vous vei-rez partout le Sauveur Jésus ... ; il est partout, mais il n'3^ est qu'en figure." L'arche de Noé, par exemple, est la figure de l'Eglise de Jésus-
3. De combien de livres se compose l'Ancien Testament?— 4. Le Nouveau ?— 5. Qui a écrit le Nouveau Testament '.'—G. Y a-t-il quelque accord entre l'Ancien et le Nouveau Testament?— 7. N'y a-t-il pas, dansTAncleq Testament un grand nombre de figures ?
i.'h'mrvHK s.MNTK i:t i.a TitAurrioN. PJ7
Cliiint, Ikh'.s (U' liM|iullf il n'y ii iioint <lc Hiiliil MclciiisodiM.'h. (jui, im <|uali!6 d(» nrôtn* «lu Dini Hotivrniin, oHVo <lii pniii rt <lu Mil, est la fi^un* <lr .JAHiiM-ChriMt, cjiii, pivlrr et vicliim^ (oui ;\ la lois, s'ollrr cliaqm* ioiir ;\ hoii r«>rr, sons les l'spc^TS du puiu et «lu vin, uiiini des autres. s. Les Apôlrcs n'ont ])as (''«•rit toutes Ich v/'Ht «'•h qu^il.H avaient jippriscs df Irni* hivin .Mail vr ; il y vu a un ^rand iiomhrc «ju'ils n'ont enseij;;nrrs <jue de vive voix, j\ Tiinilaiion de .lésns-Clirisl. (Vs vérités ont passé des Apotre.s aux premiers évécpies, des prenïiei-s évécpicH i\ leurs Hueeessciirs. vl ainsi <le si^(•U» en si«\*le jiis(|u'j\ nous ; e'ent <*e (|n'on MppclU' 'rradition. La '{'l'iidilion «'st donc la pai'oie dt' Diru, «jui nous est venue de lM)U<*lir en !)ouelHdi'puis li's Apôtres, et (pli ni" se trouve point dans les livres inspirés j)ar le Saint-Ksprit. Nous ne devons pas eraindn^ (pie eette ])arole non écrite, en passant par tant de i)oU('hes, ait pu s'altérer ou se corrompre, jaiisipH; .lésiis-Christ a ])romis de ne janiMis abandonner son Eglise et de ne jamais la laisser tomber dans l'erreur.
1>. Les ensei«!:nements de la Tradition sont contenus principalemenl dans les décrets des conciles, dans les ouvnii;es des Pères, dans h^s actes du Saint -Sièire et dans les paroles de la Liturgie.
10. \\\ concile est une a>scml)lée des premiers pasteurs de rKglise pour décider les (piestions qui a])])artiennenl :\ la foi. au mceiirs ou à la discii)line.
1 1. Il y a trois sortes de conciles : les conciles iirovinciaux. les conciles nationaux et les conciles généraux ou (ccuméniijues. — V\\ concile provincial est celui qui est formé par les évécjues d'une province, sous la présidence du métropolitain. — Le concile national est celui qui est formé l>ar les évéques d'une seule nation. — Le concile œcuméni- ([iie est celui ((ui a été convo([ué par le souverain Pontite, et auquel tous les évé([ues du monde catholique ont été appelés. Tl n'est pas nécessaire que tous s'y rendent ; il sutlit qu'ils soient en assez grand noml)re pour pouvoir être censés représenter l'Eglise universelle. Ia^ concile général est présidé par le souverain Pontife ou par ses légats.
12. Le premier des conciles est celui de Jérusalem tenu })ar les Apôtres, qui y proclamèrent l'infaillibilité de TE-
S. Qu'entendez-vous par la Tradition?— 9- Ou sont contenus les enseilîuements de la Tradition ?— 10. Qu'est-ce «lu'un concile? — 11. Combien y a-t-il de sortes de conciles?— 12. Quel a été le premier concile?
glise. selon la parole de Jésus-Christ, et dressèrent le Syml)ole de la foi. Il fut présidé par saint Pierre.
13. Ou compte, jusqu'à nos jours, dix-neuf conciles généraux ou (Œcuméniques : 1° le premier de Nicée, en 825, contre Aiius. ([iii niait la divinité de Jésus-Christ ; 2° le premier de Constant in()i)le, en .Wl, coutre les disciples d'Arius ; .3^ celui d'Ej)hèse, en 481, contre Nestorius, (^ui niait la maternité divine de INIarie ; 4° celui de Clr.dcé- (loine, en 4'")1, contre Kutychès et Dioscore. qui ne reconnaissaient ({u'une nature en Jésus-Christ; 5° le deuxième de Constantin()[>le, en 558, contre les /?*o/.s chapitres on trois écrits qui favorisaient la doctrine de Nestorius; 6° le troisième de Constantinople, en 680, contre l'erreur des Monothélites, qui n'admettaient qu'une seule volonté dans Jésus-Christ ; 7° le second de Nicée, en 787, contre les Iconoclastes ou briseurs d'images; 8° le troisième de Constantino])le, en 8()9, contre Photius, qui avait usurpé le siège de cette ville ; 9° le premier de J^atran, en 1128, qui fit plusieurs canons touchant la discipline : le nom de Latran lui vient de ce qu'il fut tenu à Rome dans la basilique de ce nom; 10° le deuxième de Latran, en 1189, pour la réunion des (rrecs à l'Eglise ; 11° le troisième de Latran, en 1179, pour la réforme de plusieurs abus qui s'étaient introduits dans la discipline; 12° le quatrième de Latran, en 1215, i)Our juger la cause des Albigeois et pourvoir à la délivrance de la Terre-Bainte ; 18'-' le premier de Lyon, en 1245, contre Tempereur Frédéric, qui y fut excommunié; 14° le second de Lyon, en 1274, pour travailler de nouveau à la réunion des Grecs avec les Latins; 15° celui de Vienne, en 1811, pour l'extinction de l'ordre des Templiers, et contre les erreurs des beggards ou bn/uinx ; 1G° celui de Constance, en 1414, pour l'extinction du grand schisme d'Occident, et contre Wiclef et Jean Huss ; 17° celui de Florence, en 1489; les Grecs y signèrent une profession de foi avec les Latins; l>s^ celui de Trente, commencé en 1545 et liai en 150:), contre les hérésies de Luther et de Calvin; 19° enfin, celui du Vatican, convoqué à Rome par X. S. P. le Pajie Pie IX, et dont l'ouverture se fit le 8 décembre 1869. Ce concile fut interrompu au mois d'Août 1870, et depuis n'a pu reprendre ses travaux à cause des troubles survenus en Italie.