‹ Traité des devoirs de chrétien envers DieuChapitre 7 sur 124 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Di: l.A BIENSÉANCE DANS LES ACTIONS COMMUNES ET ORDINAIRES.

CHAP. 1. Du Lever et du Coucher 22

CHaP. II. De la manière de s'habiller et de se déshabiller 24

CBAP. 111 Des Habits 25

CHAP. IV. De la Nourriture 27

CHAP. V. Des Visites 36

CHAP. VI. Des Divertissements 38

CHAP. VII. Des Entretiens et de la Conversafon 41

Article I. De la Vérité et de la Sincérité qii doivent toujours

récner dans la Conversation 42

12 TABLK (JKNKKALE.

Art. ir. I)es iiio.v(Mis de rendre la «oiivcrsalion agréable 43

Art III. Du re.o^pect que l'on doit conserver, dans la conversation, pour tout ce qui a rapport à Dieu et à la Religion, et du soin Mue Ion doit avoir de n'y jamais parler au dé:?avantagc du

prochain 45

Art. IV Des fautes que l'on commet en parlant inconsidérément 47

CilAP. Vnr. Comment on doit interroger, répondre et dire son sentiment, et des règles que l'on doit observer dans les disputes, et lorsqji'on est oblige de répondre 49

Cil \P. IX. Des Compliments 51

CllAP. X. DelaLecture 53

ClIAP. XI. Du Choix des Livres 5'>

CHAP. Xrr. Des Lettres 61

CHAP. XIII. Du Choix des Compagnies 64

AVANT- IM^OPOS

NF'icEssm-: d'une hi:li(ii<'n, kp oulkiation de l^étudilk.

l'^ N^H*essit/^ «rime Kclii^ioii.

1. LVxistcnco de ruiiivers et l'ordre qm y n>gne supposeiit néeessaireiiient une cause i)uiHsante et sage. Cette Ciiuse est Dini : c'est lui qui a créé toutes choses, et qui règle tout selon les lois éternelles de sa divine sagesse.

2. Parmi les créatures que nous voyons, riiomme seul est doué d'intelligence et de liberté; il est seul capable de connaître, de vouloir et d'aimer; mais Dieu, étant la sagesse même, n'a pu donner ces facultés à l'homme ou 'afin qu'il les employât à sa gloire.

3. Ces vérités, que personne ne peut révoc^uer en doute, prouvent invinciblement la nécessité d'une religion, c'està-dire de ce rapport d'obéissance et d'amour de la créature intelligente envers son Créateur. Vainement diraiton que Dieu est trop grand, trop élevé au-dessus de nous pour s'intéresser à l'honneur que nous lui rendons. Sans doute Dieu n'a pas besoin de nos hommages, mais il est juste, et ainsi, il doit vouloir ce ({ui est conforme à la raison et à l'ordre : or, il est dans l'ordre que la créature honore son Créateur et qu'elle lui témoigne son amour et sa reconnaissance.

4. Est-il au pouvoir d'un père de dispenser ses enfants de l'amour et du respect qu'ils lui doivent ? Dieu est notre père, nous devons l'aimer; il est infiniment bon, nous devons nous attacher à lui; il est juste et tout-puissant,

1. Que supposent l'existence de 1 univers et 1 onire qui y règne? Quelle est cette cause?— 2. Quelle est, entre les créatures, celle qui est seule capable de connaître et d'aimer cette première cause ? Pourquoi Dieu a-t-il doué Ihomme de ces facultés, et dans quel but ?—>.'3. Que prouvent les vérités que vous venez d'énoncer ? Qu'entend-on par une Rclisrion ? Est-ce que la prrantleur et l'élévation de Dieu ne le rendent pas indifférent à l'honneur que nous :H)Uvons lui rendre? Qu'exige l'ordre que Dieu a établi en toutes choses? — 4. Quelles sont les perfections de Dieu à notre égard, et qu'exigent-elles de nous? Comment nomme-t-on Tenseiuble des différents devoirs que nous devons rendre à Dieu?

14 Ni^:cESsiTK d'une UEUGION»

nous devons le craindre et le respecter. C'est lui qui nous a créés, c'est lui qui nous conserve l'être et la vie ; tous les avantages dont nous jouissons, nous les tenons de sa main libérale, et il nous prépare des biens infiniment plus précieux que ceux qu'il nous a déjà donnés: il veut nous rendre éternellement heureux ; c'est donc avec raison qu'il exige de nous un culte religieux.

5. Ce culte doit être intérieur, et comprendre toutes les facultés de notre âme ; il doit être extérieur, afin que notre corps puisse concourir en sa manière à l'honneur que l'homme rend à Dieu; il doit aussi être public, parce que les hommes, étant destinés à vivre en société, doivent se réunir pour bénir et adorer ensemble Celui qui les a créés.

6. Sans un culte fixe et invariable, la Religion ne pourrait subsister longtemps parmi les hommes, ils ont besoin de s'édifier mutuellement et de s'exciter les uns les autres à la pratique de leurs devoirs. Aussi, dès l'origine du monde, les hommes se sont-ils réunis pour rendre ensemble leurs hommages au Seigneur ; partout on trouve un culte public rendu à la Divinité. La même lumière qui découvre à l'homme l'existence d'un être de qui il dépend, lui fait aussi connaître l'obligation de l'honorer. Ce culte, alors même qu'il s'est égaré chez les nations infidèles, a toujours eu la même origine, c'est-à-dire le besoin d'honorer une puissance suprême, un Dieu créateur et conservateur, une Providence qui règle tout. Tant il est vrai que l'homme entend sans cesse une voix intérieure qui crie : Hommage au Maître de la vie.

Exemple. — La fille d'un général des Etats-Unis, qui passait pour un incrédule et un athée, tomba malade. Cette pauvre enfant paraissait n'avoir plus que quelques instants à vivre. Elle fit appeler son père, lui prit la main et lui dit : ** Mon cher père, je vais mourir dans ** quelques minutes; dites-moi donc bien sérieusement, je ^* vous en prie, si je dois croire ce que vous assurez si sou- " vent, qu'il n'y a ni Dieu, ni ciel, ni enfer, ou bien si je " dois m'en tenir au catéchisme que j'ai appris de la ** bouche de ma bonne mère.' Le général fut, pendant

5. Quelles sont les conditions du culte (Uie nous devons à Dieu ? Pour-

3uoi doit-il être intérieur? Pourquoi extérieur? Pourquoi public? — 6. Ces ifférentes sortes de cultes sont-elles absolument nécessaires? Le culte public a-t-il été en usage ches tous les ueuples ?

. OHLKMTION D'^'UDIKK LA. UKLKHON. 15

(luc'liiut's iiioiiuiitH, rominn fnipp^î dtOa foiMlre; enfin il îui ]>onrlia Hur 1« lit do la nmliulo et lui <lit d'uncî voix ♦ 'lit rccojipro do sanglots: j^/o// m faut, ma cintre enfant ^ crniH Hriilrmrnf rr (jur t'a appris ta virrr . i^n'oii n'iliuiKine l'ôloniH'iiu'nl <it'M iiH rrdiilcs (jui se trnrvjiicnt piY'si'iits ! i/iiii d\'ux, (|ui avait «Irpuis l(»n;^^t('inpsal)juiYîsa nliK'>'>ï»» iIlto^^()«^^^ Hur co qu'il pensait, lY'pondit qu'il /'tait plun cnmmoiîr (h* V'vve (Vaprt'st^a nniivrllr /vV/V/zon, mais <iu'il valait. niit'U.v mourir dans rancienno. Voilà ce (pi'à riu'ure de la mort jxnsent de la religion les impieH euxmêmes.— ScilMiDT KT WvA.vrw

2° Nécessité d'étudier la Religion.

1. Croire l'existence de Dicni, l'iinmortalité de lame, les récompenses et les châtiments de l'autre monde, et vivre néanmoins comme si l'on était persuadé du contraire, est une inconséciuence dont le principe ne peut se trouver que dans l'ignorance et le libertinage.

2. Aussi la Religion n'a-t-elle pas d'ennemis plus à craindre que l'aveuglement de l'esprit et la dépravation du cdHir. Il y aurait moins d'incrédules si la Religion était mieux connue, et il n'y en aurait pas un seul si les hommes étaient sans passions. Mais ni la coupable négligence des uns, ni la corruption des autres, ne feront jamais que ce qui est ne soit pas. Or le consentemet unanime des peuples, le sens intime de chaque homme, l'univers et tout ce qu'il contient, sont autant de témoins qui attestent l'existence de Dieu.

3. La pensée, la volonté, l'intelligence de 1 âme sont autant de preuves de sa spiritualité, et, par conséquent de son immortalité. Comment expliquer la stupide indifférence de celui qui, sans précautions et sans crainte, ose s'avancer vers le terme fatal qui doit décider de son éternité? Je ne sais, dit-il, ce que je deviendrai un jour: tout ce que je puis dire, c'est que je mourrai, et qu'en sortant de ce monde je tomberai, ou dans le néant comme la brute, ou entre les mains de Dieu pour être jugé. Je sais que, s'il y a un Dieu, il doit punir ceux qui, comme moi, ne se

î. A quoi faut-il attribuer l'inconséquence de ceux qui, persuadés de l'existence de Dieu, vivent néanmoins comme s'ils n'avaient à craindre après cette vie, ni récompense, ni châtiment? — 2. Quels sont les ennemis les plus à craindre pour la Religion ?—:î. Que prouvent la i)ensée, la volonté, et rintelligrence de l'àme? Faites comprendi*e quelle est la stupide indiflférence de celui qui ose s'wancer sans vrécautions vers le terme qui doit décid-r do v^n étern^t^j.

16 <)r,Li(;ATiON 1)'^:tudier la religion.

mettent nullement en peine de le servir : tout me dit que (;e Dieu existe, mais, parce que cette croyance gênerait mes inclinations, je préfère ne rien croire jusqu'à ce que je le voie. Teut-etre qu'il ne sera plus temps alors de se repentir; le témoignage de la foi, celui d»^ l'univers et celui de ma propre conscience me l'assurent même ; mais n'importe, et, malgré l'évidence, j'espère qu'i n'en sera rien.

Peut-on se rendre compte de l'aveuglement de celui qui se joue ainsi de son sort éternel ? Car peut-il croire de bonne/oi que le sort de l'homme pervers puisse être le même'que celui de l'homme vertueux? Le Dieu de toute justice regardera- t-il du même œil le vice et la vertu, l'impie qui le blasphème et le juste qui l'adore dans un saint tremblement ?

4. De toutes les connaissances, la Religion est donc la plus importante pour l'homme : c'est elle qui le modère dans la prospérité et ^.e soutient dans l'adversité, lui apprenant que le temps n'est rien, mais que l'éternité est tout ; c'est elle qui assure la tranquillité des Etats, en apprenant à obéir aux puissances établies de Dieu, nonseulement par la crainte du châtiment, mais par une obligation de conscience; c'est elle qui forme le prince clément et le sujet fidèle, le maître juste et le serviteur probe, le magistrat intègre et lami véritable. Non-seulement elle défend l'usurpation du bien d'autrui, elle en interdit même le désir ; elle va plus loin encore, elle veut qu'on partage son pain avec celui qui est dans le besoin; elle condamne non-seulement le meurtreet la vengeance, mais elle ordonne le pardon des injures et l'amour des ennemis; elle veut que nous fassions du bien à ceux qui nous font du mal, et que nous priions pour ceux qui nous persécutent. " Chose étonnante ! dit Montesquieu, frappé "' de ces vérités, la Eeligion, qui paraît n'être que pour '* l'autre vie, fait encore le bonheur de l'homme en ce "monde." — "La société sans religion, dit le trop fa- " meux Voltaire, ne serait qu un repaire de bêtes féroces." 5. Concluons donc, et disons que rien n'est plus important pour l'homme que l'étude delà Religion ; elle-même lui en fait une obligation : le premier devoir qu'elle im-

4. Quelle est pour Thomme la plus importante de toute les connais- ;iances? Pourquoi? Citez les paroles de Montesquieu et de Voltaire sur les bienfaits et la nécessité de la Religion.— 5. Rapportez les principaux nvh lue doivent suivre les jeunes gens à leur entrée dans le monde, s ils veulent conserver leur foi, /

poHO OHt IVîtudr (le ses piYH*ci)ti'H ; et hI elle detnande lu cioyniHM» (11' SCS inystrrt'H, elle v<»ut jinssi cju'on reconnaisse les misons <|ni en pronvcnt rexisteinr. MalluMir donc à riinpie (jni, hlaspln^-niant ce (pi'il i^^norc, ose traiter av«'(! nicpris et rcj^anlcr (!omnn\pr<''jnj^/*s poinilaireH les vérités les pins certaines et les pins re.-pectahles ! vérités <|ue les plus grands génies ont reconnnes après le» avoii* examinées avec soin, et (pli, par suit*' d'une entière conviction, leur ont sacrilié leurs affections les plus tendres.

Jeunes ^ens (pii allez entrer dans le monde, n'oubliez jamais les ])iéceptes derK^lise; soyez fidèles à vos devoirs; ne vous laissez entraîner ni par les railleries ni par les exemples de ceux ([ui ont lâchement abandonné le sentier de la veitu.

Ne lisez ({ue de bons livres, afin de vous instruire de plus en j>lus des vérités de la Keîigion ; plus vous serez instruitïr, plus vous serez fermes dans la fo' ; plus vous étudierez la Religion, })lu3 vous y trouverez (îes caractères de divinité. Ne vous laissez jamais éblouir par les vaines subtilités de l'irréligion ; ne prenez jamais des blasi)hèmes pour des raisons, ni des plaisanteries pour des preuves. Fuyez les mauvaises compagnies : elles corrompent les bonnes mœurs. Fuyez le vice et vous conserve/ez la foi.

Si cependant vous aviez le malheur de vous égarer, revenez à Celui v^ui vous tend les bras et qui ne rejette jamais celui qui implore sa clémence : ne sacrifiez pas votre éternité à un vil et méprisable respect humain.

Exkmple:?. — Un des i)hilosophes les plus célèbres de notre temps, M. Jouifroy, bien quMl eût eu le malheur de s'éloigner des ])ratiques du Christianisme, écrivait néanmoins ces lignes remarquables :

" Il y a un tout petit livre que l'on fait apprendre aux enfants, et sur lequel on les interroge à l'église. Lisez ce petit livre, qui est le catéchisme : vous y trouverez la solution de toutes les questions que j'ai posées, de toutes sans exception. Demandez au chrétien d'où vient l'espèce humaine, il le sait; où elle va, il le sait ; comment elle y vaj il le sait. Demandez à ce pau^Te enfant, qui de sa vie n'aurait pu y songer, pourquoi il est ici -bas et ce qu'il deviendra après sa mort, il vous fera une réponse sublime. Origine du monde, origine de l'homme, destinée de l'homme en cette vie et en l'autre ; rapports de

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