‹ Traité des devoirs de chrétien envers DieuChapitre 80 sur 124 · DE LA SATISFACTION · texte numérisé non relu

DE LA SATISFACTION

Exemple. — Une pcrsonue, qui avait la i^éputation d'être dévote, ne se défiait pas assez d'elle-même, et n'avait pas assez souvent recours à Dieu ; elle eut la faiblesse de tomber dans un de ces péchés dont l'aveu coûte tant aux personnes que le seul nom du vice contraire à la pureté fait rougir. Elle se repentit de sa faute dès qu'elle l'eut commise. " Quoi qu'il puisse m'en coûter, dit-elle, j'irai m'en confesser, et j'ouvrirai i)arfait€ment mon cœur." Elle partit aussitôt. Comme elle y allait, il lui sembla entendre le démon qui lui disait : *' Où vastu?" Elle lui répondit courageusement: "Je vais me couvrir de confusion et te confondre." Lorsqu'on a eu le courage d'accuser en confession un péché qu'on avait beaucoup de peine à dire, on se sent, aussitôt après l'aveu qu'on en a fait, dans l'état de celui qui s'est enfin déchargé d'un lourd fardeau dont il était accablé. — Lasausse.

ARTICLE VIII

De la Satisfaction,

1. La Satisfaction, qui est la troisième partie du Sacrement de Pénitence, est une réparation de l'injure faite à Dieu et au prochain. Satisfaire à Dieu pour nos péchés, c'est faire ou souffrir quelque chose pour fléchir la colère de Dieu que nous avons offensé, et pour réparer le tort que nous avons causé à notre prochain. La Satisfaction, du moins quant à l'acceptation et au désir de l'accomplir, est absolument nécessaire pour que les péchés soient remis par le sacrement de Pénitence : quand on n'a point la volonté de satisfaire à Dieu, on ne peut obtenir la rémission de ses péchés. C'est Dieu qui les remet ; lui seul est le maître des conditions auxquelles il veut en accorder le pardon. Dans le sacrement de Baptême il nous dispense de la Satisfaction : aussi les ministres de l'Eglise n'imposent-ils aucune pénitence à ceux qu'ils baptisent, quelques péchés qu'ils aient commis auparavant. Il n'en est pas de même au sacrement de Pénitence : Dieu, par la bouche des prêtres, remet bien la peine éternelle si on a les dispositions nécessaires ; mais il reste ordinairement à souffrir une peine temporelle. Le pénitent doit donc accomplir avec fidélité la pénitence que lui prescrit le confesseur, et

1. Quelle est la troisième partie du sacrement de Pénitence, et en quoi consiste-t-elle? Sous quel rapport la Satisfaction est-elle absolument nécessaire? Quelle différence y a-t-il à l'égard de la Satisfaction» entre le Baptême et la Pénitence ?

Î)K I.A HATIHKA<TTON. 281

môiu(Ks'ai)pli((iHT }i lii prati(jiH' (raiilr«* «miivr»» pimweii tliiiiB la vuo dr ^atinfiuri; î\ lu juHtioiî de Dieu

\1. (\'ux nui im'Ui-ont uMuit d'avoir flubi oc-Ll«* |>ciut' tempoivllc la suliissciit dans l'aiitir vio ; ils a<h«^vent «l'expier leurs p^M'h/''s dans le purgatoire. Kn ell'et, il eouvieut à la justi<'e <Uî iheu <|ue ec^ux <pii ont abu.s/î de la prennent gritee n^çue dans U". Baptême, <|ui en ont violr les pronu'sses, soient Jidniis plus dillirilrnient i\ la réeoueiliation ; il eonvienl à la justice de Dim «pie eeux <pii ont déshonoré les j;;lorieuscs ipialités d'enfant de Dieu, de inend)re i\v, .lésus-Christ, de teinplt^lu Saint- Ivsprit, ([ui ont. traité connue une chose profane le Haii|^ adorahle par l'Mpiel ils a\ aient été sanct ifiés, et (jui ont fait outrai::eà l'M>prit de i;râce, ne trouvent pas la inêint; facilité d(^ i)ardon (pie eeux (jui n'ont point été baptisés, et dont les péchés, coinniis en grande partie par ignorance, ne portent pas le même caraetêre d'ingratitude. D'ailleurs la miséricorde de Dieu fait trouver au péeheur ])énitent un grand bien dans le châtinuMit même (pli le punit : il y trouve un frein à ses passions, un remède eontre ses mauvaises habitudes; car la siitisfaction que le confesseur impose doit être propre non seulement à expim* le péché commis, mais encore à détruire le viee <pii la fait eommettre : eomme les humiliations pour l'orgueil, l'aumône pour l'avarice, le jeûne pour l'inlempéranee, la mortitication <les sens pour l'impureté ; et ces pénitences doivent avoir ipiehiue proporticm avec les péchés, c'est-à-dire qu'elles doivent être plus ou moins grandes selon que les péchés sont }>lus ou moins énormes, ou qu'ils out été plus ou moins multipliés.

o. Les œuvres de pénitence sont principalement celles (pli sont imposées par le prêtre : les plus ordinaires sont \'ci prière, lojeihie et Vaumône, Par la prière on entend tous les actes de religion, comme les bonnes lectures, l'assiduité aux offices divins ; par le jeûne, tout ce qui mortifie les sens ; et l'aumône comprend tous les secours temporels et spirituels donnés au prochain. Dieu veut bien encore accepter en satisfaction toutes les afflictions qui nous arrivent, comme les maladies, les injures, les persécutions ; mais pour que toutes ces choses soient de quelque prix devant Dieu, il faut les souffrir dans un es-

2, En quel lieu achève-t-ou d'expier ses péchés, quand on meurt avant d'avoir subi la peine temporelle qu'ils méritent ? Quels sont les avantages que procure la Satisfaction ?— 3. Par quelles œuvres doit-on satisfaire à Dieu et au prochain ?

282 DKS INDULGKNCES.

prit de péiiiteuce, les iiiiii- aux souliiunces et aux satisiactioiis de Jésus-Christ, par lequel nous méritons et nous satisfîiisons ; c'est Jésus-Christ seul qui donne à nos actions tout ce qu'elles ont de mérite et de valeur ; c'est lui qui les présente à Dieu ; c'est en sa considération qu'elles sont acceptées i)ar son Père.

On est aussi obligé de satisfaire au })rochain quand on lui a fait tort ou dans sa personne par de mauvais traitements, ou dans son honneur j)ar des médisances et des calomnies, ou dans ses biens ])ar des vols ou (juckpie autre dommage. On ne peut obtenir de Dieu le i)ardon de ses péchés qu'en se réconciliant"avec le prochain si on l'a maltraité, en réparant son honneur si l'on a noirci sa réputation, en lui restituant ce qu'on lui a i)ris, en réparant le dommage qu'on lui a causé.

Comparaison. — '• Suffirait-il au soldat qu'une flèche a frappé, de retirer cette flèche delà blessure? Non, il faut encore bander cette blessure et y appliquer (juelques compresses. Ainsi la confession seule ne suffit pas pour {{xw la pénitence soit complète ; il faut encore qu'on emploie des remèdes efficaces qui i)uissent dans la suite préserver du péché." — S. Chkysostômk.

Exemple. — On vit autrefois un saint Paul, le i)remier des ermites, un saint Antoine, une sainte Marie l'Egyptienne, et tant d'autres qui marchèrent sur leurs traces, renonçant à tout ce qu'ils possédaient sur la terre, s'enfoncer dans de sombres déserts, se couvrir de cilices, et ne vivre que de racines sauvages. C'était poiu* satisfaire à la justice de Dieu qu'ils agissaient ainsi. — Lasausse.

ARTICLE IX

Des Indulgences.

1. Dans la crainte que nous ne fussions effrayés et découragés par la rigueur des pénitences que nous sommes obligés de faire, à cause du nombre et de l'énormilé de nos "fautes, notre Père céleste a trouvé un moyen de ménager la faiblesse de f?es enfants, tout en conservant les droits sacrés de sa justice. Il a bien votjluque l'innocent payât pour le coupable, et que les satisfactions surabondantes de nos frères tournassent à notre profit, et dim"-

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