DES INDULGENCES
jt^ûuer. faire beaucoup (riiumone* el d'autres boimes (tMivres. Quoique cette ancienue discipline ne subsiste j)lus, cependant, la justice de Dieu est toujours la même : le péché ne mérite pas moins de peines aujourd'hui que dans les premiers siècles.
3. Il faut absolument que nous subissions les i>eineH temporelles dans toute leur rigueur et dans toute leur étendue, soit ici-bas, soit dans le Purgatoire. Mais la foi nous apprend que l'Eglise a reçu le pouvoir de les adoucir ; pouvoir consolant, qui se trouve renfermé dans les ])avoles que Notre-Seigneur Jésus-Christ a adressées à saint Pierre, lorsqu'il lui dit : " Je vous donnerai les clefs du royaume des Cieux, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le Ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le Ciel." Il est clair, par cette promesse, que l'Eglise a reçu de Jésus-Christ, en la personne de saint Pierre, qui est son chef, le pouvoir d'ouvrir le Ciel aux pécheurs pénitents ; et, conséquemment, le pouvoir de lever tous les obstacles qui les empêchent d'y entrer ; ce qu'elle fait par le moyen des Indulgences.
L'Eglise, dans les premiers siècles, avait égard à la recommandation des Martyrs, et, à leur prière, elle traitait avec indulgence les pécheurs auxquels ils s'intéressaient. Elle abrégeait aussi le temps de la pénitence de ceux qui l'avaient commencée avec courage, lorsqu'on était menacé d'une persécution, afin de les fortifier et de les mettre en état de résister à la violence des persécuteurs.
4. C'est avec les mérites surabondants de Jésus-Christ, de la très sainte Vierge et des Saints, que l'Eglise acquitte les dettes de ses enfants, en puisant dans ce trésor de mérites de quoi satisfaire pour eux à la justice divine.
Il est certain que les satisfactions de Xotre-Seigneur ont surpassé de beaucoup les péchés du monde: elles sont infinies, les péchés du monde ne le sont pas. De là ces mémorables paroles du pape Clément XI, qui expli- ([uent si bien la pensée de l'Eglise sur les Indulgences: '• Le Sauveur immolé sur l'autel de la Croix, n'a pas versé seulement une goutte de son sang, ce qui cependant, à cause de la dignité de sa nature, aurait suffi pour la rédemption du genre humain, mais il l'a répandu tout entier. Combien donc, pour que tant de mérites ne
3. A qui notre divin Sauveur a-t-il donné le pouvoir d'accorder dos indulgences i—i. P'oU l'EgUse prend-elle pour accorder des indulgences ?
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Koient pus vuIuh ot iniitilcs, nr <loit imn Atrn gnuid lo tiYwor «It» ^rArcs <|ii'il ii arcjuis j\ IK^lim* inilitiinto ! Ce tiY'sor, il ne Tu point cnroui, mais il ii (loiui/- jni priiuïe (h's Ap6(it's et à son HUcccHseurH h- pouvoir iVrn diHtribtier les riclu'sst's aux (idMrs.
Il est é^:alcin('nl crrlaiii «pir U*s Saints ont fait briiuroup i\v satisfactions suraixindaiitrs. (jiu; iront iMiiiit ct^^ relies (Ir la très sainte Vi('i>r<*. nui, cxcMnpte de tout j)é{'lié, a néanmoins tant soulïcrt ? (rlh's de tant <lr martyrs <(ui, «les lonts sacrés du Haplémr où ils venaient <l'etre puriliés, n'ont l'ait ((u'un pas jus(prà leeliafau*! où ils eonsommèrent leur sacrifiée? Celles d(î tant d'autres Saints (pii, coupables à ])eine de (pielques lé^i'^res fautes, ont passe leur vie dans les austérités, les jeûnes, les privations de toute espèce? telle est la doctrine de l'l']^lis4*. Ainsi, le trésor des lndul<;ences se compose des mérites surahondants de N.-S. J. C, de la très-saint« Vierge et des Saints: trésor inépuisable, puisfpie ]es mérites du Sauveur sont infinis.
5. La remise de la ])eiue temporelle <lue à nos péchés ne nous est \k\s toujours accordée dans la même mesure : (pu'bpiefois elle est pleine et entière, d'autrefois elle ne l'est })as. De là, les indulgences plénières et les indulgences partielles.
6. L'Indulgence ])léuièi*c est la rémission non seulement de toutes les pénitences Siicramentelles et canoniqties, mais encore de totites les peines du Purgatoire. Ainsi le Chrétien, assez heureux pour gagner dans toute sa plénitude une indulgence plénière, devient pur comme l'en faut qui sort des fonts du Baptême : s'il meurt dans cet hem eux état, il monte droit au Ciel sans passer par le Purgatoire.
7. L'Lululgence partielle est celle qui ne remet qu'une partie de la peine due aux péchés.
S. Par l'indulgence partielle, de quarante jours, de cent jours, de sept ans, etc., on entend la rémission de la peine temporelle due aux péchés déjà pardonnes, correspondante à quarante jours, cent jours, ou sept ans de l'ancienne pénitence canonique.
5. Combien y a-t-il de sortes d indulgences? -6. Qu'est-ce gu'une indulgence plénière? — 7. Qu'est-ce qu'une indulgence partielle?— S. Qu'entendon par une indulgence de quarante jours, etc ?
1*80 ])KB JNDULGKNCE8.
9. La j)lus grande des Indulgences est celle du Jubile. C^est une indulgence plénière et extraordinaire accordc'^e l)ar le souverain Pontife î\ l'Kglise universelle. Outre la solennité dont elle est accoinj)agnée, elle diffère des autres indulgences en ce que, pendant le Jubilé, le Pape accorde aux confesseurs le pouvoir d'absoudre des cas réservés et de commuer les vœux simples, c'est-à-dire de les changer en d'autres œuvres.
10. liC Jubilé ])roprement dit, ou le grand Jubilé, est celui qui revient tous les vingt-cinci ans. et l'on nomme cette année Vannée sainte l^e mot Jubilé veut dire renvoi ou rémission. Chez les Juifs, il avait lieu tous les cinquante ans ; alors Ic!^ terres retournaient à leurs anciens maîtres, les dettes étaient remi.ses, les esclaves recouvraient la liberté, et la terre demeurait sans culture: c'était une année de grâce et de repos. Or, le Jubilé de la Loi ancienne n'était que la figure de celui de la Loi nouvelle. Le Jubilé du Christianisme remet les dettes spirituelles dont les pécheurs sont chargés; il délivre les prisonniers et les esclaves du démon; il nous fait rentrer en possession des l)iens spirituels que nous avons perdus ])ar le péché.
IL Outre le Jubilé ordinaire ou périodique de l'année sainte, les Papes accordent des Jubilés à différentes époques, à l'occasion de grandes joies ou de grandes douleurs dans PEglise. On les appelle Jubilés extraordinaires. Il est d'usage que chaque pape en donne un l'année de son exaltation. Enfin, il y a des indulgences accordées en forme de Jubilé^ c'est-à-dire qui sont accompagnées d'une certaine solennité, et auxquelles sont attachés les privilèges dti Jubilé soit ordinaire, soit extraordinaire.
12. Le Pape, comme chef de l'Eglise, a le pouvoir d'accorder, dans toute TEglise, toutes sortes d'indulgences, selon qu'il le juge à propos et utile potu* le bien des fidèles.
Les évêques peuvent aussi accorder diverses indulgences dans leurs diocèses, et, hors de leurs diocèses, à leurs diocésains seuls, sur lesquels ils continuent d'avoir autorité ; toutefois, leur peuvoir sur ce point est limité.
9. Quelle est la principale et la plus solennelle des indulgences ? — 10. Qu'entend-on par JuhiU?—\\. Outre le Jubilé ordinn ire et périodique de l'année sainte, n'y a-t-il pas d'autres Jubilés ?— 12. Qui a le pouvoir, dans l'Eglise, d'accorder des indulgences ?
13. Pour KJ*K»»<'i' ""'' iiHliil^^cncr, il y ii phisirurM concilions j\ remplir ; si on no hvs remplit pïiM, ««i mêîno on en omet nnc senle, (piand liicn nirnir i'f serait in\'oloiitain** ment, rindnl^cnce n\'st point. ^ugné(>.
IL Les hnlnluences ne dispensent nnlleni» m .ii 1 oMi- ^aliun <le laire i>énitenee. Car 1° la pénit4*nee est eornniandcM' à tons les honnnes sans ex<'eplion ; iT nons de- \()ns imiter Jésns-CinisI et les Saints, dont la vie a ^4é nne péiutenee eontinnelie ; l\° Tlnclnl^enee ur H'ueeorde «jne sons des conditions onériMises, (pii sont elles-mêm(»s, (lans nn sens, des (en\res d«' pénitence. L'hidnlj^rnce est donc nn nioycn d'aidei* le péchenr dans les satislaelions ((n'il <loit à Dien, en snppléant à son insulïi^ance. et non i\r U» dccliar»:;er de cette ol>lii:at ion.
('oMr.vi; AlsoN. T'n onvrier a contracté nne dette tellement forte, (pril tant (pi'il ti'a\aille tonte sii vie ponr la pay(M'. Or. voilà (piairiNc un homme riche (pli Ini dit : '* Donnez ce ([ne vons pouri'c/ ; et, s'il mancpie (piel- ([ue chose, je snis ])rêt à y sni)})léer alin que votre dette soit entièrement actjnittéc." (Quelle consolation, (publie joie n'éprooN iMail pas cei onvrier en entendant ces paroles ? Kh bien ! voilà de ([uelle manière l'Eglise agit à notre égard. Nons devons aecomplir les (euvres de pénitence qui nous sont im])osées, et faire tout ce qui est en notre pouvoir ; alors elle nons accorde du trésor de ses grâces autant ipi'il nous en faut ])our payer nos dettes, pour expier les peines temporelles dues au péché.
ExKMPLE. — T"ne personne })ieuse qui avait commis de grandes fautes dans sa Jeunesse, faisait exactement les ditiérentes prières auxipielles les souverains Pontifes ont attaché des Indulgences. Chac^ue jour elle se condamnait à quelquesmortitications, faisait l'aumône selon son pouvoir, et répétait souvent ces belles paroles : '* Seigneur, ayez pitié de moi maintenant, à tous les in>^ants de ma vie, et surtout à l'heure de ma mort ; je vous en conjure par les mérites de Jésus-Christ, et par l'intercession de Marie, des Anges et des Saints. Je vous otîVe en esprit de pénitence tout ce que j'aurai à souffrir, et je ne veux me satisfaire en quoi que ce soit.'' Lorsqu'on lui représentait que la vie mortitiée qu'elle menait abrégeait ses jours, elle répondait : "Il faut soullrir un peu dans cette vie pour ne pas soutfrir beaucoup dans Tautre." — Explication du Catéchisme de V empire.
13. Que faut-il faire pour gagner une indulgence ?— 14. Pourquoi les indulgences ne dispensent-elles pas de faire pénitence ?
28R DIT SACÎIKMKNT DK I.'KFCH ARISTIE.
(Il AIMTHK V.
Dl' SACKKMKNT DK l/KrCHARISTIE.
AKTICI.K PKKMIKK.
Tusfihttion dr f Ku('/i<(risfif'. 'rr(inssuh.s(antiatio7i.
1. L'Eucliaristie est un sacrement (iiii contient réellement et en vérité le corps, le sang, Tame et la divinité de notre Seigneur Jésus-Christ, sous les espèces du pain et du vin.
C'est le plus grand et le plus auguste de tous les sacrements. En effet, les autres sacrements nous donnent la grâce, mais l'Eucharistie nous donne l'Auteur de la grâce, Dieu lui-même. Par elle Jésus-Christ demeure en nous, et nous demeurons en lui.
2. Xotre-Seigneur en avait fait la promesse longtemps avant qu'il l'instituât : nous la lisons au chapitre sixième de l'Evangile de saint Jean. Après avoir dit aux Juifs : '' Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel.'' Notre- Seigneur ajouta: ''Le i)ain que je donnerai c'est ma chair que je livrerai pour la vie du monde." Et comme les Juifs en murmuraient, il insista de nouveau et plus fortement encore, en disant : ^* En vérité, en vérité je vous le dis : Si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et si vous ne buvez son sang, vous n'aurez point la vie en vous ; celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et je demeure en lui."
3. Il a exécuté cette promesse, la veille de sa Passion, dans la cène où il mangea l'agneau pascal avec ses Disciples. Il prit le pain, et après avoir rendu grâces à son Père, il le rompit et le donna à ses Disciples en disant : '• Prenez et mangez ; ceci est mon corps, qui sera livré pour vous; faites ceci en mémoire de moi." Puis, prenant le calice, il dit: '• Buvez-en tous; c'est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui sera répancju pour vous et pour plusieurs pour la rémission des péchés : faites ceci en mémoire de moi toutes les fois que vous le boirez."
1. Que contient le sacrement de l'Eucharistie, quelle idée devons-nous en avoir, et pourquoi ?-^2. Par quelles paroles N.-S. J.-C. a-t-il fait la promesse de l'Eucharistie ?— 3. Quand et comment l'a-t-il exécutée ?