‹ Traité des devoirs de chrétien envers DieuChapitre 83 sur 124 · PRENEZ ET MANGEZ, CECI EST MON CORPS · texte numérisé non relu

PRENEZ ET MANGEZ, CECI EST MON CORPS

1>IÎ HA( KI.MKN'I l>l. 1.1,1 rllAlil.VI II.. li-VJ

I Ii(»H (»spèc('H (lu pain rt du vin, (pu» noup voyoïiM et (|ur MOUS coûtons, sont lo Hij^ne Hcnnihio (lui ijouh fuit (•oninntrt* r«*ni't invisilih* (le ri'!ucl}uristi(' : cIIch nij^nificnt (jUi' U* ri»i|»s et U' san^ <U^ .Jt'sus-Clirist sont la nourrilun* spirilut'IU' (Ir nos finies, «'oninn' Ir nain vl \v vin sont la nom rilurc <lr nos corjjs. Mais (juohjihî cch apparcnci'H, roinnu» la couleur, la li^iurc cl le ^oiil, restent les niffini'H a])rès la cunsécralion, il n'y a plus <le pain ni devin: toute la suhsIaiH'c du pain est changée en celle du corps de .lésus-( hrist , et loulc la sul»tan<e du vin est cliaiijzccî en celle de son san^ ; de sorte (pie c'est alors le ni^-nu^ corps qui a étc'» attacla'' à la croix, et (pli est maintenant dans le ciel. l'U ((Uoiipi'ou ne voie pas le corps de J('*sus- (Mnist, mais seulement les espèces, il y est cependant l'écllcment : on voit donc les apparences d'un pain <pii n'existe plus, et on ne voit pas le corps de Jésus-Christ, (pli y est réellement.

5. Comme c'est un corps \ ivant et animé, il s'ensuit (pie Jésus-Christ est tout entier sous chacune des deux espèces, et tout entier sous clnupie j)arlie des mêmes espèces: sous l'espèce (hi ])ain, le corps de Jésus-Chri.<t est uni à sou sanu, à sou âme et à sa divinité, et sous l'es- })èce du vin, son sang est uni à son cor])s, à .son âme et à sa divinité: car, maintenant que Jésus-Christ est glorieux et immortel, il ne peut plus être divisé, son sang ne peut être sé])aré de son corps. On reyoit donc autant en communiant sous une seule espèce que si l'on communiait .^ous les deux espèces.

(). C'est par la vertu toute-puissante des paroles de Jésus-Christ prononcées eu st)n nom par le prêtre, que se fait le changement admirahle du })ain et du vin en son corps et en son sang. C'est Jésus-Christ lui-même qui opère toutes ces merveilles par l'organe de ses ministres ; lui qui a changé autrefois l'eau en vin aux noces de Cana, lui qui de rien a fait le ciel et la terre, peut tout ce qu'il veut ; et il lui est aussi facile de changer une subst^mce en une autre substance que de tirer du néant toutes choses ])ar sa seule parole. Nous ne comprenons pas, à la vérité, comment toutes ces merveilles s'opèrent, mais nous savons que rien n'est inij^ossible à Dieu, et nous croyons sur la })arole de Jésus-Christ, qui nous a

4. En quoi ost changée la substance du pain et celle tlu vin ?—.">. Reçoiton J.-C. tout entier sous l'espèce du pain, et pourquoi?— «>. Par quelle vertu s'opère cet admirable changement ? Qu'est-ce qui peut nous aider à croire ce changement, quoique nous ne le comprenions pas?

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aimés jusqu'à opérer en notre faveur des choses que nous ne pouvons comprendre. Dieu peut faire ce prodige, puisqu'il est tout-puissant : il le fait réellement, puisqu'il nous assure (jue c'est son corps. Nous devons donc écouter sa parole avec respect et avec docilité, et ne pas raisonner sur une chose qui surpas.-e notre raison, ni chercher l'ordre de la nature dans ce qui est audessus de la nature. Croyons donc, croyons sur la parole de notre Dieu qui est réellement présent dans l'Eucharistie ; croyons, mali^ré le témoignage de nos sens, qu'il n'y a ])lus de pain ni de vin : (juand Dieu parle, nous ne devons i)lus écouter nos sens.

Notre-Seigneur, pour nous unir intimement à lui, a voulu devenir notre nourriture; il nous a ordonné de boire ce même sang qu'il a versé pour nous, et de manger la victime immolée pour nous sur la croix. Il a donc ])r()digué les miracles pour nous procurer ce bonheur.

Exemples. — Henri le Grand, roi de France, eut la foi la plus vive à la présence réelle du corps et de l'âme de N.-S. Jésus-Christ dans l'Eucharistie. Passant un jour dans une rue assez près du Louvre, il rencontra un prêtre qui portait le saint Sacrement ; il se mit aussitôt à genoux et l'adora fort respectueusement. Le duc de Sully, protestant, qui l'accompagnait, lui demanda: ^' Sire, est-il possible que vous croyiez en cela " ? Le roi repartit : '' Oui, vive Dieu ! j'y crois, et il faut être fou pour n'y pas croire ; je voudrais qu'il m'etit coûté un doigt de la main et que vous y crussiez comme moi. — {Un historien du temps).

— Ou raconte qu'un jour, à l'école militaire de Brienne au moment le plus solennel de la messe, un élève affectait de tourner le dos au maître-autel. Le jeune Bonaparte, depuis Napoléon 1er, auprès duquel il se trouvait placé, dans un généreux mouvement d'indignation, le saisit par le bras ; et lui faisant fliire volte-face : A genoux ! lui dit-il tout bas, mais avec un énergique accent, à genoux. Le jeune sceptique obéit.

DU HACKKMKAT l»K I.'KITCH A^UHTlr.. 291

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Ih'H (U;ijH)f*l( ioiiM /unir inritni I I 'jntuUint if . 1. Il II V :i point «le >;i(i ciiMiil tjm imii^ iiiii-^-» pliiH

♦'^h-oitiMiu'iil à I>i('ii (|iir hi diviiu" Minlmiistio ; il n'y en a point, par coiisripu'iit. aiuiut'l nous <l<vi<mrt nous prc-pjircr jivt'C plus (le soin. Plus cr Sacrcint'nt rst saint, plus on <loit y ap|H)rtt'r <!t^ saintes disposilionK. O iresl niw à nii homme, c'est à un Dieu (pi'on ])n'])are une cfemenre. Parmi ces (ii>posiiions. les une< iruardml râmr, <'t l<»s autres le eorps.

l!. La preniière <li-p<»>ii ion «le 1 amr. «• f>i la pureté «le «•onseienee. 11 faut ►."rproUN <*r soi inênie. selon \r pré- <Ti>te «le l'Apôtre, axant «le mamrer ee pain «•('•h-ste : et, si l'on se sent eoupal>le «le (juelipie j)«'*ehé mortel, il (»sl néeossaire de reeourir au sacrement de Pénitenee. I/Kueharistie suppose la vies s|)irituell«' dans ceux «pii la reçoivent ; il l'aut être vivant i)our s'en nourrir : c'est le Dieu de pureté (jui se donne à nous; il ne se ])laît «pie dans un cuMir pur. C'est pour faire entendre cette vérité j\ ses apôtres (pie Jésus-Christ leur lava les pieds avant de leur donner son corps à manger et son saui:: à hoire. ("est pour la même i-aison «(ue, dans la primitive I^nlise, le diacre, se tournant vers le peuple avant la consécration des saints IMystères, disait à haute voix: * Les(ho>es saintes sont pour les saints.'' L'innocence du Baptême, ou conservée ou ré])arée par la pénitence, est cette robe nuptiale sans laipiclle on ne doit i)oint paraître au festin «lu Père de famille, ("cite innocence, cette i)ureté est la ])rincipale disposition : mais il faut y joindre une foi vive, une ferme espérance cl luie ardente charité.

3. I/Eglise aji})elU^ l'Eucharistie un My.stère de foi : celui qui s'en aî)proche doit croire sans hésiter qu'en le recevant, c'est Jésus-Christ qu il reçoit, le même qui est venu au monde, «(ui est mort pour nv>us sauver, qui est ressuscité gloiieux, et ([ui est maintenant, dans le ciel, à la droite de son Père. La ferme espérance consiste à attendre avec confiance de Jésus-Christ tout ce que nous lui demandons par rapport à notre salut ; puisqu'il se donne lui-même tout entier, que pourrait-il nous refuser?

1. Avec quel Foin et pour quelle raison faut-il se disposer à recevoir la sainte Eucharistie?— 2. Quelle est la i)retuière disposition de l'àme pour la réception de la >aintc Eucharistie ?— ». Quelle est la seconde dis^ çositiuu do VâiUQ pour recevoir dignement lu sainte Eucharistie ?

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