‹ Traité des devoirs de chrétien envers DieuChapitre 88 sur 124 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

j)E l'extrême-onction.

1. Dieu, qui est infiniment bon, ne nous a pas seulement préparé des secours salutaires pour le cours de notre vie et dans l'état de la santé, il a encore établi un sacrement pour nous soulager dans le temps de la maladie, et surtout aux approches de la mort, où les tentations sont plus violentes et plus dangereuses. Ce sacrement s'appelle l'Extrême-Onction, parce que c'est la dernière des onctions que reçoit un chrétien. La première onction se fait dans le Baptême, la seconde dans la Confirmation, et la dernière dans une maladie qui met en danger de mort.

Jésus-Christ a institué l'Extrême-Onction pour le soulagement spirituel et corporel des malades. L'apôtre saint Jacques nous l'explique en ces termes : '' Quelqu'un estil malade parmi vous, qu'il appelle les prêtres de l'Eglise, et qu'ils prient sur lui, l'oignant d'huile au nom du Seigneur ; et la prière de la foi sauvera le malade : le Seigneur le soulagera, et, s'il est coupable de péchés, ils lui seront remis."

2. Selon ces paroles, deux choses sont essentielles à ce sacrement : l'onction, et hi ])rière qui l'accompagne : l'onction se fait avec l'huile d'olive que l'Evêque bénit le Jeudi saint. L'huile sainte s'a})|)lique à chacun des cinq sens pour le purifier des péchés dont il a été l'organe et l'instrument. Voici la prière que le prêtre prononce en inême temps : '* Que le Seigneur, par cette Onction de l'huile sacrée et par sa très grande miséricorde, vous par-

1. Quel sacrement J.-C. a-t-il ^'tabli pour nous soulager dans le temps de la maladie et aux approches de la mort ? — 2. Combien y a-t-il de choses «'ssentielles au sacrement de l'Extrême-Onction, et en quoi consistent elles ?

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ii. 11 y a trois priiK'ijmiix ( llcls «h- <•<• >iarn«riH'iit : Ir

t)n'nii('r, v'rHt <lr Honnrr «Ir hi Ion*** aux niaIii<l<*H rontri* fs tcntiit ions «lu (Irinoii et <'oiitn* Irs liorrciirri (1<* la mort ; il atlrnnit \r\\v loi <•! Inir coiilianrc en I)i<>u, et, ])ar li\, il l(\s lortiTM' coiilrt» \rs attajjiH's du «I/'miioii ; il oxcit<Mlaiis ItMir (MiMll- le (Irsir rt Tcspriaiirr «Ir possr<l<T Dieu, et, par 1:\, il les lorliTM' contre la crainte «le la mort : j)lus et* <l^\sir est ardeiil el cet h* «'sjH'iaiMM- J'rinM-, moins on eruiut (le monrii".

Le second cllct «le riv\iiêiiic-()n<*tion e>t d'etlacer les rest(»s du j)éché et les péchés mêmes, s'il y en a encore (piel(pies-uns ;\ expier : c'est pour cela (pie les l'eres de rK«::lise l'appellent la perfection et le complément de hi Pénitence. < )n entend par les restes du péché u\w faiblesse et une langueur de l'âme «pli restent après (pie h* l)éché a été j)ar«]onné, «(ui fait <(iu' l'on conserve enc«)re du })enchant ])our les choses de la terre, (pi'on a peu de ^oût pour les choses spirituelles ; le sacrement ôte cette faiblesse, en nous détachant du monde et nous faisîint <lésir(U' le ciel. Il remet encore les ])éch<'s véniels, et même les j)échés mortels dont on ne se souvient i)as, ou (pie l'on est hors d'état de confesser, ])ourvu n(ninmoins qu'on en ait une véritable contrition : mais il faut, s'il est possible, avoir recours au sacrement de Pénitence auparavant, car l'Extrême-Onction est un sacrement des vivants. que Ton doit recevoir en état de grâce.

Le troisième effet de rExtrême-Onct ion est de rendre la santé aux malad(\s, si elle est nécessaire pour leur salut.

4. Il ne faut pas attendre, pour recevoir ce sacrement, qu'on soit à l'extrémité ; il sutiit qu'on soit dangereusement malade ; et cpiand on le reçoit avec un jugement sain et libre, on s'y dispose mieux, et Ton en tire plus de fruit. D'ailletirs, en différant jusqu'au dernier moment, on court risque de mourir sans l'avoir reçu ; il arrive souvent que ceux qui retardent ainsi sont prévenus par Ja mort.

3. Quels sont les principaux effets de ce saoremetit ? — 4. Quand est-il i\ propos de recevoir rExtréine-Onction, et de quoi se priverait-on en le négligeant ?

.*508 PU «ACRKMENT T)K T/ORl)RE.

Quoique ra sacrement ne soit pus d'une n^»cessité aV)soluo. on est cependant obligé de le recevoir quand on le peut ; c'est le moyen ordinaire pour obtenir une bonne mort ; ceux qui le négligent déscjbéissent au précepte de Jésus-Christ ; ils se privent volontairement des grâces qui lui sont propres, et se mettent en danger de mourir mal. ce ((ui est le ])lus grand de tous les malheurs.

lOxEMPLKs, — Un ])ère était très-dangereusement malade. 11 avait une fille âgée d'environ huit ans, qui avait bien })rofité des instructions qu'elle avait entendues au catéchisme. Se trouvant seule avec son père, elle lui dit : • Papa, papa, vous êtes bien malade, le médecin a dit ((ue vous mourrez peut-être demain. Maman est dans sa chambre qui pleure ; on la console. J'ai entendu dire au Catéchisme, à M. le Curé, que c'est un très grand péché de laisser mourir les malades sans confession. Personne n'ose vous dire qu'il faut (pie vous vous confessiez. — Je te remercie, lui dit-il : va, mon enfant, va tout de suite chercher M. le Curé. Que le Seigneiu* te bénisse ; je te devrai mon salut." Le curé vint, et administra le malade, qui mourut le lendemain. Il avait dit plusieurs fois, après avoir reçu les Sacrements : " Sans ma petite, sans ma chère enfant, qu'allais-je devenir ? '' — I^asausse.

— Saint Martin, évêque de Tours, saint Louis, roi de France, et Louis le Gros, aussi roi de France, voulurent recevoir l'Extrême-Onction et mourir ccachés sur un cilice, et ayant sur eux de la cendre, pour s'exciter par là à de grands sentiments de pénitence ; ce qui inspira les mêmes sentiments à ceux qui les assistèrent en ces dei niers instants.

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