‹ Traité des devoirs de chrétien envers DieuChapitre 89 sur 124 · DU SACREMENT ]>E I/ORDRE · texte numérisé non relu

DU SACREMENT ]>E I/ORDRE

1. Les cinq premiers sacrements sont communs à tous les Chrétiens, et tous doivent les recevoir dans le temps et dans les circonstances où ces secours leur sont nécessaires : les deux suivants sont particuliers à deux états qui, par leur importance et les grandes obligations qu'ils imposent, ont besoin de grâces toutes particulières.

1. Quelle différence y a-t -il entre les cinq premiers sacrements etlei «leiLX demi^rs^.Dar rapisort à tous les Chrétiens ?

Dr HACRKMKNI l'Ii ] oRDUr.. .'Uift

2. li^ Aiic'rcnu'iit de lOrdir <lutiiu! à VK^^iiÊe dem iumtriirs (lui lu ^niivn nnil ; vvM pai riiiipositioii <Ii'm maiiiM cl par lu prirrc donl vWv vhI ju'c<)inpai;iH''ti (ju'iU Mont s/'»piin*s <lti nvstr des HdMcs, vi qu'iln n*(;oivriit U* pouvoir d'aimoïKM'i* rKvaii^ilr. irmliiiiniHtrrr les SacmiifritH, «i'oUVir le saint San UHt' ; m un mot, «i'rxrnMT le naint niinislrrr. .Irsn^ Christ instilna ce sacrement lor.H4jn'il appi'la les Apntrcs et «ju'il leur «lit: ".h* vous envoie connue nu)U Tere ma envoyé ; alh*/., instruisez U*h nali(»ns; l)aptiscz-!cs. Ke<cv«*z le Saint-I'!sprit ; les pAch^»H scionl remisa ceux à oui vous les remettrez, et<!. ; ** et loi*s(|Uc, après avoir élai>Ii le Sacrilice de son «-orps et de smi san^, il ajouta : "' Kaites ceci en mémoire de moi."

:\. li'Ordre est d<Mje uu sacrement (pu donne le pouvoir de l'aire les loiiciions ecclésiast i(|Ues et la gnu'c pour les exercer saintement. Les Apôtres n'ont pas vva;\i ce pouvoir ])our eux seuls, nuiis pour le connnunitpier à d'autres. Nous voyons dans l'IscritunMpi'ils ont urdonm'' <les évê«pu\s, des i)rêtrcs et des dia<'res ])ai- l'imposition <lcs mains; et nous lisons <lans l'Histoire e(!clésiasti<pie <iue les premiers évè(|ues, établis par les Apôtres, en ont ordonné d'autres pour leur succéder; et cette succession, (pli n'a jamais été interrompue, continuera dans l'Kjxli^e jusipiTi la tin des su'm*I("s.

4. Ou parvient au sacerdoce par jilusieurs degrés ou ordres ditlérents. Il y a quatit^ ordres qu'on aj>pelle mineurs, savoir : Celui de jKJrtier. de lecteur, d'exorcisti'. et d'acolyte : et trois majeurs, savoir: le .sou.s-diaconat, le diaconat et le sacerdoce.

5. Un état si saint demaiule de grandes dispositions dans ceux qui veulent l'embrasser. La première est d'y être appelé et de ne pas s'y inp;érer de .soi-même. S'il n'y a aucun état où il soit permis d'entrer sans avoir consulté Dieu pour savoir s'il nous y appelle, cette précaution est bien plus nécessaire encore quand il s'agit du Sacerdoce, dont les fonctions sont si saintes et si sublimes. " Ce n'est pas vous, di.sait Jésus-Christ à ses Apôtres, ce n'est pas vous qui m'avez choisi ; nuiis c'est moi qui vous ai établis, afin que vous alliez et que vous portiez du fruit." La seconde disposition pour entrer dans l'état ecclésiastique, c'est d'être animé du zèle de la gloire de

2. Qu'est-ce que le sacreuieut de l'Oiclre ?— 3. Quel pouvoir le «aorement de l'Ordre dv>nne-t-il ? — 4. Nomme/ les divers drsrés par lesquels or I»arvient ausaeerdoee, qui complète ce sacrement.— 5. Quelles dispositiou: faut-il apporter à la réce])tioii de ce sacrement?

310 BU vSACUKMKNT DE L'ORDBE.

Die« et du salut du prochain. Malheur à ceux <iui n'auraient en y entrant que des vues humaines, qui ne consulteraient que l'intérêt ou l'ambition, qui ne se proposeraient ([ue de s'y enricliir et d'y vivre i)lus commodément et plus honorablement î La tnusième dis})osition est d'être irréprochable dans ses mdnirs ; il serait bien à souhaiter que l'on eût conservé la j^râce de son Baptême: du moi?^s faut-il l'avoir recouvrée depuis lonjijtemp-i, et mener une vie édifiante et exempte de n^proche. Enfin la (juatriême dis])()sition est d'être en état de jj^râce ; ce serait un horrible sacrilège de recevoir ini sacrement si saint avec une conscience souillée i>ar le péché mortel.

Exemple. — Savez-vous ce que c'est ({uiin i)rêtre, vous que ce seul nom irrite ou fait sourire de mépris? Un prêtre est par devoir l'ami, la providence vivante de tous les malheureux, le consolateur des affligés, le défenseur de quiconque est privé de défense, l'appui de la veuve, le père de l'orphelin, le réparateur de tous les désordres et de tous les maux qu'engendrent vos passions et vos funestes doctrines. 8a vie entière n'est (ju'un long et héroïque dévouement au bonheur de ses semblables. Qui de vous consentirait comme lui à échanger les joies domestitpies, toutes les jouissances, tous les biens que les hommes recherchent si avidement, contre des travaux obscurs, des devoirs pénibles, des fonctions dont l'exercice brise le cœur et rebute les sens, pour ne recueillir d'autre fruit de tant de sacrifices que le dédain, l'ingratitude et l'insulte !

Vous êtes encore plongés dans un profond sommeil, et déjà l'homme de charité, devançant l'aurore, a recommencé le cours de ses bienfaisantes œuvres. Il a soulagé le pauvre, visité le malade, essuyé les pleurs de l'infortune ou fait couler ceux du repentir, instruit l'ignorant, fortifié le faible, affermi dans la vertu les âmes troublées par les orages des passions. Après une journée toute remplie de pareils bienfaits, le soir arrive, mais non le repos. . A l'heure où le plaisir vous a])i)elle aux spectacles, aux fêtes, on accourt en grande hâte auprès du ministre sacré : un chrétien touche à ses derniers moments, il va mourir, et peut-être d'une maladie contagieuse ; n'importe, le bon pasteur ne laissera point exj)irer sa brebis sans adoucir ses angoisses, sans l'environner des consolations de l'espérance et de la foi, sans prier à

1>1! HACKKMKNI I»l MAkIAUK. il 1

!k'H vd\i*% 1(* Dirii (pli iiioiirut pour rllt\ ri (pli lui rlonn*' à <M»t iiiHtaiit iiK'iiU', diiiis !•• S MiiMMiif (ruiuoiir, un ti^n^c rcrtain de riinmortalit*

Il est ciicdrc plus aux \tMi\ <U* la loi ; il vnl le niiiiinho • U' Jrsus-Chrisl wiir la terre, son rcjnéhn liant cliarKé (l'i'XtM'ctM' (ioH foucîtions (pli n'ont pus mémo été coiifléctt aux An^^cs.

\'oilj\ le prêtre, non hl «nie 1 ;i\('i>ion se plaîl à se le fleurer, mais le! «pic n'cllrninn il existe an milieu «le vims.

l/empereui- ( 'haileniai;iie s'exprimait ain>i an >njet «lu respect dû aux pn'lres : ** Notre volonté terme et hitMi arrêtée est (pie tous nos sujets obéissent ponetuelU-ment à leurs prêtres eomnn» aux représentants de Dieu ; ear nous ne sauiions comprendre comment ceux-là pourraient nous rendre la fidélité et rol)éissance (pi'ils nous doivent, <pii sont intidèles et di''sol>éissants envers I)ieu et envers ses ministres. Tous ceux cpii d(''Sobéissent aux ])rêtres devront être déposés de leur dijj:nité, dussent, parmi ceux-là, se rencontrer nu's j)i()pres fils; ils seront tenus pour iulidéles, couj)ahles de lèse-majesté divine cl luimaine, et bannis de nos Ktals ; car notie royaume doit être un royaume eomposé de chrétiens et non de païens."

— Saint Franeois d'Assise étail pénétré d'un >i man<l respect ])our le sacerdoce, (pi'il ne i)ouvait m' résigner à recevoir l'ordination. Il avait coutume de dire (pie. s'il rencontrait en même temps un i)rêtre et un ange, il saluerait le prêtre avant l'ange, jiarce (]ue le pouvoir du prêtre remporte sur celui de l'ange. — S. Boxavkntuke.

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