Traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]
1. La foi et la raison, qui nous apprennent qu’il y a un Dieu, nous apprennent aussi qu’il n’y en a qu’un, et qu’il ne peut même y en avoir plusieurs, parce qu’il n’y à qu’un seul étre qui puisse exister par lui-même et ne dépendre d’aucune cause. Et n'est-il pas évident qu’étant souverainement grand, il doit être unique, et que, s’il avait un égal, il ne serait plus l’Etre suprème ?
2. Toutes les perfections de Dieu prouvent aussi son unité : il ne peut y avoir qu'un seul être immense, c’està-dire qui remplisse tout, et hors duquel il n’y ait plus rien.
Il ne peut y avoir qu’un seul être infiniment parfait, c'est-à-dire qui possède toutes les perfections, et hors duquel il n’y ait aucune perfection qui ne vienne de lui.
La Majesté divine ne peut avoir d’égale, parce qu’elle renferme en elle-même toute la plénitude de la grandeur.
8. Il y a sans doute lieu de s’étonner qu’une vérité si claire ait été autrefois ignorée, et que des peuples d'’ailleurs très-éclairés aient adoré un grand nombre de divinités. Cette erreur si grossière a été l’effet du péché. Lorsque Dieu créa l’homme, il se manifesta à lui; dès ce moment l’homme connut clairement qu’il n’y avait qu’un Etre suprême, créateur de toutes choses, et de qui toutes choses dépendent. L'homme transmit à sa postérité cette Religion sainte et pure, qui se conserva pendant quelque temps. Les premiers hommes n’avaient donc besoin que du témoignage de leurs pères pour connaître l'existence et l’unité de Dieu.
Cette tradition était d’ailleurs si conforme à la raison, qu’il semblait qu’elle ne pût jamais être oubliée ni obscurcie. Mais la religion demandait des sacrifices, et la corruption de la nature prenait chaque jour un nouvel empire: aussi, à mesure qu’on s’éloigna de l’origine des
1. Que nous apprennent la foi etla raison par rapport à Dieu ?—2, Comment les perfections de Dieu prouyent-elles son unité? De quelles expressions se sert-on pour dire que Dieu n'a pas d'égal en majesté, en puissance, etc. ?—3. Qu'est-re qui a dourré lieu à l’idolâtrie, c'est-àdire au culte de plusieurs dieux ?