‹ Traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 10 sur 173 · PROMESSE D'UN SAUVEUR · texte numérisé non relu

PROMESSE D'UN SAUVEUR

4, Eclairé d'une lumière divine, Jacob prédit plus cluirement la venue du Libérateur promis dès le commencement du monde, Il en désigna le temps, lorsque étant au lit de la mort, et annonçant, par l'esprit de Dieu, à ses douze enfants assemblés ce qui devait arriver à leur postérité dans la suite des siècles, il adressa à Juda, le quatrième de ses fils, ces paroles remarquables; ‘“ Juda, tes frères te combleront de louanges, et ils se prosterneront devant toi; le sceptre ne sortira point de Juda, et il y aura toujours un chef de ta race jusqu’à ce que vienne CELUI qui doit être envoyé, et qui sera l’attente et le désiré des nations.” Ainsi se développe et s’éclaircit la promesse faite d'abord à Adam, puis à Abraham.

Le Sauveur naîtra de la famille de Juda. Le temps de son arrivée est marqué, c’est lorsque le sceptre, c’està-dire la prééminence, la principale autorité, sera Ôtée à la maison de Juda.

5, Trois cents ans après la mort de Jacob, Dieu, voulant délivrer son peuple du joug des Egyptiens, qui l'opprimaient, suscita Moïse, qu’il remplit de son esprit, et lui donna le don des miracles.

Ce saint homme, ayant conduit le peuple jusqu’à l’entrée du pays qu’il devait posséder, et se sentant près de mourir, assembla les Hébreux, et leur renouvela les promesses de la venue d’un libérateur bien plus puissant que lui, et seul capable de les introduire dans la véritable terre promise, dont celle de Chanaan n’était que la figure. Ainsi Dieu les tenait-il dans l’attente du Messie promis.

Ce prophète plus grand que Moïse, sauveur de son peuple et auteur d’une nouvelle loi, médiateur d’une nouvelle alliance, devant qui Moïse lui-même doit se taire, et qui doit seul être écouté quand il commencera à parler, c’est le Sauveur du monde, dont la doctrine devait un jour éclairer l’univers, et dont Dieu lui-même devait dire : ‘‘ Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le.”?

Jusqu'à lui, il ne devait point paraître dans tout Israël un prophète semblable à Moïse, à qui Dieu parlât face à face, et qui donnât une loi à son peuple.

ExEMPLE.—Un jour que Daniel répandait son âme devant le Seigneur, qu’il lui adressait des prières ferventes

4. Faites connaître la prophétie de Jacob.—5. Moïse a-t-il annoncé la venue du Messie ?

pour son peuple, l’Ange Gabriel vint par l’ordre de Dieu, vers ce prophète, et l'instruisit du temps où le Messie, qu'il appela JUSTICE ÉTERNELLE et le SAINT DES SAINTS, devait, selon les décrets de Dieu, paraître sur la terre, et du temps où ce Christ, promis et attendu depuis si longtemps, serait mis à mort. Illui dit que Dieu lui accordait cette insigne faveur parce qu’il était un homme de désirs.—DAN, IX.

ARTICLE IT

Développement des Promesses. Conversion fulure des Gentils.

1. A l'exception des Juifs, tous les autres peuples étaient plongés dans les ténèbres et dans les désordres de l'idolâtrie. Dieu était profondément oublié, et le démon était adoré partout sous différentes formes. Ce culte impie s'était affermi pendant une longue suite de siècles ; toutes les passions, auxquelles il était si favorable, lui avait servi d'appui, et il semblait qu’on ne devait jamais revenir d’une erreur aussi ancienne, aussi universelle et aussi accréditée, Cependant Dieu avait résolu de détruire l'empire du démon, comme il l'avait promis à Adum, et de rappeler les hommes à la connaissance de la vérité,

2, Un aussi grand renouvellement devait être l’ouvrage du Messie ; et, un des caractères les plus sensibles de sa venue, c'étàit qu'en éclairant tous les peuples, ildevait aussi les convertir ; Dieu n'avait cessé de faire annoncer cet évènement si favorable à la Gentilité; tous les Prophètes l’avaient vu par une lumière divine, et l’avaient prédit en mille manières bien des siècles avant qu’il s'accomplît, et dans les temps mêmes où il paraissait incroyable,

3. Ils ont tous annoncé que le Messie dissiperait les ténèbres qui couvraient, avant lui, toute la terre; qu’il éclairerait les Gentils ; qu’il en serait le Libérateur aussi bien que des Juifs, et qu’il ne formerait des uns et des autres qu'un seul peuple, adorateur du vrai Dieu. Ces Prophètes étaient les avant-coureurs que le grand Roi envoyait devant son Fils pour tenir les hommes dans l'attente de son avénement.

| L. Dans quel état étaient les peuples avant la venue de Jésus-Christ ?— 2. Dicu avait-il annoncé que les Gentils seraient appelés à la connaissance du Messie?—3, Dites par qui Dieu a fuit prédire cet évènement,

4, Dieu marqua tous les caractères qui devaient se réunir dans la personne du Sauveur. Il fit prédire toutes les circonstances qui accompagneraient sa naissance, sa vie, sa' mort et sa résurrection: l’histoire du Sauveur était déjà faite d'avance quand il vint au monde, David, ce saint roi inspiré de Dieu, est un de ceux qui en ont parlé le plus clairement. Il appelle le Messie son Seigneur, et il le reconnaît pour le Fils de Dieu; il prédit que son règne s’étendra sur toutes les nations et n’aura point d’autres bornes que celle de l’univers. Il annonce ses ignominies, sa mort cruelle et le genre de supplice qu’on lui fera souffrir : il voit ses mains et ses nieds percés, son corps violemment suspendu, sa langue abreuvée de fiel et de vinaigre, ses habits partagés, et sa robe tirée au sort ; mais il annonce en même temps qu’il n’éprouvera point la corruption du tombeau, et qu'il en sortira glorieux. Cette prédiction est d’autant plus remarquable, qu’elle a été faite plus de mille ans avant son accomplissement,

5, Isaïe a parlé du Messie avec autant de clarté. Ille voit sortir du sang de Jessé, naître d’une mère vierge ; il l’appe'le un enfant admirable, Père du siècle futur, le Prince de la paix: enfin il le nomme EMMANUEL, qui veut dire Dieu avec nous. Son règne sera éternel, dit encore le même prophète ; toutes les nations se prosterneront devant lui; à sa parole les boiteux seront redressés, les sourds entendront, les muets parleront, les aveugles verront, les morts ressusciteront.

Mais, après avoir parlé de la gloire du Messie, il parle aussi de’ses humiliations: il le représente défiguré, méconnu, méprisé, comme le dernier des hommes: il l’appelle l’homme de douleurs, chargé d’infirmités, parce qu'il a pris sur lui nos iniquités, qu’il expie par ses souffranccs. ‘ On lui crachera au visage, dit-il; il sera traité comme un criminel, mené au supplice avec des méchants, et ilse livrera lui-même à la mort, et l’endurera aussi paisibiement qu’un agneau.” Le prophète ajoute que par sa mort il deviendra le chef d’une postérité nombreuse ; et il assure que les Gentils accourront de toutes parts à sa suite, tandis que les Juifs, à la réserve d'un petit nombre, seront rejetés à cause de leur incrédulité. Que peut-on voir de plus détaillé, si ce n’est l'Evangile

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4. Rapportez les principales circonstances de la vie de J-C. prédites par David.—5. Qu'a annoncé Isaïe sur la grandeur et les abuissements du Messie?

et l'histoire même du Sauveur? Cependant cette prédiction a été faite plus de sept cents ans avant la venue de Notre-Seigneur.

6. Les autres Prophètes n’ont pas vu moins clairement le mystère du Messie, L'un pes que Bethléhem, la plus petite ville de Juda, sera illustrée par sa naissance ; un autre assure qu’il sera vendu par un de ses disciples pour trente pièces d’argent, et il voit jusqu’au champ du potier à l'achat duquel cet argent sera employé. Le même Prophète nous le représente comme un roi, maisun roi pauvre; une ânesse lui servira de monture à son entrée dans Jérusalem.

Le prophète Aggée publie la gloire du second temple, parce que le Messie, le Désiré des nations, le sanctifiera par sa présence.

7. Le prophète Daniel détermine l’époque précise de sa venue: pendant que ce prophète est occupé de la captivité de son peuple et des soixante-dix ans qu’elle devait durer, tout à coup il est élevé par l’esprit de Dieu à des pensées plus hautes ; il prédit qu'après soixante-dix semaines d’années, c’est-à-dire après quatre cent quatrevingt-dix ans, arrivera la fin d’une captivité bien plus funeste, dont le genre humain sera affranchi par la mort du Christ: délivrance qui consiste dans la rémission des péchés et dans le règne éternel de la justice. IL annonce que, dars la dernière semaine, le Christ sera mis à mort; qu'une nouvelle alliance sera confirmée, et que les anciens sacrifices seront abolis. ‘ Après la mort du Christ, ajoute le Prophète, il n’y aura plus qu’horreur et confusion : la Cité sainte et le Sanctuaire seront détruits ; le peuple qui l’aura méconnu ne sera plus son peuple; on verra l’abomination dans le Temple, et une désolation qui n’aura point de terme.”

8. Enfin Malachie, le dernier des Prophètes, prédit qu’à la place des sacrifices anciens une offrande pure sera présentée au Seigneur, non plus seulement dans le temple de Jérusalem, mais en tous lieux, depuis l'Orient jusqu’à l'Occident ; non plus par les Juifs, mais par les Gentils, parmi lesquels le nom de Dieu sera grand. Ces prophéties sont toutes contenues dans les Livres saints, dont l’authenticité est attestée par le témoignage non suspect de tout un peuple : c’est le pounle juif, ennemi déclaré des

6. Indiquez quelques autres circonstances relatives au Messie, prédites par les Prophètes.—7. Qu'a prédit Daniel touchant l'époque de la venue du Messie ?--8, Quelle a-été la prophétie de Malachie ?

Chrétiens, qui ne peut s'empêcher de les respecter, quoiqu’il y trouve sa condamnation. C’est de lui que nous les avons reçus; et il semble que Dieu ait conservé ce peuple au milieu de la ruine de tous les autres pour le forcer de rendre à ces Livres un témoignage éclatant, et audessus de tout soupçon d’infidélité et d’altération,

9, Pour convaincre l'esprit le plus incrédule sur la divinité de Jésus-Christ, et lui prouver que ce divin Sauveur est véritablèment le Messie promis par les Prophètes, il n’y a plus qu’à comparer les traits qui devaient caractériser le Désiré DES NATIONS avec les neent qui ont eu lieu à la venue de Jésus-Christ sur la terre, rapprocher les prédictions des faits, tenir d'une main l’Ancien Testament, et de l’autre, le Nouveau: le tableau sera si exact, qu'il sera impossible de s’y méprendre. D'abord il est constant qu’à l’époque de la naissance de Jésus-Christ l'attente du Messie était généralement répandue, non-seulement dans la Judée, mais encore dans tout l'Orient. C’est un fait attesté par les auteurs païens eux-mêmes, ‘ C'était, dit Suétone, une opinion ancienne et constante dans tout l'Orient, qu'en ce temps-là des conquérants sortis de la Judée seraient les maîtres du monde.” Tacite rapporte la même chose. ‘ Plusieurs, dit cet historien, étaient persuadés qu'en ce temps-là des hommes sortis de la Judée seraient les maîtres du monde,” Cette attente générale était fondée sur la célèbre prophétie de Jacob, qui avait prédit que le Messie viendrait quand les Juifs cesseraient d’être gouvernés par des chefs de la race de Juda; et sur celle de Daniel, qui avait fixé l’époque de la venue du Messie au terme de quatre cent quatre-vingt-dix ans. Les Juifs charnels et les païens prenaient les expressions à la lettre, et confondaient l’empire spirituel du Messie avec la domination d'un conquérant; mais Ja prophétie n’est pas moins réelle, et les faits attestent que les Apôtres, sortis de la Judée, ont soumis les nations à la foi de Jésus-Cnrist,.

10. L'Evangile nous marque l’accomplissement littéral de toutes les prophéties qui devaient caractériser la venue du Messie : il est né à Bethléem, il a donné une nouvelle Loi, il a fait les miracles les plus éclatants, il a sanctifié le Temple par sa présence, il est mort dans les douleurs et les ignominies de la Croix, il est ressuscité le troisième jour, etc.

9. Pouvons-nous croire à l'authenticité des prophéties? -10, Que faut-il faire pour se convaincre que les prophéties se sont accomplies ?

ExEMPLE.—La connaissance du vrai Dieu se conservait dans le royaume d’Ethiopie ; Candace, qui en était reine du temps des Apôtres, envoya un de ses ofhciers pour oflrir ses présents dans le temple de Jérusalem et y adorer le Seigneur Ce sage ministre, ayant accompli son message, s’en retournait lisant le Soie [saïe, lorsque le Seigneur ordonna à saint Philippe, diacre, de courir après lui. L'officier lisait cet endroit du Prophète: I! « été mené comme une brebis à la boucherie. “ Comprenez-vous ce que vous lisez? lui dit l’homme de Dieu—Et comment le comprendrai-je si personne ne me l'explique?” lui répondit l’oflicier, Et ayant engagé Philippe à monter sur son char, il le pria de lui dire sile Prophète parlait de lui-même ou d'un autre, Philippe prit de là occasion de lui annoncer Jésus- Christ et la nécessité du baptême, L’'officier erut à la parole du Seigneur; et le char étant parvenu à un endroit où il y avait de l’eau, il le fit arrêter, et demanda ce qui pourrait empêcher qu’il ne fût baptisé. Philippe lui ayant répondu que rien ne l'en empêcherait, s’il croyait de tout son cœur, l'officier fit sa profession de foi en ces termes : Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. Alors ils descendirent dans l’eau, et Philippe le baptisa. Lorsqu'il fut baptisé, Philippe disparut, Pbfficier continua son chemin, admirant ce qui lui était arrivé, et glorifiant le Seigneur pour la grâce qu'il venait de recevoir, On présume avec raison, que cet officier fit connaître Jésus-Christ à ceux de sa nation, et qu’il en devint ainsi l’Apôtre.—Actes des Apôtres, chap. VIiIL.

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