DE L'EXTRÈME-ONCTION
1. Dieu, qui est infiniment bon, ne nous a pas seulement préparé des secours salutaires pour le cours de notre vie et dans l’état de la santé, il a encore établi un sacrement pour nous soulager dans le temps de la maladie, et surtout aux approches de la mort, où les tentations sont plus violentes et plus dangereuses. Ce sacrement s'appelle l’Extrême-Onction, parce que c’est la dernière des onctions que reçoit un chrétien. La première onction se fait dans le Baptême, la seconde dans la Confirmation, et la dernière dans une maladie qui met en danger de mort. *
Jésus-Christ a institué l’Extrême-Onction pour le soulagement spirituel et corporel des malades. L’apôtre saint Jacques nous l’explique en ces termes : ‘ Quelqu'un estil malade parmi vous, qu’il appelle les prêtres de l’Eglise, et qu'ils prient sur lui, l’oignant d’huile au nom du Seigneur ; et la prière de la foi sauvera le malade : le Seigneur le soulagera, et, s’il est coupable de péchés, ils lui seront remis.”
2. Selon ces paroles, deux choses sont essentielles à ce sacrement : l’onction, et la prière qui l’accompagne : l’onction se fait avec l’huile d’olive que l’Evêque bénit le Jeudi saint. L'huile sainte s'applique à chacun des cinq sens pour le purifier des péchés dont il a été l'organe et l'instrument. Voici la prière que le prêtre prononce en même temps : ‘ Que le Seigneur, par cette Onction de l'huile sacrée et par sa très grande miséricorde, vous par-
1. Quel sacrement J.-C. a-t-il établi pour nous soulager dans le ‘temps de la maladie et aux approches de la mort ?—2. Combien y a-t-il de choses pen ietes au sacrement de l’Extrême-Onction, et en quoi consistentclles ?
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donne tous les péchés que vous avez commis par la vue, ar l’odorat, etc.” Prière puissante et efficace, puisque otre-Seigneur a promis, par la bouche de son Apôtre, qu’il l’exaucerait toujours.
8. Ily a trois principaux effets de ce sacrement : le remier, c’est de donner de la force aux malades contre es tentations du démon et contre les horreurs de la mort ;
il affermit leur foi et leur confiance en Dieu, et, par là, il les fortifie contre les attaques du démon; il excite dans leur cœur le désir et l’espérance de posséder Dieu, et, par là, il les fortifie contre la crainte de la mort : plus ce désir est ardent et cette espérance ferme, moins on craiüt de mourir.
Le second effet de l’Extrême-Onction est d’effacer les. restes du péché et les péchés mêmes, s’il y en a encore quelques-uns à expier ; c’est pour cela que les Pères de l'Eglise l’anpellent la perfection et le complément de la Pénitence. On entend par les restes du péché une faiblesse et une langueur de l’âme qui restent après que le péché a été pardonné, qui fait que l’on conserve encore du penchant pour les choses de la terre, qu’on a peu de goût pour les choses spirituelles ;: le sacrement ôte cette faiblesse, en nous détachant du monde et nous faisant désirer le ciel. Il remet encore les péchés véniels, et même les péchés mortels dont on ne se souvient pas, ou que l’on est hors d'état de confesser, pourvu néanmoins qu’on en ait une véritable contrition ; maisil faut, s’il est possible, avoir recours au sacrement de Pénitence auparavant, car l’Extrême-Onction est un sacrement des vivants, que l’on doit recevoir en état de grâce.
Le troisième effet de l’Extrème-Onction est de rendre la santé aux malades, si elle est nécessaire pour leur salut.
4. Il ne faut pas attendre, pour recevoir ce sacrement, qu’on soit à l’extrémité ; il suffit qu’on soit dangereusement malade ; et quand on le reçoit avec un jugement sain et libre, on s’y dispose mieux, et l’on en tire plus âe fruit. D'ailleurs, en diflérant jusqu’au dernier moment, on court risque de mourir sans lavoir reçu ; il arrive souvent que ceux qui retardent ainsi sont prévenus par la mort.
3. Quels sont les principaux effets de ce sacrement ?—4{. Quand est-il À propos de recevoir l’Extrémne-Onction, et de quoi se priverait-on en le négligeant ?
Quoique ce sacrement ne soit pas d’une nécessité absolue, on est cependant obligé de le recevoir quand on le peut ; c’est le moyen ordinaire pour obtenir une bonne mort ; ceux qui le négligent désobéissent au précepte de Jésus-Christ ; ils se privent volontairement des grâccs qui lui sont propres, et se mettent en danger de mourir mal, ce qui est le plus grand de tous les malheurs.
EXEMPLES.—Un père était très-dangereusement malade. I] avait une fille âgée d'environ huit ans, qui avait bien profité des instructions qu’elle avait entendues au catéchisme. Se trouvant seule avec son père, elle lui dit : ‘ Papa, papa, vous êtes bien malade, le médecin a dit que vous mourrez peut-être demain. Maman est dans sa . chambre qui pleure ; on la console. J’ai entendu dire au Catéchisme, à M. le Curé, que c'est un très grand péché de laisser mourir les malades sans confession. Personne n’ose vous dire qu’il faut que vous vous confessiez.—Je te remercie, lui dit-il; va, mon enfant, va tout de suite chercher M. le Curé. Que le Seigneur te bénisse ; je te devrai mon salut.” Le curé vint, et administra le malade, qui mourut le lendemain. Il avait dit plusieurs fois, après avoir reçu les Sacrements : ‘ Sans ma petite, sans ma chère enfant, qu'allais-je devenir ? ”—T,ASAUSSE.
—S$aint Martin, évêque de Tours, saint Louis, roi de France, et Louis le Gros, aussi roi de France, voulurent recevoir l’Extrême-Onction et mourir couchés sur un silice, et ayant sur eux de la cendre, pour s’exciter par là à de grands sentiments de pénitence ; ce qui inspira les mêmes sentiments à ceux qui les assistèrent en ces derniers instants.