Secondement, il faut prier avec attention, c'est-à-dire
enser à Dieu et à ce qu’on lui demande. Dieu écoute
ion plus les paroles du cœur que celles de la bouche. La prière est une élévation de notre âme vers Dieu ; ce n’est donc pas prier que de penser à toute autre chose qu'à Dieu’quand on lui parle. Ilest vrai que les distractions, quand elles sont involontaires, ne rendent pus la prière mauvaise ; muis Dieu est offensé par celles auxquelles on a donné occasion par sa faute, ou qu’on ne rejette point après qu’on s’en est aperçu. On mérite alors ce reproche que Dieu faisait autrefois aux Juifs : ‘ Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi.”
3. Troisièmement, il faut prier avec confiance. Notre Seigneur, en nous promettant d’exaucer nos prières, y met toujours cette condition : pourvu qu’elles soient faites avec foi ; il disait ordinairement à ceux qui s’adressaient à lui pour obtenir leur guérison : Qu'il vous soit fait selon votre foi. Notre confiance ne saurait être trop ferme, puisqu'elle est appuyée sur la puissance de Dieu, qui peut faire infiniment plus que nous ne lui demandons ; sur sa miséricorde, qui n’a point de bornes ; et sur les mérites infinis de Jésus-Christ, au nom duquel nous prions. Eh quoi ! nous nous adresserions avec confiance lans nos besoius temporels, à un ami riche, puis-
1. A quelles conditions est attaché le succès de lu prière, et en quoi eonsistent-elles ? À ‘
Son
QUALITÉS DE LA PRIÈRE. Sc
sant et éprouvé, et nous en manquerions en nous adressant à Dieu pour les besoins mêmes spirituels, quoiqu'il nous commande et qu’il nous invite lui-même à recourir à lui comme à un bon Père ! Une telle défiance ne seraitelle pas injurieuse à sa tendresse ? Qu'est-ce donc que la bonté des hommes comparée à celle de Dieu ?
4, Enfin, il faut prier avec persévérance ; Dieu, par une conduite pleine de sagesse et de bonté, diffère quelquefois de nous accorder ce que nous lui demandons ; ce délai n’est pas un refus, mais une épreuve. Il veut par là nous faire connaître le prix de ses dons, augmenter l’'ardeur de nos désirs, et nous disposer à les recevoir avec plus d’abondance. On ne doit pas se décourager ni se lasser de prier : Jésus-Christ nous l’ordonne, et pour nous faire sentir la nécessité de la persévérance, il se sert de deux comparaisons : la première est celle d’une veuve qui, par ses importunités, touche enfin le cœur d’un mauvais juge et le force à lui rendre justice ; la seconde est celle d’un homme qui, au milieu de la nuit, va demander à son ami trois pains à emprunter. Ce dernier refuse de se lever ; l’autre ne se rebute point, il continue de frapper à la porte, et il redouble ses prières : sa persévérance est récompensée, et il obtient ce qu'il demandait. Notre-f cigneur termine cette parabole par une exhortation vive et pressante de prier sans relâche, et par une promesse formelle de nous accorder tout ce que nous demanderons avec persévérance. Le moment où nous cesserons de prier est peut-être celui que Dieu avait destiné pour nous exaucer. Retenez bien ceci : c’est la prière qui demande, mais c’est la persévérance qui obtient.
COMPARAISONS.—Quand vous prenez une cuillerée d’un aliment ou d’un médicament, c’est à peine si vous vous apercevez des salutaires effets que cette faible quantité produit en vous.—Nous ne devons pas nous $tonner si, après avoir fait notre prière, nous ne sommes pas exaucés sur-le-champ.
— ]l en est de la prière comme de cette goutte d’eau qui, dit un ancien proverbe latin, finit par creuser la pierre, non par sa propre force, mais par la fréquence de sa chute.
—Exiger de Dieu qu'il nous exauce toujours sur-lechamp, c’est vouloir abaisser le souverain Seigneur à la
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condition de l’esclave, duquel il est dit : “ Viens, et il vient ; va,etil va ; fais cela, et il le fait.”
EXFMPLE.— C'était, dit un pieux auteur, la pratique d’un jeune enfant d'offrir son cœur à Dieu, tous les matins, avec beaucoup de ferveur, ce qui était comme l’âme de toutes les actions qu'il faisait pendant le jour. ‘ Si je manque, disait-il, à ce devoir comme il m'est arrivé quelquefois, je suis dissipé tout le reste de la journée.” Ce saint enfant, x'ayant pas encore l'âge de douze ans, mourut avec les sentiments d’une rare piété. ‘ Mon Dieu, s’écriait-il de temps en temps, étant près d’expirer, je vous ai fait presque tous les jours un sacrifice de mon cœur, je vous ep fait un maintenant de ma propre vie.”
Imitons ce pieux enfant, et soyons exacts comme lui, à offrir tous les matins notre cœur à Dieu, afin de mourir, comme lui, dans les sentiments d’une vraie piété. —ARvi- SENET, le bon Ang» de l'Enfance.