‹ Traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 126 sur 173 · DE L'ORAISON DOMINICALE, ARTICLE PREMIER · texte numérisé non relu

DE L'ORAISON DOMINICALE, ARTICLE PREMIER

De ce qu'il faut demander à Dieu.

1. C’est Notre-Seigneur lui-même qui nous a enseigné ce que nous devons demander à Dieu, et l’ordre dans lequel il faut le demander. Il a bien voulu lui-même dresser la requête que nous devons présenter en son nom au Père éternel, et nous laisser une excellente formule de prière, que l’on appelle pour cette raison la prière du Seigneur, où l’Oraison Dominicale. ‘“ Jésus-Christ, dit saint Cyprien, entre autres avis et préceptes salutaires qu'il a donnés à son peuple pour le conduire au salut, lui a prescrit une formule de prière, afin que nous fussions plus facilement exaucés par le Père, lorsque nous lui adresserions la prière même que son propre Fils nous a apprise. Prions donc, ajoute ce saint docteur, comme notre Maître et notre Dieu nous l’a enseigné ; c’est une prière bien agréable à Dieu que celle qui vient de luimême, que celle qui frappe ses oreilles par les paroles de sésus-Christ : que le Père reconnaisse les paroles de

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2, Quelle est la plus belle de toutes les prières, et qui nous l’a enseignée ?

son Fils quand nous le prions. Puisque c'est Jésus- Christ qui est notre avocat auprès. du Père, servons-nous des propres paroles de notre intercesseur ; il nous assure que e Père nous accordera tout ce que nous lui demanderons en son nom ; combien plus nous accordera-t-il, si nous demandons non seulement en son nom, mais par ses paroles ! *” Aussi l'Eglise fait-elle un usage continuel de cette divine prière ; c’est par elle qu’elle commence et qu'elle finit tous ses offices : elle Ja rappelle en particulier au saint sacrifice de la Messe, Les vrais fidèles ne manquent jamais de la réciter tous les jours, au moins le matin et le soir,

2. L'Oraison Dominicale est composée d’une courte préface et de sept demandes, dont les trois premières se ‘apportent à Dieu, et les quatre autres nous regardent nous-mêmes : elle renferme tout ce que nous pouvons désirer et demander à Dieu ; elle est la règle sur laquelle nous devons former nos sentiments et nos désirs. Nous pouvons bien nous servir d’autres paroles dans nos prières, mais nous ne pouvons demander à Dieu‘autre chose que ce qui y est enfermé ; toute demande qu’on ne peut y ra orter est indigne d'un chrétien, et ne saurait être agréable à Dieu. La préface consiste dans ces mots : Notre Père qui éles dans Le cieux. Jésus-Christ à réuni dans ce peu de mots tout ce qu'il y a de plus capable d'engager Dieu à nous exaucer, et de nous inspirer à nous-mêmes des sentiments de respect, d'amour et de confiance.

Nous appelons Dieu notre Père, c’est Jésus-Christ qui nous l’ordonne, Dieu est en effet notre Père par la création, puisqu'il nous a donné la vie, et qu’il nous a formés à son image ; il l’est encore plus par la grâce de la régénération, puisque dans le Baptême il nous a cr en Jésus-Christ pour ses enfants, ‘“ Considérez, dit l’apôtre saint Jean, quel amour le Père a eu pour nous, de vouloir que nous soyons appelés et que nous soyons en effet les enfants de Dieu !”” ‘ Parce que vous êtes enfants, ajoute saint Paul, Dieu a envoyé dans vos cœurs l’esprit de son l'ile, qui crie: Mon Père, mon Père !”’ O nom plein de douceur et de charmes ! quel amour, quelle reconnaissance, quelle confiance ne doit-il pas exciter dans votre cœur ! S'il est vrai que Dieu est votre Père, pouvez-vous craindre que votre prière soit rejetée lorsque vous lui

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2, De combien de parties se cempose l'Oraison Dominieale, et que renferme-t-elle ?

rappelez un nom qu’il prend à notre égard avec tant de complaisance ? Que n’accorde-t-il pas à un enfant qui le prie, après qu'il l’a reçu au nombre de ses enfants par une grâce qui a prévenu ses prières et ses désirs ! Ne craignez que de vous rendre indigne par votre désobéissan-e d’être appelé l’enfant de Dieu ; rien autre chose ne peur arrêter le cours de ses grâces et l’effet de vos prières.

3. Chacun de nous, en parlant à Dieu, dit : Notre Père, et non pas Mon Père, parce qu'ayant tous le même Père, et espérant de lui le même héritage, nous ne devons pas seulement prier pour nous, mais encore pour tous les Fidèles, qui sont nos frères. Par là nous comprenons que ce n’est pas en notre propre nom que nous prions, mais au nom de Jésus-Christ, et en union avec tout le corps de son Eglise, dont nous sommes les membres. Nous ajoutons : Qui êtes dans les cieux ; car, quoique Dieu soit en tous lieux par son immensité, nous considérons néanmoins le ciel comme le trône de sa gloire ; c’est dans le ciel qu’il fait éclater sa magnificence, et qu’il se montre à ses élus à découvert, et sans nuage. C’est au ciel que nous sommes appelés nous-mêmes ; le ciel est notre patrie, et l'héritage que notre Père nous destine. Lors donc que nous nous mettons en prière, élevons nos pensées et nos désirs vers le ciel ; unissons-nous à la société des esprits bienheureux, excitons dans nos cœurs le désir et l’espérance de posséder Dieu.

EXEMPLES.—"Tertulien disait que le Notre Père est nonseulement un résumé de toutes les autres prières, mais qu’il contient encore toute la doctrine du Sauveur. Ainsi il nous prescrit de soupirer, avant tout, après les choses célestes, de pardonner à nos ennemis, etc. De telle sorte qu’on peut, à juste titre, appeler cette prière un abrégé de l'Evangile.

—C'est maintenant, disait saint François d’Assise, après avoir été déshérité par son père à cause de ses grandes libéralités envers les pauvres, c’est maintenart que je pourrai dire : Notre Père, qui êtes aux cieux.

Oh ! quelle est la noblesse d’un chrétien ! Dieu est son Père.

—Un jeune berger avait pris l’habitude de prier en paissant son troupeau. Interrogé s'il n’éprouvait pas

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