‹ Traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 129 sur 173 · Quel est à cet égard la leçon de l'expcrience · texte numérisé non relu

Quel est à cet égard la leçon de l'expcrience

non; votre joug est doux, et votre fardeau est léger. Vous nous avez créés pour vous, et notre cœur est dans une continuelle agitation jusqu'à ce qu'il se repose en vous. En vain chercherais-je mon bonheur hors de vous, je ne trouverais que faux biens qui laisseraient mon cœur vide, ou des maux réels qui le rempliraient de trouble et d'inquiétude, Vous l'avez dit, à mon Dieu! il n’y a point de paix pour les méchants: des remords cuisants, des alarmes continuelles, des chagrins dévorants, voilà leur partage. Celui qu porte l’iniquité dans son sein y porte aussi le trouble et la frayeur. Mais que le sort d’une âme qui vous sert est différent, Ô mon Dieu! elle est toujours tranquille, toujours contente, toujours heureuse, Elle a sans doute des sacrifices à faire, mais l’onction de votre grâce rend ces sacrifices faciles, agréables même : elle a des peines à souffrir; muis que ces peines sont légères au milieu des consolations dont vous la remplissez ! Je ne balance pas, Seigneur, à embrasser le parti de la vertu, persuadé que la vie des gens de bien est mille fois plus douce que celle des pécheurs. Je serai fidèle à observer votre sainte loi, et par cette fidélité je me procurerai tout le bonheur dont on peut jouir sur la terre, et une fécilité parfaite dans le ciel, que vous réservez à ceux qui auront mené une vie chrétienne.

EXEMPLE.—Dans un temps où une fièvre pourprée désolait, dans ia capitale, les pauvres qui n’avaient pas eu le temps de se traîner à l’Hotel-Dieu, la communauté des prêtres de Saint-Marcel, ne pouvant plus suffire à exhorter les mourants, avait demandé du secours aux religieux imendiants. Vint un capucin vénérable; il entra dans une écurie basse, où souflrait une victime de la contagion. Il y voit un vieillard moribond, étendu sur des haillons dégoûtants. Il était seul : une botte de foin lui servait de lit; pas un meuble, pas tine chaise: il avaib tout vendu, dès les premiers jours de sa maladie, pour quelques gouttes de bouillon. Aux murs noirs et dépouillés pendaiïent un Christ, une hache et deux scies: c'était Jà toute sa fortune, avec ses bras, quand il pouvait les faire mouvoir ; mais alors il n’avait pas Ja force de se soulever. ‘ Prenez courage, mon ami, lui dit le confesseur ; c’est une grande grâce que Dieu vous fait aujourd’hui : vous allez incessamment sortir de ce monde, où vous n’avez eu que des peines.—Que des peines! reprit le moribond d’une voix éteinte: vous vous trompez, je ne me guis jamais plaint de mon sort : la vue de mon Crucifix

me consolait au milieu de mes travaux, la Religion a fait mon bonheur; j'ai vécu content. Les outils que vous AE pos me procuraient du pain que je mangeuis avec délices, et je n’ai jamais été jaloux des tables que j'ai pu entrevoir. J'étais pauvre, maisavec la santé et la crainte de Dieu je s’ai jamais manqué du nécessaire, Si je reprends la santé, ce que je ne crois pas, j'irai au chantier, et je continuerai de bénir Ja main de Dieu, qui jusqu’à présent à pris soin de moi. O mon Père, que la Religion est aimable! qu’elle renferme de précieux trésors ! La paix, le contentement, le bonheur sont le partage de ceux qui l’aïment.”?

Le confesseur, aussi édifié que surpris d’un tel langage, ne put s'empêcher d’en témoigner son étonnement; et, après avoir rendu grâces à Dieu de la faveur qu'il lui avait faite en l’amenant dans ce pauvre réduit, il dit au malade : ‘‘ Quoique cette vie ne vous ait pas été fâcheuse vous ne devez pas moins vou: résoudre à la quitter, car il faut se soumettre à la volonté de Dieu.—Sans doute, reprit le moribond, d’un ion de voix ferme et d’un œil assuré, tout le monde doit y passer à son tour; j'ai su vivre, je saurai mourir: je rends grâces à Dieu de m'avoir donné la vie, et de me fuire passer par la mort pour arriver à lui. Je sens le moment s'approcher, accordez-moi les secours de l'Eglise, c’est la seule chose dont j'aie besoin en ce moment.” Cet homme mourut comme il avait vécu, en prédestiné, laissant son confesseur et ses voisins dans l’admiration de ce que peut la Religion sur un cœur docile aux sentiments de la grâce.

Un vrai enfant de Marie s'applique à remplir fidèlement les devoirs d’un bon Chrétien, et pour cet effet, il observera ce qui suit :

1. Ilaura souvent recours à la prière dans ses besoins, et il ne manquera jamais de faire dévotement celles du matin et du soir ; ilse fera un bonheur d'assister à la sainte Messe tous les jours, autant que possible.

2. Il diru tous les jours quelques prières en l’honneur de Marie, comme le Memorare, le Salve, ou une dizaine du chapelet.

3. Chaque jour il fera quelque bonne lecture dans le saint Evangile ou dans quelque livre de piété, comme

l'Imitation de Jésus-Christ, les Vies des Saints ; il se gardera bien de lire aucun livre mauvais. f donnera chaque jour à ses parents des marques de son respect,

4, Il ne fréquentera que des amis sages, et il fuira les libertins comme des serpents.

5, Il s’eflorcera de sortir de l’état du péché mortel, s’il avait eu le malheur d’y tomber.

6. Tous les Dimanches et Fêtes il assistera assidûment et avec piété à la sainte Messe et aux autres oflices de l'Eglise. Ilse confessera et communiera au moins tous les mois, d’après l’avis de son confesseur.

7. Enfin, il n’oubliera jamais qu'il n’est sur la terre que pour y servir Dieu, et que de sa fidélité à ce devoir dépend son bonheur ou son malheur éternel,

Loué et adoré soit à jamais le très saint Sacrement de l'autel !

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