AVANTAGES DE LA POLITESSF
ne possèdcra jamais ce caractère aimable ct généreux, uon plus que ces manières polies et engageantes, si indispensables, à chaque instant, dans les différents rapports de la société,
Il est rapporté d’un certain prélat, remarquable par ses manières es et élégantes, que, dans sa maison et dans ses relations avec ses domestiques, il manifestait, jusque dans ses moindres actions, la même douceur et la même courtoisie dont, en public, il faisait la règle de sa conduite. Aussi n’était-il jamais surpris ; et il agissait en tout lieu et en toute circonstance avec tant de grâce et de bonté, qu’il commandait le respect et s’attirait l'estime de tous ceux qui l’approchaient, Quelle leçon, pour les jeunes gens, de s’accoutumer à pratiquer chez eux les devoirs qu'ils auront à remplir au dehors ! ainsi ilsn’agiront jamais avec rudesse ni méchanceté, et auront soin qu’il ne leur échappe aucun regard malveillant ni aucune parole aigre ou offensante ; ils prendront garde aussi à ce que l’intime familiarité de la vie domestique ne dégénère jamais, comme il n'arrive que trop souvent, en négligence, rudesse ou incivilité. Ils se souviendront que toute politesse, si recherchée, fût-elle, ne peut être sincère et duable, qu’autant qu’elle a pour principe l'amour de Dieu et le désir de lui plaire. Quiconque, dès son bas âge, s’habitue à n’envisager que Dieu et son bon plaisir dans toutes les bonnes actions qu’il accomplit, ne pourra que se fortifier de plus en plus dans l’amour pour ses semblables, et se sentira porté comme tout naturellement à leur rendre même dans les circonstances les plus repoussantes, tous les services que lui inspirera son affection pour eux. ;
Deux choses sont extrêmement nuisibles à la politesse ; si elles ne sont combattues, elles en rendent la pratique presque impossible. La 1ère est l’égoïsme. Celui qui ne recherche que lui-même et sa propre satisfaction et qui ignore le bonheur que procure la pensée d’avoir fait plaisir aux autres, ne saurait se faire à l'idée qu’il faut préférer toujours les autres à soi-même, s’étudier à plaire sans gêner qui que ce soit, se faire violence afin de contenir son cœur et sa langue alors même qu’il pourrait être provoqué, céder toujours avec bonne grâce aux humeurs et aux caprices d'autrui ; enfin, il ne saurait s’assujettir à cette foule de petits sacrifices qu’exige la politesse. De tels sacrifices deviennent des sources de jouissance pour le cœur généreux, lequel, en retour de ses