‹ Traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 164 sur 173 · DE LA LECTURE, D · texte numérisé non relu

DE LA LECTURE, D

placé dans un bureau où chaque jour se tenaient les propos les plus dangereux, pour la religion comme pour les mœurs, Il ne tarda pas à se voir attaqur directement et ouvertement dans ce qu’un langage impie ne rougissait pas d'appeler les absurdités de sa croyance. Heureusement, il était instruit à fond des vérites de la religion, et, dès son enfance, il s'était appliqué à se rendre obéissant à ses commandements. Su foi demeura ferme et sa vertu n'éprouva aucune altération ; dans des circonstances aussi critiques, tout autre, moins instruit où moins vertueux, eût, très probablement, succombé sous de telles influences, Ce jeune homme Se, ds maintenant une position respectable dans la société ; il a été ainsi magnifiquement récompensé, même dans ce monde, de sa fidélité aux principes religieux, dont, jeune encore, il a donné un si éclatant exemple,

Une autre sorte d’information que tout jeune homme doit s’eflorcer d'acquérir, c’est celle qui concerne sa profession, parce qu'une connaissance parfaite de ses aftaires, unie à un caractère digne et élevé, est le plus sûr moyen de s'assurer la réussite et l’indépendance. Il ne se bornera pourtant pas là. Il s’efforcera d’orner de plus en plus son intelligence, par l’acquisition de la plus grande somme possible de connaissances, tant littéraires que scientifiques, Quelle abondante source d’innocents et utiles plaisirs s'ouvre devant lui! À peine a-t-il acquis les éléments de la science, et a-t-il pris goût aux beautés de Ja littérature, qu’il ne peut contempler un édifice, regarder }: ciel ou ouvrir un livre, sans éprouver un charme qu'il ne saurait goûter, s’il était encore plongé dans l'ignorance,

Il est regrettable que les jeunes gers, en général, nr si peu les avantages d’une bonne instruction. Ils perdent un temps précieux qu'ils pourraient employer très utilement, soit en acquérant des connaissances, soit en se formant à l'habitude de l’étude, ce qui rourtant leur assurerait pour plus tard le bien-être et le bonheur.

Ils ne sauraient se rappeler trop souvent que la jeunesse est le temps où l’on s’instruit le plus aisément, que ce que l’on apprend à cet âge se retient le plus longtemps, et qu’une occupation constante de l'esprit, est alors avec la grâce de Dieu, un des meilleurs préservatifs de la pureté des mœurs sans laquelle ni la fortune, ni la position, ni l'intelligence, ne peuvent procurer le bonheur, non plus que la considération de ses semblahles,

oub POLITESSE CHRÉTIÉNNÉ.

Les parents et les maîtres s'opposent souvent à la lecture, sous prétexte qu'elle nuit aux occupations principales. Si l'amour de la lecture dégénère en re et si le temps qu'on y consacre devrait être employé à l'accomplissement des devoirs € e sa profession, cette opposition est alors juste et raisonnable ; mais si la lecture ne se fait que dans les seules heures non employées au travail, et si les livres qu'on lit sont moraux et irréprochables, quelle autre récréation peut être aussi innocente et même aussi utile? Combien qui, par la lecture, ont été

uissamment éclairés et aidés pour se perfectionner dans eur état, et ont ainsi jeté les bases de leur fortune à venir !

Un ouvrier charpentier, qui n'avait reçu, dans son enfance, qu’une instruction très limitée, se levait chaque jour de grand matin, et, après avoir fait sa prière, em-

loyait le temps qui lui restait jusqu'à son travail, à Pétude des spécialités qui pouvaient lui être utiles pour sa profession, comme la géométrie, le dessin, la mécanique, etc. En peu d'années, grâce aux connaissances supérieures qu'il avait ainsi acquises, il s'éleva à une possition relativement honorable ; peu de temps #près, et sans interrompre le moins du monde ses occupations ordinaires, il acquit une telle somme de connaissances, qu'il passait à juste titre parmi tous ceux qui avaient des rapports avec lui, pour un homme habile et intelligent.

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