‹ Traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 166 sur 173 · DU CHOIX DES LIVRES · texte numérisé non relu

DU CHOIX DES LIVRES

de la vertu, que sont terribles et redoutables les conséquences de la lecture des mauvais livres,

Il y a trois sortes de livres, contre lesquels tout jeune lecteur ne saurait trop se prémunir: 1° ceux qui mettent la foi en danger ; 2° ceux qui corrompent le cœur; 3° entin, ceux qui, traitant des sujets légers, frivoles et peu digne, ne servent qu'à faire passer le temps et rendent l'esprit impropre à toute étude ou occupation sérieuses,

La foi est le fondement de toutes les vertus. ‘ Sans la foi, i; est impossible de plaire à Dieu.” Cette vérité reposant sur la parole même de Dieu, exige notre sanction la plus entière et la plus complète, Tout ce qui tend à détruire ou même à atflaiblir la foi, ne doit être regardé qu'avec une extrême horreur; et cependant, combien d'ouvrages n'ayant d'autre but que de renverser sa salutaire influence, et de diminuer en nous la confiance dans ses témoignages, sont produits chaque jour par une presse impie, et sont lus avec avidité par une nombreuse jeunesse !

L'expérience des quatre-vingts dernières années prouve surabondamment les maux causés par de semblables ouvrages: les particuliers ont vu leurs légitimes espérances renversées : la paix des familles à été détruite ; les excès les plus horribles ont été commis; une nation puissante a été bouleversée par la révolution ; la base de la société s'est écroulée, et le sang a coulé à flots, en Europe, pendant un quart de siècle ; tout cela convaine d'une manière sensible de la malignité de l'influence produite par de pernicieux ouvrages. Les jeunes gens

ui apprécient leur bonheur et celui de la société, ou qui dénent sauvegarder leurs intérêts éternels ne doivent jamais, et sous aucun prétexte, succomber à la tentation de lire des ouvrages d’une tendance dangereuse ou bien irréligieux.

Les livres qui portent atteinte à la pureté des mœurs sont nombreux, plus nombreux même que ceux qui présentent du danger pour la foi, On peut malheureusement se les procurer dans toutes les vill:s; ces livres si déplorables trouvent même entrée jusqu’au sein de bien des familles respectables ; ils captivent l'attention du jeune lecteur, enflamment ses passions dans la solitude de sa demeure, et insinuent leur poison d'une manière si imperceptible, et néanmoins si effective, que souvent ils corrompent leur victime bien avant qu'elle ne s’aper.

çvoive du danger, Au sortir de l’école, un jeune homme se fait remarquer généralement par la simplicité et la modestie de ses mœurs, par son respect et sa vénération envers ses parents, par sa prévenance et son affection pour ses frères et sœurs, par sa pieuse fréquentation des sacrements et par son exacte fidélité à accomplir tous ses devoirs religieux, Mais un étonnant changement survient bientôt: les bonnes impressions de sa jeunesse s’effacent graduellement; la négligence de ses devoirs devient de jour en jour plus upparente; il ne porte pas autant d'attention à ses devoirs religieux : et enfin, il devient un réprouvé. Et c’est pourtant à un mauvais livre, imprudemment lu, qu'il faut attribuer ses premiers écarts du sentier de la vertu qu'il n'avait cessé de suivre depuis son enfance. , .,.. Et si une voix amie s'était élevée à temps pour le prémunir contre la lecture de ce mauvais livre, très-probablement il aurait persérsré jusqu'à la mort dans la piété et l'innocence,

Ce n'est pas seulement contre la lecture des livres immoraux que les jeunes lecteurs doivent se précautionner; celle des écrits légers, frivoles et insignifiants, doit aussi être repoussée, Les ouvrages de ce genre font perdre le temps, énervent l'esprit, en rendant incapable d'une étude sérieuse et profitable, et laissent après enx un bien faible souvenir ainsi qu'un jugement peu en rapport aux dernières circonstances de la vie, Ce mal est d'autant plus déplorable, qu'il existe un grand nombre d'ouvrages traitant d'histoire, de biographie, de géographie, qu’on pourrait lire utilement, qui contiennent une quantité considérable de précieux documents, et sont en même temps très-intéressants,.

Une dame, qui cultivait avec un très-grand soin l’éducation de ses enfants, ne leur permit jamais, une fois l’âge de l’enfance passé, de lire des ouvrages de fiction. Elle y suppléait par des récits tirés de la sainte Ecriture, et par des biographies d'hommes vertueux et d'hommes illustres; ce qui leur servait de modèles de vertus et de

énie : c’est ainsi qu’elle initia graduellement leur esprit à l’étude des ouvrages scientifiques adaptés à leur jeune intelligence. Ils formèrent plus tard une famille éclairée et bien réglée, laquelle se fit remarquer par son bon sens et son intelligence pratique. Un revers de fortune ne tarda pas à faire GS af l’avantage de l'éducation qu'ils avaient reçue ; elle devint pour eux le principe des

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