A SOUFFERT SOUS PONCE-PILATE, A ÉTÉ CRUCIFIÉ
néanmoins que ma volonté ne se fasse pas, mais la vôtre.” Alors un ange lui apparut pour le fortifier,
3, Aussitôt que Jésus eut achevé sa prière, Judas, qui, sur la fin du souper, s'était séparé des autres Apôtres, parut à la tête d’une troupe de gens armés d’épées et de bâtons, pour se saisir de lui. Ce traître alla droit à Jésus, et le baisa, selon le signal dont il était convenu avec ceux qu'il conduisait, Jésus eut assez de bonté pour lui donner le nom d’ami, et se contenta de lui représenter le crime dont il s'était rendu coupable en le trahissant ainsi, Il demanda ensuite aux gens qui accompagnaient Judas qui ils cherchaient; ils répondirent que c'était Jésus de Nazareth; alors il leur dit: ‘* C’est moi.” A ces mots ils tombèrent tous par terre à la renverse. Cette chute, aussi extraordinaire qu'imprévue, aurait dû les taire rentrer en eux-mêmes, etleur faire reconnaître la puissance de Jésus-Christ ; mais lears cœurs étaient si endurcis, qu'aussitôt qu'il leur fut permis de se relever, ils se saisirent de lui et le lièrent pour l'emmener à Jérusalem : en même temps tous ses disciples l’abandonnèrent et s'enfuirent.
4, Les Juifs menèrent Jésus premièrement chez Anne, beau-père de Caïphe, qui l’interrogea touchant ses disciples et sa doctrine ; et Jésus lui répondit ; Je n’ai point parlé en secret : interrogez ceux qui m'ont entendu, ils rendront témoignage de ce que j'ai dit.” Alors un des sergents lui donna un soufflet, et Jésus le souffrit avec une patience toute divine.
5, Les princes des prêtres, sachant bien qu’ils ne pouvaient accuser Jésus d’aucun crime qui fût véritable, cherchèrent de faux témoins, afin d’avoir un prétexte pour le condamner à mort; mais ce dessein ne leur réussit point, parce que les témoignages n'étaient pas conformes l’un à l’autre; ce qui fit que le grand prêtre l’obligea, même par serment, de dire s’il était le Christ Fils de Dieu : Jésus-Christ lui répondit qu’il l'était, et qu’il le verrait un jour assis à la droite de la puissance du Père, Le pontife l’ayant entendu, se leva de son siège, et déchirant sa robe, dit que Jésus avait blasphémé, qu'il n’était plus besoin de témoins, et qu'il méritait la mort; ce qui fut confirmé par les princes des prêtres et par les scribes qui étaient présents. Alors ceux qui tenaient
3 Par qui et comment J.-C. fut-il livré aux primes des prêtres? —4. Comment J.-C. faut-il mené chez Anne et chez Caïphe ?—5. Que firent les Juifs afin d’avoir un prétexte pour condamner J.-C. ?
Jésus lui crachèrent au visage, et, lui ayant bandé les yeux, les uns lui donnaient des coups de poing, et les autres des soufllets, en disant : ‘ Prophétise, Christ, qui t'a frappé.” Etils proféraient beaucoup d’at res blasphèmes contre lui.
6. Pendant que Jésus souffrait tous cesoutrages, Pierre lui causa une peine bien plus sensible : ce disciple l’ayant suivi de loin, était entré à sa suite chez le pontife, où une servante, l’abordant, lui dit que sans doute il était disciple de Jésus; ce que Pierre nia, D’autres soutenant la même chose, il le nia encore ; un serviteur du pontife ayant ajouté qu'il l’avait vu au jardin, Pierre, saisi de crainte, jura que cela n’était pas. Ce fut alors que Jésus l'ayant regardé le fit souvenir de ce qu'il lui avait dit, qu'il le renierait, et Pierre sortit dehors et pleura amèrement. Cependant Jésus, resté au pouvoir de ses ennemis, eut à souffrir pendant toute la nuit les injures et les traitements les plus pénibles,
7. Le matin étant venu, les princes des prêtres et les anciens du peuple tinrent conseil pour trouver le moyen de le faire mourir ; ils le menèrent à Ponce-Pilate, gouverneur de la Judée, lui disant que c'était un homme qui
ervertissait leur nation, défendant de payer le tribut à
ésar, et se disant le Roi Messie, Pilate ayant interrogé Jésus-Christ, et ne le trouvant coupable d'aucun crime, dit aux Juifs de le prendre eux-mêmes et de le juger selon leur loi; mais les princesdes prêtres lui répondirent qu'il ne leur était pas permis de faire mourir personne, et, redoublant leurs instances, ils dirent que Jésus soulevait le peuple par une doctrine qu’il avait publiée depuis la Galilée jusqu’à Jérusalem.
8. Pilate ayant appris que Jésus était Galiléen, et, à ce titre, soumis à la juridiction d’'Hérode, roi de cette contrée, et étant d’ailleurs bien aise de se débarrasser de cette aflaire, l’envoya à ce prince, qui était alors à Jérusalem. Hérode ayant interrogé Jésus sur les chefs d’accusation que les princes des prêtres et les scribes qui étaient présents lui imputaient, et ne pouvant tirer aucune réponse, le méprisa ; et, l'ayant fait revêtir, par moquerie, d'une robe blanche, il le renvoya à Pilate.