‹ Traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 21 sur 173 · Pilate, qui avait beaucoup plus de droiture que les · texte numérisé non relu

Pilate, qui avait beaucoup plus de droiture que les

6. St, Pierre resta-t-il fidèle à son maître?—7, Pourquoi J.-C. fut-il conduit chez Pilate ?—8. Comment J.-C. fut-il traité par Hérode ?—9. Que fit Pilate pour délivrer Jésus ?

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principaux d'entre les Juifs, avait désiré délivrer Jésus, parce qu'il voyait bien que c'était par envie que les princes des prêtres le lui avaient livré; mais, ne voulant pas déplaire aux Juifs, il essaya de les adoucir. Avant done appelé ceux qui accusaient Jésus, il leur dit que ni Hérode ni lui ne l'avaient trouvé coupable d'aucun dès crimes dont ils l’accusaient; que néanmoins, pour les contenter, il allait le faire châtier, et ensuite le renvoyer. Mais les Juifs ne se contentant pas de cette proposition, il fut obligé de chercher un autre moyen de délivrer Jésus. Il crut l'avoir trouvé dans la coutume qu'avait le gouverneur romain d'accorder, au jour solennel de Pâques, et à la demande du peuple, la liberté d’un prisonnier, quel qu'il fût, Comme il y avait alors en prison un insiune voleur nommé Barabbas, Pilate demanda à ceux qui étaient présents lequel des deux, ou de Jésus ou de Barabbas, ils souhaitaient qu’il leur délivrât, croyant qu'ils seraient bien éloignés de demander un séditieux et un homicide préférablement à Jésus, en qui on ne trouvait point de crime. Mais les princes des prêtres leur persuadèrent de demander Barabbas, ce qui fit qu’ils crièrent tous ensemble : Que Jésus soit crucifié, et qu'on nous délivre Barabbas !

10, Pilate, voyant que toutes les propositions qu’il avait faites aux princes des prêtres et au peuple ne lui réussissaient pas, et ne trouvant plus moyen de délivrer Jésus, prit la résolution de le faire flageller cruellement, afin de les exciter à la compassion, en le leur montrant tout couvert de sang. Il l’abandonna donc à la fureur des soldats, qui, l'ayant déchiré de coups, le revêtirent d'une robe de pourpre, lui mirent sur la tête une couronne d’épines et un roseau à la main; puis, fléchissant le genou, ils se moquaient de lui en disant: nous te suluons, roi des Juifs. Hs lui crachaient aussi au visage, et, prenant son roseau, ils lui en donnaient des coups sur la tête,

11. Pilate, voyant Jésus en ce pitoyable état, le mena hors du prétoire ; et, s'étant assis sur son tribunal, il dit aux Juifs: Voilà l’homme, ajoutant que, quoiqu'il l'eût fait ainsi maltraiter, il ne trouvait point de crime en lui. Mois les princes des prêtres et leurs officiers l’ayant vu, crièrent: Crucifiez-le ! crucifiez-le! Pilate leur dit

10, Rapportez la flagellation de Notre-Seigneur.—11. Comment les Juifs tra'tèrent-ils Jésus après que Pilate le leur eut abandonné?

encore: Voilà votre roi! mais ils répondirent qu'ils n’avaient point d’autre roi que César, et que selon leur loi Jésus devait mourir, parcequ'il s'était dit Fils de Dieu. Pilate encore plus effrayé de ces dernières paroles, cherchait quelque autre expédient pour sauver Jésus: mais les Juifs ne pouvant plus souffrir de délai, criaient hautement que s’il le délivrait il se déclarait ennemi de César. Cette parole acheva d'intimider Pilate, qui s’étant fait apporter de l’eau, se lava les mains en disant qu'il était innocent du sang de ce juste. Les Juifs, voulant le rassurer, répondirent: Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! Alors le faible gouverneur abandonna Jésus à la fureur de ses implacables ennemis, qui, l’ayant dépouillé de sa robe de pourpre, lui remirent ses habits, le chargèrent de sa croix et l’emmenèrent pour le crucifier. Epuisé de fatigues et de souflrances, le Sauveur succomba plusieurs fois sous le poids de cet énorme fardeau : ce qui fit que les soldats, rencontrant un homme appelé Simon, qui revenait des champs, l’obligèrent à porter la croix. On ignore le motif d’une telle conduite, mais il est probable que ce fut plutôt par la crainte de le voir mourir en chemin et de ne pouvoir le crucifier, que par quelque sentiment de compassion qu'ils agirent ainsi,

12. Ce fut en un lieu nommé Calvaire et proche de Jérusalem que Jésus-Christ fut crucifié. On mit pour inscription au haut de la croix: Jésus Nazaréen, roi des Juifs. Les passants le blasphémaient en branlant la tête et en lui disant: ‘ Toi qui détruis le temple de Dieu, et qui le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même : ” et: “ Si tues le Fils de Dieu, descends de la croix.” Les princes des prêtres, les scribes et les anciens, se moquant aussi de lui, disaient: ‘ Il a sauvé les autres, et il ne peut se so aver lui-même.” Deux voleurs qui avaient été crucifiés avec Jésus-Christ, l’un à sa droite et l’autre à sa gauche lui faisaient les mêmes reproches: l’un deux cependant se convertit, et pria Jésus de se souvenir de lui lorsqu'il serait dans son royaume ; ce qui fit que Jésus l’assura que dès le même jour il jouirait avec lui de la gloire du paradis. Jésus pria ensuite son Père de pardonner à ceux qui le faisaient mourir; puis s'adressant à sa sainte Mère, qu’il vit au pied de la croix, il lui dit, en lui montrant saint Jean: Femme, voilà votre fils ; et à saint Jean : Voilà votre mère. Il dit ensuite : J'ai soif ! et on lui pré-

12, Racontez la mort de Notre-Seigneur.

senta du vinaigre. C’est ainsi que le Prophète avait annoncé qu’il serait traité pour l'amour de nous, et qu’il suérirait nos plaies par ses meurtrisssures.

ExEMPLES.—Une jeune personne, voulant embrasser la vie religieuse, alla voir la supérieure d'un couvent pour lui faire part de ses dispositions. Celle-ci, voulant mettre la constance de la postulante à quelque épreuve, la mena À la chapelle, et lui fit connaître le temps qu’elle aurait à empioyer à la prière, non-seulement durant le jour, mais durant une partie de la nuit; elle la mena ensuite au dortoir, et lui fit remarquer l’incommodité et la dureté du lit où clle aurait à prendre un peu de repos que la règle permettait; elle lui fit aussi parcourir les différents endroits de la maison où la nature avait à souffrir : elle la conduisit donc au réfectoire, où elle n'aurait qu’une nourriture mal apprêtée ; au chapitre, où la moindre faute serait rigoureusement punie, ete, etc., et lui demanda ensuite si elle persistait dans sa résolution. Quel fut son étonnement lorsque Ja néophyte lui répondit avec autant de candeur que de fermeté: Ma mère, je conçois que la nature doit avoir beaucoup à souffrir ici ; mais une chose me console : c’est que partout où vous m'avez conduite, j y ai vu un crucifix ! et peut-on trouver quelque chose de difficile lorsqu'on a un tel spectacle sous les yeux ?”?

De même qu'autrefois, dans le désert, ceux d’entre les Israélites qui regardaient le serpent d’airain étaient guéris des morsures des serpents terrestres, de même ceux qui regardent avec une foi vive Jésus-Christ sur la croix, sont guéris des morsures des serpents de l’enfer.— NT. AUGUSTIN.

ARTICLE II

Est mort, a été enseveli,

1. Depuis trois heures, Jésus-Christ souffrait sur la croix d'extrêmes douleurs, lorsqu'il s’écria d’une voix forte: ‘ Mon Dieu! je remets mon esprit entre vos mains ; ” puis baissant la tête comme pour donner permission à la mort de le frapper, il expira. Des prodiges extraordinaires eurent lieu durant que Jésus-Christ était en croix : la terre trembla, les rochers se fendirent, plu-

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