CHAPITRE VII
SUITE DE LA MORT DE JÉSUS-CHRIST ; SA RÉSURRECTIU.". Esi descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts. ARTICLE PREMIER.
Est descendu aux enfers.
1. Jésus-Christ étant!mort, son âme descendit aux limbes, c’est-à-dire dans le lieu où reposaient les âmes des patriarches et des saints qui étaient morts depuis le commencement du monde. Ces âmes saintes aimaient et glorifiaient Dieu dans l’attente du divin Libérateur, mais elles n'étaient point admises dans le ciel, parce que l’entrée en avait été fermée par le péché de nos premiers parents, et qu'elle ne devait leur être ouverte que par la mort et la résurrection de Jésus-Christ.
1. Qu’entendez-vous par les limbes? Quel était l'état des âmes qui y reposaient ?
2, A la présence de l'âme sainte de Jésus-Christ, unie à sa divinité, les âmes justes commencèrent à jouir du bonheur qu’elles désiraient avec tant d’ardeur; cependant elles ne montèrent dans le ciel que le jour de lAscension, parce qu'il était convenable que Celui qui par sa mort en a ouvert les portes, y entrât le premier: ce fut donc en ce jour qu'elles y entrèrent avec lui, pour honorer son triomphe, et y jouir à jamais du fruit de leurs travaux.
EXEMPLES.—Dans l'Ancien Testament, Dieu avait ordonné qu'il y eût dans la terre promise six villes libres destinées à servir d'asile à ceux qui, involontairement, tuaient un homme, afin que les parents du mort ne pussent le venger, selon que la loi les y autorisait; le fugitif devait y demeurer ; jusqu’à la mort du grand prêtre, après laquelle seulement il pouvait retourner dans son pays. Ces villes de refuge étaient une figure des Limbes. Là, en effet, étaient conduits par leur ange gardien tous ceux qui, bien que souillés de la tache originelle, ou n’avaient pas personnellement péché(commelesenfantsavant l’âge de raison), ou avaient déjà expié leurs fautes. Ils y étaient en sureté contre le prince de l’enfer. Ils durent y rester jusqu’à la mort du grand prêtre éternel, et c’est seulement alors qu'ils purent entrer dans la céleste patrie.
—Lorsque vous vous préparez à la sainte communion, disait à ses disciples un saint personnage, tâchez d'entrer dans les dispositions des saintes âmes qui depuis quatre mille ans attendaient dans les limbes la venue du Libé-
rateur. Qui pourrait éxprmer la joie qu'elles ressentirent lorsque, pour la première fois, elles virent l'âme et la divinité de cet auguste Libérateur ! Avec quels transports se prosternèrent- elles pour lui rendre leurs hommages et le remercier de la satisfaction qu'il venait d'offrir pour elles, et de la grâce qu'il leur accordait en se communiquant ainsi à elles! Elles ne furent plus occupées que de lui. Renoncez de même à toute autre affection, et attachez vous uniquement à lui pour ie temps et pour l'éternité.
d Ouind entrèrent-elles dans le ciel ?