Dieu est immuable. Ce qu’il est, il l’a toujours été
3. Pourquoi dit-on que Dieu est esprit ?—4. Pourquoi éternel ?—5. Pourquoi tout-puissant ? -6. Pourquoi indépendant ?—7. Qu'entendez-vous par l'immutabilité de Dieu ?
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et il le sera toujours. Je suis le Seigneur, dit-il lui-même, et je ne change point. L'homme n’est jamais dans un état fixe et permanent ; son co: ps, sujet aux révolutions des différents âges, passe succe ssivement de la force à la faiblesse, de la santé à la maladie, de la vie à la mort; sa volonté change, soit par inconstance, soit parce qu’il découvre des raisons d'abandonner ce qu’il recherchait, ou de rechercher ce qu'il négligeait; maïs en Dieu il n’y a ni changement, nr même ombre de vicissitude,
8. Dieu est infini, c'est-à-dire que son essence et ses perfections n’ont point de bornes; il a toutes les perfections, et en lui chaque perfection est infinie, Sa nature est d’être souverainement parfait. Ainsi, Dieu est non-seulement bon, mais infiniment bon; il est non-seulement juste, mais infiniment juste; et ainsi de toutes les autres perfections : comme rien n’a pu en limiter le nombre, rien n'a pu en borner la grandeur, ‘ Vous seriez bien petit, Ô mon Dieu, disait saint François de Sales, si vous pouviez être compris par un esprit aussi petit que le nôtre. ”?
9. Dieu est immense, parce qu’il est au ciel, en la terre et en tous lieux, C'est lui qui anime tout, qui soutient tout, qui donne la vie et le mouvement à tout. Ilest en toutes choses, ou, pour mieux dire, toutes choses sont en lui; sa présence s'étend au delà des bornes de l'univers : il pourrait en créer un autre, et, s’il le créait, ce nouvel univers serait dans l'étendue de son immensité
Ilest donc certain que nous sommes continuellement sous les yeux de Dieu: il entend toutes nos paroles, il voit toutes nos actions; il est même au fond de notre cœur ; il connaît toutes nos pensées et tous nos désirs. Quand nous faisons le mal, c’est en sa présence que nous le faisons. Les ténèbres les plus épaisses ne nous dérobent point à ses regards; la nuit la plus profonde est à ses yeux comme le jour le plus brillant. La preuve de cette vérité est même gravée dans notre propre cœur. Et, en eflet, d'où viennent ces remords qui nous agitent quand nous avons fait quelque mauvaise action, même en secret, et sans avoir été aperçus de personne? D'où viennent ces reproches si vifs et siamers que fait alors la conscience ? En vain le pécheur s’eflorce de les apaiser, le cri perçant de cette voix intérieure surmonte tout ce
.8. Expliquez ces paroles : Dieu est ir fini.—9. Quelle conséquence pratique tire-t-on de l’immensité de Dieu ?
qu’on lui oppose; en vain il fuit son propre cœur, et se hâte de sortir de lui-même pour n'êtfe pas accablé de confusion devant un juge qui lui reproche son crime ; quelque part qu'il aille, il est saisi de crainte et couvert de honte devant ce censeur invisible, toujours attentif à lui représenter la laideur de son crime, pour le porter à le détester,
N'oublions done jamais que Dieu est toujours avec nous, et que nous ne sommes jamais seuls; que, quelque éloignés que nous soyons de la vue des hommes, dans Île lieu le plus retiré, dans la plus profonde solitude, nous avons un témoin invisible qui nous accompagne et qui observe toutes nos actions.
10, Cette pensée nous éloignera du mal. T/ennemi de notre salut sera faible, ses eflorts seront impuissants, tant que nous conserverons la pensée de la présence de Dieu, Et comment oserions-nous commettre le péché sous ses yeux? Aurions-nous la témérité de faire en sa présence ce que nous ne ferions pas à la vue d'un père, d’un maître? C'était la leçon que donnait autrefois Tobie à son fils. ‘ Mon fils, lui disait-il, ayez Dieu dans l’esprit tous les jours de votre vie.” C'est le conseil que nous donne saint Augustin, ‘Si quelqu'un veut vous porter au péché, dit ce docteur, répondez-lui: Trouvezmoi un endroit où Dieu ne me voit pas; mais puisqu'il n’y en a point où Dieu ne soit présent, ne m'en parlez plus, je ne suis pas assez méchant pour l'offenser sous ses yeux.” Cette pensée, Dieu me voit, nous soutiendra contre les attaques du démon, nous donnera la force de les surmonter et nous encouragera à remplir nos devoirs avec fidélité.
11. Dieu gouverne toutes choses, il prend soin de toutes les créatures, et ce soin s’appelle Providence. Rien n'arrive dans le monde sans son ordre ou sans sa permission. Le bien qui se fait arrive par son ordre; Dieu l'approuve ; il le veut, il le commande, il le récompense. Le mal n'arrive point par l’ordre de Dieu; il le déferd, il le punit; mais il ne l'empêche pas, parce qu'il ne veut pas gêner notre liberté, et parce qu'il est assez puissant pour tirer le bien du mal même. Ne pensons donc pas que Dieu abandonne ses créatures au hasard, après les
10. Que produira en nous la pensée fréquente de la présence de Dieu ?— 11. Quelle idée devons-nous avoir de la providence de Dieu?
avoir faites, Puisqu'il a daigné les créer, il n’est pas indigne de lui de les gouverner,
Cette Providence ne veille pas seulement sur les royaumes et les empires ; son attention s'étend à toutes les créatures, Il ne tombe pas un passereau sur la terre sans l’ordre de votre Père céleste : tous les cheveux de votre tête sont comptés, dit Notre-Seigneur lui-même. C’est cette Providence qui, tons les ans, couvre la terre de moissons, fait cire lee plantes, charge les arbres de fruits, et veille sur tous les besoins de ses créatures avec un soin tout à fuit paternel. C’est elle qui nourrit les oiseaux du ciel, les poissons de la mer et les animaux qui sont sur la terre,
Ne nous imaginons pas cependant que cette attention, que ce soin coûte à Dieu, et que son repos inaltérable puisse en être troublé, Tout est également aisé à une puissance et à une sagesse infinies. Si un roi ne s'occupe
ue des grandes aflaires sans descendre dans le détail 4 petites choses qui se passent dans son royaume, c’est qu’un roi, n'ayant qu'une intelligence bornée, ne pourrait s'appliquer aux petites choses sans s’exposer à négliger les grandes; mais la sagesse de Dieu étant infinie, embrasse tout sans peine et sans efforts.
12, De ce principe: Il v a une Providence, naissent deux devoirs pour l'homme,
Le premier est de se soumettre sans réserve à la conduite de cette Providence: nous devons l’adorer dans les maux comme dans les biens qui nous arrivent, dans l’'adversité comme dans la prospérité, dans la maladie et dans les souffrances comme dans la santé et dans la joie. Nous devons dire alors: Dieu le veut, et il ne le veut que pour mon bien; que son saint nom soit béni! S'il permet quelquefois que l’homme de bien soit dans la misère, tandis que l’impie est dans l'abondance, c’est qu'il veut éprouver sa vertu pour la récompenser magnifiquement dans l’autre vie; c’est qu'il sait que cette affliction passagère est un moyen pour assurer son salut éternel,
Le second devoir est de se confier en la Providence, et d'attendre sans inquiétude de la bonté de Dieu tout ce qui nous est nécessaire pour cette vie et pour l’autre. ‘“ Considérez les oiseaux du ciel, dit Notre-Seigneur, ils ne sèment nine moissonnent ; c’est Dieu qui les nourrit :
12. Quels deux grands devoirs nous nrescrit la providence de Dieu?
combien ne valez-vous pas mieux qu'eux! Voyez les lis des campagnes, ils ne travaillent ni ne filent; cependant le roi Salomon, dans toute sa gloire, était pas vêtu comme l’un d'eux, Si Dieu a soin de vêtir ainsi l'herbe des champs, combien prendra-t-il plus soin de vous, qui êtes ses enfants!” Ce serait l’outrager que de s'inquiéter et de manquer de connance en sa bonté paternelle, Adorons donc sa providence en tout ce qui nous arrive; notre sort ne pourrait être en meilleures mains; jamais un si bon Père n’abandonnera des enfants qui se confient en sa paternelle providence.
ExemPLEs.—Dans une réunion assez non breuse, un jeune homme inconsidéré dit à un enfant qui venait du ‘atéchisme : * Je te donnerai une image, situ me dis où est Dieu.’ L'enfant répondit: ‘ Et moi, je vois en donnerai deux, si vous me dites où il n'est pas” Tout le monde applaudit à cette saillie, qui déconcerta ‘in peu le jeune homme.
Les saintes Ecritures sont pleines de traits amirables de la bonté de Dieu à l'égard de ses créatures.—On pourrait citer cette aimable fainiliarité avec laquelle ÿ daignait s'entretenir avec Abraham, avec Moise, avec Jonas, et les merveilles étonnantes qu'il opéra avec 1e: Israélites dans le désert, eu plutôt, il faudrait citer torite l'économie et tous les mystères de la religion, qui sont autant de traits de la bonté ineffable de notre Dicri,
—Des flatteurs louaient [a puissance de Carut, roi d'Angleterre. Que fait ce sage priuce? Il s’ass'd sur le bord de la mer (c'était au moment du flux), et o'donne à l'élément fougueux de le respecter. On pers: bien qu'il ne fut pas obéi, $e tournant alors vers ses ‘ ourtisans: % Voyez, dit-il, quelle est ma puissance!” -Mt- RAULT, ENSÉIGNEMENT DE LA RELIGION, t. 1.
—M. de Chantal, ayant été hlessé mortellement à la chasse, par l’imprudeace d'in ami, fut lui-même scr consolateur, en Jui disant: ‘ Mon ami, letrait était | arti d'en haut avant de partir de ta muin.”—VIE DE SAIŸTE FRANÇOISE DE CHANTAL.
—Madame de Sévigné, en parlant de Turenne, dit ç1e ‘le canon qui tua ce grand homme était charué de tou'e éternité.” Cette pensée est aussi vraie qu'énergiquement rendue,—LETTRES DE MADAME DE SÉVIGNÉ,
ARTICLE V
Je crois en Dieu, etc., etc.
Mystère de la très-sainte Trinité.
1. Bien que Dieu soit un quant à la nature, ily a néanmoins en Dieu trois personnes, le Père, le Fils, et le Saint-Esprit; et c’est ce qu'on appelle le Mystère de la très-sainte Trinité.
2, C'est Dieu lui-même qui a révélé ce Mystère d’une manière sensible dans le baptème de Jésus- Christ, lorsqu'on entendit la voix du Père qui le reconnut publiquement pour son Fils bien-aimé, et que l'on vit descendre le Saint-Esprit sur lui en forme de colombe. Jésus-Christ l'a aussi déclaré manifestement, quand il a ordonné à ses Apôtres de baptiser toutes les nations au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, montrant par là que ces trois personnes sont un seul et même Dieu: ce qui est confirmé par ces paroles de saint Jean : ‘ Il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel, le Père, le Verbe, et ic Saint-Esprit ; et ces trois ne sont qu’une même chose.”
3. Ce mystère est le grand objet de notre foi, et il n'y en a point dont notre religion nousrappelle aussisouvent le souvenir. Toutes nos prières commencent et finissent par l'invocation de la très-sainte Trinité. Le signe de la Croix, qui revient si souvent dans les cérémonies de l'Eglise et dans les actions particulières des Chrétiens, se fait au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.
4, Mais s'il ne faut point diviser la nature divine, qui est une, il ne faut pas non plus confondre les personnes, qui sont distinguées l'une de l’autre. Le Fils est le même Dieu que le Père, mais il n'est pas la même personne ; le Saint-Esprit est le même Dieu que le Père et le Fils, mais il n'est pas non plus la même personne,
Ces trois personnes ne sont pas trois Dieux, maïs un seul Dieu, parce qu'elles n’ont qu'une seule et même divinité, qu'une seule et même nature; d'où il suit que ces trois personnes sont égales en toutes choses, et que l’une n’est pas plus grande, ni plus puissante, ni plus
1. En quoi consiste le mystère de la très-sainte Trinité?—2. Par qui et en quelles circonstances nous a été révélé le mystère de ln très-sainte Mrinité ? -3. Comment devons-nous considérer ce mystère: Quand rappelons-nous le souvenir de cs dogme fondamental ?—4{, Que devons-nous savoir du mystère de la très-sairte Trinité ?
ancienne que les deux autres, puisqu'elles ont toutes trois la méme grandeur, li même puissance, la même éternité,
5, Ce mystère, c'est-à-dire, cette vérité incompréhensible, est au-dessus de notre raison; mais elle n’est pas contraire à la raison; nous ne disons pas: Trois Dieux ne font qu'un seul Dieu, mais trois personnes ne font qu'un seul Dieu. lne faut pas non plus se figurer trois personnes en corps eb en âme comme nous; les trois personnes en Dieu sont purement spirituelles.
La première personne de cette adorable mystère est e Père ; la seconde personne est le Fils, qui est engendré du Père de toute éternité; et la troisième est le Saint- Esprit, qui procède du Père et du Fils,
Voilà ee quil a plu à Dieu de nous faire connaître du Mystère de la Sainte Trinité, mystère sublime auquel l'esprit humain ne peut atteindre ; mais Dieu, qui est la vérité même, et qui ne peut nise tromper, ni nous tromper, nous l'a révélé: nous devons donc le croire sur l'autorité infaillible de sa parole,
Rien n’est plus raisonnable que de soumettre sa raison à l'autorité de Dieu, Ce n'est pas seulement quand il s'agit de Dieu que notre raison est en défaut; dans les choses naturelles mêmes, combien n’y en a-t-il pas que nous ne pouvons comprendre, et qui n’en sont pas moins certaines et indubitables !
Pouvons-nous concevoir comment un grain de blé jeté en terre peut en produire une multitude d’autres? comment d'un trone aride il peut en sortir des feuilles et des fleurs variées à l'infini, des fruits d'un goût exquis, et mille autres phénomènes que la nature nous offre chaque jour? Que nd un habile astronome parle à ses élèves de l'immensité des cieux, du nombre des astres, de leur grandeur, de leur distance et de Ja rapidité de leur mouvement; quand il leur dit, par exemple, que le soleil est quatorze centmille fois plus gros que laterre, etqu'ilen est éloigné de trente-quatre millions de lieues, ils ne le comprennent pas; mais, pensant qu'ils ne sont encore que des enfants, ils croient sur la parole d'un homme en qui ils ont confiance. Quand il s’agit de la nature de Dieu, tous les hommes ne sont que comme des enfants. Il parviendront un jour à la plénitude de l'âge parfait : alors les ténéebres se dissiperont, et ils verront ciairement ce qu'ils ne peuvent maintenant ni pénétrer ni compren-
5. Est-il raisonnable de croire ce mystère quoique nous ne puissions pas le comprendre ?
dre. Vouloir en cette vie sonder ce mystère, c’est une Lém té, dit saint Augustin; le croire par la lumière de la {cs s’est le fruit de la piété; le contempler dans Pautre vis, c'est Ja souveraine félicité,
6, Une image de Je Trinité reluit magnifiquement dans notr> me: semblableau Père, elle a l'être ; semblable au Fils, e le a l'intelligence ; semblable au Saint-Esprit, elle a Paraour, Semblable au Père, au Fils, et au Saint- Esprit elle a dans son être, dans son intelligence, dans son amour une mène félicité et une même vie, Orces trois choses, l'être, l'intelligence et la volonté, ne font qu'une seule substance, une seule âme, comme le Père, le Fils, et le Saint-Esprit ne font qu’un seul et même Dieu. Et, pour compléter la ressemblance, l'intelligence naît de être conime le Fils est engendré du Père; l'amour procède de l'être ei de l'intelligence comme le Saint-Esprit procède du Père et du Fils,
EXEMCLES.—Deux aveugles de naissance discouraient eusembie : l’un deux était ignorant et impie, mais l’autre était instruit et picux.—TL'AVEUGLE IMPIE, Je voudrais bien savoir de quoi Dieu s'occupait pendant l'éternité, avant d’avoir créé le monde.--LE PIEUX AVEUGLE. Et que s'ensuit-il de ce que je chercherais inutilement de savoir à quoi vous vous occupiez avant que je vous eusse connu ? Mieu s'occupait de lui-même, et il pensait à creuser 1 enfrr Jour ceux qui ue croiraient pas en lui ou refu. eraiern le le servir.—L'AVEUGLE IMPIE. Comment peut il varoir trois personnes en Dieu, dont chacune est l'eu, quoiqu'elles ne soient qu’un seul Dieu? Cela me su pos folie de croire ce qu’on ne comprend pas! —LE P'EL AVEUGLE. Je crois fermement qu'il n'ya qu'un ser! Jieu en trois personnes réellement distinctes, qui sont Lieu, et en cela je n'agis point en insensé, mais en homme sage.—L’'AVEUGLE IMPIE, Montrez-moi cela, et je vous fais présent de mon bâton qui est très solide, et qu'on m'a dit être fort beau.—LE PIEUX AVEUGLE. Comment sa ez-vous que votre bâton est beau ? Un aveugle comprend-il ce que c’est que la beauté? Nous autres aveugles, nous ne comprenons rien de ce qu’on appelle couieurs. Qui pourrait nous faire comprendre ce que c’est et quelle différence il y a entre le rouge et le jaune, le vert et le bleu ? Est-ce que nous devons nier qu'il y a des couleurs, et qu'il y a une différence entre
6. Né trouvons-ncus pas en nous l'image de la très-sainte l'rinité ?
DÉ LA CRÉATION, ti
les couleurs, jusqu’à ce qu’on nous ait fait compr:idre ce que c'est ?—L'/AVEUGLE IMPIE, Non, parce que nous a ’ons tant de raisons de le croire! tous les hommes qui ne sou! pas aveugles le disent.—LE PIEUX AVEUGLE. Ce sont des hommes qui nous disent qu'il y a des couleurs et nous les croyons, C’est un Dieu qui a révélé les mystères, €
nous ne le croirions pas! N'avons-nous pas heaucou; plus de raisons de croire à l'existence de Ja très-sainti
Trinité et aux autres mystères qu'à l'existence des cou
leurs? La Religion chrétienne, qui enseigne les mystères, est démontrée divine, faites-vous-en instruire. Croyons et vivons jusqu’à la mort chrétiennement: nous irons au ciel. Dès que nous y serons, nous cesserons d'être aveugles. Nous y verrons Dieu face à face tel qu'il est.
—Parmi les différentes comparaisons employées pour donner une idée aussi claire que possible de ce profond mystère, celle qui est empruntée à notre âme est la plus frappante. Notre âme a trois principales facultés, l'intelligence, la volonté et la mémoire, et cependant elle n’a qu'une seule nature. |
— Chercher à approfondir le mystère de la très-sainte Trinité est une dangereuse curiosité; l’admettre et le croire comme le fait l'Eglise catholique, voilà ce qui peut seul nous donner la certitude; voir ce mystère dans toute sa profondeur et sa beauté, c’est le plus haut degré de béatitude dans l’éternité./—$S. BERNARD,
ARTICLE VI
Je crois en Dieu le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre.
De la Création
1. Le monde que nous voyons n’a pas toujours été: la preuve de sa nouveauté est sensible ; il en porte des caractères manifestes. En remontant vers l’époque déterminée, d'après les Livres saints, pour Îa création qu monde, on voit que tout commence, les arts, les sciences, les peuples, les empires. Nul monument, nul fait, nulle histoire ne nous dit que le monde existait auparavant,
1. De quoi traite le nremier article du Symbole? Te monde est-il bien ancien? Dans quels livres apprend-on L'origine du monde? Ces livres sont-ils dignes de foi ? (1)
(1), Voir le chapitre de Ja Révélation, p. 22 et suivartes,
Le livre qui rapporte à cette date la création du monde est le plus ancien de tous les livres: il est aussi, comme les autres parties de la Bible, le plus authentique et le plus digne de foi. Le premier mot de ce livre est que Dieu créa au commencement le ciel et la terre, c'est-à-dire qu'il fit de rien toutes choses. Dieu existait par lui-même, et rien n'existait que lui. Au moment qu'ila voulu, le ciel et la terre sont sortis du néant; il les a créés par sa seule parole et par sa pure volonté. Dieu a parlé, dit l'Ecriture, et tout a été fait ; il a commandé, et l'univers a été créé. La voix de Dieu, c’est sa volonté toutepuissante.
Transportons-nous en esprit au moment de la naissance du monde; de quel étonnement n’aurions-nous pas été frappés, en voyant à chaque parole du Tout-Puissant paraître une foule de créatures si belles et si parfaites ?
2, Dieu employa six jours à ce grand ouvrage : il aurait pu le faire en un instant, mais il a bien voulu nous apprendre qu’il est sonverainement libre, et qu'il agit sans contrainte et comme il lui plaît.
3. Le premier jour Dieu créa le ciel, la terre et les eaux. Il dit ensuite: ‘* Que la lumière soit, et la Jlumière fut.” Parole simple, mais pleine de majesté et de pouvoir.
4, Le second jour il créa le firmament, c'est-à-dire cette voûte immense que nous appelons le ciel. ‘ Que le firmament soit fait, dit le Seigneur, et le firmament fut.” Le firmament était alors sans éclat; le soleil et les astres, qui le rendent maintenant si brillant, n'étaient pas encore: c'était comme un pavillon iminense, mais sans ornements. |
5. Le troisième jour Dieu rassembla en un seul lieu les eaux qui étaient répandues partout, et commanda à la terre de produire les plantes et les arbres. A son ordre, une surface aride et stérile devint tout d'un coup un paysage parsemé de riantes prairies, de riches vallons, de collines et de montagnes couronnées de forêts, semé de fleurs et de fruits de toute espèce ; et ce quiest plus merveilleux encore, c’est que chaque plante reçut en même temps la vertu de se reproduire par la graine qu'elle renferme.
2. Dieu avait-il besoin d'emplover six jours à créer le monde ?—8, Que créa Dieu le premier jour?—4, Le 2ème?—5. Le 3ème?
6. Le quatrième jour Dieu créa le soleil, la lune, et orna le firmament de cette multitude d'étoiles qui frappent nos regards et étonnent notre imagination.
7. Le cinquième jour Dieu créa les poissons et les oiseaux ; il dit: ‘ Que les eaux produisent des animaux vivants qui nagent dans l’eau, et des oiseaux qui volent dans les airs ; ” etcette parole remplit la mer d'habitants, et peupla l’air d’un nombre infini d'oiseaux.
8. Le sixième jour Dieu créa les animaux : ‘ Que la terre produise des animaux vivants, chacun selon son espèce.” C’est aiusi que furent créés les innombrables animaux qui habitent la terre, depuis le ciron jusqu’à l’énorme éléphant, depuis l'abeille de nos jardins jusqu’à l'aigle des montagnes, depuis le petit vermisseau jusqu'aux monstrueux serpents qui épouvantent les déserts, enfin depuis l’imperceptible animalcule jusqu’à ces montagnes animées qui agitent les mers. Quelle admirable variété dans leur figure et dans leurs inclinations! Il donna aux uns la force, aux autres l’industrie, à tous les qualités nécessaires pour remplir leur destination. Enfin, toutes les autres créatures étant formées, Dieu voulut leur donner un maître, et créa le premier des hommes, qu'il nomma Adam,
EXEMPLE.—On ne peut rien voir de plus ‘ridicule que les systèmes des anciens philosophes sur l’origine du monde. Les uns ont cru le monde éternel ; d’autres ont attribué sa formation au hasard. Démocrite, qui se retira dans les tombeaux afin de n'être point troublé dans ses méditations par les conversations des vivants, attribuait à la rencontre fortuite des atômes la création du monde, et même la liberté de l’homme. Ce système, qui fut aussi celui d’Æpicure et de Lucrèce, fait honte à l’esprit humain, Suivant Thalès, l’origine de toutes choses est due à l’eau; suivant Anaximène, c’est à l’air ; et, suivant Héraclite, c'est au feu.
Un philosophe a prétendu que l’homme était né de l’écume de la mer échauffée par les rayons du soleil, et un autre qu'il venait de l’huître, l’huître en se perfectionnant, est devenue un poisson, le poisson est devenu ur amphibie, l’amphibie est devenu un quadrupède, le qua drupède est devenu un singe, et le singe, en se perfec tionnant, est devenu un homme.
6. Que créa Dieu le 4ème ?—7, Le 5ème?—8. Le 6ème jour? Comment Dieu couronna-t-il la création de l'univers ?