DU JUGEMENT
nombre des Saints et parmi les enfants de Dieu ! Quelle horreur n’aura-t-il pas pour le vice, qui lui paraît maintenant si doux et si séduisant !
Ce n’est encore là que l’appareil et le prélude du jugement: quelle impression fera donc sur nos esprits la sentence même du souverain Juge! Tous les hommes étant dans un profond silence, le Fils de Dieu dira à ceux qui seront à sa droite ces consolantes paroles : ‘ Venez, vous qui êtes les bénis de mon Père, possédez le royaume qui vous a été préparé dès le commencement du monde.” Il adressera ensuite aux réprouvés cette sentence foudroyante : ‘“ Retirez-vous de moi, maudits! allez au feu éternel.” Aussitôt que l'arrêt aura été prononcé, les justes iront régner avec Dieu pendant toute l'éternité ; et les méchants seront précipites dans l'enfer pour y brûler éternellement, sans pouvoir jamais réparer une si grande perte, qu’ils auront faite par leur faute. .
5. Prévenons ce jugement terrible; profitons de l’avis que Notre-Seigneur nous donne dans l'Evangile : “ Prenez garde à vous, dit-il, de peur que vos cœurs ne s’appesantissent, et que ce jour ne vienne tout d’un coup vous surprendre ; car il enveloppera comme un filet tous ceux qui habitent sur la surface de la terre. Veillez done, et priez en tout temps, afin que vous soyez trouvés dignes d'éviter tous ces maux qui arriveront, et de paraître avec confiance devant le Fils de l’homme.”
EXEMPLES.—Philippe IT, roi d'Espagne, s'étant un jour aperçu que deux de ses courtisans s'étaient conduits à l’église d’une manière fort inconvenante, leur dit lorsqu'il fut de retour dans ses appartements : “ Vous êtes tous deux bannis à jamais de ma présence ; à l'instant même, je vous chasse de ma cour.” Ces paroles prononcées avec l’accent d’une vive indignation, firent sur ces deux hommes une telle impression, que l’un fut frappé d’apoplexie et l’autre resta privé de sa raison pendant toute sa vie. Combien plus effroyables seront les effets que produiront ces paroles du Roi éternel : Eloignezvous de moi, maudits, allez au feu éternel !—LoHx.
Un libertin adonné à tous les vices avait eu, dès se tendre jeunesse, des principes religieux. Une mère vertueuse n’avait rien négligé pour les enraciner dans son cœur. Grâce à l'éducation très-chrétienne qu'il avait
5. Par quelles paroles J.-C. nous presse-t-il de nous préparer au jugement général ?
reçue, quoiqu'il eût perdu les mœurs, i! n’avait pas encore perdu la foi. Une nuit qui suivait ua jour où il avait donné dans de grands excès, il eut un songe: pendant son sommeil il se vit transporté au tribunal de Dieu. On ne peut concevoir quels furent sa confusion, sa crainte et son effroi. A son réveil il avait une fièvre anrdente; il était tout en sueur et hors de lui-même. ‘ Laissez-moi seul, disait-il, fondant en larmes, à ceux qui eurent l:s premiers occasion de le voiren cet état ; laissez-moi seul. J'ai vu mon Juge! pardon, à mon Dieu!” Ses compagnons de débauche apprirent que leur ami était malade, qu'il se désclait ; ils vinrent le voir pour le consoler. ‘* Retirez-vous, leur dit-il, vous n'êtes plus mes amis! je ne vous verrai plus ; j'ai vu mon Juge. Quelle majesté et quelle sévérité éclataient sur son visage ! Oh! que d’accusations, que d'interrogations auxquelles je n’ai pu répondre ! Tous mes péchés sont écrits, je les ai lus. Ah! quel nombre! j'en connais l’énormité. Que de démons n’attendaient que le signal pour m’eulever! Je frémis, et je frémirai longtemps. Faux amis, retirez-vous pour toujours. Que je m’estimerai heureux si je puis apaiser par la plus rigoureuse pénitence mon terrible Juge! Je "n’y dévoue, hélas! je paraîtrai bientôt réellement à son redoutable tribunal, ce sera peut-être aujourd’hui. Pardon, Ô mon Dieu! je ne cesserai point de vous dire: Pardonnez-moi, faites-moi miséricorde: ne me perdez pas, ayez pitié de moi.”