LA RÉMISSION DES PÉCHÉS
ceux qui deviennent ses enfants. C’est par le Baptème que les Chrétiens reçoivent d'abord la rémission du péché originel; mais, comme il n'arrive que trop souvent que l'on perd l'innocence baptismale, Jésus-Christ a établi un sacrement qui remet les péchés commis après le Baptème ; c'est le Sacrement de Pénitence. Dieu est toujours disposé à nous pardonner, pourvu que nous recevions ce sacrement avec un regret sincère de nos fautes. Il n’y a point de péché qui ne puisse être effacé par ce moyen. Quand nous aurions commis les plus grands crimes, quand le nombre en surpasserait celui des cheveux de notre tête, nous pouvons en obtenir la rémission par le sacrement de Pénitence. Ce n’est pas à cause de nos propres mérites que le pardon nous est accordé, mais par ceux de Jésus- Christ notre Sauveur.
La promesse que Dieu a faite de remettre nos péchés est un pur eflet de sa miséricorde; et cette promesse est l’unique ressource des pécheurs et le motif de leur confiance.
I n'y a que Dieu seul qui puisse remettre les péchés; ainsi quand les prêtres prononcent la sentence de l’absolution, c’est Dieu seul qui efface les péchés par leur ministère.
2, Nous ne pouvons douter que Jésus-Christ n'ait accordé À son Eglise le pouvoir de remettre les péchés: Recevez le Saint-Esprit, dit-il à ses Apôtres; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez.
3, Nous sentirions tout le prix de cette faveur, si nous pouvions comprendre quel serait le malheur d'une personne qui, après avoir offensé Dieu, ne pourrait plus rentrer en grâce, qui serait obligée de porter le poids de ses iniquités, et se verrait sans cesse entraînée par le temps vers le terme fatal de sa réprobation.
4, Mais il faut cependant bien prendre garde d’abuser de la miséricorde de Dieu, et d’en prendre occasion de pécher plus librement. Quoi! nous l'offenserions parce qu'il est toujours disposé à nous pardonner! Nous serions méchants parce qu'il est infiniment bon! Ne nous y trompons pas, cet abus de la miséricorde de Dieu est le crime qui l’irrite le plus, et Dieu, qui pardonne toujours à ceux qui s’'approchent comme il faut du sacrement de la réconciliation, pourrait ne pas nous laisser le temps d'y recourir
2. Quand J.-C. a-t-il donné le pouvoir de remettre les péchés ?—3. Comment devons-nous regarder le sacrement de Pénitence ?—4. Quels sentiments duit nous inspirer un si grand bienfait ?
Combien de gens que la mort a surpris dans le péché! Qui nous a dit que nous ne serons pas surpris comme eux ?
COMPARAISON. — Lorsqu’Alexandre le Grand assiégeait une ville, il faisait allumer une torche et publier que la ville pouvait obtenir grâce aussi longtemps que la torche ne serait pas éteinte, mais que, si on ne profitait pas de ce délai, on ne pouv ait plus espérer aucun pardon. Le pécheur peut, lui aussi, espérer miséricorde tant que le flambeau de Fe vie n’est pas éteint; mais dès que ce flambeau a cessé de brûler, il tombe entre les mains de la j justice d’un Dieu inexorable.—LoHx.
ExEMPLE.—Nous lisons dans le traité de saint François de Sales sur l'amour de Dieu, qu’un idolâtre étant parvenu à faire apostasier un chrétien, l’évêque Carpus en fui tellement afigé qu'il conjura le Ciel de foudroyer les deux pécheurs. En ce moment, il vit, comme autrefois saint Etienne, le ciel à découvert, ét notre Sauveur, entouré d’anges innombrables, assis sur un trône éclatant, Il vit aussi la terre entr'ouverte, et les deux pécheurs dont il désirait la mort, debout sur le bord d’un affreux précipice, et d'autant plus exposés à y tomber, qu’une multitude innombrable de serpents entouraient leurs pieds, leur faisaient des morsures, pour tàcher de les entraîner dans l’abîme, et que les hommes ne cessaient de les pousser pour les y précipiter. Carpus, ayant levé les yeux au ciel, aperçut le Sauveur, plein de douceur et de commisération, abandonner son trône, pour venir près des deux pécheurs leur tendre une main secouralble, tandis que des Anges les soutenaient pour les tenir sur le bord de l’abime. C’est ainsi encore que Ja main puissante de Dieu nous retient sur le penchant de l’abîme é‘ernel, et que sa voix miséricordieuse nous appelle chaque fois que, par le péché, nous nous éloignons de lui.