‹ Traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 46 sur 173 · DU PARADIS · texte numérisé non relu

DU PARADIS

Quoi! nous n’aurions pas le courage de nous faire un peu de violence, de nous priver de quelques satisfactions, de vaincre le respect humain pour mériter un si grand bonheur ! Où est donc notre foi? où est notre raison? On fait tous les jours le sacrifice de son repos, de sa santé pour une fumée d'honneur; on travaille toute sa vie pour un peu d'argent que l’on sait être obligé de laisser en mourant ; et, pour le ciel, qu’on doit toujours posséder, on ne ferait rien! ‘ Ce ne serait pas trop, dit saint Augustin, d’une éternité de travaux pour s'assurer une éternité de bonheur, et nous ne pouvons lui accorder un moment !” Un peu de prière, matin et soir, nous effraie ; la confession nous épouvante ; la sanctification du dimanche est sacrifiée au respect humain; l’abstinence du vendredi et du samedi, à la sensualité ; nos devoirs, à l'amour du plaisir : et nous prétendrions être associés aux Martyrs, à ces hommes de vertu, à ces héros de la Religion!

3. Le ciel est une récompense, il faut donc travailler our la gagner ; c’est une couronne, il faut combattre pour ’obtenir ; c’est une conquête, il faut se faire violence pour

la mériter ; ceux qui savent se vaincre sont les héros qui l’emportent. Le ciel est le séjour de la sainteté: Îles portes n’en sont ouvertes qu’à l’innocence ou à la pénitence. Si nous ne nous occupons que des vanités, des biens et des plaisirs de cette vie, nous ne sommes ni innocents, ni pénitents, nous sommes par conséquent indignes d'entrer dans le ciel, Ah! combien il est consolant pour un chrétien vertueux de savoir que tout ce qu’il fait pour Dieu sera abondamment récompensé, qu’un verre d’eau froide donné en son nom, qu’un soupir de son cœur ne sera pas perdu devant ce bon Maître! Avec quelle constance ne supporte-t-il pas les épreuves de cette vie! Les pertes, les disgrâces, qui souvent font le désespoir de l’impie, deviennent pour le juste un sujet de mérite, par la résignation avec laquelle il les reçoit, et l’espoir d’en être dédommagé dans le ciel, qu’il regarde comme sa vraie demeure, C’st là que chaque jour il envoie le trésor de ses bonnes œuvres ; c’est pour le ciel qu’il travaille, c’est pour le ciel qu’il embellit son âme.

4. Si nous connaissions les grands biens quie l’on possède dans le ciel, et combien un homme peut y glorifier le Seigneur, non-seulement nous travaillerions avec ardeur à notre salut, mais nous nous efforcerions encore de pro-

3. Quels sentiments doit nous inspirer la pensée du ciel?—4, Devonsnous ne travailler qu'à nous sauver seuls?

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