‹ Traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 50 sur 173 · DE L'ENFER · texte numérisé non relu

DE L'ENFER

“ Ah! mon Père, vous serez bien attrappé s’il n’y a point de Paradis.—Vous le serez bien plus, leur répond le relivieux, s'il y a un enfer, comme la religion nous l'apprend, et comme il n'y x pas lieu d’en douter.”

—L'Evangile rapporte que le mauvais riche étant dans l'enfer et voyant Abraham duns le sein de la Divinité, lui adressa ces paroles : ‘ Père Abraham, ayez pitié de moi, et envoyez Lazare, afin qu’il trempe dans l’eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue ; car je souffre dans ce feu des douleurs cruelles et insupportables !—Mon fils, lui dit Abraham, souvenez-vous que vous avez été comblé de biens pendant toute votre vie, et que Lazare, au contraire, n’a eu que du mal: maintenant il est dans la joie, et vous, vous soutfrez.”?

—Deux jeunes gens avaient vécu dans une grande intimité au collège, et ils avaient les mêmes sentiments religieux. Rentrés dans leurs familles, l’un d’eux devint impie et libertin, l’autre resta fervent catholique. Cependant ils continuaient de se voir. Un dimanche ils se promenaient ensemble sur une place publique, et l’un des deux, celui qui était fervent catholique, alors âgé de vingt et un ans etaide de camp d’un générai, dit à son jeune ami : ‘* Il faut que je te quitte, je suis attendu quelque part.—Bah ! répondit l’autre, c’est encore pour aller à un salut ou à une association de charité; laisse donc tout cela, tu ferais mieux de venir au théâtre. A propos, pourquoi ne ferais-tu pas comme moi? qui t’en empêche ? Est-ce par hasard que tu aurais peur de l’enfer, à ton âge? Mais c'était bon pour nous aider à garder la discipline au collège. Je t’affirme que je veux mourir aujourd'hui s’il y a un enfer... ” Le jeune bon catholique tint bon et se rendit à une association de charité.

A onze heures du soir, il venait de se coucher, quand il entend un grand bruit de portes: un domestique tout troublé arrive, et lui dit : ‘ Monsieur, madame une telle vous supplie (c'était la mère de son ami), de venir chez elle: son fils rentre du théâtre, il est attaqué d’un mal étrange.” Le jeune officier y court, et il trouve son ami couché avec ses habits; sa bouche écume, ses yeux sont en feu, et, dès qu’il l’aperçoit, il s’'écrie: ‘ Mon ami, mon ami, il y a un enfer, et je suis damné!—Mais non, mon ami, tu n’est pas mort; il y a encore de l’espérance, on va aller chercher un prêtre.—Je te dis qu’il y a un enfer

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