‹ Traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 77 sur 173 · DE L’ENVIE · texte numérisé non relu

DE L’ENVIE

saint Ange et de nos saints Patrons. Si nous sommes fidèles à cette pratique, soyons sûrs que nous remporterons la victoire, et que nous tirerons même avantage de la tentation pour nous affermir dans la vertu.

EXEMPLE.—Il y avait dans une certaine ville un écolier qui passait avec raison pour un modèle de vertu, et fréquentait les Sacrements de la manière la plus édifiante. Allant un dimanche à l’église pour y faire ses dévotions comme à l’ordinaire, il rencontra deux de ses camarades qui n'étaient pas à beaucoup près aussi pieux que lui. On l'invite à déjeuner dans un cabaret voisin ; il résiste longtemps: on insiste, on presse, on l’entraîne par force: on se met à table. Ilbut d’abord par violence, puis par plaisir; sa raison s’altéra insensiblement: dans cet état affreux, on le fit tomber dans un crime horrible, et ce fut à cet instant même qu’il fut frappé à mort! ...

Que vos jugements sont terribles, Ô mon Dieu ! que vos voies sont impénétrables! Les malheureux compagnons de cet infortuné, saisis de terreur, allèrent expier par une pénitence austère le mal à peine réparable d’avoir précipité une âme dans l’enfer !—COLLET.

ARTICLE IV

De l’ Envie.

1. L’Envie est une tristesse criminelle du bien de notre prochain.

L’envieux est blessé du mérite des autres : il ne peut souffrir d’en être surpassé, ou même égalé ; il est fâché de voir en eux destalents ou des vertus qu'il n’a pas luimême, ou qu’il voudrait posséder lui seul. Si la vue de ces avantages qu'il remarque dans les autres ne lui inspirait que le désir de les imiter, ce ne serait plus envie, ce serait une noble émulation ; mais ce n’est point là le sentiment qu'éprouve l’envieux ; il désire moins d'acquérir lui-même ces qualités estimables que d’en voir les autres privés : il regarde le bien qui leur arrive comme un mal pour lui-même, leur succès comme une perte qu’il fait, leur réputation comme une tache qui le flétrit. Cette malheureuse disposition de son cœur est un ver qui le ronge ; c’est un poison qui le consume en secret : il est à lui-même son propre bourreau. Que ce vice est bas et haïssable ! que les effets en sont funestes !

1. Qu'est-ce que l'envie, et quelle différence va-t-il entre co vice et l'é, wulation ?

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