DE LA LUXURE
cette porte: on l’enfonça: et quels furent l’étonnement, l’effroi et l’horreur, quand on aperçut le cadavre de cet homme entièrement pourri et rongé de vers! On comprit alors ce qui en était, un fouilla, on trouva des sommes immenses accumulées, vrais trésors de colère et de malédiction devant Dieu.—BAUDRAND, Hist. édif.
ARTICLE III
De la Luxure.
1. La Luxure est une affection criminelle pour les plaisirs contraires à la chasteté chrétienne.
Rien n’est plus indigne de l’homme que ce vice honteux, rien n’est plus opposé à la sainteté de notre vocation: des Chrétiens ne devraient pas même le connaître. Pour concevoir de ce vice l'horreur qu'il mérite, il n’y a qu’à considérer les malheureux effets dont il est la cause. Il produit la haine de Dieu, l'éloignement des “evoirs de la religion, l’endurcissement du cœur, la ruine sie la société : les excès mènent bien vite au tombeau ceux qui s’y livrent. Un homme attaché à ce vice ne peut ignorer que Dieu Pa en horreur ; aussi, il ne l’envisage que comme un vengeur sévère des excès que ce vice fait commettre, et il conçoit dans son cœur des sentiments d’aversion de Celui qui doit un jour le punir avec rigueur. Les exercices de la religion ne peuvent s’allier avec ce vice quand on s’y est une fois adonné. La prière ennuie, on la néglige; la parole de Dieu condamne, on ne l'écoute plus; pour s’approcher des Sacrements, il faudrait renoncer à ce vice, on les abandonne. En étouflant ainsi le cri de la conscience, on tombe dans l’engourdissement, c’est-à-dire dans un état d'insensibilité où l’on n’est plus touché de rien; on s’aveugle sur ses devoirs, sur sa réputation, sur sa santé : on oublie tous ses intérêts, on n’écoute ni avis ni remontrances; on ne songe qu’à se satisfaire à quelque prix que ce soit; on ne craint que ce qui peut troubler la jouissance de ces plaisirs criminels. De là l’horreur de la mort, qui tourmente le voluptueux, parce qu’elle doit le séparer de ce qu’il aime et le faire paraître au redoutable jugement de Dieu.
1 Montrez que rien n’est plus dégradant pour l'homme que la luxure. Quels sont les funestes effets de ce vice? |