Dans quel état l'homme fut-il créé
9°, Cependant Dieu devait à sa Majesté d'exiger de l'homme le dévouement de son cœur, et des preuves de son amour et de son obéissance : c’est pourquoi, en le pli gant dans le paradis terrestre, il lui défendit de toucher à un fruit particulier, en lui accordant l'usage de tous les autres, Ce commandement, facile à observer, surtout en ce moment où l’homme innocent était naturellement porté au bien, fut accompagné de la plus terrible menace, qui est la peine de mort; mais, malgré les bienfaits de Dieu et'ses menaces, la femme se laissa séduire par le démon, qui avait pris la forme d’un serbent; et, après avoir mangé du fruit défendu, elle en présenta à Adam, et l’entraîna dans <a désobéissance,
Ace moment, tout fut changé pour eux; ils perdirent tous les avantages que Dieu leur'avait accordés en les créant. D'épaisses ténèbres se répandirent dans leur esprit; leur volonté se dérégla, leurs passions obscurcirent les lumières de leur raison ; leurs penchants se corrompirent et les portèrent vers le mal. En perdant la justice et en se séparant de Dieu, ils devinrent sujets à la damnation éternelle, Leur corps fut assujetti à la douleur, aux maladies, à la mort,
Ces suites affreuses du péché d'A dam ont passé à toute sa postérité, parce que sol péché même a passé à tous les hommes, qui sont nés de lui. En désobéissaut à Dieu, il s'est perdu lui-même, et avec lui tout le genre humain, dont il est le père. Nous sommes les héritiers de sa faute et de sa disgräce, comme nous laurions été de son innocence et de son bonheur,
4. Tous ont péché dans le premier homme, tous ont désobéi en lui; son péché, étant ainsi devenu le nôtre, fait que nous sommes tous coupables, même avant que de naître, Vérité incompréhensible, mais dont la Religion ne nous permet pas de douter: c’est le dogme fondamental de la Religion chrétienne; c’est à ce dogme qu'elle se rapporte tout entière, puisque ce péché, qui est la source de tous les maux, estaussi l1 première cause du besoin que nous avions d'un Médiateur et d’un Sauveur qui nous réconciliàt avec Dieu, qui expiât nos péchés, et qui nous rachetàt de la servitude.
2. A quelle AURAS fut-ilsoumis? Racontez sa chute.—3. Faites connaitre la suite de la chute de 1 homme.—4, Pourquoi ce dogme est-il le fondement de la Religion chrétienne ?
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CHUTE DE L'HOMMÉ.
5. Que les hommes sont tous coupables, même avant que de naître, c’est un des dogmes le plus clairement contenus dans la sainte Ecriture,
Le saint roi David dit lui-même qu'il a été formé dans l’iniquité, et que sa mère l’a conçu dans le péché.
L'Apôtre saint Paul dit que le péché est entré dans le monde par un seul homme, et la mort par le péché; et qu'ainsi tous les hommes ‘ont été assujettis à la mort, parce que tous ont péché dans un seul,
Nous naissons tous coupables et enfants de colère: c’est pour cela qu’on appelle ce péché le péché d’origine ou de transmission,
Bressanvide écrit: On dit qu'il yaun procédé par lequel on peut empoisonner tous les fruits eue arbre en empoisonnant sa racine, J'ignore si c'est vrai. Mais ce que je sais, c’est que ce nee fut no sé é par le démon quand, par ses ruses, il engagea notre premier père à commettre le péché. 11 sut communiquer à Adam, raciue du genre humain, un poison si actif, qu’ilse répandit dans toutes les branches et leur transmit ses effets délétères; ce poison, c'est le péché originel, avec lequel nous venons tous au Un de et dont nous sommes tous atteints.”
6. Les philosophes païens eux-mêmes sont parvenus, par le secours de la raison seule, non pas à connaître cette vérité, mais à soupçonner que l’homme naissait coupable de quelque crime. La vue des misères auxquelles il est assujetti dès le berceau les avait conduits jusque-là. En effet, sans la foi du péché originel, l’homme est lui-même un mystère encore plus incompréhensible ; car comment expliquer toutes Les contradictions qui se trouvent en lui? Tant de grandeur et tant de bassesse tout à la fois, tant de lumières et tant de ténèbres, un penchant si vif pour le bonheur et une si profonde misère. Il approuve le bien, et ne le fait pas; il condamne le mal, et il le commet,
7. Il n’y à que la foi au péché originel qui puisse expliquer ces dificultés et concilier ces contradictions.
Ce qu’il y a dans l’homme de bonté et de lumière vient de Dieu et de la première institution de la nature: ce
5. Ce dogine est-il clairement enseigné dans l’Ecriture? —6, Les païens avaient-ils l’idée de la chute originelle? —7. Peut-on sans la foi à ce mystère, expliquer les contradictions qui se trouvent dans le cœur de l’homme ?
sont de beaux restes d’un grand édifice tombé en ruine, L'ignorance et les vices viennent du péché, quia gâté l'ouvrage de Dieu, et défiguré son image jusqu’à la rendre méconnaissable,
s, Nous voyons un exempie de cette justice rigoureuse dans la conduite d’un roi qui punit un sujet rebelle en le dégradant lui et toute sa postérité; mais les comparaisons tirées des choses humaines sont toujours imparfaites; les règles de la justice des hommes ne sont qu’une ombre de celles de la justice divine ; elles peuvent aider notre foi, mais elles ne peuvent pas nous découvrir le fond de ce mystère impénétrable.
Dieu avait créé l’homme pour le rendre éternellement heureux avec toute sa postérité. Ilétait juste et saint quand il sortit de ses mains: il ne tenait qu’à lui de conserver ces précieux avantages et de les faire passer à ses enfants; il ne fallait pour cela que lui demeurer fidèle. S'il eût persévéré dans la justice, il aurait communiqué le même bonheur à tous ses descendants, et leur aurait assuré une félicité éternelle; mais sa désobéissance a tout perdu, et les suites de son péché, c'est à-dire l'ignorance, l'inclination au mal, les misères de la vie, la mort du corps, et la perte de l’âme, ont passé jusqu’à nous. Ainsi nous étions exclus du ciel, si Dieu, par une infinie miséricorde, n'avait préparé un remède à nos maux en envoyant un Rédempteur.
EXEMPLE.—Un grand Seigneur avait un château et un jardin magnifiques. Son jardinier s'appelait Mathurin. Le grand Seigneur aimait beaucoup celui-ci, et Jui avait dit qu’il pourrait demeurer chez lui toute sa vie, avec sa femme et ses enfants, qu’il ne travaillerait que pour son plaisir, que les domestiques et les chevaux seraient à ses ordres pour la culture.
‘“ Je ne mets, ajouta-t-il, qu’une seule condition, c’est que tu veilleras avec beaucoup de soin sur quelques arbres qui me tiennent à cœur; tu empêcheras, de tout ton pouvoir, qu'on ne vole les fruits, et je te défends aussi et à ta femme d’en manger, pour des raisons particulières que je te dirai un jour ; mais prends-y garde, si tu manges de ces fruits, je te mets dehors avec toute ta funille. Je te laisse pleine liberté de manger les autres fruits, les légumes, tout ce quite fera plaisir.” Mathurin
8. Faites comprendre par un exemple la justice de la transmission du péché orizinel,
promit d'exécuter les ordres qu’on lui donnait, et il n'était pas à plaindre, n'est-il pas vrai? A sa place, n'auriezvous pas été contents? Quelques jours se passèrent trèsbien, Mathurin et sa femme étaient heureux et contents ; il se présentait un bel avenir pour eux et leurs enfants, La femme de Mathurin se promenait un jour, fort contente, lorsqu'elle aperçut un homme, dans le jardin, auprès de l’arbre dont les fruits leur étaient défendus, Cet homme était un vieux domestique, qui avait été chassé du château pour cause de désobéissance ; il adressa la parole à la femme de Mathurin, qui eut lim prudence de lier conversation avec lui. D'abord, elle ne cessait de parler de la bonté de son maître, et du bonheur qu’elle éprouvait. Le vieux domestique, jaloux de ce que d'autres avaient pris sa place, commença par faire des compliments à cette femme, ensuite peu a peu il dit beaucoup de mal de sen maître ; elle l’écouta malheureusement. Le domestique s’aperçut quelle était curieuse, qu'elle était faible, peut-être méme un peu gourmande, il lui dit: ‘“ Vous ne savez pas pourquoi votre maître vous a défendu de manger de €e fruit ?—Non, répondit la femme.—Le domestique : C’est qu'il estle meilleur de tous et qu’il empêche de mourir, Voyez comme il est beau; mais sa beauté n’est rien en comparaison de sa bonté; j’en ai mangé; il est délicieux.” A l'instant, il porta la main sur un des fruits et en présenta à la femme. Celle-ci rougit, fut troublée; mais la faiblesse, le respect humain, et la gourmandise l'emportèrent. Elle en goûta et le trouva délicieux. Elle s’empressa d’en porter à son mari, qui, par complaisance, en mangea aussi, Sur ees entrefaites, le maître arriva et les trouva en flagrant délit; il les chassa à l’instant, [ls eurent beau pleurer, faire des promesses pour l'avenir; on les mit dehors,
Certes, Mathurin et sa femme étaient bien coupables, et eu les chassant, le maître ne fit que les traiter comme ils le méritaient ; et, s'ils furent, par la snite, pauvres, malheureux, sans asile, mourant de froid et de faim, ils ne purent s’en prendre qu'à eux-mêmes. J/application de cette parabole à la triste famille d'Adam est bien facile à faire.