‹ Traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 83 sur 173 · DES PÉCHÉS CAPITAUX · texte numérisé non relu

DES PÉCHÉS CAPITAUX

1. On réduit ordinairement tous les péchés que l’homme peut commettre à sept péchés principaux, qu’on nomme capitaux, parce qu’ils sont comme la source et le principe de tous les autres péchés. Les péchés capitaux sont l’orgueil, l’avarice, la luxure, l’envie, la gourmandise, la colère et la paresse.

EYEMPLE.—Un jeune homme traversant une forêt n’y eut p:s plutôt marché quelque temps, qu’il fut assailli par un monstre épouvantable qui, sur un corps de lion, portait sept grosses têtes de serpent. L'animal, au sortir de sa caverne, vint droit à lui avec des yeux étincelants, élevant ses sept têtes, dardant ses sept langues, et faisant retentir l’air de ses horribles sifflements. Le jeune homme, qui était fort et courageux, ne se déconcerta point à cette vue ; il l’attendit de pied ferme. Il n'avait d’autres armes qu'une hache suspendue à sa ceinture, selon l’usage du pays ; il la saisit, et, du premier coup qu’il porte à la bête, il lui abat quatre têtes; d’un second coup il lui en abat deux. Le dragon, affaibli par cette perte, resta quelque temps étendu sur la place, Notre voyageur, le croyant mort, remit sa hache à son côté, et continua sa route sans abattre la septième tête. A peine avait-il fait quelques pas, que le monstre, se ranimant, se jeta sur lui avec furie, le saisit avec ses dents meurtrières, et l’emporta*dans sa caverne, où il le dévora.

Voici l'explication de cette parabole. 1° Ce dragon rcprésente les sept péchés capitaux, qu’il faut combattre courageusement avec les armes de la Foi. 2° Il ne suffit pas d’abattre six têtes à ce monstre; si vous lui en laissez

1. A quels chefs princ aux se réduisent tous les péchés que l'honmne peut commettre ? Suffit-il d’en éviter quelaucs-uns

Ainsi me parla cette femme. J'admirai le courage de l'enfant, et je regardai le changement de sa mère comme la récompense que Dieu accordait à sa persévérance vraiment héroïque, J'ai appris depuis qu'il s'était passé une scène À peu près semblable le soir lorsque le père rentra, Il vint aussi se confesser à l'exemple de sa femme. Peu de temps après, je demandai à leur fille pourquoi elle ne m'avait jamais parlé des mauvais traitements qu'on lui avait fait essuyer., Elle me répondit qu’elle ne voulait dire aucun mal de ses parents, Cette réponse augmenta mon admiration, et je reconnus visiblement l'ouvrage de la grâce dans cette âme innocente et fidèle.— Explication du Catéchisme de Dijon.

—Un voyageur arrive à une table d'hôte, c'était un vendredi ; il demande du maigre. Quelques convives ricanent. Un d'eux, plus hardi, lui adresse la parole. # Monsieur fait maigre? dit-il d’un air moqueur.—Oui, monsieur répond le voyageur sur le même ton ; et monsieur fait gras ?—Oui, monsieur, dit l’autre un peu attrappé de voir qu’on se moquait de lui.—Tant pis pour Monsieur ! Monsieur pense-t-il donc qu’un homme d’honneur doive préférer un bifteck à sa conscience? Moi, j'aime mieux ma conscience qu'un bifteck.” Les rieurs se mirent de son côté; et, mieux que cela, un convive se tournant vers lui, le félicita de sa fermeté à remplir son devoir: ‘Je ne veux pas, monsieur, ajouta-t-il, que vous soyez le seul ici; je profiterai encore de votre aimable leçon, car moi aussi je suis catholique. Garçon, apportez-moi du maigre.’ —MGR. DE SÉGUR.

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