De quoi avons-nous besoin pour accoMiplir 1é8"e
Dieu et pour nous sauver ?—2. Qu'est-ce que la grâce, e a-t-il de sortes ?—3. Dans quel état naïissons-nous, et, q sources de tous nos péchés ?—4. Montrez quel besoin *… secours de Dieu pour sortir de cet état, <
prit, et s’il n’imprimait à notre cœur un bon mouvement qui le tournât vers la vertu. La grâce nous fait connaître le bien; elle nous en inspire le désir, et nous donne la force de le pratiquer, Que deviendrait l’homme attaqué de toutes parts au dedans et au dehors, si Dieu n6 l’aidait dans sa faiblesse ? car, à cette pente qu’il a pour le mal, se joignent encore les tentations qu’il éprouve de la part du démon et des créatures. Que de pièges le monde ne lui dresse-t-il pas de tous côtés ! Il étale à ses yeux ses pompes et ses faux biens pour y attacher son cœur et le détourner de Dieu. Le démon lui livre de continuelles attaques, présentant À ses sens des objets flatteurs et séduisants, remuant son imagination par mille prestiges, et excitant en lui des mouvements de révolte contre l’esprit. Non, il ne pourrait certainement résister à tant d'assauts si Dieu cessait un seul instant de le soutenir. Voilà pourquoi, en récitant tous les jours la prière du Seigneur, nous demandons à Dieu que son nom soit sanctifié, que sa volonté soit faite sur la terre comme dans le ciel, qu’il ne nous abandonne point à la tentation, et qu’il nous délivre du mal.
5. Ilest donc vrai, selon la doctrine de Jésus-Christ, que nous ne pouvons glorifier le nom de Dieu, ni faire sa volonté, ni résister à la tentation, ni être délivrés des pièges du malin esprit que par le secours de Dieu même ; mais avec la grâce nous pouvons tout, selon cette parole du même Apôtre : ‘ Je puis tout en celui qui me fortifie.”?
Ce secours ne nous est point dû, autrement ce ne serait plus une grâce: nous n’y avons aucun droit; Dieu ne nous le donne que par sa pure bonté, eten vertu des mérites de la Passion et de la mort de Jésus-Christ ; mais cette grâce n’est refusée à personne, et c’est notre faute quand nous n’en profitons pas pour faire le bien et pour nous sauver. Ce n’est pas la grâce qui nous manque, c'est nous qui manquons à la grâce. Dieu l’a attachée spécialement aux Sacrements quand on les reçoit avec de bonnes dispositions ; il l’a promise à la prière quand elle est bien faite ; nous avons donc deux RP nillitiles pour obtenir la grâce : ce sont les sac ts et la prière.
6. On reçoit la grâce sanctifiante par le canal des Sacrements, surtout par le Sacrement de Baptême et le Sacrement de Pénitence, que Jésus-Christ a institués pour cette fin. En second lieu, Dieu a promis de nous exaucer quand
5, Dieu nous doit-il la grâce?—6, Par quel moyen nous la donne-t-il?
nous nous adressons à lui par la prière, quand nous implorons le secours de sa grâce, quand nous sollicitons sa miséricorde au nom de son Fils unique, qui nous a aimés jusqu'à se livrer à la mort pour nous. Nous pouvons donc attirer en nous la grâce de Dieu, et avec ce secours puissant nous pouvons accomplir ses Commandements ; car Dieu ne nous commande point des choses impossibles, mais il nous avertit de faire ce que nous pouvons, et de demander ce que nous ne pouvons pas, et il nous aide afin que nous le puissions, Dieu n’abandonne point ceux qu’il a une fois justifiés par sa grâce, s’il n’en est abandonné le premier ; ilne cesse pas de protéger ceux qui ne cessent pas de lui être fidèles.
EXEMPLES.—$, Augustin résistait à la grâce lorsque, pressé de se convertir il disait à Dieu: ‘ Seigneur, encore un peu de temps, encore un peu de temps; bientôt, bientôt, demain, demain.” Mais ayant appris la conversion de deux officiers de l’empereur qui avaient renoncé au monde à l’occasion de la lecture de la vie de saint Antoine, et ayant entendu une voix qui disait : ‘ Prenez et lisez, prenez et lisez,” il prit les Epîtres de saint Paul, et lut ces paroles: ‘“ Ne vivez pas dans la débauche et l’impureté.”” Il se dit à lui-même : Jusques à quand balancerai-je? Jusques à quand remettrai-je de jour en jour? Pourquoi ne serait-ce pas tout à l'heure ? Pourquoi ne me retirerai-je pas dès ce moment de mes ordures et de mes infamies?”” Augustin coopéra alors à la grâce, et éprouva ce qu'avait dit l’un de ces officiers : ‘ IL en coûte bien moins pour être ami de Dieu que pour parvenir à une brillante fortune et devenir ami de l’empereur, Il n’y a qu'à le vouloir: si je veux l'être, je le serai dans le moment.” —LASAUSSE,
—Richard de Saint-Victor compte cinq stérilités dont sont frappées les âmes qui abusent des bienfaits de Dieu. La stérilité d'action, quand Dieu soustrait la grâce de bien faire ; la stérilité de parole, quand Dieu soustrait la grâce de bien parler; la stérilité de pensée, quand il retire la grâce de bien entendre et de bien concevoir; la stérilité d'affection, quandil retire la grâce d'aimer comme il convient; et enfin la stérilité d'intention, quand une âme, privée de la grâce de Dieu, ne se propose que des choses vaines et injustes, ce qui est la plus détestable des stérilités, parce qu’elle gâte tout le bien que l’on fait, etne produit rien qui ne soit infructueux et inutile.— Catéchisme de Rhodez.