‹ Traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 93 sur 173 · DES SACREMENTS · texte numérisé non relu

DES SACREMENTS

CHAFITRE PREMIER.

1. Jésus-Christ a institué les Sacrements, c’est-à-dire des signes sensibles auxquels il lui a plu d’attacher le don inestimable de la justification ; les Sacrements sont donc comme autant de canaux par lesquels il nous communique la grâce qui conduit au salut.

Les Sacrements sont des signes, puisqu'ils nous font connaître une grâce invisible qu’ils opèrent dans notre âme, et ces signes sont sensibles parce qu’ils tombent sous nos sens,

2. Il y a sept Sacrements : le Baptème, la Confirmation, l’Eucharistie, la Pénitence, l’Extrême-Onction, l’Ordre et le Mariage. Il y a deux choses dans les Sacrements : l’une que l’on voit, et l’autre que l’on ne voit pas, mais que l’on croit. Ce que l’on voit, c’est l’action extérieure du ministre ; ce que l’on ne voit pas, c’est l’opération invisible de la grâce.

3. Trois choses sont nécessaires pour faire un Sacrement : la matière, la forme et l'intention de faire ce que fait l’Eglise,

Les choses dont on se sert dans l’administration des Sacrements en sont la matière, les paroles en sont la forme, Ces deux choses extérieures ont un parfait rapport entre elles, ainsi qu'avec la grâce qu’elles communiquent : par exemple dans le Baptême, la matière e l’eau ; la forme consiste dans ces paroles : Je fe baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; c’est-àdire je te lave, et l'effet du Baptême est de purifier l’âme en donnant une nouvelle vie, La matière de la Confirmation consiste dans l’onction du saint Chrême avec l'imposition des mains ; la forme consiste dans les paroles qui accompagnent cette action, et l’effet de ce Sacre-

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1. Qu'entend-on par les Sacremente, et qu: les a institués ?—2, Combien y a-t-il de Sacrenents ?—3. Combien faut-il de choses pour faire un Bacrement, et comment les nomme-t-on ?

ment est de donner le Saint-Esprit, et d'augmenter la grâce reçue dans le Baptème.

4, Outre la grâce sanctifiante, chaque Sacrement contient encore une autre grâce qui lui est propre, et que l’on nomme grâce sacramentelle, C’est un certain droit que nous recevons alors d’obtenir en temps opportun des secours particuliers pour accomplir la fin du Sacrement. Duns le Baptême, par exemple, en vertu de la grâce sacramentelle, on reçoit les secours dont on a besoin pour mener une vie chrétienne et pour conserver l’innocence reçue dans ce Sacrament.

5. Tous les Sacrements ont été institués pour notre sanctification, tous produisent cet effet ; mais il y a entre eux des différences qu'il est nécessaire de remarquer. Premièrement, le Baptême et la Pénitence sont établis pour donner la vie spirituelle de la grâce, et c’est pour cela qu’on les appelle Sacrements des morts ; et les autres sont pour augmenter en nous cette vie spirituelle que nous devons avoir déjà en les recevant : on les nomme, pour cet effet, Sacrements des vivants, parce que, pour les recevoir dignement, il faut vivre de la vie de la grâce, c’est-à-dire, être exempt de péché mortel.

6. Secondement, il y en a trois, savoir : le Baptême, la Confirmation et l’Ordre, dans lesquels l’âme n’est pas seulement sanctifiée par la grâce, mais elle est encore marquée d’un caractère spirituel qui nous consacre à Dieu d’une manière particulière, et qui ne peut être effacé. Celui qui reçoit ces Sacrements avec de mauvaises dispositions ne reçoit pas la grâce sanctifiante, mais il reçoit le caractère ; de plus, la grâce, quand on l’a reçue, peut se perdre par le péché ; mais le sceau divin que ces Sacrements ont imprimé ne saurait s’eflacer ; c’est pour cette raison que ces trois acrements ne peuvent se réitérer, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent être reçus qu’une seule fois par la même personne.

7. Outre l’action et les paroles qui sont essentielles à chaque Sacrement, l'Eglise, toujours conduite par le Saint-Esprit, a ajouté plusieurs cérémonies pour l’instruction et l’édification des fidèles. Quoique ces cérémonies ne soient pas absolument nécessaires pour l'effet des

4, Outre la grâce sanctifiante, que contient chaque Sacrement ?—5. Pourquoi les Sacrements ont-ils été institué, et quel est l’effet particu« Lier de chacun d'eux ?—6. Quels sont les Sierements qu'on ne peut recevoir qu'une fois. et pour quel motif ?—7, Les cérémonies qui accompagnent l’administration des Sacrements snt-ells bien anciennes ? -

Sacrements, elles n’en sont pas moins respectables par” leur antiquité : la plupart paraissent avoir été établies par les Apôtres mêmes ; ces cérémonies servent à nous fuire mieux connaître l’excellence et la sainteté des Sacrements : elles nous apprennent d’une manière sensible avec quelles dispositions nous devons les recevoir, quels effets ils produisent, et quelles obligations ils nous imposent.

EXEMPLES.—Les sept Sacrements embrassent toute la vie, et tous les degrés dans lesquels la vie se développe. Ils sont la pierre fondamentale de toute la hiérarchie ; ils annoncent la grâce et ils la communiquent ; enfin ils complètent le rapport mystique qui rapproche l’homme de Dieu.—Ces Sacrements ont été figurés par les sept canaux, dont parle le prophète Zacharie (Zach., IV, 2.), qui faisaient couler l'huile dans les lampes qui étaient sur un chandelier d’or, lequel était lui-même la figure de l’Eglise.—Catéchisme de Rhodez.

—Qui doute que Dieu ne puisse attacher ses dons les plus rares aux matières les plus communes ? On raconte des empereurs romains, qu’au jour de leur avènement au trône, ils jetaient de l'argent au peuple. L’un d’eux, plus généreux, jeta des billets dont chacun portait une somme plus ou moins forte, qui devait être payée par le trésor public, à leur simple présentation. A la vue de ce papier, qui leur parut insignifiant, la multitude le dédaigna, quelques-uns, qui ne négligèrent point de le recueillir, se trouvèrent tout à coup fort riches. Mais si l’homme peut donner de la valeur à ce qui n’en a point par soi-même, combien plus la puissance infinie de Dieu peut-elle attacher des grâces excellentes à des éléments simples et ordinaires —MÉRAULT,

—Un prêtre zél6 disait en gémissant : ‘“ Combien n'y a-t-il pas de malades qui, dans la belle saison, vont aux eaux ! Il font de grandes dépenses pour guérir de quelques infirmités corporelles, et il s’en faut bien qu'ils guérissent tous. Nous avons des sources admirables pour toutes les maladies de l’âme : ce sont les Sacrements. Ces sources de grâces guérissent infailliblement tous ceux qui y vont étant bien disposés. Comment tant de pécheurs négligent-ils d'aller à ces sources y puiser une eau qui est si salutaire ? Comment la plupart de ceux qui y vont n’y portent-ils pas les dispositions nécessaires ? ?”

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