‹ Traité des essais par la voie sèche (volume 2)Chapitre 10 sur 111 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

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Les opérations que nécessitent les essais par la voie sèche sont de deux sortes , les unes mécaniques et les autres chimiques. On désigne ordinairement Tensemble des premières sous le nom de préparation tnécanîgue , parce qn^effectivement elles ont le plus souvent pour objet de préparer le minerai à subir Tessai par le feu ; mais souvent aussi on applique ces opérations aux produits des essais eux-mêmes. Nous rangeons sous le titre d*opéralions mécaniques . le casêage , le pilage , le tamisage , le triage , le lavage et \9i porphyrtsation. Les opérations chimiques sont : la calcination^ le grillage , la réduction , la fusion , la distillation ^ la sublimation^ la scarification ^ la coupellation , le moulage y et la granulation. Nous allons décrire successivement chacune de ces opérations, ainsi que les instruments et outils qu*ellos exigent.

SECTION PREMIÈRE

Opérations mécaniques.

ABTiCLR PRBiiiKR. — Cassagc,

Casser ou cofir^^svr, c'est diviser par le choc une masse solide en morceaux plus ou moins gros. On concasse , soit pour se procurel* des morceaux de grosseur voulue, soit pour disjoindre des substances entrelacées les unes dans les autres par agrégation , afin d*en faire ensuite le triage , etc. On se sert pour cela de marteaux de diverses formes et grosseurs (PI. I, Frg. I , 2 et 3), ou de pilons. On

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place le morceau à diviser sur un las d*acier (Fig. 4), sur le fond d'un mortier renverse , ou sur un sol résistant et bien uni quelconque , ou enBn , dans le fond d'un mortier. Quand on ne craint pas de réduire une parlie de la matière en poudre , on frappe dessus à grands coups avec la tète d'un fort marteau ; mais lorsqu'on veut In diviser eu évitant autant que possible de produire de petits fragments^ il faut se servir de la panne d'un marteau de moyenne grosseur ou même très-petit , et frapper à coups secs el ménagés sur les points oii Ton veut faire passer la fracture ; si Ton casse dans un mortier , il faut tenir le pilon verticalement , et frapper sur le morceau dans cette direction. Quand on concasse sur un tas d'acier , et que Ton tient à ne perdre aucun fragment , on place sur ce tas un anneau de fer mobile d*un diamètre plus petit (Fig. A) , qui entoure le morceau.

On a souvent besoin de casser, pour connaître leur grain, des culuts métalliques très-petits et très-tenaces que Ton ne parvient h rompre qu'en les frappant à coups redoublés avec une très-grosse mas»e ; les fragments sont alors presque toujours projetés à une très-grande distance , el Ton court risque de les perdre : on évite cet accident en enveloppant les culots dans une feuille de tôle ou de ferblanc assez épaisse pour résister au choc , el assez mince cependant pour pouvoir être pliée sur elle-même.

ARTICLE II, — Pilage ou pulvérisation.

Mortiers. — Quand on veut réduire une substance en poudre plus ou moins fine , on la pile dans des mortiers. On se sert de mortiers de diverses grandeurs et composés de différentes matières ; il y en a en fonte , en acier , en bronze y en porcelaine, en verre , en agathe et en porphyre (Fig. 5, 6, 7, 8 et 9). Pour les substances dures, on doit en général préférer les mortiers de fonte j cependant quand on craint le mélange des plus petites traces de fer, on doit

PILAGB OU PULVÉRISA TIOll. 37

se servir de mortiers de bronze. Les moKiers de porcelaine ( Fig. 7) ne peuvent être emp4oy^8 que pour piler des substances très -Fragiles^ telles que des pierres étonnées par le feu. on des matières tendres, telles que les houilles , les sels, etc. Les mortiers d'agate ou de porphyre (Fig. 8 ) ayant une très-grande valeur , on s'en sert rarement pour piler, parce que Ton courrait le risque de les casser ; cependant, en opérant avec précaution , en peut y piler , sans accident , même des substances très-dures« Quant aux mortiers de verre, comme ils sont à la fois tendres et Fragiles, on doit les bannir des laboratoires dorJmastiques.

Lorsqu'on a à piler une substance très -précieuse , ou une substance pesée exactement, et dont on ne veut rien perdre, OD se sert des mortiers d'acier dont les tailleurs de diamants font nsage ( Fig. 9): ils se composent d'un mortier cylindrique en fer, mais dont le fond est en acier fondu trempé ; d'un anneau en ier qui entre exactement dans la cavité du mortier, et d'un pilon en fer dont la partie inférieure est en acier fondu trempé , et dont le diamètre est égal au diamètre intérieur de l'anneau. On met la substance , concassée en petits morceaux, au fond du mortier, garni de Tanneau ; on introduit le pilon dans cet anneau , et l'on donne dessus quelques coups de marteau ou un fort coup de balancier; ou le retire, on remue la matière en tous sens avec la pointe d*un couteau, on la pile de nouveau, et ainsi à plusieurs reprises, jusqu'à ce qu'on juge qu'elle est réduite en particules assez fines ; alors on Me l'anneau , et Ton recueille toute la matière sans qu'il ait pu s'en perdre la plus petite parcelle.

Opération, — Quand on vent réduire une substance en une poudre grossière qui soit mélangée le moins possible de poudre fine, il faut la piler avec une force moyenne, en tenant le pilon verticalement et dans Taxe du mortier. Quant au contraire on veut avoir une poudre très-fine, il faut diriger le pilon un peu obliquement, en ayant soin

.^8 PÎLAM OU PULTiRISATIOIf.

de ne pas frapper prëeis^iiieiti au centre du mortier , et triturer de temps en temps , en faisant parco«u*ir vivement 1111 pilon la drronfërence du fond du utortier. U convient encore, pour obtenir des poudres très-iines, de ne piler que de petite» quantités de nmlière à la fois.

Quand une pondre a acquis un certain degré de ténuité, il arrive souvent qu'elle se pelotonne au foncf du mortier, qu'elle enipÀte les gros grains, et les soustrait à Taction du pilon ; dans ce cas ^ on accélère beaucoup In pulvérisation, en la détachant fréquemment du mortier, et la remuant en tous sens avec une spatule (Fig. 10 et II) ou avec un couteau (Fig. ?2 et 18).

ÉtonnenienL — Toutes les fois qu^une substance que Ton veut pulvériser est très-dure et inaltérable par la ch«ileur , il est très-avantageux de la faire chauffer et de la plonger toute rouge dans Teau avant de la piler; souvent u)éme il est bon de réitérer cette opération plusieurs fois: de cette manière , la substance se trouvant subitement et iiiégaleuienl dilatée et contractée, se fendille en tous sens, s'é/Ofine, comme on dit^ et elle devient ordinairen.rnt tellement fragile , qu'on peut la pulvériser môme par simple pression.

11 y a des corps qui, jouissant d'un certain degré de mollesse et d'élasticité, ne se pilent que très-difficilement: on fiarvient plus faciiemenl à les réduire en poudre en les niékaiigeant ovec une autre substance très-cassante, du quartz par exemple, ou toute autre substance analogue qui ne soit pas nuisible aux opérations subséquentes auxquelles on doit S4uiroettre le cor|>8 pulvérisé.

Mortiers cottveitê. — Lorsqu'on a à piler des subslaiM-es délétères, on évite que la poussière soit entraînée dans Tair , en l'humectant avec de l'eau ; mais alors la pulvérisation est plus difficile : il vaut mieux piler ^ sec et couvrir le mortier soit avec une planclic percée ô son centre , soit

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avec un lioge, suit avec ua morceau de peau, comme cela M pratique chez les droguistes.

Purificatton. — Les corps durs que l'on pilo daas des norliers de fonte ou de bronze en détachent toujours de très-petites particules métalliques qui restent mélangées daas la poussière : il faut avoir égard a la présence de ces substaiices , ei mieux encore les séparer , quand cela est |iuuible. On enlève aisément la plus grande partie des particules de funte, à l'aide du barreau aimanté ; mais il en reste presque toujciurs quelques traces qui adhèrent aux particules de la matière pulvérisée. On ne peut enlever ces dernières traces , ainsi que les particules de brome , q u*à Taide des agents chimiques, tels que Tacide nitrique, l'acide inurialique ou Teau régale; mais on ne doit avoir recours à ces agents que quand ili n attaquent pas la substance puU vérisée.

AiTiCLi m. — Tamismge^

Tamiê. — Les tamis (Fig. 14 et 13) servent à séparer <l*uoe matière concassée ou pulvérisée, S(»ii la poussière Gne qui passe à travers le tamis, soit les grains dont le diamètre est plus grand que la largeur des mailles, et qui au coQtraire restent dessus. Les tamis à très-grosses mailles portent le nom de cribles ' mois on ne fait usage , dans les laboratoires ^ que de Caïuis proprement dits , en crin on en soie, et de divers degrés de finesse. On fait aussi des cribles en toile métallique , mais il ne convient pas de s'en servir dans les opérations doeiniasîques, parce qu'ils sont trop altérables.

Opération, — Quand on veut réduire un corps en poudre très-fine, on le pile dans un mortier , on le passe à travers un tamik lrès-S4*rré, on remet dans le mortier ce qui reste 4"r le tamis, etc.; il n'y a aucun inconvénient à re que loD broie pendant longtemps la matière dans le mortier sans la tamiser; mais quand on a l'intention de réduire un

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