TAMISAGE
corps en grains qui ne dépassent pas un certain degré de grosseur , et d'éviter en même temps la production de poossière fine, ri est très-essentiel de tamiser le plus fré> quemment possible , afin de sousitrarre au choc du pilon les particules qui ont déjà acquis une ténuité suffisante pour passer à travers Fe tamis.
Lorsque Ton pulvérise un agrégat f«irmé de deux substances de dureté très-iocgnle , par exemple de qnarz et d*un minerai mctalTique , si Ton a Pattention de réitérer fréquemment le tamisage , il arrive qu'à une certaine époque îl reste sur le tamis une grande quantité de la substance la plus dure toul-à-fait pure, ce quf a l'avantage d*en séparer immédiatement une grande parlre, et de diminuer d'autant la perte quVpronve ensuite, au lavage , la substance la plus fragile, et qui est ordinairement aussi la plus précieuse.
Tamiê emboîtée, — Les grains qui passent à travers un tamis n'ont pas tous la même grosseur ; mais il n'y en a pas au dessus d*un certain diamètre déterminé, qui dépend de la finesse de Ta toile. Pour trier les grains suivant leur grosseur, c'est-à-dire ]>our avoir des poudres de différents degrés de (inesse et à peu près homogènes, il faut passer la substance pulvérisée successivement à travers plusieurs tamis de plus en plus fins. On se sert ordinairement pour cela de tamis emboîtés les uns dans les autres (Fig. 15) , auxquels OB donne un mouvement d'oscillation particulier que rbabitude fait connaître, et en les frappant sur un sol résistant. Il reste sur chacun des tamis dont se compose l'assemblage, une poudre d'une grosseur particulière. Les grains dont se compose chaque pnussière ne sont pas absolument égaux, m»is ils nppr(»chent d'autant plus de Tctre, que le tamis à travers lequel ils ont passé , et celui sur lequel ils sont reçus, diffèrent moins l'un de l'autre par la largeur des mailles. Toutes les fois que la poussière ténue qui se répand dans l'air pendant le tamisage peut être incommode ou dangereuse , il faut se servir de tamis fermés en dessus par un
Googk
TU{ACK. 41
couvercle, el en dessims par une boite qui reçoit la poussière. Oii peut, quand cela n'a pas d'inconvénient , tamiief en plongeant le tamis dans un grand Vàëe rempli d*eau : la scpariition des poussières se fait inéuie beaucoup p!us vite de cetie manière qu'en tamisant à sec.
AHTiCLB IV. — Triayê^
Opération» — Trier, c'est séparer les uni*s des autres des substances de nature diflpérente, mélangées mënaniquemeat ou réunies par agrégation entrelacée* Quond il y a agrégation, on concasse, on pile , et Ton tamise même, si les substances sont mêlées les unes avec les autres en petites parties: dans ce dernier cas, il Faut se servir d'un tamiâ dont les mailles aient une largeur très-peu moindre que le diamètre des grains.
Inairumenlê. — Quand Tadhcrenre qui existait entre les substances a été détruite, on en opère le triage par différents moyens. Lorsqu'elles sont en partie visibles à rœil nu, on les sépare en les saisissant avec des pinces étai tiques dites bru- Dstfes, en cuivre, en fer ott en platine. (Fig. 16, 17, 18 et 19.) Quand les grains, ayant une certaine grosseur, ne sont cependant que difficilement visibles à i*oeil nu, on peut encore en faire le triage à l'aide de pinces Irès-déliées, en s'armant d'une forte loupe ou même d'un microscope. Lorsque le triage ne peut pas se faire ainsi grain à grain, il y a des cas m il peut s'exécuter par d'autres moyens; cela a lieu, !• lorsque Tune des substances est magnétique; 2^ lorsque lune d'elles est très-duclite et que tes autres sont cassantes; S* lorsque l'une d'elles fait pâte avec l'eau et se délaie dans ce liqtiide, ou est en grains assez fins pour y rester longtemps en suspension ; 4" et enfin , lorsque les substances mélangées ont des pesanteurs spécifiques très-différentes. Dans le premier cas , on enlève la substance magnétique à }*aide d'un barreau aimante : on sépareparfaitement ainsi Toxide de fer magnétique de ses gangues^ le fer, le cobalt
4? LÀTA6C.
et le nickel en grenailles , des scories vitreuses daas fes* quelles elles se trouvent souvent disséminées , etc. Dans le second cas, on pile et on tamise: la matière ductile s'aplatit en pailleUesd^autantplusiargesque l'on a pilé plus fortement^ tandis que les autres substances se réduisent en poudre fine : on peut alors séparer la poudre des paillettes au moyen d'un tamis très-serré à travers lequel ces dernière» ne passent pas ; cependant la séparation n'est jamais absolument complète : la {Mirtie de la matière ductile qui reste sur le tamis est à peu près pure, mais la poussière qui passe à travers est toujours mélangée de paillettes extrêmement fines qui traversent les mailles. Dans le troisième et le quatrième eas, le triage s'effectue au moyen d o[)érations particulières, qui constituent ce qu'on appelle le lavage.
ASTiCLB T. — Lavage^
On lave de deux manières : 1"^ par suspension dans une eau tranquille , et décantation ; c'est ce qu'on appelle iévigation'^ '2^ en soumettant la matière pulvérisée à l'actiua d'un courant d'eau ^ c'est le lavage proprement dit.
5 !«', — Lévigation.
La lévigation ne peut être employée que pour séparer des substance» qui peuvent rester long temps en suspension dans l'eau , d'autres substances qui se précipitent trèspromptement. Cela a lie» , 1» lorsque l'une des substances, comme les argiles , fait pâte avec l'eau , parce qu'alors ce liquide a la propriété de les diviser en particules tellement ténues que le toucher en est à peine affecté ; 2' lorsque Tune des substances est beaucoup plus légères que le» autres : par exemple , quand on délaie dans l'eau les culots provenant d'un essai au creuset ou d'nn essai au chalumeau , après les avoir pulvérisés , le charbon dont ils sont
presqae toujours mélangés reste pendant quelque temps suspendu, tandis que le métal et les scories se déposent presque aussitôt ; 80 enfin lorsque Tune des substances est en grains beaucoup plus fins que les autres. On peut même séparer par Uvigation les grains très-fins des grains plus gros de la poudre d'une substance homogène ; aussi empioie-t-on souvent ce procédé pour obtenir des poussières d'une extrême ténuité.
Opération, — Pour exécitter ce genre de lavage on délaie la poudre dans Teau (Fig. 20) , en ayant soin de la diviser exactement , soit avec la main si Ton opère sur de grandes masses^ soit avec une spatule ou un tube de verre si Ton doit éviter d'en perdre la plus petite parcelle; on laisse reposer pendant un certain temps , puis on décante, en faisant en sorte de ne pas agiter le dépôt ; on délaie de nouveau celui-ci ^ on décante une seconde fois , et Ton réitère ces opérations jusqu'à ce <|ue le résidu ne trouble plus du tout l'eau ; alors il ne contient plus rien qui soit susceptible d'être tenu en suspension dans l'eau, mais la matière que ce liquide en a séparée est rarement iout-àhii pure : pour loi enlever la petite quantité de poussière grossière qu'elle peut contenir , on laisse l'eau décantée en repos pendant un certain temps, on décante de nouveau, et l'on purifie le précipité , dans lequel se trouvent tous les gros grains, par un second lavage, et même par un troisième lavage si cela est nécessaire.
* La théorie de l'opération que nous venons de décrire est facile a saisir. On sait que les corps abandonnés k Taction de la gravité dans un liquide tranquille» éprouvent noe résistance à leur chute, qui est proportionnelle à leur surface , quels que soient leur volume et leur densité. Il s'ensuit, l<* qu'à volumes égaux , les plus lourds tombent le plus promptement; 2® qu'à densités égales , ce sont les plus gros qui se meuvent avec le plus de vitesse ; car dans les grains de grosseurs inégales et de forme semblable ,
44 UYAGR«
les poids soal proportionnels aux cubes des dimensions , ei les sarfacessont proportionnelles seulement aux carrés de ces dimensions; d*oij il suit que dans les petits grains la surface est beaucunp plus grande par rapport au poids que dans les gros grains; S** qu'à densités et à volumes égaux, lesparti* cules qui offrent le plus de surface^ celles qui sonlécailleuses ou lamellaires, par exfUiple, éprouvent plus de résistance dans leur mouvement que celles qui approchant de la forme ëphérique, ont une surfaoe moindre. L'adhérence du liquide pour les particules des corps tenus en suspension, fait aussi obiitacle à leur chute ; cette force est, comme la résistance dynamique , proportionnelle anx surfaces et indépendante des masses. 11 résulte de ces principes que , comme dans une poussière tamisée il y a des grains de toutes les grosseurs, depuis les plus petits qu'il soit possible d'obtenir jusqu'il ceux d'un diamètre égal A la largeur des trous du tamis f lorsqu'on a laissé pendant quelques instants en repos une pareille poussière mise en suspension dans Teau, chaque tranche horizontale du liquide , en partant de la surface , renferme des molécules de plus en plus grosses ; qu'ainsi en enlevant chaque tranche séparément, on peut obtenir des poudres de divers degrés de finesse, et aussi ténues qu'on le désire; c'est ce qui a lieu effectivement. Quand on opère en grand , on fait écouler snccessivement les différentes tranches d'eau , an moyen de baquets (Fig. 20] et de tonneaux munis de bondes placées à différentes hauteurs, et que l'on débouche les unes après les autres. On peut avoir des vases semblables, mais pins petits, dans les laboratoires; mais il est plus simple et tout aussi commode de se servir de flacons à large ouverture, de capsules un peu profondes, eu d'entonnoirs dans lesquels on introduit un siphon un peu large et amorcé, qu*on enfonce peu à peu dans le liqnide a mesure que le niveau s'abaisse , en le tenant toujours à quelques millimètres seulement au dessous de la surface de ce liquide ; le plus souvent même ou se contente de dècan-
LAVAGE A L AUGBTTB. 4S
ter Teau trouble en îocIinaDi doacemcnt ie vase qai la reoferme. La décantation se fait aussi quelquefois immédiate* ment du mortier dans lequel on broie la matière avec de leau.
On remarque que les poussières très-ténues des substances les plus pesantes , lorsqu'elles ont été préparées à sec , nagent souvent à la surface de l'eau sans qu*on puisse par^ venir à les faire tomber au fond du liquide. Cela tient à ce qu'elles retiennent à leur surface, par adhérence, une quantité d*air assez grande pour les rendre extrêmement légères. On prévient cet effet en triturant les poudres avec de Teau au Heu de les broyer à sec.
§ 2. — Lavage à faugette^
Le iavage proprement dit, ou lavage à Taugette^ est un moyen très-commode et excellent pour séparer les unes des antres des substances de densités très-différentes , et réduites par le pilage et le tamisage en grains de grosseurs très-petites et à peu près égales. Les grains assez fins pour pouvoir rester pendant quelque temps en suspension dans i*eau, ne peuvent pas être recueillis par ce moyen ; il faut donc toujours commencer par les séparer par lévigaiion : cette dernière opération prend ordinairement, dans ce cas, le nom de débourbage, £n outre^ il est nécessaire que les grains qui restent après la lévigation soient d*une grosseur peu différente les uns des autres, et ne soient pas trop gros : on remplit ces conditions en passant la matière pulvérisée à travers un tamis : les tamis de soie un peu lâches , ou les tamis de crin un peu serrés qu*on trouve dans le commerce, «mt très-propres à cet usage. Gomme la partie de la poudre qui est très>lénue est entraînée en pure perte par la lévigation, on conçoit que lorsque Ton veut obtenir la plus graude quantité possible d'une substance à Tétat de pureté par le lavage, il importe beaucoup de faire en sorte qu'il ne se produise que très-peu de poussière fine : on y parvient ,
40 LATA«E A L AUGBTtB.
coinne nous l'avons déjà 4it, en ttirahant lrès*fréqtietii'^ ment la matière que l'un soumet a la pulvérisation.
L'opération du lava(|[e est fondée sur le principe relatif à la chute des corps dans les liquides en repos , que nous avons donné plus haut, et sur cet autre prin«!Îpe^ soToir, que dans un fluide en mouvement Timpulsion que reçoivenl différents corps est proportionnelle à leur surface et indé^ pendante de leurs masses et de leurs volumes, il suit de ces principes que dans un fiuide en mouvement , à volumes égaox les corps les moins denses sont ceux qui acquièrent le plus de vitesse , et qui tombent sur le sol à une plus grance distance du point de déport; qo'à densités éfpiles les grains les plus petits sont ceux qui sont transpurtés le plus loin ; et qu'enfin, à densités et à volumes égaux, les particules qui par leur forme ofFrent le plus de aurface , parcou* reat un plus grand espace que les autres. Il esl évident d'après cela , que la condition la plus avantageuse penr s/^parer par le lavage deux substance&'',de pesanteur spéciG* que diFférente , serait que la plus pesante fût en graius plus groaque la plus légère; malheureusement c'est Mne oen* dition que l'on ne peut jamais remplir ; d'autant plus que les substances les plus lourdes sont des minéraux métal* liques dont la fragilité est presque toujours plus grande que celle des matières qui leur servent de gangues. Mais ii est très-important au moins de faire en sorte que les grains des diverses substances mélangées soient à pen près de la même grosseur , ce à quoi Ton parvient en tamisant trèsfréquemment.
Opération^ *- Rien de plus simple qu'un lavage, mais il faut quelque habitude pour l'exécuter avec succès, c'e«ti^-<iire de manière à perdre le moins possible de la subs» tance que l'on veut conserver , et à l'avoir bien pure. On place sur le haut d'une planebe creusée en forme de conque allongée, et que l'on nomme aw^a/Ze (Fig. 21), la masse de poussière h laver , ou la Uvée ; masse qui doit être d'autant
UYAiQE A LAVCnri. 47
moins volumineuse que la matière esi plus difficile à laver, el loD ding;e dessus un couraul d*eau continu qu*un éait écouler d*uQ vase par un tube creux d'un calibre 4:00 ve- Dftble. Pour obtenir ce courant, il est comroodf! d'avoir à côté d UD des éviers du laboratoire un tonneau fixé à une certaine hauteur et muni d*un robinet (Fig. 22). On fait varier le volume du filet d eau en tournant Je robinet, ou en y adaptant, à l'aide d'un bouchon.de liège, de& tubes de verre de diamètres différents, A défaut d'un tonneau, ou peut se servir d'une large terrine que l'on place sur une plaoche, et dans laquelle on introduit des siphons en verre de calibre varies ( Fig. 28 ).
On délaie la poussière elon la remue avec les doigfs^ tant qae l'eau sort trouble , si elle n'a pas été préalubiement soamise è la lévigation ; puis on l'étend sur la partie supérieure de l'augette, de manière à ce qu'elle en occupe environ le quart de la longueur. Le filet d'eau doit tomber un peu au dessus de la lavée; alors, tenant fermement la partie supérieure de l'augette avec la main gauche , et soutenant la partie inférieure avec la main droite, on lui imprime de fréquentes secousses dans le sens de son axe longitudinal. A chaque secousse, toutes les particules de la lavée sont mises en suspension, le liquide en mouvement les entraîne toutes; mais elles retombent à des distances différentes, les plus lourdes ne parcourant qu'un Irès-pelit espare. Aassi voit-on presque aussitôt la lavée présenter une «urface taul-à-faît hétérogène: à la partie supérieure, la tuaiiére pesante se montre presque pure; la matière légère apparaît, au contraire, presque sans mélange à l'extrémité inférieure , et dans les parties intermédiaires le mélange est d'autant plus riohe en matière pesante qu'il occupe une place plus élevée sur Tangette. Si l'on divisait la lavée en tranches h orixontales, on verrait que la matière Ijesanle s'accumule vers le fond , et la matière légère h la surface. Les choses étant eu cet état, on fait osciller t'au-
48 LAVAGE A L AUGBTT1S.
gette sur son axe, en faisant en sorte que celui-ci reste immobile et dans une position un peu inclinée. De cette manière, la nappe d*eau qui coule sur la Invée agite la surface et entraîne toutes les parties lé{jéres qui s'y trouvent : celles-ci s'accumulent à rcxtrémilé inférieure dé Taugette. On les fait tomber, avec le doigt , dans un vase placé au dessous de l'augette. Après cela on remonte vers le haut de i'augette , la lavée qui descend sans cesse. Cette opération ne doit pas se faire au hasard , et en mêlant toutes les parties, mais en remontant chaque tranche séparément, en commençant par celles qui occupent- la partie supérieure. On recommence ensuite à donner alternativement à Taugette des secousses dansie sens de Taxe et des mouvements d'oscillation autour du même axe, etc. Lorsqu'il ne parait presque plus de parties légères à la surface , on agile la lavée tout entière avec le doigt, ou en faisant tomber le filet d'eau successivement sur toutes ses parties ; on Fétend sur l'augette, et l'on recommence le lavage , etc. Au commencement de l'opération, l'eau entraîne hors de Taugette des matières légères pures; plus tard ces matières entraînent avec elles une certaine quantité de matières pesantes, dont la proportion va sans cesse en croissant à mesure que l'opération avance ; en sorte que vers la fin, on pourrait faire de grandes pertes , si l'on ne conduisait pas le lavage avec un soin minutieux. Il convient en général de recueillir séparément les matières qui tombent de l'augette, à partir d'une certaine époque , et de les soumettre à un nouveau lavage.
Quand la lavée renferme plusieurs substances de densités différentes, ces substances sont entraînées par le courant d'eau à des époques différentes et dans Tordre inverse de leur densité , en sorte qu'on peut les recueillir, du moins en partie, séparément. C'est ainsi que, quand on lave un mélange de galène, de pyrites de fer, de sulfate de baryte, de quarz , et de schiste argileux , cas qui se présente très-
LAVAGfi A L Al}&ETTE. 41)
souveat, le «ehiste argileux «e sépare presqu-ea loUKtë pnr lévii^atiua ; le ç[uan sort a peu près pur de Taugette, et le suJfinte de baryte et les pyriies sont successivemcfU entrai* nés , mélangés avec uae certaioe quantité ide gaJéne. Il eat presque impossible de tirer parti des matières mélangées^ eolraloëes hors de Ta ugelte, quand tra lavage a été Itten fait : cela se conçoit aiséinent , puisque alors les partroukes dont se composent ces mélanges sont dans une condition telle, qu'elles reçoivent toutes la même impulsion de Feau, les plus lourdes compensant par leur petitesse la légèreté des moins denses. Tout ce qu*on peut faire en pareil K^as est de les piler de nouveau, et de les passer à travers un tamis très-fin, afin d'amener tous les grains à avoir la même gros«eor; mats alors on produit une grande quantité de poussière ténue, qui e>t presque toute enlevée par la lévitation.
Quand la lavée est en repos sur l'augette , elle présente une sQrfaceuiire sur laquelle coule la nappe d'eau sans l'entamer; mais si le tamisage a été mal fait, et s^il se trouve quelques grains un peu gros , ces grains fi>nt saillie ch et là , fis produisent des remous qui dérangent l'uniforniité de la Uvée , et donnent tiaissanoe à des rigoles le'long desquelles nne partie de la matière est entraînée ; -et ^ en définitive ^ les gros grains recevant sans cessé l'impulsion de Teuu, 'finissent par être entratnés eux-mêmes : s'il s'en présente par mégarde, il faut donc se hâter de les enlever avec une pince.
Laçage après grillage. — Quelquefois deux substances , qai dans leur état naturel ne pourraient être séparées l'une de Fautre par le 'lavage, peuvent Têtï-e après qu'elles ont été grillées : dans ce cas l'une d'elles perd une pai'tie de ses principes^ et devient par ta beaucoup plus légère, et Vautre n'éprouve pas d'altération. C'est ce qui a lieu, par exemple^ pour les mélanges d'oxide d'étain et dematrèirea pyi'iteuses , substances dont la pesanteur apéeifique, diffère peu : par le
30 PORPHYRISATIOR.
grillage les pyrites perdeol leur soufre et de Tarsenic quand elles en reofernieot, et elles augmentent en même temps de volume, et deviennent beaucoup plus légères ; il arrive mèiue^ de plus, qu^elles deviennent beaucoup plus fragiles « et qu'elles se divisent par conséquent facilement en molécules Irès-petîtes sous le pilon; toutes circonstances qui favorisent la séparation par lé lavage.
ASTiCLE VI. — Porphyriêaiion.
La pulvérisation et le tamisage^ même à travers les tamis les plus serrés, ne réduisent pas une substance en grains assez uns pour qu*elle puisse toujours être immédiatement soumise aux opérations chimiques: quand cette substance est très-difficilement attaquable par les agents avec lesquels on doit la mettre eu contact, il est nécessaire de ramener à un état de ténuité extrême , et tel qu'en frottant sa poussière entre les doigts^ on ne ressente pas l'impression des grains, et qu'elle paraisse douce au toucher comme de la farine: de cette manière on multiplie beaucoup les surfaces, et chaque graiu peut être attaqué jusqu'au centre, lors même qu'il ne se forme que des combinaisons iofusibles. C*est ce qu'il faudrait faire, par exemple, pour obtenir un métal avec un oxide réductible par cémentation, et le métal étant infusible. L'opération par laquelle on réduit une substance en poudre impalpable se nomme porpkyriêaiion ^ parce que le plus souvent on lelFectue dans des vases de porphyre.
Inêirutnentê. — On porphyrise en broyant^ pendant un temps suffisant, la matière pulvérisée et passée à travers un tamis très-serré ; on se sert pour cela de mortiers trèsc vases en porcelaine, en porphyre ou en agate (Fig. 7 et 8), ou de plaques plus ou moins grandes et bien dressées de même nature (Fig. 24), On porphyrise dans des mortiers, quand on n'opère que sur de petites quantités^ et qti*on
PORPHYRlSATlOît. Kl
tient h ne rien perdre; le pilon est alors arrondi n sns extréroités, mais son rayon de courbure est moindre que celui Hii mortier. On porphyrise sur des plaques > lorsqu'on a de grandes masses à broyer; alors le pilon est large et plat; celte sorte de pilons portent le nom de moîeUe» (Fig. 25).
Opéraiion, — On facilite beaucoup la porpliyrisation en httoiectant la poudre avec une quantité d*cau suffisante |)otir en faire une pâte molle. Par ce moyen on ennpêche b matière de se pelotonner, et denvelopper les grains qui n*ont pas encore acquis le degré de finesse convenable. Qunnd la substance à porphyriser est extrêmement dure , on ne doit opérer que sur un demi-gramme» ou tout au plus snr un gramme à la fois. Pour Fobtf'nîr au tnasimum de ténuité, on la délaie dans Teau , et l'on porpbyrise de nouveau les parties qui se déposent les premières au fond du vase. Les corps très-durs usent sensiblement le porphyre et lagate , en sorte qu'une certaine quantité de la matière do mortier se mêle â la poussière: lorsque Ton a besoin d*une einetitude très-grande, on pose le mortier avant et après la porphyrisation y et l'on a égard â la proportion de mstière étrangère introduite dans la poussière; matière dont la nature a dâ être déterminée exactement d*avnnce par lanalyse. An reste , des précautions aussi minutieuses ne sont nécessaires que dans quelques cas d*analy9e par voie humide: on n*a jamais besoin d*y avoir recours dans les essais par la voie sèche.
Nêtioffage de» mortier»^ etc. — Il y a des substances qui par le frottement enduisent les corps durs, et surtout l'agate, d'une pellicule extrêmement mînce qui y adhère très-fortement; de ce nombre sont les métaux ductiles, certains oxides mous, etc. ; pour détacher cette pellicule, il faut broyer dans le mortier , avec un peu d'eau, du sable qnaraeux à grains Gnset anguleux, et bien laver ensuite. Il est souvent même plus court et plus facile d'avoir recours à l'at^lion des dissolvants chimiques , tels que l'acide
53 CALCIKATlOIf.
muriatîqne on l'eau régale ; nuira dans ce cas il est essentiel de laver le mortier À irès-graode eav, et de l'essuyer avec? le plus grand sein.
SECTION II
Opéra tionê chimiquei.
AariCLt mai tu. — Caieinatt^n.
Autrefois calciner signifiinif changer en chaux ^ c'est-àdire oxider une substance mctallique par le contact de Tair ; mais racception de ce mot a totalement changé. L*o* përation que Ton appelle' mainlenanl calcination a pour objet soit de séparer d'une substance minérale une substance volatile quclc<mque , par l'effet seul de la chaleur et sans le concours de l'air; soit de lui faire éprouver des chaa- [jemenls brusques de température, pour la rendre plus fragile \ soit enfin de lui donner plus de cohésion , et de la rendre moins facilement attaquable par les agents chimiques. On calcine pour en séparer l'eau , les hydrates de fer, de zinc, et tous les minéraux dont les gangues contiennent de l'argile; pour en séparer l'acide carbonique , les carbonates de chaux , de fer , de manganèse , de xinc, de plomb ; pour en séparer à la fois l'eau et l'acide carbonique , les hydrocarbonates de zinc , de fer, etc ; pour en expulser une partie de l'oxigène, et amener le minéral à un degré d*oxidation fixe et connu, les oxides de manganèse, de cobalt, etc., et les minéraux qui en sont mélangés ; pour en séparer une portion du soufre et de l'arsenic , plusienra sulfures cl arséniosulfures ; mais^dans ce cas,il y a presque toujours fusion; enfin, on calcine pour expulser du bitume, etc. , les houilles et tous les combustibles minéraux , et les minerais de fer carbonate des houillères. On calcine pour les étonner et les rendre fragiles, le quari et toutes les pierres très-dures; dans ce cas, après les avoir fait chauffer
CALGlfr%TIOIf« m
jttM|u'au blaM« on le» projeUe brutqiienieiH dana une grande masse d*eau froide; on les chauffe de nouveau i^tant encore tout liiimkiea, et 9t\ les projette une neconde fois dam reaii. 0*1 calcine, pour leur^faîre prendre de ta cohëston et lea rendre moîna altaqnables parles réactif^, les argfilea, IVcnme de mer, ploaieors autres hydrosilicates^ et un grand nombre d*hjdrales. Les hydrates perdent leur eau à une tempéra* liire peu élevée , et laissent des oxides qui se prêtent beaucf»np moins facilement aux combinaisons que les hydrates eux-mêmes; mats en outre on a remarqué que lorsqu'on cbaoffe à un certain degré certains oxides, tels que les oxides de titane , d*étain , d'alumine , etc. , et beaucoup d*aHtres curps, ils perdent la faculté de se combiner avec les dissolu ▼sots ordinaires , et no peuvent pins être attaqués que par les agents chimiques les plus puissants^et seulement à Taide delà chaleur : ils deviennent attira ce qu*on appelle indiffé^ nmfa. Pliisienrs corps, au moment où ils passent 2i Tétat d'indifférence, s'échauffent d*eux-mcmes tout-a-coup jusqu'à rincandescence. Il est probable qu'a cet instant les molécules prennent, les unes par rajiport anx autres ^ un nouvel arrangemoit.
On opère la calcinatîon dans des vnses cylindriques qu'on appelle creuêetg (PI. Il , Fig. 1 et 2 ). Ces vases sont en mêlai ou en terre : on se sert cependant rarement de ces derniers, parce que leur surface intérieure n'est pas assez lisse. Les creusets de métal sont en argent on en platine. Les creusets d'argent ne peuvent être employés que lorsque la ralcination n'exige pas une température plus haute que la chalear rouge; c'est donc presque toujours dans des creusets de platine que l'on calcine: on n'en emploie d'autres que lorsque ce métal est attaquable parla matière qu'il s'agit de soumettre à l'action de la chaleur. Ces creusets sont munis de couvercles qui peuvent les fermer exactement , mais non hermétiquement (Fig. 1 et 2 ); et l'on doit avoir en
54 CALCmATlOlV.
oui ro une tpalule de même mëul ( Vhg. $ ), poar remuer la matière lorsque cela eac néeeuaîpe.
Quand la caloinatùia eu fake, on eniève le creutet da feu^ on le laine relniidir, oti en retire le résidu en graciant avee ki êpalttWf et essuyant avec nne barbe de plane , et ViÈtt \H»e ; par dîfiereaee, on a le poids de h substance vtH lalilifëe. Si la matière « caksiner cat fuaîble, oi> si elk» est suace|)t«b&e d*adhérer au ereuaet , à faol peser celui -et avanl et après Pepéralioa, po«r apprëcser la perte par diflRépettce de poids. Lers^ii*on ealcioe un corps qui décrépite par la chaleur , pour é^'iler les pertes , il coniriest de le réd«ire préalablement en ppudre , et «le ne lo chaufier que leotemenletgradiielkflienl dans un creuset bien couvert. Il j a des aubstiaoces <|ui peuvent étjre altérées par les vapeurs combustibles émanées da foyer , comme , par exemple , le carbonate do plomb, qiu peut être réduit en partie ; ou par Tair atmos|)hérique qui les brâle, coroaie les matières char* bonneasca, etc> Sans ces différents cas, pour éviter tocil contact de oea vapeurs ou de l'air , on place la substance dans UQ creuset muni de son couvercle , et l'on mat ce creuset dans un autre creuset un peu plus grand et ëffalement bien couvert, lorsque, dans quelques cas rares, ces précautions ne 8i»nt pas suffisantes^ on calcine dans des cornues de (erre ou de verre des plus petites dimensions possible^ pesées è l'avance, et que Ton casse ensuite pour en extraire la substance calcinée.
Quelquefofs encore on peut calciner dans des creusets brasqués de charbon, à nne température moyenne, ou même â une très-haute température ; la matière n'adhère jamais h la brasque , et lorsqu'elle est fusibfe , ou môme lorsqu'elle s^ag^glomère fortement, on peut la recueillir sans en rien perdre. [P^, plus loin , ce qui est relatif aux creusets brayqués. ) Ou calcine, par exemple , dans uq creuset brasqué, des oxides de manganèse à la température de 25 à SO* p., pour les^amcner a Tctat de prutoxîde ; du cobalt
GRIIrLAGE. 55
grit et autres artsémVsttlItinM , à 159* p., pour «d expulser U plut fort« proportÎDD possible de soufre el d'areenit^} un floosîHeate terreux, pour en dégager tout ce qu'il peul perdre de fivinr , de mlicfuro ^ eCe.
On chauffe les vases qur contiennent les inatîères )i esK einer, dans des fourneaux à ireiit ordinaires qui peuvent dooner ^aqo*» 60^ p. de chaleur, ou dans des fourneaux d*ei«ai, quand on a besoin d^une température plus élevée. Lorsqu'on n'opère que sur de trés^pelîtes quantités , on peut ebauflfer à la lampe à double courant, mais seulement dans le cas eè une furie chaleur n^est pas nécessaire.
AiTiciB 11. — GrUlagem
On nomme grillage une opération dans laquelle on chauffe uo corps avQC le contact de l^air , soit pour ioxider, soU , cl le plus souvent , pour en séparer à Tétat de gaz, par le concours de la chaleur el de l'oxigène atmosphérique « des substances que le calorique seul ae pourrait pas en dégager. Ces substances sont: le carhone^le soufre,, le sélénium, rarsenicy Tantinioine, et quelquefois le chlore» Un grillage dans lequel il y a f&ision , s'appelle êoorifieatfon ou eoupeUa* tûm ; nous nous occuperons plus tard de ces deux genres d opérations. Le grillage des matières charbonneuses prend le nom de combtLaiion ou incinération , parce qu'il a presque toujours pour objet de brûler un combustible pour en lecueiUir les cendres.
On grille pour oxider, le fer etse&oxides inférieurs, afin de les amener au masimutn d'oxidation, etc.
On grille pour en séparer, du moins en partie, lesou&e, le sélénium, l'arsenic et l'antimoine, les sulfures , sélé* niures^ arsénio-sulfures, etc., naturels , et ceux qui provicunent des travaux métallurgiques. On grille quelques chlorures pour les transformer en oxides.
Pour griller une substance quelconque, on la réduit eu