OGRE JAUNE
Pounin.
Saint- George-
Saint- Amand,
Alumine
Hapésie
Chaux
Oxidcdcfer....
flydrale de fer.
Pyrites
Charbon
Eau et bitume.
0,030 o/2dÔ
(1) Argile bUumineuse, dite cendre de Reims (département de la Marne); elle accompagne des ligniles , et on remploie pour engrais; elle est compacte , tendre et facile i écraser , d'un brua chocolat clair ; par calcination en Tase clos , elle devient noire ; elle s'incinère sans combustion apparente , et prend une couleur rouge briqueté. La potasse caustique bouillante la décolore presque com-
plëtement en dissolvant la matière bitumineuse : celle matière entre dans Targilepour 0,12 environ.
(2) Plombagine de Passau (en Bavière] : on en fait des creusets qui jouissent d'une grande réputation; rérhantil- Ion analysé avait été légèrement calciné. Cette substance est un mélange d*argile un peu ferrugineuse et d*anthracite métalloïde; elle ne donne pas la moindre trace de matières bitumineuses à la distillation; il est extrêmement difficile de Tincinérer complètement.
(S) Argile de Litemon , près de Figeac (département du Lot) ; rouge , d'apparence homogène ; elle se trouve en amas sur un plateau calcaire ; c'est pourquoi elle est mélangée d'un peu de carbonate de chaux : on en fait une poterie rouge fort jolie qui ressemble à la poterie étrusque.
(4) Argile de Souillac (département du Lot); rouge , homogène, A grains Gns, non mélangée de sable. Selon M. Vicat, lorsqu'on la calcine à une température ménagée, elle produit la pouzzolane la plus énergique que l'on connaisse; elle retient encore environ 0,03 d*eau.
(5) Ocre jaune de Pouratn ( département de l'Yonne) ; d'un jaune pâle.
(6) Ocre jaune de Saint-George^sur-la-Prèe (département du Cher) ; d'un très-beau jaune et à grains extrêmement fins.
(7) OcrejaunedeSaint-Amand {dé^ATtGmeni de la Nièvre); de qualité moyenne.
L'ocre jaune n'est que de l'argile colorée et pour ainsi dire teinte par de l'hydrate de fer ; elle n'est estimée dans le commerce qu'autant qu'elle est d'un jaune pur et qu'elle peut être amenée à Tétat de poudre aussi fine que de la farine. Il faut qu'elle ne contienne ni sable , ni oxide de manganèse , ni matière bitumineuse : par la calcination elle se change en ocre rouge. Les trois variétés dont nous venons de donner l'analyse font parties d'un même terrain , qui parait appartenir à la partie inférieure de la craie.
Pougaet.
Péroane,
Vilry.
Silice
ô.'osô
ô.iiô
Alumine
Magnésie
Oiide de fer
Carbonate de cfaaui. . .
Cartx>nate de magnésie .
Eao
Sable
i.doo
Terres à t
HT
oaloB d'Angleterre
Saisi- Ouen.
Pantia.
Silice
ô.'aèô
Alumine.
Magnésie
Oxide de fer
1 Carbonate de cbaui
Carbonate de magnésie. . . .
Eao
Sable
(1) Marne de Bayes (département de la Nièvre) ; rougeâtre, terreuse , douce au toucher , fiiit pâte avec l'eau ; elle renferme quelques petits fragments de quarz; elle alterne avec des bancs de calcaire jurassique. M. Vicat dit qu'on ne peut remployer comme ciment ni à Tétat naturel, ni lorsqu'on la calcine par les meilleurs procédés.
(S] Terre végétale de Parigny , près de Fougues ( département de la Nièvre) ; on la désigne dans le pays sous le nom de ehandeleute ou arbue; elle a le défaut de se gonfler par la gelée , et de se contracter ensuite beaucoup , ce qui déchausse les blés.
(d) Marne des environs de Pèronne ( département de la Somme ) ; d'un gris clair : on la moule en pains et on la iait cuire comme des briques , puis on laisse ces briques exposées à l'air pendant un certain temps; elles se délitent
et tombent en poudre , mais sans s'éteindre et sans faire prise comme la chaux hydraulique : on emploie cette pondre en guise de ciment , et on dit quelle produit d'excellent mortier hydraulique.
(4) Marne de yury (département de la Marne); d'un gris clair ; eiJe se trouve a 25 mètres de profondeur dans la craie: on Texpluite pour amender les terres.
(B), (6), (7} Terrée à fouUm dC Angleterre-, (5) première qualité , elle est rare ; c'est un mélange intime de terre de seconde qualité et de carbonate de chaux ; elle est couleur purée de pois très-claire ; peut-être la magnésie s'y troure^ t-elle combinée avec la silice , et non pas à l'état de carbonate.
(6) Seconde qualité ; d'un blond clair tirant un peu sur le vert grisâtre ; tendre , à grains fins, prend le poli sous l'ongle ; elle forme avec l'eau une pâle visqueuse qui prend assez de consistance par la dessiccation; lorsqu'on la calcine en morceaux^ elle prend de la solidité et devient rouge jaunâtre a la surface et d'un gris noir à l'intérieur. L'acide muriatique bouillant l'attaque en partie ; la dissolution contient du peroxide de fer et de l'alumine ; le résidu est migélatineux et d'un gris verdâtre ; ce qui prouve qu'il retient du fer au minimum d'oxidation ; l'acide sulfurique la décompose complètement et laisse un résidu de silice pure ; sa composition est à peu près exprimée par la formule BS' 4~ Ag^, B représentant toutes les bases.
(7) Troisième qualité ; elle ne diffère de la précédente qu'en ce qu'elle est d'un gris légèrement verdàtre an lieu d'être blonde ; elle est cependant beaucoup moins estimée. L'acide sulfurique l'attaque moins complètement. Dans ces trois terres, le fer, pour la plus grande partie à l'état de protoxide, et la magnésie, sont combinés avec la silice comme l'alumine.
(8) Argile magnésienne de Saini^Ouen^ près de Paris ; elle est d*un gris blond.
(9) Argile magnésienne de Pantin , près de Paris ; elle est d'un gris clair un peu luisant, feuilletée ou plutôt fendillée , très*teudre et extrêmement légère ; elle renferme un grand nombre de petits noyaux arrondis , d'un jaune pâle , dont la composition diffère peu de celle de la pâte ; l'acide muriatique l'attaque aisément et dissout toute la magnésie , tout le fer, et une partie de l'alumine. Ces deux argiles sont évidemment des mélanges de silicates d'alumine et d'écume de mer ; peut-être dans la dernière une partie de fer est* elle aussi combinée avec la silice.
AB6iLB8.
Nous croyoni convenable de faire connaître ici la composition de Tëcume de mer : Fanalyse de quatre variétés a donné les rëaultals suivants :
Mineure. a„£,arid.
OeCouIom-
mieri.
DeSalincUe (G.rd).
De Quiaey.
Silice
Magnésie
'AIumiDe
Eau
Oiidedefer
Sable
La formule de ce minéral est évidemment HSs -(- Aç , qui donne :
Silice 0,5W — 0,691
Magnésie. . . . 0,245 — 0,S09 Eau 0,206
La variété qui se trouve à Quincy , près de Mehun ( Cher), est un peu différente ; sa formule est /S3 -1- 3MS^ -|- ^^9* £He se rencontre dans un calcaire d*eau douce, disséminée par taches et veinules ; elle est d*un beau rouge de carmin , légère et floconneuse ; un très-faible degré de chaleur la décolore, et elle devient d*un brun violâtre, puis grise, et enfin, d*un blanc jaunâtre ; ce qui prouve que la substance qai la colore est de nature combustible ; le fer s*y trouve à l'état de protoxide.
Nous avons vu qu'il y a lieu de penser que certaines argiles sont mélangées intimement d'hydrates d^alumine et de certains bydrosilicates de celle terre. Ces minéraui se rencontrent quelquefois à l'état d'isolement , et ont des caractères qui leur sont propres. Nous allons tes faire connaître brièvement.
On connaît deux hydrates d*alumine qui sont composés comme il suit :
•ÏMporo. Gibb«H«.
Alumine 0,761 — 0,648
Eau 0,078 — 0,847
Oiidedefer. . . . 0,147
8â ARGILB5.
Le dia$pore est une substance rare ; il est compacte , amorphe , d*un blanc brunâtre ; diaprés Tanalyse de Ghildren , c*est l*hydrate A^Aç coloré par de l*hydrate de per* oiide de fer.
Laigibbsite est beaucoup plus commune, mais elle se trouve rarement pure; M. Torrey Ta rencontrée parfaitement exempte de tous mélanges à Richemont (état de Massachu* sets , en Amérique) dans une mine d*hématite abandonnée; elle est en masses irrégulières de 2 à 8 pouces de longueur sur 1 pouce au plus de largeur; elle a une faible trauspa* rence ; sa dureté est plus grande que celle du spath calcaire; sa pesanteur spécifique est de 2,40. Les acides la dissolvent aisément ; elle ne contient ni acide phosphorique ni acide iluorique ; sa formule est AA^ ; elle se trouve souvent mélangée en petite proportion dans les minerais de fer. (/^oy. ce qui concerne la composition des minerais de fer oxidés et hydratés.)
Il y a un grand nombre de minéraux différents qui sont composés de silice, d*aiuroine et d*eau ; on les appelle générlquement hydroaiiicaie$ d^alumine. Ceux qui renferment une grande proportion d eau ont tous à peu près le même aspect. D*après les analyses qui ont été faites jusqu'ici, on peut les considérer' comme des combinaisons de Thydrate d*alumine AAç et de différents silicates d'alumine contenant de Teau de cristallisation. Ils fournissent un nombre considérable d*espèces ; mais il y a lieu de croire que ces espèces se trouvent mélangées entre elles en un grand nombre de proportions. Nous les partagerons en trois groupes que nous nommerons, le premier CoUyriies, le second a/ZopAanes , et le troisième halioysitea. Dans les collyrites il y a plus de 1 atome d'hydrate d'alumine pour 1 atome de silicate. Dans les allophanes l'alumine contient plus d'oxigène que la silice , et dans les halloysites la silice^ au contraire, contient plus d^oxigène que l'alumine.
Trois analyses de collyrite ont donné :
Scarbroite. Collyrite. Collyrifo.
Alumine • . 0,425 —0,426—0,445
Oxide de for . 0,004 — . . . — . • .
Eau. . . . 0,481 —0,444—0,405
(I) La aearbroUe (M. Yernon) est d'un blano mat, à cassure conchoîde ; sapesante ur spécifique est de 1,485 ; elle
absorbe beaucoup d'eao sans devenir transparente ; on la tronTe en veine dans le grès rouge de la c6le de Scarborough ; sa formule est A^SA^» = (AS4-6A9) -{- Skkq,
(2) 1^ collyriie de Sehemniis est compacte, opaline, à cassure résineose éclatante , ressemblant à de la gomme ; elle perd de Feau dans Fair sec, et elle tombe en poudre par la calctnation ; sa formule est A'SAç^ s= (AS -f- AKq) +-2AAÇ.
(8) La eoUffiie d*E$qtierra , sur les bords du Loo, dans les Pyrénées , trourée dans un 6 Ion de plomb , a pour formule A^+ A^ = (AS + SAq) + 2AAg.
Cinq Tariétés d'allopbane ont donné à l'analyse les résultats suivants. :
rirmr.
Garib«rg.
Namur.
Sefaneeberg.
Ifamur.
Silice
oaf»7
MÏ3
lAlumine
Oxide de fer
Oxidedemangan...
Magnésie
Eau....
(1) Allophane de Firmy (département de TAveyron] (M. Guilleroin) ; en concrétions mamelonnées ou en plaques ; blanche ou légèrement jaunâtre, a cassure inégale avec éclat résineux , légèrement translucide ; mais elle devient opaque à l'air ; très-tendre ; sa pesanteur spécifique est de 1,79; elle donne de Teau pure à la distillation. Elle remplit on tapisse les fentes de la houille et parait avoir été déposée par les eaux filtrantes; sa formule est A^S^Ag*^ = 2 (AS -|~ ÎAç) + AA9.
(2) AUaphanede Getaberg (M. Walchner) ; identique avec la précédente.
(3) Allophane de Namur ^ découvert il y a quelques années par M. D'Omalius d^Halloy; elle se trouve en rognons et Teines dans des argiles blanches; tantôt elle est vitreuse, transparente, d*un jaune de miel , et assez semblable à du succin ; tantôt d'un blanc mat , opalin comme de la calcédoine ; tantôt opaque, d'un noir d*ébène ressemblant à du
AAGILES.
jayet ; el tanlôt enfia à cassure cireuse , translucide , d'un gris plus ou moins foncé , ayant l'apparence d'un silex pyromaque; ba pesanteur spécifique est de 3^10. Par calcinatioD au contact de Fair , elle devient parfaitement blanche; ce qui prouve qu'elle n'est colorée que par une substance combustible ; cette substance n'y est d'ailleurs qu'en très-faible proportion. Cette allophane a la même composition qae celles de Firmy et de Gersberg.
(4) Allophane deSchtiêeberg (M. Stromeyer); sa formule est A*S'Ag»» = â (AS + 3Aç) -j- AAg.
(5) Allophane de Namur. Cette variété accompagne la variété (S) et a le même aspect, mais sa formule est A»S<Ag9 = 4 (AS + ^hq) + khq.
Les halloysites analysées jusqu*ici ont été trouvées com* posées comme il suit :
Angleur
Hall.
No»tron.
Saint- Sever.
Confolenf.
Fahlun.
Silice
Alumine..
Oxidedefer
Magnésie
Chaux
Eau
(1) Ualloysite d'Angleur^ près de Liège; compacte, à cassure conchoïde cireuse, d'un blanc pur ou d'un blanc légèrement nuancé de bleu grisâtre, translucide sur. les bords , happant fortement à la langue; elle se laisse rayer par l'ongle et prend le poli sous le frottement du doigt. Lors* qu'on la met en petits morceaux dans de l'eau , elle devient transparente comme l'hydrophane; il s'en dégage de Tair, et son poids augmente d'environ un cinquième. Si on la tient en poussière exposée à une température qui s'approche de 100*, elle abandonne de l'eau, et elle ne perd plus après que 0,16 de son poids par la calcination; elle ne fait pas pâte avec l'eau : sa pesanteur spécifique est de 1,80 à S,00 ; elle se trouve en rognons variant de grosseur , depuis le volume du poing jusqu'à celui d'un mètre cube , dans des filons de fer hydraté mêlé de galène , de plomb
ABGILES. 85
carbooaié et de calamine , aui traverse un calcaire de transition ; sa formule est A'SfAç' = 2 (AS* -f- tkq) -f- AAg. Elle est souvent colorée par une petite quantité de phosphate de fer.
(S) Haihynte de Hall, en Allemagne (M. John); elle est identique avec la précédente.
(S) HaUoytiie de Nontran (département de la Dordogne), trouvée par M. Ddanoue dans une mine de manganèse qui fait partie d*un terrain de grès arkose ; elle ressemble à rhalloysite d'An gleur, mais elle a une légère teinte verdAtre; sa formule est A^S^A^ = (AS' -|- 8Ag) + Akq.
(4) Halloysiie de Saint-Sever ( département des Landes ) (M. Pelletier) ; jaunâtre ou blanche , demi transparente, teadre, à cassure conchoîde luisante; on la désigne ordinairement sous le nom de lensinite. M. Dufour Ta trouvée en gros rognons dans un sable argileux qui se rapporte à la formation du sable de Montmartre ; sa formule est A'S* kq* =:(AS'+4A9)+AA9.
(5) Halloysiie de Confolens (département de la Charente- Inférieure); compacte , d'un rose de chair plus ou moins foncé et agréable, à cassure cireuse, très-tendre ; elle prend le poli sous Tongle , et elle a une sorte de mollesse ; lors* qu*on la met dans l'eau elle éclate en petits morceaux qui acquièrent de la transparence , mais elle ne fait pas pAte comme les argiles. Par la calcination elle devient tout-à-fait blanche et translucide , et elle prend en même temps une forte cohésion , et une dureté telle , qu*elle raie profondément le verre : par la dessiccation h 100** , elle perd une certaine quantité d'eau, et n'en retient plus que 0,154. Elle se trouve , comme Vhalloysite de Nontron , dans un terrain d'arkose en rognons et en veinules au milieu d*nne argile ferrugineuse et raanganésienne ; sa formule est B^S** +A9'9 o«6(A,C.M)S»-f 3Aç)4.AAg,
(6) Trikloêite de Fahlun (en Suède ) ( M. Hinsinger). Cette substance a de l'analogie avec les halloysites ; mais sa composition ne peut pas être regardée comme parfaitement connue; elle se trouve cristallisée en prismes obliques rhomboïdaux de 109<' M et 70*> SO' , dans lesquelles la face terminale est inclinée de 101'' SO' sur l'arête obtuse. Elle est brunâtre, tendre, à cassure conchoîde éclatante; sa pesanteur spécifique est de 2,61 ; on la trouve dans une roche lalqueuse et chloriteuse accompagnée de galène et de cuivre pyriteux.
Nous avons vu qu'un grand nombre d'argiles peuvent
AR(;iLES,
être considérées comme de$ lialloysites ayant pour fbrmuie
Outre les argiles proprement dites, on emploie encore pour rHbri(|uer les poteries , plusieurs genres de substances qui ont de Tanalogie avec elles , mais qui en différent cependant par quelques propriétés et par leur origine : cea substances portent le nom de kaoUm. Les kaolins proviennent, sans aucun doute , de la décomposition des feld-spaths ou plutôt des roches primitives composées de feld-spath et de quarz ^ que Ton appelle pegmatites ; aussi se trouvent-ils dans la carrière, mêlés avec ces minéraux réduits par la désagrégation^ à Tétat do sable.
Après qu'ils ont été purifiés par lévigation , les kaolins sont en poudres fines et impalpables comme les argilea; ils fout pâte avec Teau , mais ces pâles sont maigres , courtes et peu liantes; ils sont ordinairement du plus beau blanc , mais il y en a qui sont colorés en rouge ou en gris. Par la cuisson , les pâtes de kaolin se contractent beaucoup et acquièrent une grande dureté ; elles sont absolument infusibles au fuu de porcelaine quand elles sont bien pures; elles se ramolliraient probablement dans on fourneau d'essai. On emploie les kaolins presque uniquement à la fabrication de la porcelaine , parce qu'ils coûtent trop cher pour qu'on puisse s'en servir dans la préparation des po« teries communes. Voici le résultat de l'analyse de six variétés de kaolin.
Saint- Yiiex.
Scbneeberg.
Meissen.
Saint- Tropez.
Meode.
t Norman-, die.
Silice
'Alumine. . .
Potasse. . . .
Chaux
Wagnésie. . .
(Oxide de fer.
trace.
ô'ôié
(1) Kaolin de Saint • Yriex {déparlemenl de la Haute- Vienne}; préparé par décantation à la manufacture de por-
A&GPLfiS. 87
celaiae de Sèvres et desêëché^ il est parFaitement blanc. Lorsqu'il n'a pa« été calcioo il est attaquable par les acides forU. Si Ton admet, comme cela parait très-vraisemblable, que la potasse provient d*iine certaine quantité de feld-spath Don décomposé , on trouve aisément que dans le kaolin ab« solumcnt pur la silice et Talumine seraient dans le rapport de 48 à 52; or, ce rapport est celui qui constitue le silicate d'alumine AS , et comme la formule du feld-spalh est KA^S*% il s'ensuit que ce minéral abandonne le silicate de potasse KS^ , et perd , par conséquent , les deux tiers de son poids, en passante l'état de kaolin. La cause de ce phénomène eitraordinaire est absolument inconnue, et il est d'autant plus difficile de s*en faire une idée , que l'eau , à laquelle on pourrait être tenté de l'attribuer , parait être sans action sur le silicate de potasse acide KS9. Rose père a analysé un kaolin qui lui a présenté presque exactement la composition à laquelle nous venons de parvenir piir induction : il a eu
Silice 0,5200)
Alumine. . . . 0, 4700[ 0, 993S Oxidedefer. . . 0,00SS)
M. Guilleniin a trouvé dans les fissures des rognons de minerais do fer du terrain bouiller de Fins ( Allier } et d'autres lieux , une substance blancbe formée de petites écailles ou de petites fibres nacrées, douces au toucher, et faisant facilement p&te avec l'eau, qui par sa composition est identique avec le kaolin de Saint-Yriex et de Schneeberg , supposé exempt de potasse et de feld-spath. Cette substance contient
Silice 0,416 )
Alumine. . . . 0,434 [ 1,000 Potasse 0,150 \
sa formule est SAS -|- SAç. On lui a donné le nom de Pholériie.
(2) Kaolin de Schneeberg ( en Saxe ) ; il est légèrement rougeàtre : la perte comprend l'alcali ; on en a constaté l'existence , mais il n'a pas été dosé.
(I) Kaolin de Meissen, On dit qu'il provient dp la décomposition d'une roche porphyrilique ; il est d'un très-beau blanc.
(4) Kaolin de la Garde-Fregney , près de Saint-Tropez (départ, du Var); il e^t sensiblement coloré en rouge; il forme un blanc de 1 2 à 1 4 mètres d'épaisseur , accompagné de granité graphique , au milieu d'un terrain de schiste
8h AROILBS.
micacé ; il est mèlë de feld-spath lamelleax et de mica qo*on a fléparës, autant qu'on Ta pu, par lévigatton.
(5) Kaolin desFaurehês^ prêt dé Mende ( département de ia Lozère ) ; il a une faible teinte rougeâtre , et il est mêlé d'une quantité considérable de sable feld-spatique ii très-gros grains.
(6) Kaolin de Normandie ; il est très-coloré par de Toxide de fer.
On voit par ces analyses, que la composition des kaolins est variable ; cela tient, 1** 2i ce qu'il est presque impossible de les purifier complètement par le lavage ; 2* à ce que le feld-spath ne se décompose probablement que graduellement, et passe par une multitude d*états avant de se changer en kaolfn parfaitement pur ; 8* et enfin , à ce que les kaolins sont produits par des feld-spaths dont les uns sont à base alcaline et les autres à base magnésienne ou qui contiennent ces deux sortes de bases à la fois.
Préparation deê argilee, — On fabrique les creusets et les poteries en général , avec des argiles pures ou avec des mélanges d'argile et de diverses substances. Nous ferons connaître plus loin la nature de ces mélanges. On commence par trier ou éplucher Targile à la main , après l'avoir concassée en petits morceaux , afin d'en séparer les parties qui sont fortement colorées par de i'oxide de fer ; puis on la délaie dans de l'eau , à l'aide de patouillets ; on Tamène à l'état de bouillie très-liquide, on passe cette bouillie à travers des tamis métalliques qui retiennent les gros sables et les parties non délayées , et enfin , on en sépare le sable fin par lévigation dans de grands bassins convenablement disposés. Quand on a fait couler l'eau de ces bassins , on en retire l'argile, on la mêle avec les substances qui doivent lui être associées , et on la pétrit pour rendre le mélange bien homogène. Le plus souvent le pétrissage se fait sous les pieds des hommes ; c'est pourquoi cette opération s'appelle marcher l'argile ; mais dans un grand nombre de manufactures on se sert maintenant de pétrissoirs mécaniques qui consistent en cylindres verticaux garnis intérieurement de lames horizontales , et au centre desquels tourne un axe armé de lames tranchantes courbées en spirales. Plus l'argile est malaxée , et meilleures sont les pâtes ; aussi quand il s'agit de fabriquer des poteries fines, on répète plusieurs fois le pétrissage , après avoir abandonné pendant quelque temps l'argile à elle-même , et en la découpant en divers sens à Taide de fils de cuivre. Presque toujours aussi on fait ce que l'on appelle pourir la pâte, c'est-à-dire qu'on la laisse
exposée dans des lieux humides pendant plusieurs mois avant de remployer ; elle ëpronve alors une sorte de fermentation doesans doole à la décomposition des matières bitumineuses que les argiles renferment presque toujours, et on remarque que par cette préparation les pâtes acquièrent du liant et s'améliorent considérablement.
Fabrication des creuêeiê. — On façonne les pièces avec ces pâtes par différents procédés: P tantôt, et le plus souvent, on emploie le tour du potier ; 2® tantôt on comprime la pâte dans des moules en bronze, analogues a ceux dont on se sert pour faire les coupelles , ou dans des moules en enterre, en bois, etc., ou bien encore on dispose lajpâle à la maiDaQtourdemandrinsenboÎ8,etc.,quiont la forme du vide iotériear des creusets ; 8° tantôt on façonne au tour , avec des outils tranchants , des masses à moitié sèches ; 4** tantôt on opère par coulage : ce procédé ingénieux a été imaginé par H. Cameron : on remploie rarement pour façonner les creusets, mais il est très-commode pour fabriquer certaines pièces telles que les tubes et les cornues ; voici en quoi il consiste : on a un moule en plâtre sec d'une grande épaisseur, et qui peut se partager en deux parties dans le sens longitudinal ; on le remplit avec de la pâte délayée en bouillie liquide, et on le laisse en repos pendant quelques instants. Le plâtre absorbe beaucoup d*eau . et une partie delapâte, devenue très-consistante , s'attache à la surface intérieure du moule ; alors on vide celui-ci et on le remplit avec de nouvelle pâte , etc. , et en réitérant cette opération à plusieurs reprises , on peut donner â la pièce telle épaisseur que Ton désire ; enGn , quand cette pièce a acquis assez de consistance , par la dessiccation, pour qu'on puisse la manier sans la déformer, on ouvre le moule et on la relire ; 5** quelquefois enfin , pour les creusets de grandes dimensions, on forme avec la pâte argileuse des cylindres pleins que Ton fore ensuite, lorsqu'ils ont pris un peu de consistance, a Taide d'une tarrière de forme convenable.
Les pièces façonnées doivent être soumises à une dessiccation très-lente et longtemps prolongée j afin qu*elles puissent se contracter sur elles-mêmes également dans tous les sens et sans se gercer. Souvent , quand elles sont à moitié sèches, on les met sur un moule et on les bat avec précaution pour leur donner plus de compacité et pour faire disparaître lé^ soufflures ; ensuite on les fait cuire plus ou moins fortement , selon leur nature et selon le degré de dureté et de cohésion que l'on veut leur donner. Dans les
la borfttoire«,on emploie souvent les creusets et les cornues sans dire cuits.
Les creusets les plus répandus dans le coaineroe ▼ienaeot de la Hesse et ont la forme d'une pyramide triangulaire (Fig. 10); on en fait de toutes sortes de grandeurs , qui entrent les uns dans les autres , et que Ton vend par piles. Pour leur donner cette forme, on les fait d'abord ronds au tour, eu les évasant en forme de tulipe, puis on comprime les bords entre les doigts selon la forme voulue. Cette forme eut assez convenable parce qu'elle a l'avantage d'offrir trois becs naturels le long desquels on fait couler les matières fondues. Cependant presque partout ailleurs que dans la Hesse, on donne aux creusets la forme de canes circulaires tronqués auxquels on ménage un bec comme à des cafetières ( Fig. Il): autrefois on faisait un grand usage pour les essais, en Allemagne, de creusets ayant la forme de coquetiers (Fig. 12), et que Ton nomme iutes. Le fond en est à rintérieur conique et très-étroit , et l'ouverture resserrée ; en sorte qu'il ne faut qu'un très-petit couvercle pour les boncber. Ces sortes de creusets seraient assez commodes pour faire des essais dans lesquels on emploie des flux alcalins ou autres très-fusibles et susceptibles de se boursoufler beaucoup, par exemple pour la plupart des essais de plomb , d'antimoine, de cui\re , etc. , les métaux fondus se rassembleraient dans la partie étroite du fond des creusets , et se trouveraient ainsi très-nettement séparés (ïe$ scories ; mais on ne fabrique pas de tûtes en France, et celles que l'on trouve encore en Allemagne sont en général trèsmal façonnées.
Pour être parfaits et pour pouvoir servir indistinctement à toutes sortes d*usages , les creusets devraient remplir les quatre conditions suivantes : 1** supporter sans se casser ni se féler de très-brusques changeaienls de température ; 2« être infusibles ; 3^ u*clre attaquables que le moins possible par les substances en fusion qu'ils doivent contenir ; 4' et enfin être imperméables aux liquides et aux gaz. Mais comme il est très-difficile de réunir toutes ces conditions , dtt moins h un même degré, et qu*heureosemeot cela est rarement nécessaire, il vaut mieux préparer diverses qualités de creusets qui soient chacune essentiellement propre à un certain nombre d'usages.
Résistance aux changements de température. — Pour ren* dre les creusets capables de supporter des changements brusques de température sans se casser, on mêle à la pâte argileuse une certaine proportion de diverses substances in-
fusibles par ellGs-mèmes et qui ne soient pas susceptibles de prendre du retrait par la chaleur ; c*est ce qu'an appelle le cimeni : on se sert pour ciment de sable quarieux , de silex broyé, d argile calcinée, de tessons de creusets, de graphite et de coke. Oo réduit ces substances en poudres plus ou moins finea, selon le grain qu'on veut donner aux pâtes : ]iottr les creusets ordinaires, la poudre doit être assex grossière ) mais pour les creusets de porcelaine, et pour certaines poteries , ou Tamène à Tétat de farine. Plus la proportion de ciment qu'on emploie est grande et moins les creusets sont cassants psr les changements de température, mais aussi moins ils ont de solidité et plus ils sont poreux et perméables ; d'ailleurs, passé une certaine limite, ils donnent des pâtes si peu consistantes , qu'il devient impossible de les façonner. Plus une argile a de liant , et plus grande est la quantité de ciment dont on peut la mélanger. L'argile simplement calci* née étant susceptible de prendre encore du retrait par une fur Ce chaleur , est moins efficace pour empêcher les creusets de casser que les autres substances que nous avons indiquées. Le choix de ces substances dépend , au reste, ainsi qu*oo va le voir, des circonstances et de l'usage que Ton se propose de faire des creusets.
Infusibiliiè. — Les creusets les plus réfractaires sont ceux qui sont faits avec des argiles pures ou ne contenant que quelques centièmes d*oxide de fer tout au plus , mais surtoat exemptes de matières calcaires ; et parmi ces argiles, les meilleures paraissent être les plus siliceuses ; cependant les creusets d*argile pure ne sont pas absolument infusibles, et il la haute température des fourneaux d'essai ils se ramollissent et s'affaissent même souvent sur eux-mêmes. On peut atténuer ce défaut en mêlant à l'argile un ciment absolument infusible par lui-même, savoir : du quarz, du graphite ou du coke : ces substances forment comme une ossature solide qui retient par adhérence l'argile ramollie et l'empédhe de s'affaisser* Le graphite et le coke sont pour cet usage plus efficaces que le quarz , parce qu*ils n'ont absolument aucune actiou sur l'argile, tandis que le quarz s'y combine à une chaleur très-élevée, et qu'au bout d'un certain temps il pourrait se produire un composé homogène ramotlissable, surtout n l'on n'avait pas l'altenlion de l'employer en grains d'une certaine grosseur. Relativement à l'in fusibilité, on ne saurait employer une trop grande proportion de ciment ; mais cette proportion est limitée par la nécessité de conserver une certaine ténacité aux pâtes, et une solidité suffisante aux creusets. Si d'ailleurs on faisait usage d'une trop grande
quaolitë de graphite ou de coke , ces matières se consumeraient peu h peu par la combustion , les creusets deviendraienl poreux , perméables , et ils se briseraient aux moindres mouvements. A défaut de graphite et de coke , oo pourrait employer du charbon de bois ; mais ce combustible est beaucoup moins bon , et Ton ne peut pas en mettre une aussi grande quantité, parce qu'il brûle trop facilement, î^ous donnerons ici la composition de ceux des creusets qu*on trouve dans le commerce , qui passent pour être les plus réfraelaires , et nous y joindrons celle des meilleurs pots de verrerie et des briques également connus pour être trèsréfracta ires.
Hesse.
Paris.
Saveignies.
Angleterre.
Sainl- Eiienoe.
Silice
Alumine
Magnésie
1 Oxide de fer ... .
' Eau
o.Vtô
è.oiô
Nemours.
Bohème.
RRIQ
Creuzot. , (8)
UES Provins
Silice
Alumine
Magnésie
Oxide de fer ... .
Eau
i.ooa
(f ) Creuteiê de Heêse, Ils sont fabriqués avec un mélange de Fargile trcsalumineuse dont nous avons donné la composition plus haut , et de un tiers à la moitié de son poids de sable quarzeux. Us supportent sans se fêler les changements de température les plus brusques , et ils sont réfractnires : mais pour beaucoup d*usages on trouve que lenr grain est trop grossier : ils sont trop poreux, et leur na-
CREUSCT8. 95
ture très-sîlîcease s*oppose à ce qu^ils puissent contenir longtemps la litharge et les matières alcalines en fusion. Un morceau chanffé a ISO'' p. dans un creuset brasqué, s'est plissé à la surface et 8*est arrondi sur les angles : sa cassure était inégale , peu luisante , maïs laissait voir çà et Ih des particules arrondies ; ce qui prouve que la pâte n*est pas homogène ; à l'extérieur ce morceau était d'un rouge violacé métallique.
(2) Creusets de Paris , de la fabrique de Beaufay. Ces creusets sont excellents ; on n'en emploie pas d'autres au laboratoire de VÊcoIe des Mines , depuis que la fabrique est établie. Ils sont au moins aussi réFractaires que ceux de la Hesse; ils supportent tout aussi bien les alternatives du chaud et du froid sans se casser, et ils contiennent la litharge en fusion pendant un temps beaucoup plus long. Ils sont faits avec environ 1 partie d'argile d'Andenne crue , et 2 parties de la même argile cuite et grossièrement concassée. Leur pâte est fine, et pour que leur surface soit bien unie^ on les enduit, tant à l'intérieur qu'à Pextcrieur, d'une couche mince d'argile crue toute pure. Us laissent facilement suinter l'eau à travers leurs pores. Un fragment de ces creusets chauffé a 150® p. dans la brasque , s*arrondit un peu sur les angles et sur les arêtes, mais sans se déformer v et il prend la cassure luisante et unie de la poterie dite cuite en grès : sa surface devient d'un rouge de cuivre.
(%) Creusets de Saveignies , près de Be<auvais, fabriqués par M. Deyeux fils. Ils sont bien façonnés, minces, partout d'une égale épaisseur et bien unis; leur grain est fin et homogène; ils sont poreux : quand on les remplit d'eau, ils contiennent ce liquide, mais ils s'en imbibent et restent humides a la surface extérieure; ils passent du froid au chaud, et du chaud au froid sans se casser. Us sont aussi plus réfractaires que ceux de Beaufay ; car , lorsqu'on en chauffe un morceau à 150* p. dans la brasque, il conserve sa texture grenue et ne se cuit pas en grès ; mais néanmoins ses angles s'arrondissent un peu ; il devient d'ailleurs d'un ronge de cuivre à la surface, comme tous les autres creusets de terre. Ce caractère semblerait annoncer la présence du titane dans les argiles ; mais il provient peut-être de ce qu'on emploie des outils de cuivre dans la préparation des creusets. Malgrécequenous venons de dire, les creusets de M. Deyeux sont beancoup moins bons que ceux de M. Beaufay , parce qu'ils ont le défaut de ne pouvoir contenir la litharge en Fusion que pendant très-peu de temps. Ils sont faits avec un
94 CRCtSETS.
n^Ménge d'ârgiie et de quarz en poudre fine , et petit élre réduit en farine sons des mente».
(4) Cremetn qu*on emploie en Angleterre dant lei fâbriqyes d'acier fondu.
(5) Creusftê de la fabrique d'acier fondu de St^Eîiennt.
(6) Creufêtê de ta verrerie de Bagneaux, prèâ de Nemours (département de Seine-et-Marne). On les fabrique avec de Targile de Forges. Lorsqu'ils ont servi, ils sont excessive* ment durs , d\in gris clair , et remplis d*une infinité de petites cavités huileuses ; ce qui annonce un commencement de fusion.
(7) Creusets d'une verrerie de Bohème. Quand ils ont servi , ils ont le même aspect que ceux de Ba^^neaux ; seulement on dislingue au milieu de la pâte grise une multitude de pelils grains très-blancs ; ce qui annonce qu'ils sont fabriqués avec un mélange de plusieurs terres différentes.
(8) Briques dont on se sert pour construire le creuset des hauts-fourneaux du Creuzot. Elles sont fiiites avec un mélange d*argile crue et d*argile cuite ven«ntdes environs de Perrecy et du Monlet.
(9) Briques de Sevellee, près de Provins ( département de Seine-et-Marne). M. J. Bumm s'en sert pour conslrnire les fours à réverbère dans lesquels il affine la ferraille, et il les regarde comme excellentes.
Nous avons fait connaître la composition des creusets de plombagine qui nous viennent d'Ips et de Passau. On les fabrique avec un mélange de I partie d'argile réfractaire, et de 8 a 4 parties de plombagine naturelle, qui n'est autre chose que du graphite très-argilenx. Ces creusets supportent toutes les vicissitudes possibles de tempérfiture sans se casser, et ils se déforment rarement, même dans les fourneaux d'essai les plus échauffés, non parce qu'ils sont absolument infusibles, roaî« parce que le graphita qu*tls contiennent les empêche de s'affaisser. Un morceau chauffe à l^**p. dans la brasque ne change aucunement d*aspect à l'extérieur ; il ne devient pas rouge , et ses angles ne s'arrondissent pas : sa texture reste écailleuse et d'un gris métalloïde ; mais la masse est çà et là poreuse , à pores arrondis ; ce qui annonce le ramoUissenietit de la pâte. Après celle épreuve le morceau est très-fortement magnétique , tandis que les creusets simplement cuits le sont à peine. (I est probable que le fer contenu dans la plombagine eht amené par l'action du graphite à Tétat métalliqee ; et qu'ainsi, dans ce cas, loin de déterminer la fusion de l'argile, comme cela arrive quand, h défaut de mélange de car*
bone, il reste k ïéUi d*oxide, ne métal contribue aussi bien que le graphite lui-ménie li donner de la consibtaace aux creusets.
La filombagine étant une matière rare, on a cherché à y suppléer par des mélanges artificiels , et l'expérience a prouvé que Ton pouvait faire d'excellents creusets en ajoutant, comme ciment, h des argiles rcfraclaires, du coke de benne quaiité, bien calciné et réduit en poudre. On pourrait remplacer le coke par des anthracites, pourvu que celles-ci ne Hiissf nt pas trop pyritcnses. On fait en Angleterre de trèsbons creusets dans lesquels on peut^ selon M. Autrey, faire joaquli seiie fontes d*acier, avec deux |>arties d'argile de Stonrbridge, et une partie de coke, provenant des fabriques de gai. Des creusets semblsble&, propres à contenir 20 kilogrammes d*acier , ne reviennent qu'à 1 fr. 40 c. Pour les creusets à fondre le laiton , M. Autrey conseille d'employer un mélange de -4 parties d'argile de Stourbridge, 2 parties de tessons de vieux creusets concassés, 1 partie de coke dur, et 1 partie de terre de pipe que IjtÊ^ applique contre les parois intérieures pour boncber les pores et rendre les surfaces bien lisses*. ' '
Les creusets dans la pâle desquels îl entre des matières charbonneuses, agissent sur'les oxides comme rédoclifs , et cela est souvent un inconvénient ; ils ne sont donc pas propres à tous les usages ; on ne les emploie guère que pour fondre des métaux 4 1 faire des essais de matières métalliques qui exigent une très-forte chaleur. On pourrait cependant les appliquer presqu'à tous les besoins, en les enduisant intérieurement d'une couche d'argile pure , suffisamment épaisse. / .
Les creusets de terre^ lorsqu'ils n'ont été cuils qu'à la clialeur blanche, sont tous perméables aux gsiz, et laissent même suinter l'eau plus ou moins proroplement, selon que leur grain est plus ou moins gros. Pour les rendre propres à contenir tous les liquides, il faudrait les chauffer assez pour qu'ils éprouvassent un commencement de fusion ; mais alors lis coûteraient beaucoup plus cher, et ils perdraient d ailleurs la (acuité de pou voir^lre refroidis brusquement sa ns se casser. Ueureusement ces sortes de creusets sout de peu d*utiliLé^ parce que ceux qui laissent suinter Veau assez rapidement, ont la faculté de oenlcnir les substances vitreuses et la plupart des autres matières en fusion ; lorsqu'on en a absolument besoin il faut se servir de creusets de porcelaine. Quant k la propriété d'être imperméables aux gaz, on ne peut la leur donner qu'en garnissant leur sur£uce d'un «u-
duii vitreux qu on nomme couverte ou vernis. Tous les creusets ne sont pas susceptibles de recevoir une couverte ; il faut pour cela que leur grain soit fin et très-serré ; s'il en était autrement, au moment de sa fusion, la matière de la couverte s'imbiberait dans la pâle, et tous les pores de celleci pourraient irèlre pas bouchés. On ne met ordinairement de couverte qu'aux creusets de porcelaine. Celte couverte n'est autre chose qu'un verre alumineux alcalin fusible ; on l'applique intérieurement. Il serait cependant utile pour certaines opérations, que Ton fit des creusets vernissés plus ré- . fractaires que ceux de porcelaine. Les bonnes poteries, dites cuites en grès ^ pourraient servie pour cet usage. Le vernis de celles de Saint-Âmand ( département de la Nièvre), se fait avec un pnélange de scories de forge, de sable, de craie et d'argile : il est vitreux, transparent, et d'un brun foncé : contient :
Silice 0,558
Alumine 0,070
Chaux 0,208
Magnésie 0,010
Oxiiiedefer 0,124
Oxide de manganèse. . . 0,030
C'est à peu près la composition d'un laitter de ha ut- fourneau un peu chargé de fer.
Dans l'état des choses, si la condition de l'imperméabilité était indispensable, ce qu'il y aurait de mieux h faire serait de se servir d*un creuset de porcelaine vernissé que l'on placerait dans on autre creuset en terre réfractaire.
La porcelaine n'est pas un composé particulier, défini et invariable : toutes les poteries dont la pâte est blanche , le grain très-fin , qui peuvent éprouver par la cuisson un ramollissement tel , qu'elles acquièrent un certain degré de transluci<lité, sont des porcelaines, et l'on peut en composer de mille manières. Les belles porcelaines dures, c'est-à-dire celles qui se cuisent à une très-haute température, lea seules que l'on emploie pour faire des creusets, etc. , se fabriquent toujours , en France et en Allemagne , avec du kaolin mèié de fondants alcalins ou calcaires. Dans le Piémont et en Angleterre on fait de fort bonnes porcelaines avec des mélanges d'argiles blanches et de matières magnésiennes. Les analyses suivantes donneront une idée de la composition de ces différentes porcelaines.
Serres, (î)
Angleterre.
Piémont.
Silice
Alumine
Pousse
Chaux
Magnésie. . . .
o.eao
' (I) Paie de service de Sèvres, Il entre dans celle pAfe,
0,6S5 de kaolin de Liinoges, décanté ;
0,105 de sable qaarzeux d'Aumont;
0,052 de craie de Boujival ;
0,210 de petit sable.
Le petit sable est extrait du kaolin par le lavage ; c'est un mélange de quarz et de feld-spath. Cette porcelaine est la pins réfractaire que l'on connaisse; ses fragments chauffes dsDS la brasque à 1 50<*, s'arrondissent sur les angles et s'agglomèrent entre eux , mais sans se fondre. La couverte de la porcelaine de Sèvres se fait avec une roche composée de feld-spath et de quari, que l'on réduit en poudre très-fine ^ elle contient :
Silice 0,780 )
Alumine. . ... 0,162 1,976 Eau 0,084 \
Dans les manufactures de Paris , la pâte de porcelaine se compose le plus souvent d'un mélange de A parties de kaolin caillouteux , c'est-à-dire non lavé , et de 1 partie de feldspath quarzeux.
(2) Porcelaine de Worcester, en Angleterre. Elle ne renferme pas d*alcali. Il parait que la chaux qu'elle contient est introduite dans la pâte a letat causlique.
(S) Porcelaine du Piémont. La base de cette porcelaine est la magnésite de Baldissero.
La porcelaine a le défaut de ne supporter que difficilement les alternatives du chaud et du froid sans se casser : il fant, lorsqu'on en fait usage, la chauffer lentement et graduellement , et la laisser refroidir de même. Elle con-
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98 CREUSCTS
lient bien les liquides sans les laisser suinter , même quand elie n'a pas de cou? erte ; mais alors elle est perméable aux ga«.
Résistance à la corrosion, — Pour que les creusets soient aussi peu attaquables que possible par les substances qu'ils doivent contenir en fusion^ il faut qu'ils aient beaucoup de compacité, ou du moins que leur grain soit fin et serré ; et en outre qu'ils soient de telle nature que les substances en Fusion n'aient point d'affinité , ou n'en aient que le moins possible pour la matière dont ils sont composés \ cette matière étant d'ailleurs peu fusible ou tout-à-fait réfractatre par elle-même. On conçoit au surplus que , lorsqu'ils sont susceptibles d'être corrodés, ils durent d'autant plus longtemps qu'ils ont plus d'épaisseur ; mais il y a une certaine limite que l'on ne peut pas dépasser^ parce que des creusets trèsépais sont lourds, embarrassants à manier, et qu'ils ne a'érhau fient et ne laissent propager la chaleur dans l'intérieur que lentement et difficilement.
Les métaux , non plus que celles de leurs combinaisons qui ne sont pas oxidées^ n'attaquent ni les argiles ni la plombagine : il y a cependant quelques substances métalliques, la galène par exemple, qui, sans exercer aucune action chimique sur les matières terreuses, ont la propriété de s'infiltrer à travers leurs pores par voie de capillarité. Les oxides aisément réductibles corrodent peu à peu les creusets de plombagine, et les creusets dans lesquels ii entre du coke, en brûlant Ta matière charbonneuse. La pluparl de ces mêmes oxides, les alcalis, les terres, les verres, qui sont des ailioates fusibles, les borates, etc. , agissent tous plus ou moins énergiquement sur la matière argileuse qui fait la base des creusets ; aussi sont^ce \k les substances qu'il est le plus difficile de contenir pendant longtemps en fusion. Elles atia« quenl les creusets couche par couche, dissolvent la matière dont ils se composent, et finissent par les amincir à tel point, qu'ils ne conservent plus assez de consista ace pour résister a la pression du composé liquide qui y est contenu.
Imperfnéabiiiié, — Toutes choses égales d'ailleurs, les creusets à pâte lâche sont plus promptemctti corrodés que ceux dont la pâte est compacte, parce que la matière corrosive s*infiitrant sur une certaine profondeur dans les pâtes lâches, ce qui n'a pas lieu dans les pâtes compactes , elle en attaque la matière par une plus grande surface, et la dissout par conséquent p4ns facilement. C esta cofuse de cela que l'on dimoe aux pots de verrerie auiaat de densîté qu'on peet le faire, en battant la pâte avec grand soin, et en employant
BSSAI t>BS CHEUSeTS. 90
pMr foireees pâtes de« argiles très-liantes et des cîments trèsfortement cuits ; mais on ne peut cbaufier des creusets fabriqués de cette manière qu'avec un soin extrême, et il arrive «ouvent que le moindre contact d'air frais qui frappe sur eux pendant qu'ils sont rouges, suffit pour les fêler. De semblablés creusets seraient très-incommodes pour faire des essais.
Quant à la nature de la pÂte , comme les substances que Ion a à fondre sont en général bctsiques, et exercent |>ar conséquent nne action dissolvante beaucoup plus grande sur la silice que sur l'alumine, et que d'ailleurs elles forment avec cette terre des composés moins fusibles qu'avec la silice , il est évident que, sous ce point de vue, il conviendrait d*em* ployer, pour la confection des creusets, les argiles les plus alaminensea ; c'est ce que l'on fait effectivement pour les pets de verrerie^ dans la pâte desquels on ne met d'ailleurs jamais de quarz ; mais les argiles les plus alumineuses no sont pas les plus infosibles par eiles-naérnes ; aussi les creusets qui résistent le plus à la corrosion ne sont-ils pas les plus réfraotaires.
Oa voit d'après tout ce que nous venons de dire^ que les conditions de fabrication des creusets de terre qui peuvent porter au plus haut degré Tune de leurs quatre propriétés t'ondamentales , la faculté de supporter les alternatives de température sans se oasscr , l 'in fusibilité, l'imperincabilité etlafccultë de résister à laciion cor rosi ve des fondants, affaiblissent en même temps quelques autres de ces propriétés.
EiMai des crBUMets* — On est dans l'usage d'essayer les creusets de terre en y tenant de la litharge en fusion jusqu'à es qu'ils soient rongés et traversés ; et Ton regarde comme les meillears ceux qui la contiennent le plus longtemps. Ce mode d'essai n'est pas exact, même en ayant égard à Vé* poisseur des creusets. En effet^ Ja lilharge traverse les creusets , premièrement parce qu'elle est très-fusible, et qu'elle s'infiltre aisément à travers les pores de la matière ; et se* conclement, parce qu'elle a la propriété de faire fondre tous les silicates en se combinant avec eux. Un creuset sera donc promptement traversé par la litharge^ si son grain est làcbe, quoique la matière puisse être peu attaquable et peu fusible; ou si, au contraire, la matière est très-attaquable, lors même qu'elle serait absolument infusibie , et que son gmin serait extrêmement serré ; la promptitude avec la- ^«eile un creuset est traversé par la litharge n'a donc aucun rapport avec sa fusibilité. Un creuset de quart d'uira seute pièce serait très^promptement rongé par cet oxîde , parce que celui-ci a beaucoup d'affinité pour la silice, et que
100 BSSAl DES CREUSETS.
les silicates de plomb simples sont très-fusibles ; tandis qu*ii pourrait se faire qu'un creuset composé de silice, d*aluroine etdechaui, et qui serait très<fusible par lui-même, fôt corrodé beaucoup moins rapidement^ parce que Toiide de plomb a beaucoup moins d'affinité pour les terres que poar la silice, et qu'il forme avec les silicates terreux des composés beaucoup moins fusibles qu'avec la silice seule. Hais si la litbarge n'est pas propre à faire connaître le degré de fusibilité des creusets , les essais faits au moyen de cette substance remplissent parfaitement leur objet, lorsqu'on se propose de constater la résistance que la matière de ceux*ci peut opposer h l'action dissolvante des diverses substances fusibles qu'ils sont destinés à contenir, car de toutes les matières fusibles , aucune nVxcrce une action aussi corrosive sur les silicates terreux que la litbarge. C'est ainsi que Ton doit essayer les pots de verrerie, les creusets destinés à faire des expi-'rieuces avec les flux alcalins, les vases dans lesquels on doit faire des scorifications, etc.
Les creusets ont à résister non -seulement h l'action corrosive des substances qu'ils doivent contenir , mais encore à celle des cendres que produisent les combustibles au milieu desquels on les place : ces cendres étant le plus souvent calcaires, alcalines ou ferrugineuses, agissent sur la matière argileuse des creusets absolument de la même manière que les ilnx. Il suit de laque les creusets qui contiennent le mieux la litbarge, etc., sont aussi ceux que ïe$ cendres corrodent le moins promptement.
Pour constater la fusibilité des creusets , il fiiut nécessairement faire une expérience directe , soit en en chauffant un morceau dans la brasque ^ à la cbaleur la plus forte possible, et examinant si les angles s'arrondissent , si la pâte se cuit en grès, devient translucide^ etc. ; ou ^ ce qui est préférable . en employant un creuset pour faire on essai , comparativement avec un autre creuset dont les qualités sont connues.
Quant ^ la perméabilité , on la mesure approximative^ ment en remplissant d*eau le creuset que l'on veut essayer, et un autre creuset de même grandeur que Ton prend pour type , et en notant le temps qu'il faut |>our que chacun des creusets se vide fiar transudation de l'eau s travers ses pores.
Enfin, pour savoir si un creuset peut supporter des changements brusques de température sans se casser , on l'introduit tout froid dans un fourneau plein de charbon allumé , on le retire quand il est rouge-blanc, et on Tez-