‹ Traité des essais par la voie sèche (volume 2)Chapitre 18 sur 111 · CREUSETS DE CHARBON · texte numérisé non relu

CREUSETS DE CHARBON

pose à UD courant d'air froid, ou mieux encore au vent d'un soufflet : 8*il a résisté à ces épreuves , on le chauffe de Doufeau , on le plonge rouge dans l'eau , el s'il ne s'est pas cassé , on le remet immédiatement au feu. Les bons creusets supportent toutes ces opérations sans se casser; mais il arriTc souvent qu*il $*y produit une multitude de petites gerçures invisibles , à travers lesquelles les matières fondues peuvent passer. On s'assure de l'existence ou de la ooD-existence de ces gerçures , en fondant très -rapidement de la litharge dans le creuset essayé : si celui-ci est resté intact, la Htharge ne le traverse pas , du moins immédiatement après Tinstant de sa Fusion. 11 faut faire attention que les creusets sont d'autant moins capables d'être refroidis brusquement sans se casser, qu'ils ont été plus forte* ment cuits ; en sorte que tel creuset qu'on peut plonger dans Teau sans qu'il se fende , lorsqu'il n'a été cuit quau bIsDc, ne résiste que rarement à cette épre^ive quand il a été chauffé assez fortement pour qu'il ait éprouvé un cornmeocemenl de ramollissement.

Creuêets de charbon. — Comme toutes, les substances oxidées agissent chimiquement sur les creusets d'argile , et 4|u'en outre un grand nombre de métaux et de leurs composés oxidés y adhèrent fortement, et sont même susceptibles de les traverser par voie de capillarité , on a dès longtemps eu l'idée de remplacer ces creusets par des creusets de charbon ^ qui ne présentent pas ces inconvénients. Les anciens docimasistes se servaient souvent de creusets faits avec un morceau de charbon dans lequel on creusait on trou cylindrique à Taided'un petit couteau en fer, en ayant soin d'unir les parois avec le plus grand soin ; ou bien ils prenaient deux morceaux de charbon bien dressés , et qui pouvaient se juxta-poser exactement; ils creusaient dans chacun une cavité de la forme de la moitié du vide dn creuset; ils appliquaient les deux charbons l'un contre l'autre (Fig. là), et les maintenaient dans leur position à l'aide d'un fil de fer fortement serré. L'usage de ces sortes de creusets a été généralement abandonné depuis qu'on a imaginé de les remplacer par ce que l'on appelle des ereuêêts brasqvét ; cependant il y a des cas où il pourrait être encore fort utile d'employer des creusets faits avec des morceaux de charbon ; par exemple , si l'on voulait avoir exactement le poids d'une substance qui resterait pulvérulente^ ou qui serait susceptible de se piélerou de s'infiltrer dans la brasque ; alors on pèserait le creuset récemment calcine . avant et après l'opération. Il faudrait avoir soin de

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choisir des charboni bîeo canipacle» et saos gerçures; le» nieill^rs pour cclu&ago seraieolceux de bois légers, leU que \e pin , le saule , le bouleau , etc. On pourrait aussi f.içunncr des creusets au tour avec des morceaux de bois bien secs et bien sains , et les charbonner ensuite dans des vases clos ou remplis de sable. Il y a des variétés de bots d'ébène qui ne diminuent que très^pea de volume et ne m» fendent presque jamais par la carbonisation. Des couverdea d^étui faits avec une pâte de carton bien compacte ^ pourraient encore , en les calcinant avec précaution, fournir de très-bons creusets de charbon. Enfin, il est faoilede préparer soi-même des étuis propres à èlre soumis à la carbonisation, au moyen de coton cardé imbibé de colle d'amido», que Ton comprime autour d'un tube de verre qui sert de moule (Fig. U). On tire parti de ceux de ces étuis qui se gercent ou se fendent pendant la carbonisation , en les enveloppant d'une bande de mousseline coUée faisant plu* sieurs tours , et les carbonisant de nouveau après Im dei» siccation. 11 va sans dire qu'on ne peut se servir des creusets de charbon qu'en les plaçant dans des creusets de lerre bien fermés; il convient même de remplir ceux-'Ci de pooa* sière de charbon un peu tassée : on j adapte ensuit* un couvercle bien luté.

Crensetê brasquéë* — On appelle ereuMiê broJtquéê des creusets de terre dont les parois intérieures sont garnies d une couche de charbon (Fig. 15, 16 et 17). On peut les considérer comme des creusets de charbon munis extérieurement d'une enveloppe d'argile réfractaire, ils sont m»lides, toujours exempta de gerçures, faciles h préparer, et ils ont les mêmes propriétés que les creusets de charbon massif, sans en avoir les inconvénients.

Pour brasquer les creasets. on se sert de charbon 4e bois choisi avec soin , afin qu'il ne contienne aucune ma* tière étrangère; on le pile, on le passe au tamis de soie, et l'on humecte la poussière avec de l'eau, en l'agitant avec une spatule et la pétrissant entre les doigts jusqu'à ce qu'elle ait acquis assez de consistance pour se pelotoivner , sans cependant être assez humide pour adhérer à la main. Quelques personnes conseillent d'employer une dissolution de gomme pour humecter la poudre de charbon : l'addition de la gomme n'a aucun inconvénient , mais elle est absolumeni inutile; l'eau seule suffit pour donner a la brasque toute la consistance convenable. D'autres prescrivent de mêler de l'argile avec le charbon , pour rendre la brasque plus solide : on se sert effectivement de ces sortes de

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brasques , que Tua appelle hrasqueê dure» , dana lei travaux môtaUurgiqttes ; mais on ne duil pas en faire usage pour les essais, parce que la brasque de diarboo pur est suflisainment solide pour toutes les opérations que Ton a à faire , et que d'ailleurs, dans beaucoup de cas, Targile ayant la propriété de se combiner avec la substance soumise à Cessai, serait très*iiuisible et ferait perdre tous les avantages qui résultent de i emploi des creusets brasqués , ainsi qu*on k verra plus tard.

Voici de quelle manière on prépare un creuset brasqué : on mouille le creuset en le plongeant dans l'eau et le retirant presque aussitôt ; on y met l'épaisseur d environ 1 centimètre de brasque y puis on tasse très-fortement cette brasque, en tenant le creuset dans la main gaucbe, appuyé sur un sol résistant, et frappant la brasque d<i la main droite avec un pilon eu bois (Fig. 18), d'abord à petits coups , et ensuite à coups redoublés , et jusqu'à ce que la poudre de charbon ait acquis toute la consistance qu'elle est susceptible de prendre. Sur cette couche ainsi tassée on en met une autre, que Ton tasse de lanéme manière, el ainsi snooessivement jusqu'à ce que le creuset soit entièrement rempli, en ayant grand soin de rendre la brasque aussi dure que possible, surtout prés des parois du creuset. Pour que les difliérentes couches de brasque adhèrent entre elles et ne forment qu'une masse homogène, il est nécessaire de rayer en divers sens la surface d'une couche tassée , avec la pointe d'un couteau , avant de mettre par dessus une nouvelle couche de char boa. Quand le creuset est entièrement rempli, on creuse dans la niasse de brasque une cavité conique, de même forme à peu près que le creuset, avec un couteau pointu à lame roinee(Fig. 19), en commen* çant par le centre et élargissant et approfondissant successivement et symétriquement la cavité : celle-ci étant itchevée, on en polit les parois en les frottant fortement avec tin tube de verre arrondi (Fig. 20) , que l'on tieat bien serré dans la main droite. Cette précaution est nécessaire, |H)ur que les grenailles métalliques qui se produisent dans les essais ne soient pas retenues par les aspérités de la brasque ) et puissent se réunir en on seul culot, en obéis* tant librement à l'action de la pesanteur. Lorsqu'un creuset brasqué est bien préparé, les parois de la cavité sont lisses et luisantes comme si elles eussent été dressées au tour. Pour les usages ordinaires, on laisse au fond des creusets 1 centimètre environ d'épaisseur de brasque, et S à 4 millimètres sur les parois; mais dans certains cas, par exemple

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lursque la malière que Ton a à fondre est susceptible de s'infiltrer dans le charbon et d*agir sur les creusets de terre comme fondant, on donne à la brasque une beaucoup plus grande épaisseur , sur tout sur les parois.

Gomme il convient en général de se servir des creusets les plus petits possible ^ aGn de les chauffer plus facilement, il faut , toutes les fois que cela n'a pas d'inconvénient, donner à la cavité que Ton creuse dans la brasque, une forme exactement semblable à celle du creuset, en sorte que le fond en soit presque plat et les parois partout d'une même épaisseur ^Flg. 16) ; mais on peut donner à celte cavité, selon le besoin , d'autres formes à volonté ; par exemple , on la fait conique, à fond très-étroit (Fig. 16 et 17), quand on veut obtenir des culots métalliques allongés et susceptibles d*étre aisément cassés.

Lorsque les creusets brasqués sont préparés avec soin , on peut les conserver pendant longtemps avant de s*en servir, surtout si on les place dans un lieu humide. Oo peut même les employer quand ils sont tout-àfait secs , et qui plus est ^ les calciner au rouge pour en expulser toute l'eau, pourvu qu'on prenne la précaution soît de les couvrir, soit de les remplir de poudre de charbon non tassée , pour empêcher la combustion de ta brasque : on enlève facilement la poudre de charbon après la calcina tion , parce qu'elle ne prend aucune consistance et qu'elle n'adhère pas à la brasque. Cependant, comme la brasque sèche s'égrène très* facilement par le frottement , quand on veut faire usage d'un creuset qui a été brasque depuis longtemps , il est bon d'arroser la brasque avec un peu d'eau avant de s'en servir.

Quelques personnes brasquent les creusets en enduisant leurs parois avec une pâte fnite de charbon et d'huile , ou bien en les humectant d'huile et y appliquant ensuite de la poussière de charbon que Thuile y fait adhérer ; mais cette méthode, quoique expcditive, est cependant peu commode, et elle ne procure pas une brasque assez solide.

Les creusets brasqiios ont de grands avantages sur les creusets nus ; aussi est-il convenable de les employer toutes les fois que la présence du charbon ne peut pas nuire an résultat de l'opérahon. D'abord la brasque leur donne une grande solidité . et elle les empêrhe de se déformer quand ils se ramollissent , tandis que les rreusels nus se trouvant aux trois quarts vides quand la matière est fondue, parce que celle-ci diminue toujours beaucoup de volume, rien ne soutient leurs parois au moment où ils sont fortement ramollis par In haute température à laquelle ils se trouvent

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