CHAPITRE II
Des Foorneaux.
On peut partager en deux classes les fourneaux dont on se sert pour les essais : 1° ceux dans lesquels le courant d'air s'établit par aspiration , S° et ceux dans lesquels le courant d'air est établi par compression au moyen de soufflets.
Les fourneaux aspirateurs sont : 1** les fourneaux dits de calcination ; 2° les fourneaux dits à réverbère ; 3" les fourneaux à cent; 4° et les fourneaux de coupelle. Les fourneaux à courant d'air comfjrimé sont appelés génériquement fourneaux à soufflets ou forges.
Dans un fourneau quelconque, on distingue : 1® \e foyer ou cuve, espace dans lequel le combustible est contenu ; 2" la grille^ qui fait le fond de la cuve, et qui supporte le combustible ; 8° le cendrier f espace inférieur à la grille, qui reçoit tous les résidus de la combustion ; 4<> et la cheminée^ tuyau plus ou moins élevé que parcourent les gaz et les vapeurs qui s'échappent du foyer.
FOUENBAUX DE GALGINATION. 13ô
SECTION PREMIÈRE
Fourneaux aspirateurs.
ARTICLE PRBMiBB. — Foufneaux do calcînatîon.
Forme. — Les fburoeaux de calcination ( Fig. 1 , 2 et 3, PI. V) sont petits et peu profonds^ parce cça'ih ne sont pas destinés à produire une haute température : on les fait carrés ou circulaires. Les premiers sont plus faciles à cons* Iruire, et donnent la facilité de remuer le charbon avec uo ringard, sans courir le risque de toucher ou de faire trébucher les creusets. Lorsque I on veut chauffer plusieurs creusets à la fois^ ils sont encore préférables aux fourneaux circulaires; mais il est évident que ces derniers sont ceux qui produisent le plus haut degré de chaleur avec la moindre consommation possible de combustible, et que Ton doit par conséquent les préftîrer aux fourneaux carrétt , toutes les fois qu'on ne doit y mettre qu*un seul creuset.
Cure. — On construit la cuve de ces fourneaux en bonnes briques liées avec de Targile réfractai re ; mais comme ces briques sont exposées à se briser promptement vers le rebord antérieur, par suite de l'alternative fréquente du chaud et du froid, ainsi que du choc des pinces et des creusets, on garnit ces rebords de cadres en fer d^environ 4 à 5 centimètres de hauteur, et de 5 à 6 millimètres d*épaisseur. Ces cadres doivent être munis de pattes qui s'enchevêtrent dans la construction en brique ; ils peuvent durer pinceurs années : quand il se forme des vides à leur pourtour, il faut avoir soin de les remplir avec de l'argile mêlée d'un peu de sable ou de brique pilée.
Grilles, — Les grilles sont d'une seule pièce et composées de barreaux de fer soudés sur un cadre. Il convient d'écsarter le plus possible les barreaux les uns des autres, et de ne pas les faire trop gros. A cet égard, il n'y a pas d'autres limites que celles qui résultent du besoin de la solidité. U faut que les barreaux ne plient pas sous le poids du corn* bustible et des creusets dans le moment où ils sont ramollis par la chaleur , et ils ne doivent pas être assez écartés les uns des autres pour que le charbon puisse passer à travers. Du reste, plus on facilite l'accès de l'air au milieu du combustible, et plus on élève la température dans le fourneau, et l'on a vu souvent des essais très-simples ne pas réussir, uniquement parce qu*on avait fait usage de grilles dont les
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barreaux étaient trop gros ou trop rapprochés les uns des autres. Les grilles sont plates ou à pieds : lorsqu'elles sont â pieds (Fîg. 1 et 2]^ en les plaçant sur leur plat ou sur leurs pieds, on a à volonté un fourneau très-profond ou peu profond, et pouvant par conséquent procurer une température plus ou moins élevée ; mais on obtient le même résultat plus commodément avec des grilles sans pieds , en ménageant dans deux parties opposées des parois des fourneaax(Fig« 3)^ à une hauteur convenable, des saillies sur lesquelles on pose ces grilles quand on n'a besoin que d'une faible chaleur, et de manière à pouvoir les introduire jusqu'au fond lorsqu'il convient de chauffer plus fortement.
Cendrier. — Le cendrier est un espace réservé sous la grille, et dans lequel s'accumulent tous les débris de la combustion. Il doit avoir les mêmes dimensions que le fourneau en superGcie, et il doit être ouvert sur toute sa largeur, afin que l'air ait un libre accès sous la grille ; mais il est bon, par économie, de munir cette ouverture d'une porte en t^le à charnière (Fig. 5), portant elle-même une seconde porte à coulisse, comme les portes de poêle; de cette manière on modère le tirage à volonté, et en fermant les deux portes , on peut éteindre le feu quand on en n'a plus besoin, et conserver du charbon qui, sans cela , aurait été brûlé en pure perte.
Cheminée, — Ordinairement les fourneaux de calcination n'ont pas de cheminée fixe ; mais on les recouvre avec une cheminée mobile lorsqu'on veut leur faire produire une forte chaleur. Cette cheminée est un tuyau de tôle forte muni d*un manche en bots ( Fig. S et -4 ): on lui donne 6 à 8 décimètres de hauteur , et quand on a besoin d'un fort tirage, oo en met deux l'une au dessus de l'autre. On y adapte souvent une porte de quelques centimètres de largeur, mobile sur des gonds, et que l'on ouvre ou ferme eiactenient à volonté : par ce moyen, on peut examiner ce qui se passe dans le fourneau sans être obligé d'enlever la cheminée, et par conséquent sans refroidir la matière qui est soumise à l'expérience. Cette disposition est fort commode. Oo se sert avec avantage de tuyaux de tèle pour allumer le feu ^ en guise de soufflets : leur pouvoir d'aspiration est assex grand pour déterminer fembraseroent d'une masse de charbon à l'aide d'un chiffon de papier ou de quelques brins de braise allumée.
Quand une expérience doit produire des vapeurs dangereuses ou incommodes, il faut, pour empêcher ces vapeurs de se répandre dans le laboratoire, les introduire dans une