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(le gomme élastique ordinaire. On choisit pour cela les bouteilles les plus minces , en ne prenant que les parties les plas aplanies , et dont lëpaisseur est le plus uniforme. On les ramollit en les exposant à la chaleur pendant quelques heures , et en les malaxant de temps en temps, ou bien en les tenant pendant une demi-heure dans de Teau bouillante; après quoi on les dessèche complètement, et on les façonne en tuyaux. Lorsqu'on éprouve quelques difficultés à les souder , on les chauffe sur la baguette à une chaleur très-modérée. On peut encore faciliierja soudure au moyen d'une dissolution de caoutchouc faite dans un liquide très-volatil^ tel que Tclher^ et mieux encore Thuile de naphle , qui en dissout beaucoup plus. Pour préparer ces dissolutions , on Fait bouillir le caoutchouc dans Teau, on le coupe en petits morceaux que Ton fait bouillir do nouveau , on le comprime pour le sécher , et on le met ensuite digérer dans le dissolvant.
Au moyen de ces dissolutions on peut préparer des tuyaux de caoutchouc fort longs avec des lanières étroites , en opérant de la manière suivante. On prend une lanière récemment coupée, on l'enroule autour d*une baguette de verre, en rapprochant les bords de manière à ce qu'ils se touchent exactement , on fait bouillir le tout dans l'eau pour ramollir , on essuie , et on enduit la baguette avec une dissolution de caoutcViouc qui opère la soudure de toutes les parties mises en contact les unes avec les autres.
On fait des tuyaux de caoutchouc de telle longueur qu'on le désire, en nuisant par leurs extrémités, coupées fort net avec un couteau bien aiguisé, un certain nombre de tuyaux plus courts.
On fait ausbi des tuyaux de toutes dimensions avec de la toile imprégnée de caoutchouc liquide. Ces tuyaux sont employés pour fabriquer différents instruments de chirurgie.
Il est bon d'avoir à sa disposition des tuyaux tout préparés de diverses dimensions , depuis 2 jusqu'à 5 centimètres de longueur, et depuis 5 jusqu'à 12 millimètres de diamètre. Il faut aussi en avoir quelques uns de forme conique.
Lorsque Ton veut réunir detlx tubes de verre au moyen d'un tuyau de caoutchouc , on prend un tuyau d'un diamètre à peu près égal à celui du tube , parce qu'à raison de son élasticité, il s'élargit facilement ; on y introduit l'extrémité de chaque tube, que Ion y fait pénétrer de 5 à 6 millimètres seulement, et on Tattacbe avec deux ou trois tours de 61 que l'on ne serre que suffisamment pour empêcher la fuite des gaz , sans quoi un s'exposerait à couper le caoutchouc.
Qoogle
CONDENSATIOII. 1S3
IV Carton huilé. A défaut de cnoutchouc, on pourrait se servir de tuyaux de carton imbibe d'huile. On prépare ces tuyaux en roulant sur une baguette de verre trois ou quatre épaisseurs de papier enduit de colle , et on les couvre ensuite d'une couche d'huile appliquée an pinceau , ou d'une couche de cire fondue qui en bouche eiactement tous les pores.
§ 3. — Condensation des vapeurs.
La condensation des vapeurs qui proviennent d'une distillation on d'une sublimation a lieu quelquefois naturellement par le simple effet du refroidissement que produit le contact de l'air atmosphérique ; mais le plus souvent il faut refroidir artificiellement ces vapeurs pour quo leur condensation soit complète et qu'il ne s'en perde pas. On détermine ce refroidissement soit en mettant immédiate^ment en contact ces vapeurs avec de Tenu ^ quand elles ne sont pas susceptibles de se combiner avec ce liquide; soit , dans le cas contraire^ en arrosant le récipient avec de Teau froide, ou en le tenant plonge dans des mélanges frigorifiques. 11 serait hors de propos d'entrer ici dans des détails sur ce sujet; nous nous contenterons de quelques indications générales. On se contente quelquefois , par exemple pour distiller des matières mcrcurieiles , de plonger en partie le bec de la cornue , et de manière à ne pas en boucher complètement l'orifice (Fig. 5) , dans une capsule on dans tout autre vase contenant de l'eau ; on facilite la condensation en plaçant dans le beo de la cornue un nouet de linge qui pénètre un peu dans le col , d'une part , et qui de l'antre plonge dans l'eau ; de cette manière il se forme de la ▼apeur d'eau qui , en se mêlant avec les v«i peurs du mercure , détermine la liquéfaction de celles-ci.
Pour refroidir les récipients par le moyen de l'eau , on les tient en partie plongés dans ce liquide ^ que l'on a soin de renouveler^ mesure qu'il s'échauffe, afin de le maintenir à une température égale ; ou bien on fait affluer sur un ou plusieurs points de ce récipient un courant d'eau continu. On obtient commodément un pareil courant au moyen d'un siphon en verre, d'un calibre convenable, placé dans un flacon ou dans une terrine contenant de l'eau; le courant n^est pas uniforme . puisque sa vitesse doit diminuer à mesure que le niveau de l'eau s'abaisse , mats cela est sans inconvénient; au surplus, on peut le rendre presque uniforme en se servant, pour contenir l'eau^d'un vase très-
124 COTIDENSATION.
large et peu profond. Si Too voulait que Teau ne tombât que goutte à goutte , on pourrait se servir d'un filtre de papier épais, que Ton placerait dans un entonnoir et que l'on remplirait d'eau (Fig. 8).
Il est d'ailleurs facile de se procurer un courant continu et uniforme, au moyen de Pappareil (Fig. 6], que l'on emploie fréquemment dans les laboratoires , pour arroser les filtres. C'est un flacon dont le goulot, un peu large, peut être fermé hermétiquement par un bouchon de liège. Ce bouchon porte trois ouvertures : la première, b^ peut se fermer a volonté , à Taide d'un petit bouchon de verre; on fait passer à travers la seconde, c , un tube de verre creux; et Ton adapte hermétiquement à la troisième ^ (L un siphon aussi en verre^ d'un calibre convenable, et dont Textrémité de la grande branche atteint presque le niveau du fond du flacon. L'écoulement de l'eau a lieu d'une manière continue et uniforme par ce siphon , jusqu'à ce que l'eau soit descendue au niveau de la petite branche. La vitesse de Técoulement est celle due à la hauteur e/\ et le volume d*eau qui s'écoule dans un temps donné ^ dépend de celte hauteur et du diamètre de l'orifice du siphon. Pour faire fonctionner cet appareil, on remplit presque entièrement le flacon d'eau par l'ouverture 6, que l'on ferme ensuite hermétiquement avec son bouchon, et on aspire par le siphon. Son effet est facile à concevoir : après qu'il s'est écoulé par le siphon une certaine quantité d'eau très -petite , l'air contenu dans le flacon , en ^, se dilate de telle manière que sa pression , jointe à celle de la colonne d'eau ge, devient égale à celle de l'atmosphère , l'écoulement continuant , la pression atmosphérique devient prépondérante ^ et l'air extérieur pénètre dans le vase par le tube ce, jusqu'à ce que l'équilibre soit rétabli; d'oii il suit que, pendant tout l'écoulement, il rentre à chaque instant dans l'appareil une quantité d'air telle , que la pression sur l'eau au niveau ef est constamment égale à la pression atmosphérique , ou que cette pression est égale à celle qui aurait lieu si , le vase étant ouvert, la masse d'eau ge n'existait pas; l'écoulement de cette masse n'a donc lieu qu'en vertu de la diflërence de longueur des deux branches du siphon. On peut donner à la grande branche telle longueur que l'on veut ; mais nous avons conseillé de ne la pas faire descendre a un niveau plus bas que le fond du flacon , afin qu'on ait la facilite de poser l'appareil sur une table sans être obligé de le démonter. Si l'on se servait d'un flacon muni d'une tubulure à robinet à sa partie inférieure (Fig. 7) , la vitesse de l'écou-
GONDBNSATIOn. 1^
lement gérait due à la hauteur eh , et il suffirait pour la faire varier à volonté , d'eafoncer ou de retirer le tube ce plus ou moins.
On dirige le courant d*eaa refroidissante sur telle ou telle partie du récipient, selon le besoin; souvent même on le fait tomber immédiatement sur le col de la cornue ; dans ee cas il faut a?oir grande attention de ne pas trop Tapprocher du dAme , parce que , cette partie étant très-chaude , la cornue se briserait presque infailliblement. 11 faut aussi disposer les choses de telle manière que Teau se répande uniformément sur une grande surface , et qu'elle ne puisse pas s'introduire dans le récipient par les jointures. On oblige Feau à se répandre sur la surface du récipient, par exemple sur le col d'une cornue , en couvrant cette surface avec du papier ou du linge , qui absorbe Feau par voie capillaire; et on empêche Feau d'arriver jusqu'à la jointure, au moyen d'un nouet de filasse que Fon place autour du col , en 6 (Fig. 8). On rend la dispersion de Feau encore plus égale sur le col de la cornue , au moyen d'un morceau de papier à ûltrer , comme Tindique la Fig. 8, et placé de telle manière que les deux plis inférieurs posent sur la surface mouillée : le papier venant à absorber Feau , les deux rebords s'abaissent , et s'adaptent sur la surface humide , à laquelle ils adhèrent ^ tandis que la portion du milieu reste en forme de toit , et sert de canal par lequel l'eau tombe goutte à goutte et s'écoule sur le col de la cornue.
§-4. — Sublimation dans des matras^des capsules ou descreusets.
Matras à sublimer, — Pour sublimer les substances qui se vaporisent à une température peu élevée , et qui se condensent aisément , ou se sert souvent , dans les fabriques et dans les laboratoires , de vases en verre (Fig. 9} qui ont à peu près la furme d'une fiole à médecine , et que l'on appelle matras à sublimer, La matière est placée au fond du vase, et les vapeurs se condensent sur les parois supérieures et dans le col ; elles y forment un dépôt ordinairement cristallin^ et dont l'épaisseur augmente à mesure que Fopération avance. On cesse de chauffer^ ou bien on enlève le vase avant que le col soit complètement obstrué^ sans quoi il pourrait y avoir rupture par l'effet de la pression intérieure de la substance réduite en vapeurs. Pour recueillir la matière sublimée on casse le matras, et Fon parvient aisément, avec quelque adresse , à éviter de mélanger le résidu avec la partie purifiée. Si Fon craignait qu'il ne se perdit quelques vapeurs dans Fatmosphère , il faudrait ^ pour recueillir ces
vapeurs, adapter au roatraft un large tube recourbé dont on introduirait rextrëmitd dans un ballon.
On chauffe ces matras à feu nu ou au bain de sable. Quand on opère à feu nu , il est bon de les enduire d'un lut argileux ; mais il est préférable de les chauffer au bain de sable sans les luter : un enfonce dans le sable la partie qui contient la masse à sublimer, et la condensation te fait facilement dans la partie supérieure , parce que cette partie est constamment refroidie par le courant de l'air atmosphëriqae, qui dans ce cas n*est pas mélangé avec les vapeurs chaudes émanant du foyer, comme quand un opère h feu nu.
Capsules, — Les sublimations qui ne nécessitent pas une chaleur plus forte que celle d*une lampe à huile, se font très-commodément en mettant la substance dans une capsule que Ton couvre avec une autre capsule contenant de Teau ^ que Ton mainlient à une température basse en la renouvelant ou (?n y mettant de la glace. Les vapeurs qui s*é> lèvent de la capsule échauffée se condensent sur le fond de la capsule qui sert de couvercle. Les capsules peuvent être en porcelaine ou en platine : on peut aussi renverser la capsule supérieure; alors elle doit être métallique, et on la refroidit en rhuiiiectant avec un linge mouillé.
Creusets. — Enfin . on peut encore effectuer la sublimation dans des creusets ; mais olors on ne doit pas chercher à doser la substance sublimée, si ce n'est approximativement , parce qu*il est impossible qu'il ne s'en perde une certaine quantité à l'état de vapeurs. On place la matière dans un creuset, et Ton couvre celui-ci avec un creuset plus grand et renversé ; on chauffd le creuset inférieur seulement , et les vapeurs se condensent dans le creuset supérieur.
AKTictE VI, — Opérations qui se font dans des tubes à fourneaux.
Ou fait maintenant un très-grand usage, pour les re« cherches chimiques , de tubes de différentes sortes , que l'on chauffe à une température plus ou moins élevée , et à travers lesquels on fait passer des courants de gaz ou de vapeurs ; ces gaz ou ces vapeurs sont destinés à réagir sur une substance solide que Ton place dans le tube; s'il se produit, parla réaction» des substances volatiles, ces substances sont entraînées par le courant, et on tes recueille dans de* récipients convenables. Quoiqu'on ne pratique pas ces opérations dans les essais proprement dits, comme il faut né* cessairemenl y avoir recours pour obtenir certains métaux
à Tétat de pureté, ou pour préparer les composés desquels on peut extraire ces mélaut , nous croyons devoir en faire brièvement mention.
Les tubes dont on se sert sont en verre , en argile cuite . en porcelaine ou en fer; ils doivent remplir les mêmes conditions que les cornues, c'est-à-dire qu'ils doivent être im* perméables , soit par laur propre nature , soit au moyen des luts dont on les enduit. On lute toujours les tubes de porcelaine et de fer, quoiqu'ils soient imperméables par euxmêmes, les premiers parce qu'ils sont très-sujets à se casser par le contact de la flamme , les seconds parce que , s'ils n'étaient pas exactement revêtus d'une enveloppe terreuse, ils seraient très-promptemcnt oxidés et détruits par le cou* rant d'air cbaud qui traverse le foyer.
Tubes de verre, — On lute aussi les tubes eu verre quand ils doivent être exposés à une chaleur très-forte ; mais si la température ne dépasse pas celle à laquelle ils commencent seulement à se ramollir , on les emploie très-souvent à nu , parce que de cette manière on a l'avantage , qui est souvent très-grand, de pouvoir observer les phénomènes qui ont lieu dans leur intérieur pendant la réaction ; on peut d'ailleurs les préserver de l'action immédiate du feu et conserver la faculté de voir ce qui se passe dans leur intérieur, en les plaçant sur un demi-cylindre de fer-blanc et laissant la partie supérieure découverte. Mais lorsqu'il n'est pas nécessaire de voir dans l'intérieur des tubes , et qu'on doit les chauffer jusqu'à ramollissement, il est bon , quand on ne les lute pas , de les consolider en les enveloppant entièrement avec une feuille de cuivre. Getle enveloppe les soutient lorsqu'ils éprouvent un commencement de fusion , les empêche de se déformer et de se. boursoufler par l'effet de la pression intérieure des gaz , et contribue à les maintenir à une température uniforme dans toute leur longueur. La feuille de enivre doit être aussi mince que du papier très-fm. On commence par en faire un rouleau que l'on chauffe au rouge brun y pour êter au cuivre la raideur que lui donne le laminoir ; puis, lorsqu^il est refroidi , on le déploie, et Ton en coupe une bande de S à 4 centimètres de longueur, que Ton enroule en spirale sur les tubes, et que l'on assujettit solidement, au moyen d'un fil métallique très-fin.
Les meilleurs tubes de verre que l'on trouve dans le commerce sont en verre blanc ou en verre à pivette : il vaudrait beaucoup mieux les faire en verre à bouteilles^ parce qu'ils seraient beaucoup moins fusibles ; maïs on ne peut pas s'en procorer de cette nature. On leur donne rarement plus de
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1 ceDtimètre de diamètre; 8*iU étaient plus larges, ils se fondraient avant que la substance située au centre eût pu acquérir la température nécessaire pour le succès de l'opération.
On chauffe les tubes de verre soit à Taide d'une lampe a plusieurs mèches, soit au moyen d'un feu de charbon : dans ce dernier cas, on les place sur une-^rifle en fil de fer sopportée par un fourneau dont le cendrier et la porte sont fermés^ et on les enveloppe successivement de charbon bien enflammé : de cette manière on peut, avec un peu d'habitude , les porter au rouge obscur dans toute leur longueur, sans risquer de les fondre. Le docteur Ure emploie comme fourneau une petite boite en étain qui supporte une plaque de tôle percée de petits trous et courbée en demi*cylindre, dans laquelle il met des charbons concassés de la grosseur d'une noisette : quand il a placé le tube sur le feu , il le recouvre avec un demi-cylindre semblable au premier et qui est muni d'une petite cheminée au moyen de laquelle il détermine un tirage plus ou moins fort , à volonté.
Pour traiter les substances solides par les gaz , on fait plus souvent usage de tubes en verre à boule (PI. II , Fig. 9) que de tubes cylindriques. Les tubes à boule sont faits avec des tubes ordinaires , tels que ceux qui servent pour monter les appareils, auxquels on soude une boule de quelques centimètres de diamètre , que l'on souffle avec un morceau de tube plus cpiiis. Quelquefois on souffle la boule avec le tube même au milieu duquel on veut la placer ; mais cela ne doit se faire que lorsqu'on ne lui donne qu'un Irès-petit diamètre ; autrement elle serait trop mince et elle ne résisterait ni au choc , ni à l'action du feu. Il y a des opérations pour lesquelles il est nécessaire d'avoir des tubes qui portent deux boules situées à quelque distance l'une de l'autre (PI. IV, Fig. 10). Dans ces sortes d'appareils, on ne chauffe que les boules, et le plus souvent on n'en chauffe qu'une ; on se sert pour cela d'une lampe à alcool à simple ou à double courant, que l'on peut élever ou abaisser à volonté, au moyen d'un pied à coulisse sur lequel elle pose. Pour faire Topération, on sèche le tube , on le pèse, on introduit la substance dans la boule , en quantité telle que celle-ci ne soit remplie qu'au tiers tout au plus; on pèse de nouveau , et l'on a ainsi par différence le poids de la substance soumise à l'expérience. Cette substance ne doit pas être réduite en poudre trop fine, mais en grains assez gros, quoique trèspetits , pour qu'ils puissent tomber dans la boule et ne pas
rester adhérents dans le tube ; on a soin d'aîllears de nettoyer exactement celui-ci avec une barbe de plume.
Tubes de fer. — Toutes les fois qu*il faut opérer à une température qui dépasse la chaleur roufçe , ou que Ton traite à la fois un poids un peu considérable de matière , il est indispensable de se servir de tubes de porcelaine ou de tubes de fer : ces derniers étant attaqués par un grand nombre de substances, on ne peut les employer que dans certains cas asscA peu nombreux. On se procure aisément , dans le commerce, de vieux canons de fusil , qui sont commodes pour c^et usage ; on en déinche la culasse, et on les courbe de différentes manières, selon le besoin.
Tubeê de porcelaine, — On donne aux tubes de porcelaine 4 a 5 centimètres de diamètre tout au plus, et une longueur variable, mais qui dépasse rarement 6 décimètres (Fig. 11). On en fait de bifurques (Fig. 12), et dans lesquels on peut, à Taide de cette disposition , introduire a la fois deux gaz différents ; quelquefois on leur donne la forme d*un U étroit (Fig. 18), ce qui permet de les chauffer dans des fourneaux de petite dimension.
On chauffe les tubes de porcelaine et les tubes de fer dans des fourneaux à réverbère ordinaires , ou , ce qui vaut beaucoup mieux, dans des fourneaux de forme ovale, ou enfin , dans des fourneaux prismatiques construits en brique. On met presque toujours deux tubes Tun h côté de l'autre , espacés seulement par un intervalle suflisanlpour que le charbon puisse facilement passer entre eux ; celte disposition économise du temps et du combustible. Quand on tient à avoir le poids de la substance que Ton soumet, dans un tube de porcelaine , à Taction d'un gaz , on la place dans une trèspetite capsule de porcelaine ou de platine , ou même sur une fenille de platine ployée en forme de godet, et après l'opération on retire du tube la capsule ou le godet , à l'aide d'un crochet en fil métallique, et Ton pèse.
On pose les tubes solidement dans le fourneau , en leur donnant une légère pente vers le côlc opposé à celui par lequel on introduit le courant de gaz; cette disposition a pour objet de faciliter Técoulemcnt des combinaisons qui se condensent à rétat liquide. Les extrémités des tubes doivent saillir de part etd*autre hors du fourneau, d'une longueur assez grande pour qu'elles se maintiennent à température modérée , afin qu'on puisse établir facilement leur communication avec les autres parties de l'appareil ; mats quand le produit de l'opération est une vapeur qui se condense aiscment à l'état solide, il faut que l'extrémité du tube par
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laquelle elle doit sortir saille le ndoios possible hors du fourneau , afin qu'elle ne se refroidisse pas trop et qu'elle ne 8*engorge pas. On fait coromuniquer los tubes placés dans le fourneau avec Tappareil qui fournit le gax, et avec les récipients, au moyen de bouchons de liège lûtes, de tuyaux de caoutchouc* etc. Presque toujours il est nécessaire que le gax soit complètement desséché avant d*étre introduit dans le tube ; on opère cette dessiccation en le faisant passer dans un gros tube ou dans un flacon dans lequel on met du chlo* rure de calcium fondu et grossièrement concassé.
Si ce sont des VHpeurs que Ton doit faire passer sur la substance contenue dans le tube, on les produit aisément, quand elles proviennent d'un liquide, à l'aide d'une cornue placée sur un petit foyer ou sur une lampe. Il faut avoir l'attention de ne les faire affluer qu'avec lenteur, pour qu'elles puissent se décomposer, du moins pour la plus grande partie ^ en tra versant le tube. On juge si la vitesse est oonvenable^ par la nature des produits qui sortent de l'appareil.
Quand la substance dont on veut faire passer la vapeur dans le tube est solide, on l'introduit par petits morceaux successivement dans celui-ci, en bouchant à chaque fois l'ouverture aussi promptement que possible et avec le plus grand soin ; mais il est nécessaire de prendre de très-grandes précautions pour éviter que le contact subit d'un corps froid ne fasse casser le tube. Les uns font sortir le tube hors du fourneau , sur une longueur assez grande pour que son extrémité soit presque froide, et chaque fois qu'ils y introduisent un petit morceau du corps vaporisable , ils chauffent cette extrémité avec une lampe, de manière à faire fondre le corps, qui s'écoule alors vers la partie très-é chauffée et s'y réduit graduellement en vapeurs. D*autres adaptent à l'extrémité des tubes de porcelaine un tube de verre qui y entre à frottement et qui s'y enfonce sur une certaine longueur, et c'est par ce tubequ'ils introduisent successivement la matière solide à vaporiser ; par ce^oyen , on évite de mettre cette matière immédiatement en contact avec le tube de porcelaine,et l'on n'a pasà craindre que ce tube se casse par un refroidissement .subit. A la vérité, le tube de verre se foie presque toujours^ mais les morceaux restent ordinairement juxta-posés, et s'ils se dispersaient, on réparerait facilement l'appareil soit en enfonçant ce tube dans le tube de porcelaine 2 soit en en mettant promptement un autre.
Dans le cas le plus général , on adapte à l'autre extrémité du tube de porcelaine un ballon tubulé ou une allonge qui communique avec un ballon de verre à deux tubulures , et
TUBES A F0UR?1BAUK;. 131
dont la tubulure verticale est munie soit d'un long tube droit par lequel s'échappent les gaz , soit d'un tube recourbé qui conduit ces gaz dans un vase contenant une substance qui peut les absorber , quand on juge cette précaution nécessaire.
Lorsque la combinaison qui se produit dans Texpérience est vaporjsable et condensable à l'état solide , on a l«>ujours lieu de craindre l'engorgement de l'extrémité de sortie du tube ; circonstance qui pourrait en déterminer la fracture avec explosion : dans ce cas il est commode de se servir pour récipient d'un ballon à quatre tubulures (Fig. U). Les deux tubulures qui sont dans la direction du tube servent à laisser passer une tige rigide, soit de verre, soit de platine, soit de fer, enveloppée d'amiante , au moyen de laquelle on débarrasse l'extrémité du tube dès qu'elle comoience à se remplir; la tubulure inférieure plonge dans un flacon que l'on maintient à une température très-basse , et duquel part un tube qui sert d*issue aux gaz; enfin , la tubulure supérieure permet de dégorger, avec une tige rigide, la tubulure inférieure , lorsque celle-ci se trouve obstruée par la substance qui se condense.
Doiage de l'eau, — Il est quelquefois utile de doser l'eau qui peut résulter de la réaction d'un gaz sur une substance solide que Ton chauffe dans un tube; par exemple, quand on réduit un oxide par le gaz hydrogène, parce qu'alors on peut déduire dn poids de Peau la composition de cet oxide. Dans ce cas, on adapte au tube principal un tube de verre 2l boule, et ii celui-ci un tube de \erre plus large, dans lequel on met du chlorure de calcium. Après ropcralion, on pèse séparément chacun de ces tubes , qui ^avaient dû être pesés à l'avance ; la plus grande partie de l'eau se condense dans la boule, et le reste est absorbe parle chlorure de calcium. On pourrait, à la rigueur, se dispenser d'employer une boule; mais cela est toujours avantageux , parce que si Ton ne se servait que de chlorure, au bout de peu de temps les morceaux deviendraient très-humides a la surface, à moins qu'on n'en employât une grande quantité, ce qui serait Tort gênant; et alors leur affinité pour l'eau diminuant beaucoup, une partie de ce liquide pourrait échapper à leur action.
ErpuUiûn de Vfgir, — Dans un grand nombre d'opérations du genre de celles que nous venons de décrire, il est indispensable de se débarrasser de la présence de l'air: on y parvient très-facilement en faisant passer une certaine quantité de gaz à travers le tube , et en ne commençant a chauffer
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celui-ci que lorsque )*on est assure qu'il ne contient plus
3ue du gaz pur. Si , au lieu d'un gaz , c'est une vapeur qui oit agir sur la substance contenue dans le tube, on expulse l'air de celui-ci en y faisant passer un gaz qui ne puisse pas nuire à l'opération , de Tbydrngène ou de l'azote, par exemple. Quelquefois aussi la substance qui est le produit de la réaction est inaltérable à froid dans l'air, mais s'y oxide quand elle est chaude ; dans ce cas, on la laisse refroi* dir dans le tube, au milieu du gaz qu'on y fait toujours affluer lentement^ ou bien on y fait passer^ pendant toute la durée du refroidissement, un gaz inerte ^ pour chasser celui qui a été employé dans l'opération , en évitant ainsi le contact de l'air atmosphérique.