‹ Traité des essais par la voie sèche (volume 2)Chapitre 31 sur 111 · A BOUCHE · texte numérisé non relu

A BOUCHE

extrémité, un anlre petit tube aussi oonique^ courbé à angle droit et mobile a frottement (Fig. 6). L'eau se dépose dans Tespèce de réservoir qui se trouve à l'extrémité du grand tube. Gel instrument est Irès-portalif , mais il fatigue plus la poitrine que celui de Gahn.

Chalumeau de PVollaiton, —* M. Woliaston a rendu le chalumeau de Tennant plus portatif encore en faisant le grand tube de trois pièces s*emboitant à frottement les unes dans les autres, comme dans les lunettes d'approche (Fig. 6). Ce cbalumeao est très-commode et d*un bon usage quand il est fait avec assez de soin pour qu^il ne se perde pas d*air par les jointures»

Comparaison deê chalumeaux. — Une longue pratique a fait connaître que les chalumeaux doivent avoir SiTà 25 centimètres de longueur. On les fait en argent ^ en fer bronzé ou en laiton. Les cbalomeaux de laiton répandent une odeur désagréable; on garnit leur ouverture avec une embouchure en bois ou en ivoire ^ afin que les lèvres ne soient pas en contact avec le métal. Lea chalumeaux en fer se rouillent à Tair et s*oxident au feu. Les chalumeaux d'argent sont donc les meilleurs.

Becê. — L'extrémité p«ir laquelle sort le courant d'air étant extrêmement mince et pénétrant souvent an centre d'une flamme excessivement obaode, serait exposée à sefundre ou à se brûler si elle était faite avec un métal peu réfraetaire •t trés-oxidable. D'un autre côté^ comme elle s'obstrue fréquemment par le dépôt charbonneux que produisent les parties de la flamme qui ne sont pas en pleine combustion, il faut nettoyer les becs do temps en temps , ce qui ne peut se laire avec succès et sans les déformer , qu'en dirigeant dessus le jet de flamme d'un autre chalumeau , pour brèler sa matière charbonneuse. Par ces motifs, Fextré mité pointue des chalumeaux se fait toujours en platine. On ne soude pas le platine au corps de l'instrument ; maïs on y adapte à frottement de petits becs coniques qu'on peut mettre et enlever à volonté (Fig. S et h). Pour les nettoyer on les ôte , on lea met sor on charbon et on projette dessus l'extrémité de fa flamme d'un autre chalumeau ; oe qui les rend a l'instant aussi briHaaU que s'ils étaient neufo. On fait ces petits becs , soit avec des feuilles de platine auxquelles on donne la forme cocnrenablesiir on moule et que l'on soude à l'or,en employant la pins petite quantité possible de oe métal, aAn qu'il ne sa forme paa d'alliage fusible ; soit en tavaudant et perçant \m troi»çon de fil de platine. Il est essentiel que l'orifice du bec soit bien rond , et qu il y ait un certain diamètre conve-

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nable : s'il n*est pns rond , le jet de flamme est iircgiiller; 8*il est trop f élit , le dard ne produit qu'une faible chaleur ; s'il est trop grand , la flamme obéit difficilement è rinstifflation f et la poitrine se fatigue beaucoup. Quand ForiGce se déforme par Tusage ou par accident , ou lui rend aisément sa régularité en passant ^ travers une aiguille à coudre et martelant le bec à très-petits coups.

Chalumeau en verre, — On fait quelquefois usage de chalumeaux en verre , qui consistent en un tube ordinaire recourbé à angle droit, et près de rextrémitë duquel on soude une boule et un bec : ils ont le mérite de coûter fort peu; mais ils sont très-fragiles, et il faut d'ailleurs avoir une très-grande habitude pour s'en servir, parce que, pour peu qu'on enfonce trop la pointe dans la flamme, elle se fond et elle se bouche.

JForge dupyrognoste.-^Leê chalumeaux qui sont alimentés par l'air des poumons ont l'inconvénient de projeter de Teau sur la flamme, et tous ceux dont il vient d'être fait mentioo ont en même temps l'inconvénient d'occuper la main droite de l'opérateur. M* Gouerbe en a fait construire un qui est exempt de ces inconvénients, et qu'il croit propre à faciliter les expériences pyrognostiques. Il lui a donné le nom de forge du pyrognoste. Nous allons le faire connaître, quoique l'expérience n'ait pas encore prononcé sur son utilité. Il se compose d'une colonne-support A , d'un réservoir à air cylindrique et muni de trois tubulures B ; d'un autre réservoir cylindrique G, destiné à dessécher, par le moyen du chlorure de calcium qu'on y introduit , l'air insufflé dana l'appareil; d'un troisième réservoir E, à huile, qui porte deux mèches concentriques ; enfm d'une tige carrée T, entrant a frottement dans la douille de la lampe, [Ployez l'Explication des Planches , Fig. 7.)

Toutes ces pièces sont tellement disposées, que le réservoir d'air, à l'aide d'un cylindre de jonction F et de la-vis qui le presse , peut remonter et descendre à volonté ; que la lampe peut suivre le chalumeau dans sa marche; qu'elle peut s'avancer ou se reculer près de la colonne, et par conséquent près du bec qui verse le vent sur la flamme ; et qu'enCn elle peut tourner tout autour de la même colonne, ce qui donne beaucoup de facilité pour arranger convenablement la mèche. On place le bec du chalumeau contre les deux mèches, et on l'approche plus ou moins, selon que Ton désire produire le dard minéralogique ou le flamber. Quand on o'a pas besoin d'air sec, on supprime le chlorure de calcium, et alors on emploie un autre tube buccal, qui entre-

FORGE OU PYaOGNOsîTE. 175

à Frottement dans le cylindre de jonction , et qui , par sa longueur, no change rien dans les dimensions de Tinstrumeut.

Les chalumeaux que nous venons de décrire sont appelc^s chalumeaux à bouche^ parce qu'on s'en sert en soufflant dedans avec la bouche et dirigeant le jet d'air sur un combustible enflammé, pour en détacher un dard b l'action duquel ou soumet le corps que Ton veut essayer. Il faut s'accoutumer à produire un jet continu en aspirant et respirant par le nez , tenant toujours la bouche pleine d'air sans le faire passer par les poumons, et l'expulsant p .r faction seule des muscles des joues, sans faire aucun e£Fort de la poitrine. Lorsque l'on en a acquis Thabitude, cet exercice ne cause presque aucune fatigue; néanmoins on a cherché à s'en dispenser, et l'on a imaginé pour cela divers iustruments à l'aide desquels on se procure un courant continu par des procédés mécaniques.

§ S. — Chalumeaux mécanique».

Lampe d^émai/leur. — Le plus ancien est la lampe de Téfnaiileur (Fig. 8) « dont font usage les souffleurs en verre et les ouvriers qui façonnent les objets en émail. Elle consiste eu un soufflet à deux vents que l'on fait mouvoir avec le pied , et dont l'air est projeté sur la mèche d'une lampe par un tuyau dont rextréniité conique est en fer, en cuivre ou même en verre. L'ouverture de cette extrémité conique est ordinairement beaucoup plus large que celle des becs des cbalumeanx à bouche, aussi le dard est-il beaucoup plus volumineux ; mais sa température n'est pas plus élevée, et elle est même presque toujours moindre, parce qu'ordinairemeitt le volume du soufflet est peu considérable par rapport à la largeur de l'ouverture du bec ; cependant er adaptant à celui-ci un bec plus étroit en platine , on peut produire avec une lampe d'éiuailleur un dard aiju et trèséchauffé, et obtenir les mêmes effets qu'avec les chalumeaux à bouche.

Fessie comprimée, — Une vessie pleine d'air atmosphcrîque, à laquelle ou ajuste un tube effilé, armé à son extrémité d'un bec en platine (Fig. 9) , peut très bien remplacer le chalumeau à bouche ; on Èiit sortir l'air plus ou uioms rapidement. Il volonté, en plaçant la vessie entre ses genoux ou sous son bras, et en la comprimant plus ou moins fortement. Pour la remplir quand elle est vide, Ion y introduit de Tair avec on so>jfflet, après avoir démouté le tube ajuste

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à son ouveriiire ; ou bien , o» qui est beaucoup plus coiniDotle, ou souffle dedâos avec la bouche par rinCermëdîaîre d'un second tube adapté près du premier, et muni d*un robinet que Ton ferme quand on veut faire îouer le chalu> iiieaQ«

CkalumefUkdeM' Dang^iP. — M. Danger a imaginé de substituer au tube à rubîiiel, au moyeu duquel l'on remplit arec la bouche un chalumeau i vessie, un tube muni d'une soupape pressée par un ressort, qui permet à Tair d'entrer par ce tube et ne lui laisse d'autre issue pour sa sortie que le bec du chalumeau. Par ce moyen , et ea disposant les diverses parties de Tappareil de telle sorte que Touverture du tube è soupape se trouve à peu prés à la hauteur de la bouche de Topérateur placé pour ae servir de rUistrument (Fig. 10), Ton peut« ea souSanl de temps eu temps» alimenter la vessie de manière a obtenir un jet continu, et en conservant toujours les deux mains libres. Pour faire sortir Tair de la vessie, on la comprime entre les genoux, ou bien on Tenveloppe dans un réseau }k rexlrémité inférieure duquel on attache un poids plus ou moins fort, selon le degré de vitesse que l'on veut, donner au courant. On ûxe rioairument, au moyen d'une vis dépression (Fig. 10) , à une table quelconque. En changeant les becs de Tajulago, on peut en faire à volonté un chalumeau pour essais docimasîques ou une lampe d'émailleur profire au travail du verre i cependant pour ce dernier usage il ne faudrait pas opérer sur des pièces trop grosses^ sans quoi il faudrait souffler conlinuellen^ent pour entretenir la vessie pleine d*air, et au bM&l de peu de tempa on se trouverait plus fatigué qu*on ne le serait en faisant mouvoir un soufflet avec le pied,

Giuomètre^ -^ On pourrait encore se servir d*UQ gainmètre quelconque pour produire un courant dair sans avoir recours a rinsufflalion ; mais aucun de ces instruments, quoique d*une conslfuolion plus ou moins compliquée^ nVst aailleurs aussi commode que le chalumeau à beudieL, pour les expériences chimiques: toutes le# personnes qui a*occupent de Docimasie ne peuvent point se dispenser d'ap prendre à faire usage de ceUii-ci.

S 8. — CQmknHihtbê.

Cki emploie pour eombusiiblea dans les essais au chalumeau, des chandellea, des bougies et des lampes à huile ou à esprit*de^vin.

Chandelleê. •** Les chandelles donnent une bonne fl»HiiHe,

MéCARIQUES. 177

mais elles ont rioconvënient de couler beaucoup , parce que Ton esl obligé d'incliner la mèche dans la direction que Ton veut donner au dard« M. Danger évite cet inconvénient en plaçant la chandelle dans un tube à ressort a (Fig. 10) , rétréci à sa partie supérieure sur une hauteur suffisante pour que le suif fondu puisse y être contenu et qu*il ne s*écoule pas par dessus les bords.

Bomgiu. — Les bougies ordinaires ont la mèche trop petite pour que Ton puisse en tirer un dard suffisamment échauffé ; il fiiudrait pour cet usage en faire faire exprès avec de grosses mèches de colon. Gabn s'est servi pendant un temps de trois petites bougies accolées brûlant à la fois.

Lampe$ à alcool, — Les lampes à esprit>de-vin sont d*un usage agréable et ont l'avantage de ne pas produire de fumée; mais elles ne donnent pas assex de chaleur: on ne s'en sert guère que pour chauffer les tubes à la simple flamme sans insufflation.

Lamp9^ à Atit/e. — On emploie maintenant presque excluaivement les lampes à huile, parce qu'elles ont l'avantage de chauffer très-fortement, d'être portatives et de ne pas salir comme le suif. L'huile d'olive est la meilleure de toutes : les émailleurs emploient Thuile de coixa ou l'huile d*œillet épurées, par économie; il y en a qui préfèrent les huiles animales ou le suif fondu , dans les lampes, prétendant que ces substances font moins mal à la tète que les huiles végétales. Les mèches sont faites avec des brins de coton comme pour les chandelles; il est essentiel qu'elles ne soient pas éventéetf ce qui arrive quand elles sont préparées depuis trop longtemps, parce qu'alors elles brûlent mal, n'aspirent l'huile que lentement , et forment un charbon volumineux qui absorbe toute la chaleur ; les mèches s'altèrent aussi dans les lampes, même lorsqu'elles sont imbibées d'huile; il oe faut donc plus s'en servir quand elles sont trop vieilles.

Latnp9 de AI. Berzélius, — La lampe h essai de M. Berzëlius est en tôle vernie. C*est un tube légèrement conique (Fig, 11 ) de 12 centimètres de longueur ; à son extrémité la plus grosse il a t centimètres de diamètre, et il est muni ci*une douille qui est destinée à recevoir une tige cylindrique en laiton, à laquelle la lampe est suspendue. L'extrcluité étroite du tube n'a que S centimètres de diamètre ; vers cette extrémité le tube présente à sa partie supérieure une ouverture circulaire dont le diamètre est aussi d'environ 2 centimètres ; cette ouverture est garnie d'un anneau de laiton taraudé à vis intérieurement. C'est par cette ouverture qu'on verse l'huile dans la Linipe : la mèche s'iii-

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troduil dans un petit bec oblong de f«fr-blaiic fixé sur une plaque ronde de même métal qui entre à plal dans l'ouverture. L'anneau de lailun est un peu plus largue que l'ouverture de la lampe, en sorte que la plaque qui porte le bec et la mèche peuvent tourner librement sur le bord sailUnt qui se trouve an fond de l'anneau. Lorsque ton ne se sert plus de la lampe, on recouvre le bec avec un couvercle qui se visse dans l'écrou de l'anneau . et on calfate le joint avec une peau que l'on a auparavant bien imprégnée de cire fondue. La jonction est alors si parfaite, que l'on peut retourner la lampe en fous sens et la serrer où Ton veut , et la transporter sans crainte de tacher d'huile les objets avec lesquels elle se trouve en contact.

Pour se servir de cette lampe , on la monte sur un support au moyen de la douille, et on la lient à une hauteur convenable^ soit à l'aide d'une vis de pression ^ soit au moyen d'un bouchon percé d'un trou t (Fig. 11) dans lequel la tige entre à frottement, et que l'on peut hausser ou abaisser à volonté. Le support se compose d'une tige ronde en laiton , d'environ 8 décimètres de longueur, et d'une croix aussi en laiton, faite de deux bëndes longues de 14 centimètres et larges de 1 centimètre ^qui s'ajustent Tune sur l'autre à volonté, et au milieu desquelles est percé un écrou qui reçoit l'extrémité à vis de la tige. On démonte cet appareil quand on veut, et on peut loger les différentes» pièces dont il se compose dans un étui , de manière à ce qa*elfes n'occupent que très-peu de place. Souvent, pour rendre la tige moins embarrassante, on la partage en deux parties égales que l'on réunit au moyen d'une vis et d'un écroa.

Lampe iTémailleur, — Tout le monde connaît la lampe des émailleurs (Fig. 12 et 13} ; M. Danger y a fait quelques modifications, desquelles il résulte qu'elle donne moins de fumée^ qu'elle est plus propre, et qu'elle fatigue moins la vue de l'opérateur (Fig. -14). La lampe de M. Danger est munie d'un chapiteau c ^ mobile , à charnière , qui étant rabattu sor la flamme, la contient, l'empêche de s'élever verticalement en pure perte , et la force à se fixer ^ à se porter tout entière dans le dard . dont elle augmente Tintensité. Un fil de laiton plié en demi-cercle et .mobile sur ses deux extrémités f^ sert à soutenir la mèche et a l'eropécher de toucher les bords de la lampe, et on évite par là l'écoulement de l'huile dans le godet g, qui sert d'assiette à la Limpe* La mèche doit être placée dans les lampes d'éroailleur avec quelque précaution : on prend un écheveau de coton que l'on coupe en quatre ou en six , on dispose les

LAKPES.

brina les uns à côté des autres , de manière h en former tm faisceau plus ou moins gros, et \onç de 2 à 3 dcrimctres; et on j passe légèrement un dcmél(»ir ponr en bien unir tous les fils : on le pince dans la 1nmpe, et quand il est imbibé^ on le partage en deux faisceaux égaux que l'on ccarte assez pour permettre au courant d*air que Ton dirige entre eux, de les effleurer légèrement sans être ^éné dans sa direction : on rapprochant plus ou m4>ins ces faisceaux, et en leséméchant, on parvient facilement à avoir un jet de flamme convenable. Il etit à propos de laisser entre les Faisceaux et à lenr partie inférieure, une petite portion de la mècbe, au dessus de laquelle le courant d'air soit dirige. Pour obtenir un bon feu^ il faut que PoriGcp du chalumeau effleure la partie extérieure de la flamme; s'il pénélrut dans son intérieur, il n'y en aurait qu'une trop petite portion de projetée; s'il s*en éloignait en dehors, la flamme deviendrait broyante, tremblante, blanchâtre^ et donnerait moins de chaleur ; mais alors, si le courant d'air était d'ailleurs suffiiamoaent fort, elle s'épanouirait en gerbe, ne produirait pas de fumée, et serait très-propre au travail du verre.

Pour obtenir le maximum de chaleur que peut fournir la combustion de l'huile , il est indispensable que rorifîce du bec des chalumeaux soit dans un certain rapport avec la grosseur de la mèche. Un long usage a fait admettre è N. Danger les proportions suivantes :

Grosseur

des mèches.

Diamélre

ile rorifice

du tube.

Elévation de la mèche

au dessus du niveau de rbuilc.

millimètres.

millimètres.

millimètres.

Les mèches de 7 millimètres ne servent que pour les essais chimiques.

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