TOURBE
Alcalis, que l'un distingue sous le nom de terreau charbonneux.
Usage. ^ On emploie la tourbe romme combuslible , (anl6t dans son état naturel , tantôt après Tavoir carbonisée.
Dùtiilation. — Les tourbes donnent é la distillation les mêmes produits que le bois ^ c'est-à-dire des gaz combustibles , de l'eau acide et des huiles, et presque toujours en outre de l'ammoniaque. Ces gas renferment quelquefois de l'azote libre. Le charbon qui reste après la distillation a la même contextore que la tourbe ; mais il occupe un voluroe beaucoup moindre ; le retrait est le plus ordinairement des deux tiers.
Carbonisation . — La carbonisation s'opère soit par la méthode de la cuitq en meules , soit par distillation , soit par calcination dans des fours en maçonnerie. La méthode de la cuite en meules est la plus simple et la plus économique de toutes ; mais elle présente des difficultés d'exécution qui tiennent à la grande combustibilité du charbon de tourbe : il serait très-important pour les arts que l'on parvint à la perfoctionner. La distillation se fait comme celle du bois , mais elle ne donne pas des produits aussi utiles. I.a calcination dans des fours en maçonnerie est , dans l'état des choses ^ le meilleur mode que Ton puisse employer. On peut en voir la description dans les Annales des Minae (tom. Vy 2* série, page 21 1).
La proportion de charbon que produisent les tourbes est extrêmement variable , à raison du mélange des matières terreuses ; elle est toujours beaucoup plus grande que celle que donne le bois : communément elle est de 0,S5 à 0«40 en volume, et elle varie du quart au tiers en poids. Il est très-essentiel de remarquer qu'abstraction faite des cendres, le produit en carbone réel est beaucoup plus grand pour les tourbes que.pour les bois.
Incinération. — Les cendres que laisse la tourbe par sa combustion , proviennent des sels que renferme la routière végétale , et principalement des matières terreuses mélangées mécaniquement. Les sels sont de même nature que ceux qui se trouvent dans le bois. Aussi quand on analyse les cendres de tourbe avec soin , y tronve-t-on des carbonates alcalins : on ne les emploie cependant pas comme matières alcalines , parce qu'elles sont mélangées d'une trop grande quantité de substances étrangères. Ces substances sont très-variées ; elles proviennent évidemment du limon que les eaux tiennent en suspension dans les temps de
ANALYSE IKMÊDIXTB. ^9
pluie ; ce qui le prouve, c*est qu'elles sont toujours de même nature que le sol environnant, calcaires et argileuses dans les pays où les pierres calcaires dominent, sableuses au milieu des roches primitives, etc. Les tourbes qui se trouvent sur les plateaux élevés sont les plus pures et celles qui donnent le moins de cendres , parce qu'elles ne sont jamais inondées par des eaux (roubles. Outre le carbonate de chaux. Fargile el le sable, ces tourbes renferment très-souvent du sulfate de cbanx , et quelquefois même en assez grande proportion ; alors le charbon qu*on en extrait el tes cendres exhalent une odeur sulfureuse plus ou moins prononcée , parce que le sulfate de chaux se change eu sulfure de calcium par la réaction des matières combustibles. C*est probablement là ce qui fait dire que les tourbes contiennent souvent des pyrites de fer, et que ces pyrites se forment journellement dans leur sein. Mais cette assertion nous parait tout-à-fait erronée ; nous n'avons jamais aperçu la plus petite trace de pyrite dans les tourbes, quoique nous en ayons examiné un grand nombre. Les cendres de tourbe sont employées avec avantage pour amender les terres. A Beauvais on les vend 0^,75 Thcctctlitre , qui pèse 57 kilogrammes.
Analyue immédiate, — On fait Tanalyse immédiate des tourbes de la même manière que Tannlyse des bois. On peut, de plus, y rechercher la proportion relative d*ulmine et de matières végétales non altérées: pour cela on broie la tourbe, on la dessèche complètement à une température voisine de Tébullitiou ; on en prend un ou deux grammes que Ton fait digérer à chaud dans une dissolution de potasse caustique; on décante la liqueur, qui est brune , et on la renouvelle jusqu'à ce qu'elle cesse de se colorer ; on lave à Teau distillée; on dessèche le résidu à la même température que la tourbe et la perte de poids donne la proportion de Tulmine, qui s'est dissoute en totalité dans l'alcali.
Combustion, — La tourbe brûle , comme le bois , avec flamme et fumée, mais lentement , parce que sa combustion est retardée par le mélange des matières terreuses ; elle exhale presque toujours une odeur piquante et fort désagréable qui paraît tenir à la présence de substances animales.
Résultafê analytiques, — Le tableau suivant présente le résultat de l'analyse immédiate de quelques tourbes.
2ao
TOUBBE.
Dëmér«ry.
Château.
LandoB.
Clermont.
Reims.
Voit- ■umra.
Rourgning.
Troye«.|
Charbon
'Cendres
'Matières volatiles liquides..
Gax
Ifoire.