COKE
ARTicLB IV. — Du coke,
Uiagci. — Le coke est , ainsi que nous Tavonsdit, le produit de la calcination de la honille. On en fait un trèsgrand usage dans les travaux métallurgiques, et on l'emploie presque eiclusivement pour chauffer les fourneaux qui servent à faire les essais par In voie serbe; c'est pourquoi nous lui consacrons un chapitre particulier.
Caractères, —7 Le coke est en masses poreuses comme la pierre-ponce, et plus ou moins boursouflées et mamelonnées, dur, ne tachant pas les doigts , mais cassant et même friable quand les cavités des pores sont larges. Sa couleur est le gris de fer ou le gris de plombagine; il n l'éclat demi métallique. Sa poussière est d'un gris noir. Sa pesanteur spécifique varie beaucoup; elle n'est pas aussi grande que celle de la houille, mais elle est rarement inférieure a celle de l'eau, et elle surpasse par conséquent celle du charbon de bois. L'hectolitre de coke en morceaux pèse 40 à 45 kilogrammes. A Paris , la voie de 15 hectolitres pèse 645 kilogrammes, une fois et demie autant qu'une semblable mesure de charbon de bois de Picardie. £u Silcsie on porte le poids du mètre cube de coke à 470 kilogrammes.
Lo coke attire l'humidité de l'air comme le charbon de bois , et peut même absorber une très-grande quantité de vapeur d'eau ; dans les temps secs il abandonne la plus grande partie de cette eau^ mais il en retient environ 0,04 à 0,05, qu'il laisse dégager à pou près en totalité à la température de 100".
Matières volatiles, — Le coke préparé en grand pour les usages de la métallurgie ne retient pas unequoDlilc notable de matières combustibles volatiles, mais celui qui provient fies usines à gaz . dans lesquelles la houille est distillée en vases clos, en relient au contraire presque toujours une certaine quantité.
Cowbviftion. — Le coke est d'une très-difBrile combustion. Il brûle presque sans flamme : les morreaux inean- (lescents s*cteignent dès qu'on les retire du foyer, et quand il. est en petites niasses il paraît à peine incandescent. Pour qu'il se consume il fauH'i'nr.ployer en grandes masses, ou bien activer sa < ombustion par un courant d'air trèsrapide. Lorsqu'on v< ut l'inrinérer pour doser les matières étrangères qu'il renfcrmCj il faut le réduire en poudre et le chauffer à la chaleur rouge-blanc.
Pouvoir calorifique, — Le pouvoir .caloriflque du coke
POliVOia CALORIFIQUE. 32:J
est en général à peu près le même que celui du charbon de bois ; cependant pour produire un effet déterminé on consomme toujours plus du premier combustible que du second, surtout quand l'effet à produire n*exige pas une température eiLfrémement élevée. Cela tient à ce que le coke ne peut brûler que lorsqu'il est en grandes masses ou soumis à Taction d'un furt courant d'air; circonstance d\>ù résultent toujours une chaleur forte , et par suite une grande déperdition du calorique qui est entraîné par les gaz qui proviennent de la combustion. Dans les travaux métallurgiques, on admet que pour équivaloir à 1 partie de charbon de bois, il faut I ^ k 1 | partie de coke en poids, et environ j partie en volume.
Relativement à l'intensité de la chaleur qu*il est capable de produire, aucun combustible ne peut remplacer le coke; aussi donne-t-il dans les hauts- fourneaux des résultats que Ton ne peut pas obtenir avec le charbon de bois. Dans les fourneaux d'essais pour les métaux difficiles à fondre, il élève la température de lÛ"" p. de plus que ce dernier combuhlible. 11 doit cette propriété à sa grande densité, et probablemeut aussi , d'après M. Pcclet , à ce que son pouvoir de rayonnement est très grand.
En comparant le pouvoir calorifique du coke à celui des houilles, on voit qu'en général, en carbonisant celles-ci, on ne perd que le cinquième ou le quart, et très- rarement le tiers de la chaleur totale qu'elles peuvent développer , tandis que dans la carbonisation du bois cette perie est dVnviron moitié.
. Usage docimastqye. — Si Ton pouvait aisément se procurer du coke à peu près pur, ce combustible serait extrêmement précieux , et en remployant dans un fourneau à vent ou dans une forge à soufflet, on pourrait en quelques heures obtenir une température tellement élevée, qu'aucun creuset ne pourrait la sufiporter sans se fondre; malheureusement le coke que l'on trouve dans le commerce, surtout à Paris , est toujours très- mélangé de matières étrangères qui sont extrêmement nuisibles , en ce qu'elles encombrent les fourneaux et corrodent les creusets. Il faut, dans le choix que l'on fait des cokes^ prendre en grande considération la nature et la proportion de ces matières ; elles sOnt les mêmes que celles qui se trouvent dans les liouillcii y. et elles se composent essentiellement d'argile et de pyrites.. L'argile, après la combustion, s'agglomère en niasses scoriacées imparfaitement fondues, qui restent sur la grille du fourneau et finissent par intercepter tout pas-