ANTHRACITES
laire ou écaillease. d'un noir tiraot sur le gris , sensiblement métalfoîde , dure , ne tachant pas ou ne tachant que très-peu les doigts , cassante et se réduisant aisément en poudre impalpable sous le pîlon.
Le graphite ou plombagine n*est pas classé ordinairement avec Tanthracite , parce qu'il a des caractères particuliers , et qu'il ne paraît pas comme celle-ci devoir son origine à des matières végétales. Effectivement on n'y trouve pas d'empreintes , et il se rencontre fréquemment dans des roches que Ton regarde comme primordiales. Néanmoins nous en parlons ici, parce que c'est , ainsi que Tanthracite, du carbone à peu près pur. Le graphite est compacte , grenu, feuilleté, lamellaire, ou même laminaire, à lames hexagonales. Il est d'un gris de fer ayant un éclat métallique très-prononcé ^ doux au toucher. Il jouit d'une certaine mollesse , s*aplatit et se pelotonne sous le pilon , au lieu de se réduire en poudre , et tache les doigts. Sa pesanteur spéci6que est de 2,08 à 2,26. On l'emploie pour faire des crayons et pour atténuer la résistance des frottements dans les machines. Il est fort souvent intimement mélangé de matières argileuses ; alors on peut s'en servir pour faire des creusets réfractatres. Il brûle plus difficilement encore que l'anthracite. Pendant longtemps on a considéré le graphite comme du carbure de fer ^ parce que l'on n'en rencontre point qui soit tout-à-fait exempt de ce métal ; mais il est hors de doute aujourd'hui que le fer y est à l'état d'oxide , et s'y trouve simplement mélangé , et que le minéral ^ dans son état de pureté , n'est que du carbone hors de toute combinaison.
Compotition. — Le tableau ci-dessous présente des exemples de composition de différentes anthracites et de trois variétés de graphite.
cou POSITION.
La.
Binio.
UVAL.
Chau- Baoon.
miére. niêre.
ttor*.
sière. ,
Charbon
Cendres
' Matiéret Tolatiles
Plomb arec la Utbarge. . . .
•.-DttB.
HontdoLus
EmMi.
ChardAaaet.
Barièra
Angle- (12)
i Charbon
Cendres
Matières volatUes
— Plomb avec ^« lilharse. . . .
(1) Anikraeite vitnuie de Lamure , près de Grenoble (Isère) ; sa pesanteur spécifique est de 1,608. A la température Ue rébulHtioii elle ne perd qae 0,00^ de son poids : Veau y est donc retenue très-forteraent. Elle décrépite au feu et ne répand pas la moindre odeur bitumioeuse. Lorsque après avoir été calcinée on la laisse eiposéeà Tair , elle absorbe en peu de tenfips.0,086 (i*humidilé atmosphérique.
(S) Jnihraeitê vUreHêê de Penêyhanie » sur les bords de la Delaware ; elle ressemble à la précédente , mais elle eat tio peu moins noire. Sa pesanteur spécifique est de 1,580* Ses cendres sont argileuses et léfrèrement briqiietées. On en Fait une grande consommation à Philadelphie, pour le chauffage domestique.
(S) Anthracite commune de Binie , petit port situé 2t quelque distance de Saint-Brteuc (Côtes-du-Nord) ; elle se trouve à une petite profondeur , dans des grès de transition.
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Elle est d'un beaanoir irisé, à cassure conchoïde éclatante. Chauffée dans un tube de verre , elle donne de Teau pure et des traces de bitume \ elle brûle en produisant une légère flamme ; ses cendres sont blondes , et renferment plus de la moitié de leur poids de chaux.
(4) . (5) Antfiracitei de$ environs de Laval (Mayenne) ; elles font partie d'un terrain de grauwacke et de schiste recouvert par du calcaire de transition. Elles sont l'objet d'exploitations importantes. On les emploie principalement pour cuire de la chaux, dont on fait actuellement une grande consommation dans lertravaux agricoles.
(4) Anthracite de la Câaumière ; lamelleuse en plusieurs sens, se cassant en fragments parallélipipéidaux, éclatante, d*un noir très-peu gris ne tachant pas les doigts. Chauffée dans un tube de verre , elle décrépite faiblement sans se briser ; elle donne d'abord de Teau , puis elle répand une odeur bitumineuse très-faible, mais sensible, et le tube se recouvre d'un vernis mince de matière huileuse. Elle brûle en produisant une flamme courte et claire , et elle exhale sur la fin une forte odeur d*acide sulfureux. Les cendres sont trèsrouées. Elle contient 0,030 d*argile et 0,043 de pjrites ; les 0,847 de charbon quelle renfc^rme produiraient 28,8 de plomb; les 0,043 de pyrites en donneraient 8^4 ; les 0,080 de matières volatiles en produisent donc 0,8, et équivalent par conséquent à environ 0,02 de charbon.
(5) Anthracite de Baconnière ; en masses écailieoses , tendre, s'écrasant entre les doigts ; d*un noir un peu gris sur les faces brillantes des lamelles. Sa poussière est noire. Dans le tube de verre elle donne d'abord de Tean accompagnée d'une lca;ère odeur empyreumatique , puis un sublimé très-notable d*hydrochlorate d'ammoniaque , sans la moindre trace de bitume. Elle brûle lentement , et en produisant dans le commencement une flamme très-légère et seulement lorsqu'on l'agite. Les cendres qu'elle laisse sont d'un rouge de brique pâle.
A Bordereaux , près de la Baconnière , on trouve une anthracite schisteuse , noire , friable , tachant les doigts , qui contient à peu près 0,18 de matières terreuses , et qui ne renferme presque pas de pyrites. Quoiqu'elle ne fasse pas pâte avec Feau , on pourrait l'employer , comme la plombagine . pour faire des creusets réfractaires , en la mêlant avec deux à trois fois son volume de bonne argile.
(6) Aniâracite de Corbaaière , en Tarentaise (Savoie). On exploite de l'anthracite en divers lieux dans la Tarentaise, principalement à Corbassière , à Ëchelay, près de
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Pezey ; à Hacot et a HontagDy , près de Moatiers. On l'emploie pour Caire la cbaux et pour chauffer les chaudières des salines. Celle de Gorbassière est la plus pure , celles de Hacot et de Montagoy laissent près du quart de leur poids de cendres. Les anthracites de la Tarentaise se trouvent en couches courtes et épaisses au milieu de roches qui ont tous les caractères des grauwackes , mais que M. de Beaumont rapporte an terrain jurassique. Elles sont écailieuses , d*un noir grisâtre an peo raëtalloîde ; elles tachent un peu les doigts. Elles sont mélangées d'une petite quantité depyrites, mais en particules indiscernables. Chauffées dans le tube de Terre, elles décrépitent , laissent facilement dégager de l'eau pure sans trace de bitume , mais exhalent une odeur particulière faible, qui est caractéristique ; aucune ne donne de muriate d'ammoniaque, maisTanthracite de Gorbassière, et plusieurs antres, laissent dégager uno quantité très^* notable de sulfure d'ammoniaque vers la Gn de la distillation.
(7) Anifiracite commune de Mussy^sous-Dun (Saône-et« Loire) ; laroellense en divers sens, mais d'une manière plus distincte dans le sens de la couehe, à lames courbes luisantes , d'un gris de plombagine , fragile ; sa poussière est noire. Elle ne décrépite pas au feu, et laisse dégager d'abord de l'eau pure et ensuite une quantité très-notable de muriate d'ammoniaque qui se dépose en cristaux dans le col de la cornue. Quand on la chauffe avec de la litfaarge, l'ammoniaque contribue pour quelque chose à produire du plomb.
(8) Anifiracite commune du Mont de Lans (Isère) ; d'un gris métalloïde tirant sur le noir, à feuillets un peu courbes, fragile, tendre et tachant les doigts. Elle se rapproche beau- <M>up du graphite par tous ses caractères. A la température de l'ébuUition elle perd 0,076 d'eau. Elle ne décrépite pas par la calcinatiun , et ne laisse dégager que de l'eau pure. Ses cendres sont argileuses et presque blanches.
(9) Anifiracite commune d*Ernani , près de Saint-Sébastien , en Espagne ; elle forme une couche considérable que l'on exploite , et qui, selon M. Dufrenoy , se trouve dans le grès vert , immédiatement au dessous de la craie. Cette anthracite est d'un beau noir, assez éclatante, à cassure lamelleuse ou cunchoide.En petit, elle ne donne que de l'eau a la distillation. Elle renferme 0,1 1 d'argile et 0,13 de pyrites.
(10) Grapfiiie trouvé dans la mine d anthracite du col du Chardonnet (Isère) ; Gssuré en divers sens, à faces lisses et luisantes , d'un gris nQÎràtre métalloïde, tendre , doux au toucher , il ne fait pas pâte avec l'eau. Ses cendres sont de
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couleur briquetée. En le mélangeant avec de l'argile pla^ tique on pourrait en faire de bons creusets.
(Il) Graphite âe Bavière; à structure écailleuse et lamellaire, d*un beau gris métalloïde, très-doux au toucher, taché çà et là d*argile ocreuse. Quand on le fait bouillir avec de l'acide muriatique , tout le fer qu'il contient se dissout sans dégagement d'aucun gaz , et il se trouve dans la liqueur en totalité il l'état de peroxîde , ce qui prouve , sans qu'il pnisse rester aucun doute, qu'il n'y a pas dans la substance de fer métallique combiné avec le carbone. Par la calci nation ce graphite devient sensiblement magnétique , parce qu'une partie de l'oxide de fer se réduit. Sa cendre renferme 0^04 d'oxide de fer et 0,07 d'argile.
(12) Graphite de Borrowdale , en Angleterre ; lamelleox« à grandes Inmes entre- croisées , tellement mou , qu'il est impossible de le réduire en poudre impalpable sous le pilon. Tout le fer dont il est mélangé s'y trouve à l'état de peroxîde : il n'en contient que 0.012.
Le graphite diffère de l'anthracite , principalement en ce qu'il contient beaucoup moins d'eau hygrométrique.