CHARBON
ce vase une qaanlilë d'acide sulfarique étendu , suffisante pour que le morceau de métal en soit recouvert ; puis on renverse par dessus le métal une cloche à robinet B , qui plonge jusqu'au fond du vase : quand le robinet est ouvert le gaz se dégage ; quand il est fermé le gaz s'accumule dans le liquide et monte dans l'espace annulaire aa. Il faut que la cloche soit chargée d'un certain poids p , afin qu'elle ne puisse pas être soulevée par le gaz. On peut substituer à la cloche un flacon ordinaire dont on aurait détaché le fond $ alors on adapte au goulot de ce flacon un bouchon traversé par un tube de verre qu'il suffit de boucher pour arrêter la production du gaz (1).
Utagé, — Quand on veut réduire un oxide par le gaz hydrogène , on introduit cet ozide dans un tube de verre à boule, que l'on chauffe au moyen d'une lampe (Fig. 9, PI. Il) , ou dans un tube de porcelaine placé au milieu du charbon : on dirige un courant de gaz a travers le tube , et Ton continue l'opération jusqu'à ce qu'il ne se produite plus de vapeur d'eau.
ARTICLE H. — Câarbon,
Propriétés, — Le carbone pur est le diamant. On donne le nom de cAarbon au carbone que l'on obtient par la décomposition des substances organiques.
Le carbone pur ou diamant est incolore , transparent; il cristallise en dodécaèdres , etc. ; il réfracte très-fortement la lumière : c'est le plus dur de tous les corps ; sa densité est de S, 55.
Le charbon est tantôt d'un noir foncé et mat , et tantôt d'un gris-noir métalloïde; il est opaque, poreux, fragile, mais très-dur.
Le carbone, à quelque état qu'il soit, se combine avec l'oxigène, à l'aide de la chaleur; mais la température qui est nécessaire pour que la combinaison ait lieu, est d'autant plus élevée que le carbone est plus dense, ou qu'il se rapproche plus de Pétat métallique. Sa combustion produit une chaleur très -forte. Le carbone à l'état naissant se coni-
(1) Cet appareil peut servir également pour se procurer à volonté de l'hydrogène sulfuré, de Tacide carbonique et du deutoxide d'azote. Il snmt, pour les deux premiers gaz , de remplacer le métal par un sulfure •D par du marbre. Pour obtenir le deutoxide d'azote , il faut employer dn cuivre rouge et de Tacide nitrique.
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bine avec pluueurê métaux» entre autres avec le fer, le cubait et le nickel. Son atome pèse 76,487.
Le charbon réduit complètement tous les otîdes métalliques à l'Mide d'une température plus ou moins élevée. Dans les essais , o*est presque toujours par le charbon que s*opère la réduction ; mais on emploie cette substance sous différents états. Nous nVn tendons parler dans cet article que du charbon de bois et du coke.
Le charbon qu'on destine aux usages de la voie êèehe^ doit élre choisi avec soin , pulvérisé et passé au tamis de soie.
Le charbon ordinaire n*est pas du carbone pur; il contient toujours une certaine proportion d'hydrogène et de la vapeur d*eau qu*il condense promptement entre ses pores dés qu'il se trouve en contact avec Tair atmosphérique. Ces substances ne sont aucunement nuisibles; mais si quelques expérience^ exigeaient que Tihi employât du charbon qui n*en contint pas, il serait facile de s'en procurer en caici- nanl, à une chaleur blanche soutenue, du charbon <Hndinuire dans un creuset bien couvert. Le charbon de bois dur conservé dans un lieu sec perd 0,15 de son poids, terme moyen, par la calcination. On pourrait aussi se servir de la brasque qui aurait déjà été employée à un esiiai; mais il faut savoir que le charbon fortement calciné est beaucoup moins combustible que le charbon ordinaire^ et que, par conséquent , il n*opère pas la réduction aussi facilement et à une température aussi basse.
Le charbon de buis laisse par sa combustion 0,02 à 0,05 de cendres ; ces cendres contiennent près de la moitié de leur poids d*acide carbonique; le charbon ne renferme donc tout au plus que 0,01 de substances fixes, dans lesquelles la chaux est le principe dominant : ces substances doivent pour la plus grande partie passer dans les scories, et n'ont pas sur le résultat des essais une influence qui mérite d*ètre remarquée.
S'il était nécessaire de se servir du charbon absolument pur, on s'en procurerait aisément en calcinant du sucre dans un Creuset couvert.
Inconvénients, — Mais le charbon a par lui-même deux inconvénients : premièrement , il a la faculté de se combiner avec plusieurs métaux; et^ en second lieu, ii est infusible, et il ne peut pas entrer en combinaison avec les aubctances vitreuses. La faculté qu'il a de se combiner avec plusieurs métaux, tels que le fer, le cobalt, k nidiel et quelques autres^ fait qu'en l'employant pour rcduire les ox ides de
CnAllBOH. 337
QCê méUiix , un D*obiient pas oeu&^ci à Tétat de pureté ; ee ^ui empêche d^ea avoir la proportioo rigoureuse, et de pr<>voîr quelles seraient leurs propriétés s'ils étaient purifiés par raffinage. Il n'y a pas moyen de remédier à ce dernier inconvénient; mais quant à la proportion du métal, la présence du charbon n*a qu'une faible influence, parce que la quantité de ee combustible qui entre en combinaison est très-pelite, 0,02 à 0,03 tout au plus, et qu'elle compense à peu près la quantité d*oxJde dont la présence des scories empêche la réduction. De Tinfusibilité du charbon et de son impuissance à se combiner avec les verres , il résulte qu'après la réduction « la portion qui n'a pas été consumée reste disséminée entre les grenailles du métal et au milieu de la scorie fondue, et qu'elle peut s'opposer à la réunion des matières en un seul culot et à la séparation des substances hétérogènes , si elle se trouve en trop forte proportion : une trop forte proportion de charbon peut donc faire manquer un essai.
Mais il est un moyen d'eftiployer le charbon à la réduction des oiides , dans lequel on n'a pas à craindre les inconvénients que peut occasionner on excès de ce combustible lorsqu'on le mélange avec l'oiide; ce moyen consiste à opérer la réduction par voie de cémentation dans des creusets de charbon , ou dans des creusets brasqués de i-barbon.
Coke. — A défaut de charbon de bois on pourrait employer du coke ou charbon de houille dans les essais; mais il ne faudrait pas le prendre au hasard, parce que le plus souvent il renferme une grande proportion de matières terreuses^ et qu'il est intimement mêlé de beaucoup de sulfure de fer : il est nécessaire d'en brûler une quantité déterminée pour reconnaître la nature et la propriété des cendres qu'il produit, et l'on ne doit regarder comme propre aux essais que le coke qui donne des cendres à peu près blanches, el dans la proportion de quelques centièmes seuiement. Le meilleur coke est d'ailleurs toujours bien loin do valoir le charbon de bois pour opérer les réductions, à cause de la difficulté avec laquelle il se combine à l'oxigène; difficulté qui oblige à élever beaucoup la température pour que la réduction puisse être complète.
La plupart des lif^nites donnent un charbon pulvérulent et facile à incinérer : ce charbon est quelquefuis aussi pur que le charbon de bois, et il est alors très-propre à être employé dans les essais. Les lignites non pyriteux, et qui ne donnent que |»eu de cendres, pourraient même servir à
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la réduction sa os avoir été préalablement cbarbonnés, parce que la chaleur en sépare les matières Tolatiles sans lear faire éprouver ni ramollissement oi changement de vo^ iume.
La hoDÎIle a presque toujours l'inconvénient de se bonrsouder par la chaleur;',néanmoins, toutes les fois qu'il n'est pas nécessaire d*en employer une très- grande proporlioo pour obtenir la réduction complète d'un oxide, on peut s'en servir, en ayant soin d'en foire un choix convenable et de la réduire en poudre très-fine*
ARTICLE III. — Bulles grasses , ^^*f'i résines»
Huiles grasses. — Les âuiles grasses ou huiles fixes sont des produits immédiats des végétaux. Elles sont visqueuses, d'un jaune verdâtre pâle, légèrement odorantes, et elles ont une saveur faible et douçâlre. Leur densité varie de 0,915 à 0,940. Leur capacité pour le calorique n'est que d'environ moitié de celle de l'eau. Elles n'entrent en ébullitioB qu'a la température de 880<», et elles sont alors très-fluides. Lorsqu'on les distille elles se décomposent; il se dégage des acides margarique , oléique^ etc., puis une huile empyreumatîque , et enfin une substance solide jaune rougeàtre, et il reste 0,02 à 0,0S de charbon. Les gaz qui se dégagent en même temps que les produits liquides sont plus abondants aa commencement qu'à la fin, et la proportion d'acide carbonique qu'ils contiennent va toujours en diminuant. Quand on chauffe les huiles à une température plus élevée que leur degré d'ébullition elles se résolvent presqu'en totalité en gaz inflammables. On se sert de ces gaz pour réclairage : ils produisent beaucoup plus de lumière qae les gaz de la houille.
Les huiles grasses exposées à l'air absorbent peu à peu de l'oxigène en augmentant de poids, quoiqu'il s'en dégage une petite quantité d'acide carbonique. Par l'efFet de cette absorption elles s'épaississent peu à peu, et quelques-unes, telles que les huiles de noix , de pavot^ de cbenevis et de lin, se dessèchent même tout-à-fait. Elles ne s'enflamment que lorsqu'elles sont échauffées à un certain degré, et elles produisent en brûlant un tiers de chaleur de plus que le charbon.
Elles sont insolubles dans l'eau, solubles en très-petite quantité dans l'alcool et très-solubles dans Téther. Elles dissolvent le soufre, le sélénium et le phosphore; le chlore, le brAme et l'iode les attaquent et s'y combinent avec for-