‹ Traité des essais par la voie sèche (volume 2)Chapitre 70 sur 111 · SULFURES ALCALINS · texte numérisé non relu

SULFURES ALCALINS

tion le sulfure cl^antimoine agit par le soufre sur les métaux alliés , et par rantiraoîne sur l'or, pour lequel il a beaucoup d'affinité.

AKTiCLS V. — Pyrite de fer.

La pyrite de fer native est un per-siilfure qui perd la moitié du soufre qu*il contient à la chaleur blanche ; cette propriété la rend très sulfurante. C'est un agent très-employé dans les opérations métallurgiques , pour cet effet : mais on s'en sert rarement dans les essais.

ABTiGLE VI. — Sulfures alcalins.

Le potassium etie sodium forment avec le soufre au moins sept combinaisons différentes, dans lesquelles il y a 1, 2, 3, 3 j, 4, 4 1^ et 5 atomes de soufre pour 1 atome de métal ; celles qui contiennent plus de ] atome de soufre sont souvent désignées sous le nom de sulfures sulfurés, quand elles sont à l*état solide , et de sulfures hydrogénés , quand elles sont en dissolution dans Teau ^ nous les qualifierons de sulfi des et de per-svlfures^

Sulfures de potassium. — Les hulfures de potassium ont une couleur de fuie pitis ou moins foncée; leur saveur est très-Acre et hépatique ; ils sont alcalins , mais ils agissent moins fortement sur la peau que la potasse. Ils sont trèsfu.sibles, et lorsqu^on les expose à une température élevée , ils se volatilisent partiellement en perdant d'abord une certaine proportion de soufre lorsqu'ils en contiennent beaucoup. Ils sont d'autant plus combustibles qu'ils renitrrment plus de soufre : le grillage les transforme en sulfate neutr«. Pi quand ils contiennent plus de 1 atome de soufre, il se dégage en même temps de Tucide sulfureux. Les sulfures trèssulfurés sout ramenés à un moindre degré de sulfuration par le charbon, à une température suffisamment élevée , avec dégagement de sulfure de carbone.

Les sulfures alcalins sont tous solubles dans l'eau et dans i'alcooK et même déliquescents; leurs dissolutions ont une couleur jaune-brun d*autant plus foncée qu'ils sont plus sulfurés. Ces dissolutions .«'allèrent rapidement au contact de Tair: il y a absorption d'oxigène ; il se forme de l'hypo-sulfite neutre, et la liqueur se fonce de plus eu plus jusqu'à ce que la partie de sulfure non altérée soit arrivée a son ffiaxtfHum de sulfuration ; alors Thypo-sulfite continuant à se former , il se dépose du soufre , et la liqueur finit par se dé« colorer et par ne plus contenir que de l'hy posullite: une plus

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longue exposition à Taîr transforme celui-ci d'abord en sul* fite , et enfin en sulfate. Les acides non oxîdants, même les plus faibles , dissolvent les sulfures alcalins avec dégagement de gaz hydrogène sulfuré, et en laissant déposer du soufre lorsqu'ils renferment plus de 1 atome de ce combustible. Les sulfures très-sulfurés agissent par vote 9èche comme des sulfurants très-énergiques sur les métaux ^ ainsi que sur leurs oiides , même les plus difficiles à réduire. A Tétat de dissolution ils sont ramenés au minimum de sulfîiration par plusieurs métaux , tels que le cuivre , le mercure et Targeiit.

Les sulfures do potassium dissous dans Teau précipiteni tous les métaux de leurs dissolutions , la plupart à l'état de sulfures purs ou mélangés de soufre ; mais quelques métaux, tels que le titane, le cérium , etc., ainsi que les terres, sont précipités à Tétat d*hydrate d*oxides : dans ce cas il y a toujours dégagement d'hydrogène sulfuré. Employés en excès, les sulfures alcalins dissolvent les sulfures de tellure , d*arsenio, de sélénium, et les sulfures de la plupart des métaux électro-négatifs, savoir: les sulfures de molybdène, de tungstène, d'antimoine, d'étain, d*or, etc.; et ils ne dissolvent pasf les sulfures des métaux électro-positifs « tels que ceux de manganèse , de fer, de zinc, de cuivre, de plomb, ^d argent , etc.

^ Les sulfures alcalins peuvent exister dans une même dissolution avec les hypo-sulGtes, les sulfites et les sulfates ; ils peuvent aussi être fondus avec les sulfates alcalins sans qu'il y ait décomposition réciproque. Avec les carbonates alcalins, lorsque les sulfures contiennent beaucoup de soufre et qu'on les expose à une température qui dépasse un certain terme , il se produit un sulfure inférieur , et il y a dégagement d*acide carbonique. Les sulfures alcalins ae dissolvent aussi en assez grande quantité dans les verres siliceux , par jDoie sèche, et ils leur communiquent leur couleur sans troubler leur transparence.

On prépare les sulfures de potassium, chacun par des procédés différents. Quand on fait bouillir du soufre dans une dissolution de potasse caustique, le sulfure est mélangé d'hypo-sulfite qui se produit aux dépens de Toxigène de la potasse ; quand on chauffe jusqu'à la fusion de la potasse caustique ou du carbonate de potasse avec du soufre , il ne se dégage que de l'eau ou de l'acide carbonique, et la matière fondue se trouve mélangée de sulfate de potasse qui résulte de la réaction de la potasse sur le soufre. La quantité de potassium que contient Thypo-sulfite on le sulfate, est

S'ULFURBS ALGiLINS. 379

Iprécisément égale au tiers de celle qui se combine avec 16 soufre.

Le sulfure KS, ou proio-êulfure^ est d*un rouge de cinabre pale ; il se fond au dessous de la chaleur rouge et parait noir et opaque tant qu'il est chaud. Il se change en sulfate sans dégagement d*acide sulfureux par le grillage, maïs il est peu combustible ; il peut dissoudre beaucoup de soufre. 11 a la propriété de pouvoir se combiner par voie sèche et par voie humide avec Thydrogène sulfuré; il constitue alora ce qu'on appelle le sulfure hydrogéné ou hydro-sulfate. C*est un réactif très-employé dans les opérations de la voie humide. Dans ce composé Thydrogène sulfuré contient autant de soufre que le potassium.

Le sulfure KS est composé de :

Potassium. . . 0,7089 — 100 ^« Soufre. . . , 0,2911— ^1,06*^^

Entre autres procédés que l'on peut employer pour lé prépaoer , on l'obtient en réduisant le sulfate de potasse par le charbon; mais il faut remarquer que si le charbon se trouve en certain excès . le mélange devient très-pyrophorique et s*embrase au contact de Teau ou de Tair humide* Ce mélange est ce qu'on appelle le pyrophore alcalin.

Le bisulfure KS^ a une teinte orange et n'est pas cristal* lin ; il se forme par voie sèche en chauffant jusqu'à la chaleur blanche du carbonate de potasse avec un excès de fleurs de soufre : 100 de carbonate absorbent 43,78 de ce combustible , le sulfure contient :

Potassium 0,549 — 100 *.<;,

Soufre 0,451 — 82,12 '^

Le tri'sulfure K S' a une couleur hépatique et peut être fimdu avec du carbonate de potasse à la chaleur rouge sans s'altérer, mais à la chaleur blanche il se forme du sulfure K S*, avec dégagement d'acide carbonique ; on l'obtient en chauffiint au rouge naissant 105 parties de carbonate de potasse avec 58, d parties de soufre.

Le quadri'Sulfure K S^ ressemble au précédent ; il st forme lorsque Ton chau£Fe au rouge du sulfate de potasse dans un courant'de vapeur de sulfure de carbone.

Le per-sulfure KS^ a une Couleur hépatique foncée ; il est extrêmement combustible ; il est composé de :

Potassium 0,8275 — 100 ,,q,

Soufre 0,6725 — 206,80 ^^

Son atonie pèse 1495^74.

380 SULFURANTS.

On Tobtient en chauffant jusqu'à fusion 100 parties de carbonate de potasse avec au moins 94 parties de soufre.

Le sulfure K* S^ est d'un rouge de vin et transparent ; il se forme lorsque l'on fait passer de l'hydrogène sulfuré sur jdo sulfate de potasse à la chaleur rouge.

Le sulfure K' S' se produit quand on fait passer un courant de gaz hydrogène sulfuré on de tout autre gaz non oxidant sur un mélange de sulfure K S* et de soufre chauffé à une chaleur modérée.

Sulfures de sodium* — Les combinaisons du sodium avec le soufre sont analogues a celles du potassium. Ils contiennent :

Le sulfure NS ,

Sodium 0,591 — 100

Soufre 0,409 — 69, U

Le bisulfure NS\

Sodium 0,558 — 100

Soufre. . . . V . OMi - 138,28

Le per-sulfure NS»,

Sodium 0,224 — 100

Soufre 0J76 — 845,70

Son atome pèse 1296^72.

action sulfurante des per-sulfures alcalins. — Les per-snifures alcalins peuvent supporter une chaleur assez élevée sans passer au minimum de sulfuration , mais ils ont une grande tendance à revenir à cet état, et de là vient leur grande aciioo sulfurante : sous ce rapport ce sont les agents les plus puissants que Ton connaisse. Par leur moyen on peut sulfurer tous les métaux sans exception ; on peut même à l'aide des per-sulfures alcalins , changer en sulfures les oxides les plus difficiles à réduire, tels que les oxides de chrome , de titane et de cérium ; mais dans ce cas il est nécessaire de chauffer à une température trèsélevée , et d'opérer dans des creusets brasqnés de charbon. A une température moyenne certains oxides sont réduits en sulfures , et d'autres ne le sont pas, et l'on a ainsi un moyen de les séparer les uns des autres.

Lorsqu'on chauffe à une chaleur suffisante un per-sulfure alcalin avec un métal , ou avec un oxide en présence da charbon , on obtient un composé ibndu ou un mélange de métal sulfuré et de sulfure alcalin ; une autre partie de ce dernier sulfure se volatilise ou s'infiltre dans la brasque. Quand il y a combinaison , elle est ordinairement très-

faible et compléleinent détruite par Teaii , qui dissout le sulfure alcalin , et laisse Tautre sulfure parfaitement pur; cependant avec quelques métaux électro- négatifs , for, le molybdène, le tungstène , Fantimoine , etc., la combinaison est stable et soluble dans l'eau ; c'est à cause de cela qu'on emploie quelquefois l'action des sulfures alcalins pour Êûre l'essai des minerais aurifères.

Pour opérer une sulfuration par le moyen des per^sul^ fures alcalins^ au lieu de préparer ces per-sulfures à l'avance, il est beaucoup plus commode de se servir de mélanges équivalents de soufre et de carbonates alcalins. Pour le per-sulfure de potassium K S^, il faut employer 0,46 de carbonate de potasse fondu , et 0,54 de fleur de soufre. Pour le per-sulfure de sodium MS^, il faut employer 0,40 de carbonate de soude fondu , et 0,60 de fleur de soufre.

Quand on fait fondre le mélange dans un creuset nu , il se forme du sulfate de potasse ou du sulfate de soude , parce que la partie d'alcali qui est amenée à l'état métallique par son affinité pour le soufre , cède son oxigène à une portion de soufre qui passe à l'état d'acide sulfurique ; mais quand on se sert de creusets brasquës , c'est le ebarbon qui prend l'oxigène de l'alcali, et il ne se produit pas du tout de sulfate.

SECTION V

Eéactifs fmidcmts ou fluœ.

Objet de» fiux* — Les réactifs fondants ou flux sont en général destinés à déterminer la fusion , ainsi que leur nom Findique ;on les emploie pour l'un des objets suivants :

1» Pour déterminer la fusion d'une substance in fusible ou di£Qcilement fusible ;

2® Pour amener une substance infusible ou difficilement fusible a un état particulier de vitrification , la changer en verre , en émail , en porcelaine , etc, ;

3o Pour faire fondre les matières étrangères mêlées à un métal , afin de pouvoir en séparer ce métal par différence de pesanteur spécifique ;

4^ Pour détruire une combinaison dans laquelle un oxide se trouverait engagé , et qui empêcherait cet oxide d'être réduit par le ebarbon : le silicate de zinc , par exemple ^ ne peut donner de zinc métallique avec le ebarbon, que lorsqu'on le mêle avec un flux qui soit susceptible de se com^ biner avec la silice;

5* Poor empêcher certains alliages de se former, et pour eëparer, par snito, certains métaux d'antres métaux : quand on fait un mélange d'oxide de fer et d'oxide de manganèse avec un flux convenable , on obtient tout le fer à Fétat de pureté , tandis que si l'on n'ajoutait pas de flux on n'aurait qu'un alliage des deux métaux : l'or et l'argent peuvent être séparés d'un grand nombre d'autres métaux par le moyen des flux ;

6* Pour scorifier quelques-uns des métaux contenus dans une substance à essayer, et obtenir les autres en alliage avec un métal contenu dans le flux : l'or et l'argent avec le plomb 9 par exemple.

7» Enfin quelquefois on emploie un flux simplement pour obtenir en un seul culot un métal qui sans cela resterait disséminé en grenailles.

Ciassification. — On peut distinguer les flux en flux noq vnétalliques et flux métalliques.

Les flux non métalliques sont :

V Laat/ice,

S*" La chaux ,

3^ La magnésie ,

A"* L'alumine,

5» Les Mcates de chaux et éTalumine ,

t>» Le verre ,

7^ V acide horique^

8*^ Le^orax,

9** Le fluorure de calcium ou spaih- fluor , 1 0** Le carbonate de potasse , 1 1 *" Le carbonate d^ soud^ , 12* LentTre, ]S« Ijq sel marin ^ ] 40 Le flux noir et ses équivalents , ] 5** La crème de tartre , ^ 16'' Le sel d^ oseille {oxalate acide de potasse) , 17* Le savon ^

18* Et divers /^uiT complexes.

' Les flux métalliques sont :

19* La litharge et la céruse,

20* Le verre de plomb [silicates de plomb) ,

2 1 * Le sulfate de plomb ,

32* Le deutoxide de cuivre ,

28° Voxide de fer,

34* Et quelques mélanges complexes,

{.es flux U , 15, 16 et 17 sont à la fois fondants et ré-

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