CHAPITRE XXVI
SECTION PREMIERE
Propriétés.
ARTICLE PREBIER. — Métal,
Métal, — Le plomb est du nombre des métaux les plus nncienoeraent connus. Il est d*un blanc-bleuâtre , très-éclatant lorsque sa surface est nouvelle. Il n*a presque pas de saveur ; mais il a une odeur particulière très -prononcée. — Il est très-mou : on peut le rayer avec Tongle. Il tache les corps en gris^bleuâtre. Il occupe le sixième rang parmi les métaux par rapport à la malléabilité , et le huitième rang par rapport à la ductilité; on le réduit aisément en feuilles irès-minces au laminoir. Sa ténacité est très- faible , et telle qu'un fil de 2 millimètres do diamètre rompt sous un poids de 9 kilogrammes. — La p. s. du plomb parfaitement pur est de 1 1 ,445, selon M. Berzélius , et de 1 1,880S à 17^ cent, selon M. Kupfer^ la p. s. du plomb du commerce est de ] 1,3322. Elle diminue un peu par récrouissage; ce qui est
le contraire de ce qui arrive avec lea attire* métaux ; cependant elle augmente un peu lorsqu'on touaiet le plomb au choc du mouton après l'avoir enveloppé dans mie bague.
Le plomb entre en fosion à la iempëratnre de U4% selon M. Kupfer, longtemps par conséquent avant de devenir rouge. -*- Lorsqu'on le chauffe plus fortement il se volatilise , et répand des fumées visibles dans l'air. Sa volatilité est telle , que dans un creuset brasqaé il perd 0,005 de son poids à la température d'environ 50^ p., et 0,09 à la température de 1&0<*» — On peut l'obtenir cristallisé en pyramides quadrangulaires par refroidissement lent.
Il forme au moins quatre oxides avec Toxigène ; savoir^ le êiàk-oxide^ le f>roioxide^ le minium et le per^xide ou o:fide puee, — Le plomb se ternît prompteinent à l'air et devient d'un gris-noir en se couvrant d'une pellicule de sub-oxide ; le même effet a lieu rapidement lorsqu'on chauffe du plomb au contact de l'air à une température insufiBsante pour le fondre. — Si on le chauffe jusau'à fusion il brâle rapidemeal ^ se convertit eo protoxide , et répand dans l'atmosphère des vapeurs qui brûlent avec une flamme d*un blanc livide ; quand la chaleur est assez forte pour faire fondre l'oiide , le plomb s'en imbibe ; il perd son éclat et sa duc* tililé, il devient cassant et feuilleté, et toutes les faces de fractures sont ternes et livides ; mais il reprend toutes les propriétés qu'il possède à Tétât de pureté en le fondant au contact du charbon , qui réduit la petite quantité d'oxide dont il est pénétré. — Le plomb ne décompose Teau ni à l'aide de la chaleur ni à la faveur des acides. — Les acides non oxidants ne l'attaquent pas; mais Iorsqu*il y a contact de l'air ils le dissolvent peu à peu en déterminant l'absorption de l'oxigène atmosphérique. L'acide carbonique^ quoique très- faible, suffît roêiiie pour produire ce résultat : de là vient que lorsqu'on laisse du plomb humecté d'eau dans l'air, il se revouvre peu à peti d'une croule de carbonate. L'acide nitrique attaque très- facilement le plomb , même à froid ; il le convertit en protoxide, et le dissout. L'acide solfurique concentré et bouil laot le convertie en sulfate de protoxide, avec dégagement do gaz acide sulfureux. Lorsqu'on chauffe du plomb avec de l'acide arsénique ou de )*acide arsénieux 'û se Aéf;a^e de l'arsenic^ et il se forme à la fois de l'arsénite et de l'arséniure. L'acide muriatique ne l'altaqne pas sensiblement; mais l'eao régale le change en chlorure.
Le plomb est très- facilement otidé par le dewxtoxide de enivre^ qu'il ^ramène en toulité à Tétatde protoxide; il peut aossi réduire le protoxide^ mais non pas en totalité , parce que l'oxide dr ploaib qui se produit retient une portion du
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protoxide de cuivre en combinaison, et i'empécbe de réagir sur le plomb mélallique ; et aussi parce que le plomb, étant très-fusible, tombe promptement au fond des creusets, et se soustrait ainsi à l'action des oxides. — Le nitre attaque promptement le plomb à Taide d'une chaleur peu élevée : il se forme une combinaison fusible de protoxide et de potasse. Il faut 4 p. de ce sel pour oxider 10 p. de plomb. — Les sulfates neutres et les carbonates alcalins sont sans action sur ce métal ; mais les sulfates acides Toxident.
Le soufre , le sélénium , le phosphore, Tarsenic , se combinent directement avec le plomb. — Lo plomb s'unit avec la plupart des métaux; mais il ne s'allie pas avec le fer, et il ne s'allie qu'imparfaitement avec le cuivre, le titane, l'urane, le cérium, le cobalt et le nickel. — Son atome pèse 1294,498 Pb.
ARTICLE H.— Cmv posés oa^igénés.
% !•'. — Oxides.
Les orides de plomb sont facilement réductibles par le gaz hydrogène, le charbon, Icscorpscombustiblesy le soufre, etc., et par les métaux très-oxidnbles.
i<* Le sub'Oxide est pulvérulent et d'un gris-bleu ou d'un gris-noir. Les acides non oxidants le transforment en protoxide qui se dissout et en plomb métallique. -* Il se forme par Toxidation du plomb à l'air à une température basse et par la catcination de l'oxalate en vase clos.
S*» Le protoxide préparé par voie séohe et non fondu porte le nom âe massicot. Il est pulvérulent et d'un jaune pÂle. Il se fond très-facilement: pendant qu'il est liquide il est transparent et d'un jaune orange ; en se solidifiant il cristalliseen lames micacées, transparentes, jaunes ou jaunesrpuge&tres: il prend alors le nomde litfiarge. — Leprotoxide de plomb est sensiblement sol uble dans l'eau pure, àlaquelle il communique une réaction alcaline; mais il ne se dissout pas dans l'eau qui contient un sel quelconque. — Il se combine avec la plus grande facilité avec tous les acides, mêmes les plus fuibics; aussi attire-t-il assez promptement l'acide carbonique de l'air : c'est une base énergique qui se rapproche des terres alcalines par l'ensemble de ses propriétés.
Le soufre réduit la lilharge et est amené par cet oxide à l'état d'acide sulfureux qui se dégage ; et s'il est en excès il se forme du sulfure de plomb. — L'arsenic est converti en acide arsénieux : lorsqu'il est dans la proportion de I atome pour 1 atome de litharge il se forme de l'arsénite et de l'arséniure; mais quand la litharge domine il ne se produit que du plomb pur et de l'arsénite. — Le sélénmm se combine
avec la litharge sans la réduire. — Le fer, le zinc, rélaia , rantimoine , le cuivre, etc. , rcdiiisenl la litharge ; mais le plus souvent la réduction n*est que partielle, parce qu^il se forme une combinaison d*oxîde de plomb et de Toxide du métal qui opère la réduction, sur laquelle celle-ci n'a presque plus d*action. {P^oy. T. I**".)
L*oxide de plomb peut se combiner par voie sèc/ie et par voie Humide avec les alcalis caustiques et avec les terres alcalines ; plusieurs de ces combinaisons sont solubles cristallisables. Il Faut 11 p. dépotasse pour dissoudre 1 p. d'oiide de plomb ; par évaporation le composé cristallise en paillettes; si on laisse sa dissolution exposée à Tair pendant plusieurs mois elle attire Tacidc carbonique atmosphérique , et Toxide de plomb s'en sépare à Tétat anhydre et sous forme de petits cristaux dodécaédriques blancs et demi-transparents, selon M. Houttou-Labillardière. — Il faut 13 p. de soude pour dissoudre I p. d'oxidede plomb. — La combinaison de chaux soluble renferme 9 p. do cette terre pour 1 p. d'oxide; quoiqu'elle exige beaucoup d'eau pour se dissoudre , on peut l'obtenir cristallisée en petites aiguilles par évaporation en vase clos. — La combinaison de baryte ne cristallise pas. — Les composés alcalins sont tous très-fusibles ; mais ceux qui renferment des terres alcalines ue se fondent que lorsque Toxide de plomb s'y trouve en très-grand excès"(/^oy. T. I".) — La litharge peut former des composés fusiblcsavec la plupart des oxides métalliques, (^oy. T. 1".) — Elle se fond aussi avec l'acide borique, les borates, la silice et les silicates. [J^oy, T. l®'".)
Employée en grand excès elle décompose tous les sulfures, le plus souvent en oxidant les deux éléments ; mais quand la profiorlion de litharge n'est pas suffisante pour produire cet effet, une portion seulement du sulfure est décomposée, et l'autre portion se combine avec la portion de litharge qui n'est pas réduite et avec l'oxide métallique qui s'est formé, (f^oy. T. ^^)
£lle décompose le muriate d'ammoniaque, à une chaleur peu élevée : il se dégage de l'ammoniaque, et le résidu est un oxi- chlorure cristallin qui contient très-peu d'oxide.
Le protoxide de plomb forme avec l'eau un fiydrale qui est blanc et qui contient 0,075 dVau ; il se dissout dans les alcalis Gxes caustiques ; mais il est insoluble dans Tammuniaque.
L'oxide est composé de :
Plomb. . 0,92829 — 100 -,
Oxigène. 0,07171 — 7,725 ^^
La litharge est em])loyce en grandes masses dans les arts.
COMPOSÉS OXIGÉNÉS. '^"^
el Ton en fail aussi un fréquent usage comme réactif^ surlout dans les essais par la voie sècfie. Elle est toujours mélangée d'une certaine quantité de minium, et elle en contient d'autant plus que sa couleur tire plus sur le rouge.
3** Le p^roxide ou oxide puce est de couleur puce foncé. A la température suffisante pour fondre le protoxide il se transforme en litliarge avec dégagement d'oxi(>ène. C'est un oxidant très-énergique : il enflamme le soufre ; il oxide la plupart des métaux^ même l'argent, elc. — Il ne forme pas de sels; mais les acides , lorsqu'ils sont concentrés et qu'ils agissent à chaud, le dissolvent en l'amenant h Tétat de protoxide, avec dégagement d'oxigène. Il absorbe rapidement le gaz acide sulfureux, avec lequel il produit du sulfate de protoxide. L'acide muriatique le change en chlorure, avec dégagement de chlore. L'ammoniaque le dissout^ mais en se décomposant et donnant lieu à la formation de nitrate de protoxide. — Il est composé de :
On l'obtient soit en traitant le minium par l'acide nitrique , soit en faisant passer du chlore dans de l'eau tenant en suspension du carbonate de plomb ou de la lilharge , soit en décomposant un sel de plomb quelconque , le carbo* nate entre autres, par une dissolution de chlorite alcalin employée en excès.
4° Le Minium est d'un rougo brillant tirant plus ou moins sur l'orange. 11 supporte sans s'altérer une chaleur de !^05*; mais lorsqu'on le chauffe au rouge-cerise il abandonne de l'oxigène et se convertit en protoxide qui se fond, — Il est ramené à l'état de protoxide par tous les corps qui produisent cet effet sur l'oxide puce. — L'acide nitrique à froid le transforme en protoxide qui se dissout et erî oxide puce qui reste insoluble : selon M. Kartner, il se produit en même temps de Teau oxigénée dans cette réaction. D'après les expériences de M. Fuohs , 'lorsqu'on le traite par l'acide acétique concentré il blanchit, puis se dissout en totalité; mais si l'on étend d'eau ou si l'on chauffe , la liqueur laisse précipiter de l'oxide puce. Ce savant conclut de ce fait que le minium est un ôxide particulier et non pas un composé de protoxide et de per-oxide , ainsi qu'on le suppose généralement. L'acide acétique étendu lui enlève du protoxide comme l'acide nitrique , mais plus lentement. — L'acétate neutre de plomb et la potasse caustique ne l'attaquent pas, mais dissolvent le protoxide de plomb , quand il y en a à l'état de mélange.
On le préparu en chauffant à une chaleur modérée , au
[UKIYERSITy]
Cauforni^-
conlact de Faîr du massicot réduit en poudre ou du carbo nale de plomb. Lorsqu'on laisse refroidir de l'oKide de plomb fondu dans Tair il absorbe de foxîgène et il se coqverlit en partie en minium ; et alors la Htbarge prend une teinte rouge plus ou moins intense ; mais quand on laisse refroidir complètement loxide fondu dans un vase bien bouché la litharge est jaune.
Selon M. Dumas , le minium obtenu soii par l'action directe de Toxigène sur le massicot , soit par la purification du minium du commerce à l'aide de Tacctate de plomb et de la potasse , est composé de :
Plomb. . . 0,9066 — 100 — ««' Oxîgène. . 0,0984 — 10,8—4
et contient 0,S49 d'oxide puoe. M. Berzélius a trou ré dans un minium
Plomb. . . 0,8962 — 100 — 2-' Oxigène. . 0,1088 -- 11,59 — 8 ou
Protoxide. . 0,483 — I-*
Oxide puce. . 0,517 — 1
M, Longcharap a analysé on minium qui contient :
Protoxide. . 0,834 — 6« Oxide puce. . 0,166—1
Mais le minium du commerce a une composition trèsvariable , parce qu'il est toujours mélangé d'une proportion plus ou moins grande de protoxide. M. Houttou-Loibîliar» dière a trouvé dans les débris d'un four à réverbère an oxide rouge cristallisé qui contenait :
Protoxide. . . 0,75 — 8*^ Oxide puce. . 0,25 — 1
S 2. - Seis.
Sels. — Les seU de plomb qui contiennent un acide incolore sont incolores. Les uns sont solubles et les autres insolubles. Parmi les selssolubles il y ena qui sont parfaitement neutres, et même quelques-uns ont la réaction alcaline^ leur saveur est sucrée et astringente. — Les alcalis fixes caustiques forment dans leurs dissolutions des précipités gélatineux d'hydrate , solubles dans un grand excès de réactif. *- L'ammoniaque y forme des précipités semblables, excepté dans les dissolutions d'acétates ; mais ees précipités ne se dissolvent pas dans un excès d'alcali. — Les carbonates alcalins y font des précipités grenus, blancs, insolubles dans un excès de carbonate ; avec le carbonate d'ammo-
COMPOSÉS SULFURÉS. 67t
tiiaqiie il faut Paire bouillir pour que la prccîpitalion soit complèle. — Lo carbonate de cbaux ne les trouble pas a froid , et au contraire les décompose complëtenaent à la chaleur de rébullition. — L*ncide sulfurique el les sulfates eu précipitent le plomb à Tétat de sulfate grenu et très-lourd^ nième en présence des matières organiques. — Les phosphates elles arséniates y forment des précipités blancssolubles dans Tacide nitrique. — Les oxalates , et surtout Toxalate d*ammoniaque en précipitent la totalité du filomb. L*acide oxalique précipite les sels neutres. — L'acide murialique et les chlorures alcalins forment dans les dissolutions concentrées des précipités cristallins de chlorure de plomb. — Le chlorite de chaux en précipite le plomb à Tétatd'oxidepuce, el décompose même les sels insolubles. — Les iodures alcalins y font des précipités jaunes écailleux solubles dans un excès d'iodure. — Le prussiate de potasse jaune y fait de» précipités blancs; le prussiate rouge ne les trouble pas. — Le chrômate de potasse y produit des précipités grenus d'uo très-beau jaune. — L*hydrogène sulfuré et les hydrosulFates en précipitent le plomb à Tétat de sulfure noir ou brun , insoluble dans un excès d'hydro-sulfate. — Le fer et le zinc les réduisent • il en est de même de Tétain , mais seulement dans quelques circonstances particulières. — Les sels insolubles dans Teau se dissolvent dans une quantité siiffi*^ santé de potasse ou de soude caustique, et la plupart dans Tacide nitrique.
ARTICLE III. — Composée Mulfurés et séténiéê.
Sulfure. — Le sulfure de plomb est d'un gris-bleuàtre métallique très-éclatant , fragile. Sa poussière est d'un gris-^ foncé. — H cristallise en cubes, etc. — Sa p. s. est de 7,^85. — Il est très- fusible , mais moins que le plomb ; on ne peut pas le tenir longtemps en fusion dans des creusets de terre^ parce qu'il les traverse comme la lilharge ; mais sans se combiner avec ta matière du creuset. Il ne traverse pas la brasque de charbon. — Il est beaucoup plus volatil que le plomb ; il se décompose en se volatilisant : la portion gazéifiée est un sur-sulfure , et le résidu un sous^ sulfure ; sa volatilité est telle , qu'en une heure il perd dans un creuset brasqué et couvert , 0,40 de son poids à la tempé*^ rature de 50** p. et 0.75 à 150^. La volatilisation est beaucoup plus considérable encore lorsque le sulfure est en contact avec un courant d'un gaz quelconque. Quand les parties volatilisées se répandent dans l'atmosphère elles se convertissent en sulfate de plomb. — Par le grillage la ga* lène se change en un mélange d'oxide el de sulfate de plomb» T. II. 37
avec dégagement d*acide aolfureux. — V acide nUn'que attaque aUénient U galène ; quand Tacide est convenablement étendu d eau tout le soufre est séparé en nature ^ et le plomb s«^ dissout ; mais qtiand Tacide est concentré ^ et maintenu en ëbullition pendant un temps suffisant ^ tout le sulfure peut erre transformé en 8«ilfate neutre sans qu'il y ait d*aride sulfurique ni doxide de plomb en excès. 100 d« galène peuvent produire 126,7-4 de sulfate neutre. — Les autres acides n'ont pas d'action sensible sur le sulfure de plomb , à re\oeplii>n de lacide muriatique concentré ei bouillant qui J'attaque et le convertit en chlorure, a^ec dégagement d'hydrogène sulfuré.
I^e «ulfure de plomb est complètement décomposé à la chaleur d'environ 50^ p. par le fer, le cuivre ^ ranlimoine« I etain et le xinc. — Avec le fer le plomb se sépare trèsfacilement et oomplélement à fétat de pureté. — Avec le cuivre, il arrive souvent qu'une portion de ce métal échappe à Faction du sulfure et se raéie avec le plomb. — Avec lantimoine il se produit des antimonio- sulfures. — Aveo Téiain il faut , selon M. Fournet , employer deux fois autant de métal qtie n*en indique la théorie , pour opérer une désu Ifuration complète. — Avec le zinc il y a une grande volatilisation , et le plomb libre reste disséminé dans le sulfure de zinc, parce que ce sulfure est infusible.
Lorsqu'on fait foudre à la température la plus basse |>08sible ! atome de galène (lOOOO) avec 1 atome de pltimb au moins (86155) il se forme un sous-aul/ure homngène qui a le iiiême aspe«'( que la galène, mais qui est moins fragile et même demi-ductile, plus fusible et moins volatil. Les mattes plombeuses qu'un recueille d<uis les usines où l'on traite de la gsiène ne sont autre chose que ce sous-sulfure mêlé d'un peu de plomb.
Le sulfurf" de plomb est absolument insoluble dans lest alca'is par voie Humide, — Pur voie sècRe les alcalis et les carbonates décomposent la galène en partie; il s'en sépare du plomb pur, et il se forme une scorie grise très fusible qui contient du sulfate alcalin et un composé de sulfure de plomb et de sulfure alcalin. Due certaine proportion de lalcaliest réduite par du soufre qui se change en acide suU ftirîque , et il ne se produit pas d'oxide de ploiub. — Quand on chauffe de la galène dans une cornue avec moitié de son poids au moins de carbonate de soude , il s'en sépare environ 0,53 de plomb. Lorsqu'un fait la même opération dans un creuset ouvert le produit de plomb est moyennement de 0.63. Quand on se sert d'un vahc Lirge et plat , tel qu'un scori fi oa toi ro , qu'on chauffe graduellement et lentement sous la moufle d'un fourneau de coupelle ^ en tenant
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pendant quelque temps la matière fondue exposée au contact de Taîr. la galène donne ordinairement 0,7K de plomb et qneFqnefois jusqu'à 0,80 ; d*nà Ton voit que faction de Vair favorise beaucoup la séparation du plomb. Cela lient a ve que l'oxide de ce métal décompose le sulfure lors même que celui-ci est combiné avec un sulfure alcalin. Quand on chauffe lentement le mélange de galène et de carbonate de soude la galène se grille en partie avant que les matières se (tendent, et il en résulte de Toxide et du sulfate de plomb; le sulfate est décomposé par le carbonate de soude , et Toxide mis à nu réagit sur le sulfure et produit du plomb ; en sorte qu'une partie de la {galène est réduite sans Tinter-* ventton de l'alcali ; d*oo il suit qu*il doit se (t>ruier moins de sulfure double, et que les scories retiennent moins de plomb que si Ton eût fondu sans grillage. Lorsque ensuite on tient la matière fondue au contact de l'air, un nouveau grillage s'opère , et il se sépare immédiatement une nouvelle dose de plomb à l'état métallique , parce que s'il se formait de i'oxide , cet oxide serait à l'instant réduit pnr les sulfures, ou peut-être aussi parce qu'en présence d'un alcali le soufre est transformé en acide sulfurique avant que le plomb puisse s'oKider. On conçoit qu'à la rigueur on pourraK séparer tout le plomb de la galèue par ce moyen : mais il est très-diffifite d'arrêter l'opération au terme précis , et l'on peut craindre d'outre- passer ce terme et d'oxider du plomb.
Si l'on chauffait le mélange de galène et de carbonate de soude dans le vide , il est probable qu'un n'obtiendrait que 0^49 de plomb ^ et qu'alors pour 7 atomes de galène, I atome de soufre se transformerait en acide sulFurique en réduisant 3 atomes de soude; les 3 atomes de sodium mis en liberté se combineraient avec 8 autres atomes de soufre, et les 9 atomes de galène non décomposés resteraient dans la scorie en combinaisun avec les 8 atomes de sulfure de sodium qui se seraient formés. Quand ou opère dans une cornue c'e^t sans doute la petite quantité d'air dont la panse est remplie qui fait qu*oii obtieut un peu plus de 0,49 de plomb.
Toutes les matières qui abandonnent facilement leur oxigène produisent sur les sulfures doubles de plomb et d'alcali le même effet que l'air atmosphérique. Si , par exemple^ après avoir fondu 10 p. de galène et 80 p. de carbonate de soude on y ajoute 8 p. de nilre , on obtient eo peu d'instants 7^5 à 7,8 de plomb. On a encore le même produit en fondant immédiatement le mélange des trois substances ; mais dans ce cas il ne se forme pas de sulfure alcalin : tout le soufre est acidifié par le nitre , et quand on
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emploie celui-ci dans la proportion strictement nécessaire, le plomb se sépare tout entier à l'état métallique.
On peut aussi désulfurer la g;alène par le nitre ; mais alors il faut en employer deux fois autant que quand on y ajoute du carbonate de sonde ou de potasse. Comme la déOagration est vive , il est difficile d'éviter de perdre quelque chose par projection , et Ton ne peut pas compter sur un résultat exact.
La présence du charbon favorise la désulfuration de la galène en déterminant la réduction d'une plus grande quantité d'alcali à l'état métallique , et par suite la formation d'une plus grande proportion de sulfure alcalin : il parait même que la séparation du plomb peut être presque complète^ 1 p. de galène fondue avec A p. de flux noir donne jusqu'à 0>75 de plomb; avec -4 p. de crème de tartre elle en donne jusqu'à 0,80 ; la matière brûle tranquillement avec flamme jusqu'à la fin de Topération. Quand on chauffe dans un oreusetbrasqué de charbon I p.degalèneavecfp. decarbonate de soude le produit en plomb est de 0,74 a 0,75 , et la scorie , qui est d'un gris-rougeâtre, ne contient que trèspeu de sulfure de plomb.
La baryte et* la chaux caustiques chauffées avec de U galène dans un creuset brasqué , à une température élevée, la désulfurent pareillement : le plomb mis à nu reste disséminé en grenailles dans la scorie , qui est composée de sulfure double et de l'excès de la terre alcaline.
Le per-oxide de manganèse employé dans la proportion de 2 atomes (10) pour 1 atome de giilène (15) décompose celle-ci avec dégagement d'acide sulfureux, et donne un mélange non fondu de plomb métallique et de protoxide de manganèse.
Le per-oxide de fer est ramené par le soufre de la galène à un moindre degré d*oxîdation ^ avec dégagement de gaz sulfureux. L'oxide des battitures est absolument sans action sur le sulfure de plomb.
Les mélanges suivants de galène et de deutoxide de cuivre :
Galène 29i',9-l«'--29,9— 1«'— 29,9— 1«
Deutoxide de cuivre. 9,9—1 —19,8—2 —29,7—8
donnent : — le premier 20 grammes de sulfure double de cuivre et de plomb et une scorie vitreuse , opaque , d'un beau rouge , composée d'oxide de plomb et de protoxide de cuivre; — le second^ un sulfure double semblable au précédent , mais en beaucoup moindre quantité et enveloppé d'une scorie vitreuse , rouge , très-écla tante ; si l'on chauffe très-fortement, on obtient un culot de cuivre pur
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pesant l ]9,5 et une scorie vitreuse ronge; — le troisième ^ un culol de cuivre rouge parfaitement pur pesant 17 grammes , et une scorie rouge.
29^9 galène 1«'
35,6 protoxide de cuivre. . 4 donnent 21 grammes de cuivre rouge, 9 grammes de matte« principalement et peut-être uniquement composée de sulfure de cuivre, el une scorie rouge dans laquelle le plomb se trouve presqu*en totalité à Télat d*oxide.
La plupart des oxides exercent une action décomposante très-forte sur la galène : il se dégage toujours de i*acide sulfureux ; mais la composition du résidu dépend de la nature et de la proportion de Toxide employé.
La galène et la litharge réagissent promptement Tune sur \ Tautre à l'aide de In chaleur : si ces deux substances sont employées dans la proportion de