‹ Traité des essais par la voie sècheChapitre 105 sur 141 · C0 MERCURE · texte numérisé non relu

C0 MERCURE

Ammoniure, — Vammoniure de deutoxide de mercure est blanc , et insoluble à l'eau. — Il delone sur les charbons allumes ; mais il perd cette propriété quand on Ta laissé eiLposéà Pair pendant quelques jours. —Lorsqu'on le chauffe en vase olos il f^ew dégage d'abord de rammoniaque , puis de l'eau et du gaz azote , et il reste du mercure métallique. — Il est composé de :

Deutuxide de mercure. . 0,9272 — !•* Ammoniaque 0,0728 — 1

La quantité d'ammoniaque qu'il contient est telle , que son hydrogène sature exactement l'oxigène de Toxide. — Fourcroy t'a obtenu le premier en fuisant digérer de Tanimoniaque sur du deutoxidede mercure pendaotplusieurs jours. Il se produit aussi lorsqu'on décompose l'ammonio-chiorure de mercure par la potasse caustique.

AXTicLB VIII. — Componés mélalliqueë.

CkrômateB, — 1° Le chràmnte de protozide est d'un rouge plus ou moins foncé et tirant sur l'orangé ; sa nuance est d'autant plus brillante que la dissolution de laquelle on le précipite est plus étendue. — Il est insoluble dans l'eau et soluble dans les acides. — L'acide nitrique bouillant le dissout , le transforme en clirômale de deutoxide et nitrate de chrome.. — Il est très-aiscmenl décomposé par la chaleur : le mercure se sublime , il se dégage de l'oxigcne et il reste de Toxide de chrome.

â* Le chrômate de deulojpide est d'un brun violet ^ insoluble dans Teau , mais beaucoup plus soluble dans les acides que le chrômate deprotoxide ; les liqueurs sont de couleur améthiste. Lorsqu*it est dissout dans la moindre quantité possible d*acide ^ les sels de protoxide de mercure en précipitent la plus grande partie de Tacide cbrôniique.

Alliages ou analgameê, — Les amalgamet sont tons dé* co. Il posés par la chaleur ; cependant les dernières traces de mercure sont (pielquefois difficiles à séparer des métaux avec lesquels il était allié ; et de plus on remarque que le mercure entraine toujours avec lui une petite quantité du métal allié f lorsque ce métal n'est pas absolument fixe. — Les amalgames qui contiennent un grand excès de mercure sont mous ou même liquides , mais lorsqu'on les comprime dans une enveloppe poreuse , comme une peau de chamois ou des planches préparées en sciant des pièces de bois per|>6ndiculairemeiit aux fibres , l'excès de mercure est expulse , et il reste des amalgames consistants dont la composition est définie, et qui pour la plupart sont solides et susceptibles de cristalliser.

COMPOSÉS lÉTALLIQUBS. 561

Noas ne luentionneroDB ici qu'un petit nombre d'amatgames, ayant traité des autres à Tarticle des divers métaux. Alcalis , terres. — Le mercure s'unit facilement aux radicaux des alcalis et des terres alcalines, mais il ne se combine pas avec ceux des terres. — L*amalgafne contenant 0,037 de sodium a la couleur de Tétain ; il est cassant et lanielleax comme le zinc.

Plomh. — Le mercure peut absorber jusqu'à la moitié de son poids de plomb sans perdre sa liquidité ; mais alors il tache les doigta et il fait la queue ^ c'esl-iidire que les gouttes, au lieu d*étre globuleuses, prennent une forme allongée.— Lorsqu'il contient de ~^ à j^ de plomb il acquiert la propriété de prendre une surface parfaitement plane dans le verre , et l'on peut alors s'en servir avec avantage pour graduer les tubes , etc.

Bismuth. — Le bismuth se combine très«^acilement avec le mercure. Lorsque ramalgame est saturé de bismuth il est susceptible de cristalliser ; mais quand il contient un excès de mercure il est presque aussi liquide que ce métal pur, et il a la propriété de pouvoir dissoudre beaucoup de plomb sans se solidifier. C'est à cause de cela qu'on introduit souvent du bismuth et du plomb dans le mercure , par fraude : cependant , quoique très-liquide , il fait alors toujours la queue. Lorsqu'on le distille il se décompose ; mais lemercnre entraîne avec lui une quantité notable do bismuth , lors même qu*on opère la distillation à la température la plus basse possible.

Étain. — Selon M. Kupfer, il y a en général contraction dans les amalgames d'étain ; mais dans celui qui est formé de 1 p. d*étain et 2 p. de mercure, il n'y a ni contraction ni dilatation. La densité de cet alliagti est, à 17^ cent., de 11,4683.

Divers métaux. — Selon M. Daniell, lorsqu'on plonge dans du mercure des tiges d*étain , de plomb, do zinc, d'argent ou d'or , au bout d'un temps plus ou moins long elles se couvrent de cristaux d'amalgame. La même chose n'a pas lieu avec le platine ; mais si Ton verse en mémo temps sur le mercure de Teau acidulée par de l'acide acétique ou contenant en dissolution un sel neutre , l'amalgame se forme , et il y a en même temps dégagement d'hydrogène et formation d'acétate de mercure.

SECTION II

J^Jtnéraiix,

Le genre mercure ne renferme que huit espèces , qui sont :

502 VBRCURE.

!• Le mercure, métallique^

2" Le sulfure simple on cinahe^

8" Le proto-sulfure aincifère^

4^ Le deuto-sulfure zincifère,

5* Le séléniure,

6" Le proto-cfUorure^

7» L'toJun),

8" L'oma/gfame d'argent, (Voy. Argent.)

On trouve le mercure dans les terrains anciens, mais seulement en petite quantité. Il n*est abondant que dans les florès et dans les calcaires qui sont superposés au terrain houiller, principalement, à ce qu'il parait, dans les calcaires jurassiques. Les mines de mercure les plus considérables sont situées à Idria en Garniole, à Almadea en Espagne, à Hnannai'elica au Pérou, et au Japon.

1® Mercure métallique ou fiatif, — Le mercure natif se trouve en gouttelettes de toutes grosseurs disséminées dans la roche, dans des pyrites ou dans des masses de cinabre. Il est toujours à peu près pur. Lorsqu'il renferme des matières étrangères on en reconnaît la présence par la distillation dans le matras, le mercure se volatilise, et les corps étrangers restent au fond du matras. — Il y a aux environs d*Idria une couche de schiste argileux , intercalé dans un calcaire compacte, qui contient une assez grande proportion de mercure natif pour qu'on puisse l'exploiter avec bénéfice. Ce métal n'y est jamais mélangé de cinabre; il n'est accompagné que de pyrite de fer. On soumet le minerai au lavage sur des tables et Ton extrait de cette manière la plus grande partie du mercure à l'état de pureté , et le reste mêlé avec la pyrite. Le schiste argileux qui lui sert de gangue est d'un gris noir, à cassure iisse dans un sens, grenue et malte dans tous les autres sens, doux au loucher, et susceptible de faire pâte avec l'eau ; les parties stériles sont employées dans des fabriques de poteries. Il est à peine attaquable par Tacide muriatique bouillant , et il est composé de :

Silice 0,610 j

Alumine 0,265 ( . r.ç.r^

Protoxide et per-oxide de fer . 0,045 ) '

Eau et bitume 0,080 )

2"* Sulfure, cinabre. — Le cinabre est la seule substance mercurielle qu'on trouve en grandes masses. Le pins souvent il estdisséminé dans des schistes argilo-bitumineux ou dans des calcaires compactes, et il est fréquemment accompagné de pyrites de fer et de cuivre. — Il est tantôt d'un rouge très-foncé et presque noir, et un peu métalloïde , et

UIKKRAUX. 5^3

(anlèt d'un beau rouge do cochenille, il a Téclat diamantaire. Il est transparent, translucide ou opaque. Il cristallise sous diverses formes qui dérivent d'un rhomboïde de llHo' ou d'un prisme hexaèdre régulier dans lequel la hauteur est à Tapothème à peu prés I I 9d ; 85. 11 est tendre et cassant j sa cassure est lamelieuse dans un sens , et grenue dans les autres sens ; sa poussière est d'un rouge vif. Sa p. 8. est de 8,098. — Au chalumeau il se sublime dans le matras: le sublimé est noirâtre^ mais sa raclure est rouge. Dans le tube ouvert il donne à la fois, par le grillage , un sublimé de mercure et un sublimé de cinabre : le mercure se dépose plus loin que le cinabre. Lorsqu'il contient des gangues elles restent au fond du matras. — Sa composition est absolument la mémo que celle du deulo-sulfure artiûciel.

A Idria le cinabre se trouve dans une roche argilo-calcaire brune ou noire , que Ton croit appartenir à la formation jurassique. II est souvent mélangé d'unegrande quantité de pyrite , et quelquefois de mercure natif. La teneur moyenne des minerais est de 0,086 de mercure ; on les partage en divers lots, selon leur richesse, et l'on boccarde les menus débris pour les soumettre ensuite au lavage sur des tables h secousse. — Les morceaux les plus riches contiennent 0,75 de cinabre raclés avec 0,25 d'argile noire bitumineuse non calcaire. — Il y en a une variété qu'on désigne par Tépithète de corallifonne^ et qui est remarquable par sa composition. Elle est noire, luisante, à cassure grenue matte, et présente dans sa masse des nodules irrégulièrement disséminés de la grosseur d'un pois ou d'une noisette : ces nodules sont feuilletés, et souvent imprégnés de cinabre. Un échantillon stérile a donné à l'analyse :

Fluo-phosphate de chaux . • • 0,400

Carbonate de chaux 0,070

Carbonate de magnésie. . . . 0,055

Argile 0,885

Charbon 0,020

Eau et bitume 0,070

Le fluo-phosphate de chaux parait être la substance dominante dans les nodules.

On a trouvé dans le scdiic qui provient du lavage des minerais menus :

564 BCERGCRB.

Argile 0,»74

Carbouale de chaux 0,118

Gcirbonate de magnésie. . . . 0,106

Pyrite de fer 0,198

Cinabre 0,1 7S

Bitume et eau 0,031

Il ne renferme pas de phosphate de chaux. La matière pierreuse est une dolomle argileuse.

8<>, 4® Sulfures aincifères. — Ces deux espèces ont été décon vertes, par H. Herrera, à Calebraz dans le district del Doctor, au Mexique. Elles sont accompagnées de mercure métallique. La roche dans laquelle elles se trouvent est an

calcaire qui recouvre immédiatement le grès rouge Le

proto-sulfure t^incif^re ressemble a Targent gris , maïs sa poussière est fdos noire et plus tachante. Sa p. s. est de 5,56. — Il est composé, selon M. Del Rio, de :

Mercure. . . 0,190

Zinc .... 0,240

Sélénium. . . 0,400

Soufre. . . . 0,015

Gangue . . . 0,060

Il contient en outre un peu de chlore. — Le deuio-êulfurt zincifère est d'un rouge de cinabre. Sa p. s. est do 5,66. Il ne diffère du précédent , selon H. Del Rio , qu*on ce que le proto-sulfure de mercure est remplacé par du cinabre. — , Au chalumeau ces deux minéraux brûlent avec une flamme violette, et en rop.indant une forto odeur de chou pourri.

5^^ Sélèniure, — Le séUniure de mercure a été découvert au Harz par M. de Zincken. On ne Ta pas encore trouvé pur, mais .seulement combiné avec le séléniure de plomb. — Il est d'un gris de plomb passant au gris de fer, quelquefois irisé a la surface. Il est lamelleux , et il possède un clivage triple oblique^ mais preisque rectangulaire. Sa p. s. est de 7,S0. — Au chalumeau il donne un sublimé cristallin de séléniure de mercure, et lorsque ce séléniure s*y trouve en proportion considérable la matière entre en ébullition ; si Ton y ajoute du carbonate de soude ou de Tétain , il se volatilise du mercure. Dans le tube ouvert il produit un sublimé de sélénife de mercure en gouttes jaunâtres qui ont le même aspect que Poxide de tellure. — Les échantillons qui ont élc analysés par M. H. Rose étaient composés de 1 atome de séléniure de mercure et 1 atomes de séléniure de plomb; mais il parait que les deux séléniures se combinent en toutes proportions.

6® ProiO'oRiorure. — Celle espèce est irès-rare; ellese présente en petits grains cristallins disséminés dans les minerais de cinabre. Elle est d'an gris cendré , quelquefois jaunâtre ou lerdàtre, translucide sur les bords, très- tendre. Elle a l'éclat diamantaire. Sa forme principale est un oo* laèdre isoscèle dont les angles sont de 9S^Jr et 1 38<^. — Au chalumeau elle donne un sublimé blanc sur le charbon ; dans le matras , arec la soude , elle laisse dégager du mereure métallique , et avec le sel de phosphore cuivreux elle produit une flamme d'un beau bleu d'azur. — Klaproth a trouvé dans un échantillon :

Oxide de mercure . . 0,760 1 Acide muria tique . . 0,164 > T,000 Acide sulfurique. . . 0,076 '

D*après cette analyse il paraîtrait que le chlorure de mercure , à l'état natif, est combiné avec le sulfate de mercure.

7*^ lodure» ^ M. Del Rio a annoncé avoir découvert de l'iodure de mercure au Meiique. Ce minéral est d'un rouge plus foncé que le cinabre, et il est accompagné d'un iodure terreux qui parait avoir la magnésie pour base.

SECTION III

ProduitH (TarU.

Les produits d'arts relatifs au mercure sont : !<> le mercure du commerce , 2» les résidus du traitement des minerais, 3^ Fessutscqui proviennent de ce traitement, 4^ le einahre et le vermillon du commerce , 5^^ et les prêparalionê p^rmaceutiqnesj telles que Toxide rouge.

1^ Le mercure du commerce eat souvent falsifié par du plomb^ du bismuth, de l'étain. On reconnaît cette falsification au moyen de la distillation : les trois métaux étrangers restent à peu près en totalité au fond du tube ou de la cornue qui sert à faire l'opération.

a» Résidus. — On extrait le mercure de ses minerais par voie de distillation ou par voie de grillage. Dans le pays de Deux-Ponts on distille dans des cornues, et alors on mêle le minerai, qui est très-bilumineux. avec delà chaux. Dans ce cas la désulfuration est opérée par cet alcali , à la faveur des matières charbonneuses, et les résidus doivent contenir du sulfure de calcium : mais il n'en a été fait aucune analyse. — A Idria et à Almaden on chaufife le minerai dans de» fourneaux prismatiques à étages , semblables à des fours à porcelaine , et qu'on chauffe comme des fours h briques.

566 MBaCURE.

On met les gros morceaux dans Tétage inférieur, pêle-mêle comme des morceaux de pierre à chaux ; et le schlîch, placé dans des assiertes en terre cuite « occupe les étages supérieurs. Le courant d*air qui traverse les fours opère le grillage du cinabre; le soufre est converti en acide sulfureux, et le mercure, devenu libre, se condense dans des chambres ou dans des aludelt, à travers lesquels on fait passer toutes les vapeurs. L'examen des résidus recueillis à Idria a fait voir qu*il n*y reste pas la plus petite trace de cinabre. Les morceaux qu*on soumet à la calcination sont souvent fort gros, et quand ils sortent du four ils sont noirs et charbonncs, excepté sur une petite épaisseur à leur surface ; cela prouve qu'ils n'éprouvent qu'une combustion superficielle , et par conséquent que la désulfuralion du cinabre par grillage ne s'opère qu'au milieu de l'atmosphère, et quand il est réduit en vapeurs. Comme les minerais de mercure sont presque toujours en même temps bitumineux et calcaires , quelques personnes ont pensé que la chaux jouait un rôle dans leur désulfuration ; mais l'analyse des résidus d'Idria a montré qu'il n'en est rien, puisqu'on n*y a pas trouvé la plus petite quantité de sulfure de calcium. — La chaleur nécessaire pour calciner les minerais de mercure n*est pas très-forte; car les résidus retiennent une proportion assez considérable d'acide carbonique. On a trouve le résidu des schilchs d'Idria composé de :

Argile 0,622

Chaux 0,080

Magnésie O^OSO

Oxidedefer 0,116

Acide carbonique et humidité. . 0,192

KOOO 0^09 de silice provenant de l'argile sont rendus solubles dans la potasse, par suite de la réaction de la chaux.

3** Suies, — Dans le traitement des minerais , outre le mercure coulant on recueille dans les chambres et dans les aludçls des suies noirâtres qui sont très-riches , et dont on tire parti en les mêlant avec le minerai. Proust a trouvé dans la suie d*Almaden :

Mercure très-divisé 0,660

Proto-chlorure de mercure. . 0,180

Cinabre 0,010

Sulfate d'ammoniaque. . . . 0,035

Sulfate de chaux 0,010

Aride sulfurique libre. . . . 0,026

Noir de fumée 0,050

Eau 0,025

MO\ERS DESSAr. 567

L*acidîtë de ces suies s'oppose à ce qu'on se serve de tuyaux de fonte pour opérer la condensation du mercure. Dans un essai qui a été fait à Alniaden avec de semblables tuyaux , il s*est formé sur les parois de ceux-ci une croûte que Proust a trouvée composée de :

Mercure 0,440

Sulfufe de protoxide de fer. . . 0,2S5

Alun • 0,UÔ

Sulfate de chaux 0^009

Proto-chlorure de mercure. . 0,0S5

Cinabre 0,063

Charbon 0,048

4" Cinabre et verviilhn, — Ces substances peuvent élre mélangées frauduleusement de minium^ de colcothar , de brique pilée , de satig-dragon et de réalgar, — On reconnaît la présence des trois premières substances en chauffant dans un matras : le cinabre se sublime , et les autres substances restent au fond. Lorsqu'il y a du minium il se dégage un peu d'acide sulfureux et de mercure métallique. — On reconnaît la présence du sang^dragon au moyen de Talcool , qui dissont cette substance. — Enfin on constate la présence du réalgar en faisant digérer le cinabre dans de Fammoniaque : le réalgar se dissout seul , et en saturant la liqueur ammoniacale par un acide, il se précipite, et l'on peut le doser.

5"* Oxide rouge. — Voxide rouge de mercure est quelquefois falsifié par un mélange de cinabre et de minium, — Quand il contient du cinabre il ne se dissout pas en totalité dans l'acide nitrique. — Quand il est mélangé de minium, en le chauffant dans le tube de verre, la matière mcrcurielle se sublime, et l'oxide de plomb reste au fond du tube.

SECTION IV

Moyens d'essai.

Essai, — Les matières mercurielles que l'on peut avoir à essayer par la voie sècâe contiennent le mercure, P à l'état métallique , libre ou allié à divers métaux ; 2^ ou à l'état d'oxide ; 3» ou à l'élat de sulfure, de séléniure, de chlorure ou d'iodure. On essaie toutes ces matières , pour mercure , de la même manière ; seulement on traite les unes sans addition , et les autres avec addition d'un réactif convenable. Voici comment on procède.

Essai pour mercure, — On distille la matière dans une cornue, et l'on recueille le mercure qui se vaporise soit dans

566 KEEGURE.

le col môme de la corane , §oit dans un récipient , tel qu'un ballon fMi une capeule contenant de Teaur Lorsqu'on n'opère que sur une pelîte quantité, 10 grammes tout au plus, comme il convient de le faire quand on n*a pour but que de doser le mercure , on peut se servir d*une cornue de verre nue ; on cbaufFe gniduellemeat sur un feu de cbarbon bien allume, dans uii fourneau à réverbère, et Ton pousse le feu, vers la fin, jusqu*à ramollir le verre, en ayant soin de maintenir le d6me de la cornue assez chaud pour qu'il ne puisse pas s'y condenser de mercure ^ et pour que ce métal passe en totalité dans le col. Quand Topération est terminée on coupe ce col, on le pèse, puis on en détache le mercure ; on le pèse do nouveau , et l'on a le poids du métal par différence ; ou bien on en détache le mercure avec une barbe de plume , on ic fait tomber dnns leau , on chauffe celle-ci pendant quelques instants, si cela est nécessaire^ pour que le mercure se rassemble en un seul globule ; on décante Teau , on sèche ie mercure à la température ordinaire et on le pèse. Le mercure se condense toujours en totalité dans le roi , sous forme d*unc rosée métallique , et il n'en sort pas de la cornue h Tétat de vapeur : cependant , pour éviter toutes chances de perte, on fait plonger à demi le bec de la cornue dans de Tcau , et Ton peut même y introduire une mèche de linge qui y pénétre de 1 à 2 centimètres , et qui plonge dans le liquide : par ce moyen l'intérieur du col de la cornue est constamment rafraîchi par de la vapeur dVau que produit la condensation des vapeurs mercurîelles, et s'il se dépose du mercure vers Torince on le retrouve dans le linge, qu^on agite dans l'eau du récipient.

Lorsqu'on opère sur des quantités un peu considérables de matières niercu ri elles, comme il faut chauffer fortement vers la Hn pour que la chaleur pénètre jusqu*au centre des masses, on ne peut plus se servir de verre nu : il faut employer soit des cornues de verre lutées. soit des cornues de grès ou de porcelaine imperméables. Dans les ateliers on ion traite des amalgames on fait usage de cornues de fonte faites de deux pièces.

Un distille sans addition les nMitières qui contiennent le n»ercure à l'état métallique ou h Fétat d'oxide; mais pour les antres 'A est nécessaire d'ajouter un réactif qui retienne le soufre, le séléutum. etc. Ce réactif peut être, I" un métal, tel que le Fer , 2* le cuivre ou Tétain , 3* le flux noir ou un mélange de chaux caustique et de charbon. — On se sert le plus souvent du ier niéiallique en limaille. Pour le cinabre pur il ne faudrait rigoureusement que 0,381 de ce métal ; mais comme celui-ci ne [leui pas être obtenu en poudre impalpable, et que les grains dont se compose la limaille ne

MOYBRS B ESSAI. 569

se sulfurent jasqu'au centre que lentement et par cëraentation, il confient d'en employer un excès , 80 pour 100 environ . afin qu'il ne sesnblime pas de cinabre non dëcomposé. Celte même proportion suffit pour les séléniores, etc. — Qnand on se sert du flux noir on en ajoute à In matière de la moitié aux deux tiers de son poids. — Quant à la chaux caustique, on remploie dans la proportion d'environ un tiers, et on la mêle avec un tiers de son poids de charbon en poudre. Dans tous les cas il est bon , lorsque le mélange est introduit dans la cornue , de le recouvrir d'une légère couche de réactif pnr, afin que rien n'échappe À son action.

Esêai pour sulfure , e/c. — Quand on veut essayer une matière mercurielle pour savoir combien elle contient de sulfure , de séléniure , etc. , on la distille dans une cornne de venre, sans addition : la substance sublimée se condense dans le col , et on la dose en pesant celui-ci , comme cela se fait pour le mercure.

Les minerais sulfurés sont souvent mélangés de matières bitumineuses el de carbonate de chaux ; alors, quand on vent en faire Tessai pour cinabre, il arrive qu'nne partie de celui-ci est décomposée soit par le carbone , soit par le concours de la matière bitumineuse et de la chaux , et quil se dégage du mercure métallique avec le cinabre , quoique le minerai ne contienne que du sulfure. Dans ce cas, après avoir pesé le mélange de cinabre et de mercure , on traite ce mélange par l'acide nitrique, qui ne dissout que ce dernier, on prend le poids du résidu qui est du cinabre pur, on a par différence le poids du mercure , et l'on calcule à quelle quantité de snlfbro il correspond. Si la décomposition du cinabre est principalement produite par la chaux , on évite cette décomposition en traitant le minerai , avant de le distiller, par l'acide acétique, Tacide nitrique ou l'acide muriatique, qui dissolvent le carbonate calcaire.

Quand un rainerai de mercure n'a pour gangue que des matières fixes on détermine sa richesse par une simple calcination qui sublime toute la substance mercnrielle.

Epreuves en petit» — Il y a plusieurs moyens de reconnaître la présence d'une petite quantité de mercure dans une matière quelconque. Voici quels sont ces moyens.

POn mélange la matière avec de la limaille de fier ou avec de l'étain métallique, ou enfin avec de la litharge , et Ton fait chauffer le mélange à la chaleur ronge dans un tube fermé par on bout. Le mercure se sublime et se ras* semble dan» la partie la plus froide du tube , sous forme d'une effloreseence grise qui, étant agitée, s'agglomère et prend l'éclat métallique.

2" On place un mélange semblable sur une brique ou sur

570 UERCURE.

un corps quelconque chnuflFé au rouge , et l*oo expose an dessus et aussi près que possible une lame d'or bien polie : s*il y n du mercure la lame blanchit aussitôt.

â° M. Smithson met un petit grain de la substance à essayer sur une feuille d'or, avec de Tétain, dans une goutte d'acide muriatique. Quand il y a du mercure il se forme aussitôt un amalgame d*or sur la feuille , et en lavant celleci la place qu'occupait la matière présente une tache blanche métallique.

Préparation, — Nous avons fait remarquer que le mercure simplement distillé n'est jamais pur, parce qu'il entraine toujours avec lui une certaine quantité de divers métaux. Cette quantité est très-petite, et peut être négligée sans erreur sensible lorsqu'on ne se propose que de doser le mercure ; mais quand on veut avoir le métal à fétat de pureté parfaite il faut le soumettre à diverses opérations après qu'on l'a distillé*

Pour en séparer les métaux amalgamés on peut employer l'un des moyens suivants :

l"" Le premier est dû à Priestley. Il consiste à mettre un certain volume de mercure dans un Racon assez grand pour pouvoir en contenir quatre fois autant^ à boucher ce flacon, et à l'agiter fortement pendant quelques instants. Après vingt ou trente secousses on le débouche , et Ton renouvelle l'air qu'il renferme, à l'aide d'un soufflet. On le bouche de nouveau et on Pagite, etc. Il ne tarde pas à se former à sa surface une poudre noire qu'on peut séparer en renversant le flacon , le débouchant , et laissant écouler le mercure par l'orifice , en partie bouché avec le doigt. On réitère ces opérations jusqu'à ce qu'il ne se forme plus du poudre noire; alors le mercure est pur^ et dans ce cas quand on l'agite il rend nn son clair, tandis que quand il contient du plomb il sonne dans le flacon comme si c'était de l'argile.

2° On met dans un flacon le mercure avec nn peu de nitrate de mercure ou une petite quantité d'acide nitrique étendu ; on agite le tout fortement pendant one minute on deux , et l'on sépare ensuite par le lavage les parties solubles , ainsi que la poudre jaune qui s'est formée.

3^ On verse le mercure dans une terrine jusqu'à la hauteur d'un demi-pouce du bord , on y ajoute une certaine quantité d'acide sulfurique étendu de deux fois son poids d'eau, on laisse le tout en cet état pendant une semaine ou deux à la température ordinaire, en ayant soin de remuer fréquemment ; puis on sépare le métal de l'oxide , et on le lave. L'acide sulfurique agit plus promptement lorsqu'on y ajoute un peu de sulfate de mercure.

4* M. Karsten a reconnu qu'on sépare complètement du mercure le cuivre , le plomb , Tëtain , le btsmulh , Varsenic , etc.^ qu'il peut contenir, en Tagilant avec une dissolution de deuto-chlorure de fer, de cuivre ou de mercure. Ces deuto-chlorures sont ramenés à Tëtat de proto-chlorures , et les métaux amalgamés sont attaqués par le chlore avant le mercure. Si Ton employait un excès de deuto-chlorure , et que faction fût trop longtemps prolongée , une partie du mercure serait convertie en proto-chlorure.

Le mercure purifié est souvent recouvert d*une pellicule grise qui se compose de diverses matières pulvérulentes. On en sépare facilement cette pellicule en le mettant dans un flacon avec du sucre en poudre un peu humecté , et en agitant fortement, et transvasant ensuite dans un entonnoir de papier : toutes les impuretés adhèrent au sucre ^ et s'attachent au papier. Il est encore plus commode et plus simple de se servir d'un petit réservoir florentin en forme de tube (fig. 6, pi. 12). On verse le mercure dans le grand tube A, on Ty laisse quelques instants en repos, et on le fiiit couler ensuite par le petit tube B ; il sort parfaitement net.

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